CAZEAUX — CAZENAVE
On a de lui: Des Kystes de r ovaire (Th. de conc, Paris, 4844, in-4); Traité théorique et pratique de V art des accouchements (Paris, 1840, in-&; la Tiédit et les suiv. ont été revues et annotées par ïarnier). D^ L. Iïn.
CAZEAUX (Dominique-Emile), homme politique français, né à Bénae (Hautes-Pyrénées) le 12 déc. 1835. Entré dans la magistrature en 1862, il fut appelé six ans plus tard à Paris comme substitut du procureur impérial et eut souvent à prendre la parole dans les procès politiques qui se multipliaient à la fin de l'Empire. Révoqué après le 4 sept. 1870, il fut capitaine de mobiles pendant la guerre et, fidèle à la cause bonapartiste, se fit, pour la défendre, élire député par le dép. des Hautes-Pyrénées (3 janv. 1875). A PAssemblée nationale, il prit une part énergique aux débats que provoqua Télection de son coreligionnaire politique, M. deBourgoing. Elu le 20 févr. 1876 par la première circonscription de Tarbes, il fut. Tannée suivante, des 158 députés qui soutinrent la politique du 16 mai. Son mandat lui a été renouvelé, tant au scrutin uninominal qu'au scrutin de liste, le 14 oct. 1877, le 21 août 1881 etle4 oct. 1885, mais il a échoué aux élections de 1889. A. Debidour.
CAZEDARNES. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Saint-Pons, cant. de Saint-Chinian ; 479 hab.
GAZELLES (Mathieu-Brutus), homme politique français, né à Montagnac (Hérault) en 1793, mort à La Folie, près Marly-lez-Compiègne, le 13 août 1880. Son père, patriote et républicain très ferme, était connu sous le surnom de Dupont de F Eure de l'Hérault. Le jeune Brutus Gazelles, très dévoué comme lui à la cause de la Révolution, fut attaché, pendant les Cent-Jours, comme aide de camp, au général Guillet, dont il partagea quelque temps à Lyon la détention, après le rétablissement de Louis XVlil. Rentré dans son pays, il y eut à subir les tracasseries d'une police ombrageuse et, en outre, les violences des bandes d'assassins et de pillards royalistes qui terrorisaient alors le midi de la France. La propriété des Gazelles, à Montagnac, fut entièrement dévastée par ces brigands. Peu après, un capitaine de verdets^ connu pour avoir pris part à cet attentat, eut l'audace de provoquer Mathieu-Brutus, qui fut blessé, mais qui tua net son adversaire. On emprisonna cet indomptable lutteur, mais au bout de cinq mois, on fut obligé de le relâcher. Ses ennemis politiques résolurent alors de l'assassiner. Attiré traîtreusement à un rendez-vous amical, il tut assailli par trois sicaires, qui lui donnèrent quatorze coups de sabre. 11 en réchappa. Grâce à sa persévérante énergie et aux quinze procès qu'il eut le courage de soutenir, il put reconstituer en partie sa fortune détruite par les pillards de 1815. 11 est inutile d'ajouter que, pendant toute la Restauration, il employa toute son influence dans les élections en faveur du parti libéral et contre le gouvernement établi. En 1830, à la première nouvelle des troubles de Paris, le préfet de l'Hérault le menaça de le faire arrêter. « Avant demain, lui dit Gazelles, je vous ordonnerai de quitter votre préfecture. »
Après la chute de Gharles X, il fut élu par ses compatriotes colonel de la garde nationale et contribua puissamment, par sa fermeté, au maintien de l'ordre dans son département. H occupa quelque temps l'emploi de directeur des postes. Mais il ne tarda pas à le quitter, se jeta dans l'opposition et, jusqu'en 1848, travailla de son mieux à préparer l'avènement de la démocratie. A la suite de la révolution du 24 février, il fut envoyé comme représentant de l'Hérault à l'Assemblée constituante, où il siégea à gauche, vota contre le cautionnement des journaux, contre la loi sur les attroupements, contre l'état de siège. Non réélu à l'Assemblée législative (1849), il devint inspecteur général de la police à Lille et, par un revirement que peut seule expliquer sa liaison personnelle avec Louis-Bonaparte, se rallia sans réserve, après le 2 décembre 1851, à la politique du coup d'Etat. Il se présenta comme candidat oflQciel et fut élu député, en
1852, dans la troisième circonscription de l'Hérault, fut encore réélu en 1857 et en 1863 à d'énormes majorités et fit enfin partie du Gorps législatif de 1869, mais après un succès plus disputé. La révolution du 4 sept. 1870 mit fin à sa carrière politique. A. Debidour.
