CAYLUS ~ CAYROL
un catalogue sommaire, a retrouvé, au cours de ses recherches, le brouillon de la Vie de Antoine Watteau^ déjà publiée, mais sur une copie ofTicielle, par MM. de Concourt, et cette minute a fourni d'intéressants détails sur certains tableaux du grand peintre. Sous le titre di' Œuvres badines du comte de Caylus (1787, 42 vol. in-8), Thomas Garnier a mêlé à des récits incontestés de Caylus des facéties de la Société du bout du banc, auxquelles il n'avait eu qu'une part impossible à déterminer, et d'autres, telles que l'Essai sur les lanternes de Dreux du Radier, les Chats de Moncrif, V Histoire des Bats de Bourdon de Sigrais et les Mémoires de r Académie de Troyes qui ne devaient y figurer à aucun titre. On a également attribué à Caylus, et même réimprimé sous son nom, une comédie libre, la Chauve-souris de sentiment (1748; nouv. éd., 1766) et jusqu'à un pamphlet obscène contre Marie-Antoinette, publié pour la première fois en 1790! M. Octave Uzanne a donné un choix des Facéties authentiques de Caylus dans sa collection des Petits CoU' teurs du %yin^' siècle. Maurice Tourneux.
BiBL. : Lebeau, Eloge de M. le comte de Caylus, 1766, in-4. — Marmointel, Mémoires d'un père, -- Diderot, Œuvres complètes (éd. Assézat). — Grimm, Correspond dance littéraire. — G.-N. Cochin, Mémoires inédits, publiés par Gh. Henry, 1880, in-8. — Archives de l'art fran-
çais^ 1861, 2® série. — Procès-verbaux de V Académie royale de peinture et sculpture^ publiés par A. de Montaigîon, 1877-1888, (en cours de publication). — E. et J. de GOiX-
COURT, Portraits intimes du xviiie siècle. — ■ Ch. Nisard, Notice, en tête de la Correspondance avec Paciaudi. — Alfred Maury, l'Ancienne Académie des Inscriptions, 1864, in-8 et in-12. — E. de Rozière et E. Chatel, Table générale et méthodique des Mémoires de VAcadémie des inscriptions, 1856, in-4. ■— Samuel Rogheblave, Essai sur le comte de Caylus (thèse de doctorat;; 1889, in-8.
CAYLUXOTHERIUM (Paléont.). Genre de Mammifères fossiles de Tordre des Insectivores créé par Filhol sur des débris osseux qui indiquent un animal voisin des Hérissons, et que Schlosser considère comme identiques au g. Neurogymnurus du même auteur. Le C, elegans, qui est de Toligocène de France, ne diffère pas spécifiquement du Neurogymnurus Cayluxi (Filhol) de la môme époque géologique (V. Hérisson [fossile]). E. Trt,
CAYMANS (lies) (V. Caïmanes).
CAYMETA (Panama) (V. Caimiïo).
CAYOL (Jean-Bruno), médecin français, né à Marseille le 7 avr. 1787, mort à son château de Flotin, près Boiscommun (Loiret), le 25 sept. 1856. Il étudia à Paris, fut nommé en 1812 médecin du Bureau central des hôpitaux, en 1823, professeur de clinique interne à la Faculté, et remplit ces fonctions jusqu'en 1830, époque oii il fut exclu de la Faculté. Partisan passionné de Phippocratisme et du vitalisme, il fit une guerre acharnée à Porganicisme de Broussais. Il rédigea la Biblioth. médicale et la Revue médicale et publia : Traité pratique des hernies, etc. (Paris, 1812, in-8, av. atlas in-foL; trad. de l'ouvrage de Scarpa) ; Clinique médicale, suivie d'un traité des maladies cancéreuses (Paris, 1833, in-8); De la fièvre typhoïde et du typhoïdisme (Paris, 1853, in-8) ; Du ver rongeur de la tradition hippocratique, etc. (Paris, 1854, in-8). D-L. Hn.
