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CAZES - GAZETTE

de l'église Saint-François-Xavier et celles du chœur de Notre-Dame de Bordeaux. 11 a exécuté pour les galeries de Versailles les copies des portraits des derniers Princes et princesses de Condé, d'après les originaux du château de Chantilly. Ad. T.

GAZETTE (Céramique). Etui, sorte de boîte ou case dont on a fait cazette par corruption de langage. On s'en sert pour la fabrication des poteries que Ton veut protéger dans le four contre l'action directe des flammes, contre l'action des cendres du combustible, enfin contre l'influence des fumées et des gaz trop chargés de matières réductrices. L'encastage au moyen de cazettes est de toute nécessité pour la cuisson de la porcelaine, aucune pièce ne peut y être soustraite. Certains auteurs ont attribué l'invention de l'encastage au moyen des cazettes à Bernard Palissy qui, évidemment, a dû s'en servir habituellement ; mais étant donné l'utilité des cazettes, il n'est pas possible d'admettre qu'elles n'ont pas été connues par les céramistes qui ont précédé notre illustre potier. Ce qui est probable, c'est que Palissy, qui commença ses essais sans avoir aucune connaissance en céramique, a cru de bonne foi inventer les cazettes alors que seulement il en ignorait l'usage. Il y a, comme nous le verrons plus loin, des cazettes de toutes formes et de toutes dimensions ; elles peuvent être à cul-de-lampe, à recouvrement, grandes, petites, simples, doubles pour l'encastage économique des pièces plates sujettes à recevoir des grains. Suivant leurs formes, on les appelle hausses, cerces, étuis, encastage Begnier, etc. Il est nécessaire que les matières qui servent à fairp les cazettes soient d'une nature réfractaire, c.-à-d. capable de résister à l'action du feu qui se porte sur elles d'une matière immédiate et par conséquent très violente. 11 faut aussi qu'elles puissent subir l'alternance du froid et du chaud sans se briser : il est nécessaire que les cazettes puissent retourner au feu à plusieurs reprises, car leur construction est relativement cotiteuse. Le choix des terres qui servent à les fabriquer doit être fait avec soin, elles ne doivent pas renfermer de grains de matières susceptibles d'éclater au feu, car alors les pièces renfermées dans les étuis pourraient être gâtées. Il faut aussi que les dites terres soient exemptes de plâtre, qui augmente la fusion de la partie où il se trouve, de pyrites qui peuvent éclater et répandre des matières sulfureuses de nature à altérer la blancheur des pièces ; de fer qui, en se volatilisant, viendrait donner à la porcelaine une coloration fâcheuse. La pâte qui sert au façonnage des cazettes est constituée par un mélange de différentes argiles auxquelles on ajoute une certaine quantité de ciment, obtenu par le concassage des débris d'anciennes cazettes ; ce ciment doit être réduit à l'état de gros sable ou de petit gravier. Il y avait autrefois dans le dép. de la Haute- Vienne plusieurs carrières de terres susceptibles de faire de très bonnes cazettes. Ces carrières sont à peu près épuisées aujourd'hui, et les fabricants de Limoges sont obligés de faire venir leurs terres à cazettes du Périgord, du Poitou ou du Berry ; les terres de ces différents pays sont de nature particulière, et c'est par leur mélange, avec addition de ciment, que l'on constitue la pâte à cazettes. Les cazettes qui ont servi à plusieurs reprises sont d'un meilleur usage que celles qui vont au feu pour la première fois, ce qui s'explique facilement : les grains de quartz qui se trouvent dans les pâtes ayant fait leur effet à la première cuisson restent inoffensifs aux cuissons subséquentes; c'est en partie pour cette raison que l'on voit dans les fabriques, les enfourneurs se servir de cazettes brisées et que, pour pouvoir les manier, l'on est obligé de lier avec des cordes que l'on ôte lorsque les piles de cazettes sont formées dans le tour. On arrive malheureusement difficilement à avoir des cazettes qui puissent aller plus de quatre fois au four.

Pour l'opération de l'encastage, il faut, outre la cazette

un rondeau (V. ce mot), qui se met au fond ; ce rondeau est fait avec une pâte analogue à celle qui sert à confectionner les cazettes, mais plus fine et plus sableuse. Entre chacune des cazettes formant les piles, se trouve un colombin (V. ce mot), dont la fonction est de bien faire joindre entre elles les cazettes, de les luter, afin d'empêcher l'introduction de la flamme et du gaz. Enfin, les cazettes sont reliées entre elles par des cales faites avec une pâte spéciale (V. Cale). Dans les fabriques qui ne possèdent pas d'outillage mécanique pour la fabrication des cazettes, les fragments de vieilles cazettes sont écrasés à la massette, pour faire les ciments; quant aux argiles, ils sont écrasés avec un outil en bois appelé le tapoir. Lorsque la pâte est constituée, on l'étend sur une aire disposée à cet effet, et là, un ouvrier la marche. Le marcha ge de la terre à cazette doit se faire pieds nus, car cette terre est plus plastique et plus grasse que la terre à porcelaine que l'on marche avec des sabots. L'aire où l'on marche la terre est de forme circulaire, et l'ouvrier se tient à une corde fixée au milieu, soit à l'aide d'un poteau, soit au plafond; il marche en suivant le rayon formé par la corde, et qui se raccourcit à mesure que le travail avance. Les débris de cazettes sont concassés de manière à former des sables de 3 à 4 millim. de grosseur. Les argiles qui doivent entrer dans la composition des pâtes sont d'abord bien séchées, puis on les divise en petites mottes et on les fait passer dans un appareil composé de deux cylindres lisses munis de roulettes qui les réduisent en poudre grossière. On emploie aussi des moulins à noix, qui ont Tinconvénient de demander beaucoup de force. L'opération du concassage des cazettes se fait en général à l'aide de massettes, mais, dans un centre de production, on trouve avantage de se servir d'un concasseur Chapitet (fig. i). Les blocs sont jetés dans la trémie A et tombent sur de très fortes grilles métalliques B, dont

Fig. 1. — Concasseur Chapitet,

les trous correspondent à la grosseur des fragments à laquelle on veut réduire la matière. Ces blocs sont rencontrés par des marteaux D, retenus entre des plateaux C par des tourillons e. Les plateaux et les marteaux sont entraînés dans un rapide mouvement de rotation par l'arbre E, actionné par un moteur. Les marteaux viennent frapper violemment les blocs de cazettes qu'ils ne tardent pas à diviser; lorsqu'il se présente un bloc trop résistant, le marteau est couché entre les plateaux jusqu'à ce qu'il échappe le bloc qu'il vient de frapper à nouveau au tour suivant, jusqu'à sa désagrégation complète. Ce sont les mêmes marteaux qui forcent les morceaux brisés au degré voulu à traverser la grille pour tomber dans une fosse.

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