GAZELLES (Emile), philosophe et homme politique, né à Nîmes le 31 oct. 1831, d'une famille protestante. Interne des hôpitaux de Paris (1857), il fut reçu docteur en 1860 avec une thèse de chirurgie {Sur le Traitement de VEctropion cicatriciel)^ mais délaissa presque aussitôt la médecine pour la philosophie. Dans sa retraite de Saint-Gilles (Gard), il entreprit une série de très importantes traductions qui, présentées au public par des préfaces souvent considérables, contribuèrent dans la plus large mesure à nous faire connaître le mouvement de la pensée contemporaine au dehors. C'est ainsi qu'il a traduit : de J. Stuart Mill, la Philos, de Hamilton, V Assujettissement des femmes, V Autobiographie et ksEssais sur la Beligion; de Moleschott, la Circulation de la vie; de Herbert Spencer, les Premiers principes ^ les Principes de biologie et les Principes de sociologie, ces derniers formant seuls 4 vol. in-8; de Bain, les Sens et Vintelligence; de Bentham, V Analyse de Vinfluence de la religion naturelle sur le bonheur temporel, sous ce titre abrégé : La religion naturelle. Une partie de ces travaux furent menés de front avec ceux de la vie publique, à laquelle M. Gazelles fut appelé une première fois parjes événements de 1870 comme secrétaire général de la préfecture du Gard, puis de nouveau et définitivement en mars 1878, comme préfet de la Creuse d'abord, et, l'année suivante, de l'Hérault. Après avoir passé à la direction de l'administration pénitentiaire, il avait celle de la sûreté générale en 1881, lors de l'exécution des décrets contre les congrégations religieuses non autorisées. Préfet de Meurthe-et-Moselle en 1882, il le fut ensuite des Bouches-du-Rhône (1884), et durant le choléra de Marseille, sa compétence comme médecin, jointe à son autorité administrative, lui permit de rendre les plus grands services. M. Gazelles est conseiller d'Etat depuis 1887 ; il a repris momentanément (1889) la direction de la sûreté au ministère de l'intérieur. C'est un caractère, dans un temps où l'on se plaint qu'ils soient rares.
H. Marion.
CAZEMBÉ. Pays de l'Afrique centrale, situé entre la région proprement dite de Lounda à l'E. et le royaume du Mouata Jamvo dont il est vassal, au N.-O. du lac Bangouélo. On y trouve du cuivre, du fer; l'agriculture (manioc, sorgho, maïs), l'industrie (toiles, poteries, etc.) y sont pratiquées, car la population, quoique peu dense, est fort laborieuse; les objets de commerce sont l'ivoire, le cuivre, les esclaves. Le chef du pays réside près du lac Moero. Ce pays a été plusieurs fois exploré par les Portugais et une fois par Livingstone.
CAZENAVE-Serre-et-Alens. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. de Tarascon-sur-Ariège ; 306 hab.
CAZENAVE (P.-L.-Alphée), dermatologiste français, né vers 1795, mort à Garches en avr. 1877. Reçu agrégé en 1835, il fit des cours de matière médicale et concourut plusieurs fois sans succès pour des chaires de professeur. Gazenave a eu le mérite de ramener les études dermatologiques en France dans la voie vraiment scientifique, d'où le formalisme superficiel d'Alibert les avait fait dévier; il substitua aux systèmes artificiels la méthode d'observation que son maître Biett appliquait avec tant de succès. C'est à l'hôpital Saint-Louis, où il avait été luimême élève, qu'il initia des générations de médecins à l'étude des affections cutanées. Gazenave obtint la croix de la Légion d'honneur en 1843. Principaux ouvrages : avec Schedel : Abrégé pratique des mat. de la peau (Paris, 1828, in-8; ¥ éd., 1847); Leçons sur les maladies de la peau prof, h V Ecole de méd, de Paris en 184i'U (Paris, 1845-56, in-fol., 60 pi. col.); Traité des syphilides, etc. (Paris, 1843, in-8, av. atl. de
CAZENAYE — GAZES
12 pi.); Traité des maladies du cuir chevelu, etc. (Paris, 1850, in-8, 8 pi. col.); PathoL des mal, de la peau et de la syph,, 1^« et 2^ livr. (Paris, 1868-69, in-8) ; BibL méd. Les gourmes (Paris, 1873, in-8) ; Cazenave a rédigé les Annales des mal. de la peau et de la syphilis de iSUa i85^. D^L. Hn.