CAYON (Jean), héraldiste et archéologue français, né à Nancy en 1810, mort à Nancy en 1865. 11 s'est livré à des recherches patientes et consciencieuses pour établir de bons livres nobiliaires. On a de lui sous ce rapport : Andenne chevalerie de Lorraine ou Armoriai historique et généalogique des maisons qui ont formé ce corps souverain (Nancy, 1850, in-foL); Famille de Carpentier, seigneurs de Juvigny, etc. (Nancy, 1860, in-4) ; De la Cour, nouvelles recherches (Saint-Nicolasde-Port, 1852, in-4); De la Vaulx ou de la Val anciennement, Nouvelles recherches (Saint-Nicolas-de- Port, 1855, in-4). On lui doit encore plusieurs ouvrages sur l'histoire monumentale de Nancy, tels que : Eglise des Cordeliers.., sépultures de la maison de Lorraine (Nancy, 1842, in-8) ; Monuments anciens et modernes
de la ville de Nancy (1847, in-8), etc.; une Histoire de Nancy (1846, in-8), et les Ducs de Lorraine (1048-1737); Costumes et notices historiques (1854, in-4, avec 35 pL). H. G. de G.
CAYORa Région du Sénégal, qui s'étend le long du littoral, de l'embouchure du Sénégal au cap Vert (long. 160 kil.), bordée par le Oualo au N., le Djolof à PE., et le Baol au S. ; large de 100 kil. au N., et de 30 kil! seulement au S. — Le pays se compose de bandes de lagunes, de dunes, de la ligne des Niayes, en arrière des dunes ; après les Niayes commence la région habitée. Le Cayor est habité par les Yolofs. Leur chef élu, le Damel, réside à N'ghighis; depuis 1865, il est vassal de la France. Le Cayor est traversé par le chem. de fer (inauguré en 1885), qui relie Saint-Louis à son port naturel, Dakar. Le long de la voie ferrée, des exploitations d'arachides se sont développées ; les principales villes du Cayor sont les stations de Mpal, de Louga, de Ndand, futures têtes de ligne pour les voies ferrées de pénétration! Le Cayor produit, avec les arachides, le mil, le maïs, le coton, l'indigo. L'ouverture de la voie ferrée a donné la plus vive impulsion à toutes ces cultures indigènes. Des planteurs français se sont établis dans le pays. J. de Crozals.
GAYOT (Claude-Augustin), sculpteur français, né à Paris en 1667, mort à Paris le 6 avr. 1722. Cayot fut élcve de Lehongre et travailla quelque temps sous la direction de Van Clève. En 1695, il remporta le grand prix avec un bas-relief représentant des Bergers montrant à Jacob Bachel, fille de Laban, L'année suivante, il le remporta encore avec un bas-relief représentant Joseph expliquant les songes de Pharaon, En 1698, il fut désigné pour la pension de Rome, en même temps, que Coustou, Dulin et Cornical. Cayot lut nommé membre de l'Académie de peinture et sculpture le 31 déc. 1711, professeur adjoint le 26 oct. 1720. Son morceau de réception, la Mort de Didon, statuette en marbre, se trouve au musée du Louvre. Lorsque Louis XIV fit exécuter, pour le maître autel de Notre-Dame-de-Paris, la décoration architecturale et sculpturale, connue sous le nom de Vceu de Louis Xlll, Cayot fit les modèles de deux grands anges en adoration placés de chaque côté de Pautel. Maurice Du Seigneur.
CAYOT-Délandre (François-Marie), historien et antiquaire français, né à Rennes en 1796, mort à Vannes en 1848. Il a publié : Tableau abrégé de l'histoire de France (Rennes, 1833, 2 vol. in-8) ; le Morbihan, son histoire et ses monuments (Vannes, 1847, in-8).
CAYRAC. Corn, du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Montauban, cant. de Caussade; 290 hab.
CAYRASCO de Figueroa (Bartolomè) (V. CAmAsco).
CAYRES. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Loire, arr. du Puy, sur le penchant d'une colline, à 1,136 m. d'alt. auprès du lac du Bouchet; 1,561 hab. Etablissement de pisciculture ; fabrique de dentelles.
CAYRES {de Cadris), Famille noble, qui possédait, dès le xin« siècle, la seigneurie d'Antraigues, en Vivarais. Trois membres de cette famille furent condamnés à mort par le parlement de Toulouse en 1605, à cause de leurs exactions et de leurs cruautés. Un gentilhomme protestant, Trophime Delaunay, bailli du Gévaudan, et gouverneur de Marvejols en 1596, épousa en 1601 Marie de Cayres, héritière de la seigneurie d'Antraigues, et fut la tige des Delaunay, comtes d'Antraigues, dont le dernier représentant a joué un certain rôle politique au siècle dernier, lors de la convocation des Etats généraux, et fut ensuite l'agent politique le plus actif des Bourbons pendant la Révolution et sous PEmpire. A. Mazon.
CAYRIECH. Corn, du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Montauban, cant. de Caussade; 351 hab.
CAYROL (Le). Corn, du dép. de PAveyron, arr. et cant. d'Espalion ; 830 hab.
CAYROL (Sébastien-Guillaume de), né à Paris en 1770, mort à Tours le 22 nov. 1826. Commissaire ordonnateur
CAYROL — CAZALAS
des guerres depuis 1791, il conserva cet emploi sous la Restauration. Il fut créé baron par ordonnance de Louis XVIII du 2 mars 1816, et nommé intendant militaire à Tours.
Louis-Nicolas- Jean- Joachim de Cayrol, son frère, né à Paris le 25 juin 1775, mort à Compiègne le 12 sept. 1859. sous-intendant militaire jusqu'en 1830, député de la Nièvre de 1820 k 1822; il a publié un nombre considérable d'opuscules dont on trouvera dans Quérard l'énumération à peu près complète. Nous citerons seulement : Biographie du département de V Allier (1826) ; Samarobriva ou Examen d'une question de géographie ancienne (Amiens, 1832, in-8); Essai sur la vie et les ouvrages du P. Daire (1838, in-8) ; Essai historique sur la vie et les ouvrages de Gresset (Paris, 1844, 2 vol. in-8).
BiBL. : QuÉRARD, la France littéraire; Paris, 1857, t. XI. in-8.
CAYROLS. Corn, du dép. du Cantal, arr. d'Aurillac, cant. deSalnt-Mamet-la-Salvetat ; 507 hab. L'église, sous le vocable de PAssomption, a un portail du xi® siècle. Traces d'un camp préhistorique. Vieux châteaux du Grifloul et de la Placette. L. F.
CAYRON (Jules) (V. Nortac).
CAYRÛ (Joseph da Silva Lisboa, vicomte de), homme politique et économiste brésilien, né à Sam Salvador de Bahia le 16 juil. 1756, mort à Rio de Janeiro le 20 août 1835. Fils d'un architecte, il fit ses études à Puniversité de Coïmbfe où il prit les diplômes de bachelier en droit et en philosophie, et obtint au concours les chaires de langues grecque et hébraïque. Revenu à Bahia, il y professa pendant vingt ans la philosophie et le grec, et obtint en 1797 sa retraite. Il publia bientôt ses Principios de direito mercantil (Ushonne, 1801, 7 vol.), ouvrage souvent réimprimé qui eut un très grand succès en Portugal et au Brésil et est demeuré classique, et ses Principios de Economia politica (1804). Lorsque le prince régent de Portugal passa à Bahia en 1808, Silva Lisboa lui conseilla d'ouvrir aux nations amies les ports du Brésil. Les grands négociants portugais s'opposèrent vivement à la suppression du monopole dont ils jouissaient, mais le savant économiste démontra sans peine tous les avantages que le Brésil et le Portugal même retireraient de la liberté du commerce, et l'obtint par décret du 28 janv. 1808. Il publia alors une série d'ouvrages sur ces questions: Observaçôes sobre o commercio franco no Brazil (1808), un autre en 1810 sur les avantages de la liberté industrielle, un autre en 1811 sur les résultats heureux des principes libéraux introduits dans la législation nouvelle du Brésil. Doué d'une fécondité extraordinaire, il écrivit une foule de livres, de brochures, de pamphlets, dont il serait fastidieux de donner la liste complète et qui tous tendaient à vulgariser des idées saines en matière d'économie politique et de travail chez un peuple qui jusqu'alors avait vécu complètement isolé du monde et sous un gouvernement despotique. Dans le même ordre d'idées, il traduisait des extraits des œuvres étrangères les plus estimées. En même temps, il luttait dans la presse et devenait le champion le plus convaincu de la monarchie constitutionnelle. 11 acquit ainsi une énorme influence à une époque ou les Brésiliens commençaient à peine Papprentissage du régime de la liberté et où l'avenir du pays même était compromis par la propagande séparatiste et les menées des anarchistes. Silva Lisboa, élu député à la Constituante, se montra aussi grand orateur qu'écrivain. Il entra au Sénat en 1826 et y siégea jusqu'à sa mort. Partisan de l'empereur Pedro ï®^, il combattit à outrance, après l'abdication, les tendances fédéralistes ; fut un des adversaires les plus dangereux des ministères de la régence et un des conseillers les plus autorisés du parti de la Restauration. 11 mourut très pauvre. La régence pensionna ses filles. Il avait été créé baron, puis vicomte de Cayrû. Outre les travaux cités cidessus, il a publié : Memoria dos beneficios politicos do
governo d'El Bei dom Joào VI (1818); Collecçào dos principios e documentes de direito politico (1822) ; Constituiçao moral ou deveres do cidadào (1825); Escola brazileira o instruccào util a todas as classes (1827, 2 vol.); Leituras de economia politica (1827) ; Historia dos principaes successos politicos do Imperio do Brazil (1829, 4 vol.); Manual de politica orthodoxa (1832) ; Principios da arte de reinar (1832).