CAZENEUVE. Corn, du dép. du Gers, arr. de Gondom, cant. de Montréal ; 368 hab.
CAZENEUVE-MoNïAUT. Com. du dép. de la Haute- Garonne, arr. de Saint-Gaudens , cant. d'Aurignac; 197 hab.
CAZENEUVE (Ignace de), homme politique français, né à Gap en 1747, mort à Vanc près de Gap en 1806. Ordonné prêtre, il fut professeur de rhétorique au collège de Mende, puis chanoine de la cathédrale de Gap, et chargé par l'évêque de Tadrainistration municipale de la ville, dont il devint maire en 1790. En 1791, il fut élu évêque constitutionnel du département, et se fit sacrer malgré les protestations des membres du clergé réfractaire . Les électeurs renvoyèrent ensuite les représenter à la Convention. Il vota la détention de Louis XVI, avec sursis et appel au*peuple. Arrêté en juin 1793, il resta quatorze mois en prison. Il devint membre du conseil des Cinq-Cents, mais en 1797, il donna sa démission d'évêque et rentra complètement dans la vie privée.
GAZENOVE DE Pradines (Pierre-Marie- Edouard de), homme politique français, né à Marmande (Lot-et- Garonne) le 31 déc. 1838. Il paraît pour la première fois dans la vie publique, en 1870, pendant l'invasion allemande : il s'engage dans le corps de volontaires commandé par le général Charette. Une blessure qu'il reçoit à Loigny nécessite l'amputation du poignet, et vaut au mutilé une lettre du comte de Chambord. Élu représentant du peuple à l'Assemblée nationale aux élections générales du 8 févr. 1871, le troisième sur six, par les électeurs du Lot-et-Garonne qui lui donnent 55,283 voix, il fait partie de la droite légitimiste et cléricale. Il vote la paix, et le 13 mai 1871, c'est lui qui propose des prières publiques pour mettre fin à l'insurrection. H s'associe à toutes les mesures législatives qui ont pour but de nuire à la République et il est un des instigateurs des menées avec le comte de Chambord. Il contribue à renverser le gouvernement de Thiers, vote contre le retour des pouvoirs publics à Paris, contre la constitution de 1875; il avait pourtant voté le septennat de M. de Mac- Mahon, estimant que c'était un moyen excellent pour ramener le roi légitime sur le trône de France. Plusieurs fois M. de Cazenove de Pradines est élu secrétaire de l'Assemblée nationale. En 1876, aux élections générales qui ont lieu pour constituer la chambre des députés, il est battu à Nantes et à Apt. II ne reparaît qu'en 1884, le 14 déc, candidat dans la 2® circonscription de Nantes contre M. Ghesnard de la Ghesnardière, bonapartiste. 11 l'emporte sur son concurrent par 8,958 voix contre 3,932. A la Chambre, il fait partie de l'extrême droite. Le 4 oct. 1885, il est élu avec toute la liste de conciliation monarchique, le septième sur neuf, avec 70,151 voix dans le dép. de la Loire-Inférieure. A la mort du comte de Chambord, M. de Cazenove de Pradines s'est rallié à la monarchie constitutionnelle représentée par le comte de Paris. A la fin de la législature de 1885-1889, M. de Cazenove de Pradines se fit remarquer à la Chambre en se séparant avec éclat de ses coreligionnaires politiques qui suivaient la politique du général Boulanger. 11 fut réélu par la 3^ circonscription de Nantes obtenant 12,896 voix contre 12,509 à M. Gaudin, bonapartiste. Louis Lucipia,
CAZÈRES (Caselœ, Cazerœ). Ch.-l. de cant. du dép. delà Haute-Garonne, arr. de Muret, sur la rive gauche de la Garonne, station du chemin de fer du Midi, ligne de Toulouse à Bayonne; 2,690 hab. On a voulu autrefois placer dans ce lieu l'ancienne station de CalagorriSf des itinéraires romains, que l'on s'accorde aujourd'hui à placer vers Martres de Rivière ; en tout cas, tout