Benta da Silva Lisboa, baron de Cayrû, fils du précédent, né à Bahia le 4 févr. 1793, mort à Rio le 26 déc. 1864. Il a été ministre des affaires étrangères en 1832 et 1846. R.^B.
BiBL. : Valle Cabral, Vida e escriptos de José da Silva Lisboa visconde de Cayrû ; Rio, 1881, gr. in-8.
CAYSTRUS (Géogr. anc). Fleuve de l'Asie Mineure, qui, sorti du Tmolus, arrosait la plaine marécageuse à laquelle il donnait son nom, et se jetait dans la mer près d'Ephèse. Les poètes ont parlé souvent des cygnes qui fréquentaient les eaux de ce fleuve (Virgile, Géorg., 1, 383; Ovjde, met., Il, 252; V, 386), et Ovide appelle cet oiseau Caystrius aies (Trist,, V, 1, 11). A. W.
CAYTETÉ (V. Caeté).
CAYUGA. Lac des Etats-Unis (Etat de New-York), long de 64 kil., large de 2 à 6 kil. Il se déverse au N. par la rivière Seneca dans le lac Ontario. A l'extrémité N. se trouve le village de Gayuga. Aug. M.
CAYU6AS. Nom d'une des tribus ou nations de la confédération des Indiens Iroquois (Etats-Unis). Elle habitait trois ou quatre villages sur le lac Cayuga (Etat de New-York) et donnait à la ligue dix sachems héréditaires. Des missionnaires français, entre autres les pères Chaumonot et Renard, s'établirent au milieu de la tribu vers 1656. Les Indiens Cayugas prirent part aux luttes de la confédération des Iroquois contre les Français du Canada. A l'époque de l'insurrection des colonies britanniques, ils se joignirent aux Anglais contre les Américains, et leurs villages furent plusieurs fois saccagés. Après la guerre, ils cédèrent leurs terres à l'Union, sauf une réserve qu'ils durent abandonner en 1800. Les débris de la tribu émigrèrent dans l'Ouest. Aug. M.
CAYX (René-Jean-Baptiste-Charles), historien français, né à Cahors le 5 juill. 1795, mort à Paris le 5 sept. 1858. Elève de l'Ecole normale (prom. de 1812), professeur d'histoire au collège royal de Charlemagne, inspecteur de l'académie de Paris (1837), député du 2«arrond. du Lot (1840-45), administrateur delà Bibliothèque de l'Arsenal (1842), inspecteur général des études (1845) et vice-recteur de l'académie de Paris (1850), il fut nommé censeur par ordonnance du 24 juin 1827 et refusa de remplir ces fonctions. Il est l'auteur d'une Histoire de V Empire romain depuis Actium jusqu'à ladestruction de V empire d'Occident (Paris, 1828, in-8). 11 a donné, en outre, en collaboration avec Poirson : Tableau chronologique de V histoire ancienne (1820); Précis de Vhistoire ancienne jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand (1827, in-8) ; Précis de l'histoire des successeurs d'Alexandre (1828, in-8) ; Précis de l'histoire de France (1841). Enfin, il a publié Pédition des Mémoires du maréchal de Villars (dans Collection des Mémoires sur l'histoire de France de Petitot, t. LXVIÏL
GAZA L-DES- Baillés (ou Baylés). Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Pamiers, cant. de Mirepoix ; \ 34 hab.
CAZAL(Padre-Manoel) (V. Câsal).
CAZALAS (Louis), homme politique français, né à Laborde (Hautes-Pyrénées) le l'^^ sept. 1813, mort à Bagnères le 14 oct. 1884. Reçu docteur en médecine à Paris, il entra, en 1838, dans le corps de santé militaire et fut attaché à divers régiments et hôpitaux jusqu'en 1844. A cette époque, il devint titulaire de la chaire de pathologie interne à l'hôpital d'instruction de Metz et y resta jusqu'à sa nomination en la même qualité au Val-de-Grâce, en 1848. Il est devenu, en passant par tous les grades, médecin, inspecteur général et membre du conseil de santé
CAZALAS — CAZÂLLA
des armées. Cazalas entra dans la vie politique en 1871, en se faisant élire conseiller général du cant. de Lannemazan comme monarchiste. C'est encore comme monarchiste qu'il fut élu sénateur le 31 janv. 4876, le premier sur deux, par 347 voix sur 539 électeurs. Candidat de nouveau aux élections sénatoriales du 8 janv. 4882, il ne fut pas réélu. On a de lui : Considérations générales et pratiques sur le traitement de la dysenterie (Metz, 4846, in-8) ; Maladies de Varmée d'Orient (1860, in-8) ; Maladies de Varmée dltalie (1864, in-8). L. Lu. GAZA LÈS (Jacques- Antoine-Marie de), homme politique français, né à Grenade (Haute-Garonne) \ei^^ févr. 4758, mort près de Grenade le 24 nov. 4805. Sa famille était de petite et récente noblesse et, à la Constituante, les orateurs de la droite affectaient de rappeler qu'en gascon Cazalès veut dire petite maison. Ses études, assez négligées, furent interrompues de bonne heure. 11 entra dans l'armée à l'âge de quinze ans et, avant la Révolution, il était capitaine de dragons. Ses biographes disent qu'après une période de dissipation il se plongea dans l'étude et lisait surtout Montesquieu. Sa vocation politique se marqua fortement au moment des élections pour les Etats généraux. Quoique inconnu, il se présenta aux élections de son ordre à Toulouse, puis à Cahors, et échoua. Une troisième tentative fut plus heureuse, et il fut député aux Etats par la noblesse des pays et jugeries de Rivière, Verdun, Gaure, Léonac et Marestaing. Dans la chambre de son ordre, il se plaça parmi les chefs de la résistance à la Révolution, et, pendant les conférences qui précédèrent la constitution de l'Assemblée, il fut nommé commissaire de la noblesse et se montra violemment hostile à la vérification en commun des pouvoirs des députés des trois ordres. Après la prise de la Bastille, il voulut émigrer, fut arrêté à Caussade et dut revenir siéger à l'Assemblée constituante, où il joua, comme orateur de la droite, un assez grand rôle. Il voulait une monarchie intermédiaire entre le système absolu et le système anglais. Bicamériste^ comme on disait alors, il semble avoir désiré la formation d'une chambre haute composée de la noblesse et du clergé. H est un des premiers qui ait formulé le principe de la légitimité : mais il demandait le respect du pouvoir royal plutôt dans l'intérêt du peuple que dans celui du monarque : « C'est un crime de lèse-nation, disait-il, que de livrer l'autorité royale, qui seule peut défendre le peuple du despotisme d'une Assemblée nationale, comme l'Assemblée nationale peut seule défendre le peuple du despotisme du roi. » 11 y eut, entre Mirabeau et lui, des pourparlers pour la fondation de ce que nous appellerions un parti conservateur libéral. Ces pourpalers rompus, il reprit sa querelle contre les « patriotes » avec plus d'âpreté que jamais. Dans la séance du 10 août 4790, à la suite d'une altercation de tribune entre Barnave et Cazalès, ces deux adversaires, qui s'estimaient beaucoup l'un et l'autre, se battirent en duel, et tout Paris répéta les propos chevaleresques qu'ils échangèrent sur le terrain. Cazalès fut blessé au front, mais se remit bientôt de sa blessure. Son talent oratoire était admiré même de ses adversaires. C'est surtout dans les débats sur l'organisation judiciaire et sur le droit de paix et de guerre qu'il se signala. Les révolutionnaires les plus prononcés ne pouvaient s'empêcher d'admirer dans l'éloquence de ce royaliste, outre l'ampleur harmonieuse de la phrase, l'honnêteté de la pensée, une droiture de cœur et d'esprit, une certaine mélancolie noble. Il est, à tout prendre, un des plus remarquables orateurs de la Constituante, et la lecture de ses discours plaît encore aujourd'hui. Après la fuite et l'arrestation de Louis XVI, il émigra le 9 juil. 4794, et se rendit à Coblentz où les princes le reçurent assez mal : on se moquait de son royalisme libéral et de sa théorie des deux chambres. Rentré en France, il émigra de nouveau après le 40 août, et fit contre sa patrie la campagne de 4792 dans la compagnie de chasseurs à cheval des princes. En déc. 479!2, il sollicita vainement
de la Convention un sauf-conduit pour venir assister Louis XVI : mais il rédigea et fit imprimer le discours qu'il aurait prononcé pour défendre le roi. Employé par les princes à Toulon en 4793, puis en Suisse après le 48 Fructidor, il passa en Angleterre oii il séjourna longtemps et se lia d'amitié avec Fox. Rentré en France en 4803, il semble avoir refusé de servir Bonaparte. Il épousa M'^« de Roquefeuil, veuve d'un capitaine de vaisseau et mourut dans la retraite et dans l'obscurité. — Ses discours ont été édités par M. Chare (Paris, 4824, in-8).