le pays était habité à l'époque antique, et on trouve souvent à Gazères des monnaies romaines. La plus ancienne mention de cette ville, nommée alors Caselœ, remonte à Pan 1139; elle fut donnée en dot par le comte de Comminges à sa fille Bernarde, au moment du mariage de celle-ci avec Roger, vicomte de Carcassonne. Ce mariage étant resté stérile, Gazères revint à la maison de Comminges. Au xiii® siècle, les consuls relèvent des comtes de Toulouse, puis de la couronne ; ils prêtent serment de fidélité au roi en 1271; la ville était alors dans la baylie de Gascogne. Au xiv^ siècle, si l'on en croit Froissart, elle appartenait au comte de Foix, Gaston Phœbus, et ce serait sous ses murs qu'aurait eu lieu la défaite du comte d'Armagnac et du sired'Albret(1376) ; mais le chroniqueur officiel des comtes de Foix, Miguel de Verms, place ce fait d'armes à Gazères-sur-l'Adour, dans le Marsan, qui appartenait sûrement à Gaston-Phœbus, et il semble probable que le chroniqueur français aura confondu les deux Gazères dont il connaissait un seul : Gazères sur la Garonne ; il passa dans ce lieu longtemps après la bataille de 1376. En 1619, Cazères fut un instant au pouvoir des protestants. Plus tard, le lieu de Gazères fit partie du duché d'Antin; il fut réuni au domaine quelques années avant la Révolution. Cazères, depuis 1317, était dans le diocèse de Rieux ; la ville fit toujours partie du Languedoc, même après le démembrement de 1469 ; au xvi*^ siècle, elle était une des villes maîtresses du diocèse civil de Rieux. Les archives ont été brûlées pendant l'insurrection royaliste de l'an VIII. Au xviii® siècle, pour faciliter les, communications avec la rive droite de la Garonne, on construisit un pont mi-partie en bois, mipartie en maçonnerie, aujourd'hui remplacé par un grand pont de pierre qui a fait de Couladère, sur la rive droite, comme un faubourg de Cazères. Le lieu de Cazères a toujours été assez commerçant, et l'industrie y est aujourd'hui assez florissante. Pêches renommées, marché important. Curieuse église du xiii« ou du xiv® siècle dédiée à Sainte- Quitterie; dans la nef, cuve baptismale datée de 1320; le clocher très singulier est moderne et date de 1820. Au faubourg de Villeneuve, porte de 1547. Il y avait autrefois à Cazères un couvent de jésuites. A. Molinier.
BiBL. : RoscHACH, Foix et Comminges, pp. 137-t45, — L'abbé Carrière, Monographie de Céglise de Cazères {Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, VII, 356-36b).
GAZERES-sur-l'Adour. Cam. du dép. des Landes, arr. do Mont-de-Marsan, cant. de Grenade; 952 hab. Stat. du chem. de fer du Midi, ligne de Morcenx à Tarbes. Tanneries, teintureries. Ruines d'anciennes fortifications. Maisons anciennes dont plusieurs remontent à l'époque gothique.
CAZES-MoNDENARD. Com. du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Moissac, cant. de Lauzerte ; 2,403 hab. Ruines romames. Foires fréquentées.
GAZES (Pierre-Jacques) (V. Cases).
GAZES (Romain), peintre français, né en 1810 à Saint- Béat (Haute-Garonne), mort à Saint-Gaudens le 21 sept. 1881. Elève d'Ingres, cet artiste commença à exposer en 1835; ses portraits furent peu remarqués et il chercha dans la peinture religieuse monumentale une voie plus conforme à ses tendances académiques. Les principales œuvres qu'il exposa furent : le Christ sur la montagne (S. 1839 ; médaille de 3« classe) ; Psyché (S. 1847) ; les Litanies de la Sainte-Vierge; le Couronnement de la Sainte-Yierge ; la Divine liturgie^ cartons de peintures murales exécutées dans l'église de Bagnères-de-Luchon (S. 1855) : VAnge de la mort; VAnge de la résurrection ; cartons de peintures murales exécutées dans l'église Sainte-Croix, à Oloron (Basses-Pyrénées) (S. 1863, rappel de médaille) ; Saint Mathieu ; Saint Jean (S. 1864; pour l'église de Notre-Dame de Clignancourt) ; Mission des apôtres (S. 1870 ; préfecture de la Seine) ; Escalier dans un palais en ruines, à Fontarabie, fusain (S. 1877) ; un Puits dans une rue, à Fontarabie (S. 1879). On lui doit encore les peintures du chœur