BiBL. : Chare, Notice sur Ca2;aZés, entête du recueil de ses discours. — Eloge de Cazalès, par l'auteur de l'ouvrage intitulé De VInfïuence des romans sur les mœurs ; Paris, 1820, in-8. — F.-A. Aulard, les Orateurs de l'Assemblée constituante ; Paris, 1882, in-8.
CAZALÈS (Edmond de), homme politique et publiciste français, fils du précédent, né à Grenade-sur-Garonne (Haute-Garonne) le 31 aoiit 4804, mort à Rennes le 28 janv. 4876. Il entra d'abord dans la carrière judiciaire, fut juge auditeur à Provins de 4825 à 4829 ; puis, entraîné par un goût très vif pour les études philosophiques, religieuses et historiques, donna sa démission et collabora plusieurs années avec activité au Correspondant et à la Revue européenne. Il obtint en 4835 une chaire à l'université de Louvain et y fit un cours de littérature justement remarqué, qui a été publié en partie dans ['Université catholiqtie de Bonnetty. Peu après, il entra dans les ordres, reçut la prêtrise en 4843 et fut nommé deux ans plus tard directeur du séminaire de Nîmes, d'où il passa ensuite à Montauban comme vicaire général du diocèse et directeur du grand séminaire. A la suite de la révolution de Février, ses opinions, très libérales, lui valurent d'être envoyé à l'Assemblée constituante comme représentant du dép. de Tarn-et-Garonne. Il vota la Constitution républicaine de 4848, fut réélu à l'Assemblée législative et, très attaché aux prétentions de l'Eglise, prit une part active à la discussion de. la loi sur l'enseignement (de 4850), qui devait lui être si favorable. Il se retira peu après et consacra le reste de sa vie à l'étude et aux exercices de piété. Il a publié d'importants articles dans la Revue des Deux Mondes, dans V Univers, dans les Annales de la philosophie chrétienne. Parmi ses ouvrages, on doit citer : Discours sur les avantages de l'éducation chrétienne dans le$ classes pauvres (étude lue à l'académie catholique de Rouen, en 4844); Etude historique et critique sur V Allemagne contemporaine (Paris, 1853, in-8); Nos Maux et leurs remèdes (Paris, 4875, in- 12), etc. A. Debidour.
GAZA LIS. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bazas, cant. de Villandraut; 812 hab.
GAZA LIS. Com. du dép. des Landes, arr. de Saint- Sever, cant. de Hagetmau ; 309 hab.
GAZA LIS (Henri), poète et littérateur français, né à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise) le 9 mars 4840. Tout en poursuivant des études médicales et des études de droit, il publia, sous le pseudonyme de Jean Caselli, les Chants populaires de VUalie, texte et traduction (Bruxelles, 4865, in-42) et Yita tristis, poésies (Ibid., 4865, in-42). Il a depuis signé de son véritable nom trois volumes de poésies personnelles : Melancholia (Paris, 4868, in-42), le Livre du Néant (4872, in-42), rillusîon (4875, in-42), et une étude sur Henri Regnault, sa vie et son œuvre (4872, in-48). Depuis, M. Cazalis paraît avoir définitivement adopté le pseudonyme de Jean Lahor, sous lequel il a publié le Cantique des Cantiques, traduction en vers d'après la version de M. Reuss (4885, in-42), une édition remaniée et modifiée de ses Poésies complètes, sous le titre générique : l'Illusion (4888, in-42) et les Grands Poèmes religieux et philosophiques (4888, in-48), première série d'une Histoire de la littérature hindoue. M. Tx.
CAZALLA DE LA Sierra. Ville d'Espagne, ch.-I. de district de la prov. de Séville, dans la sierra Morena ;