‹ La Grande encyclopédieChapitre 346 sur 397 · CAZIN — CAZOT · texte numérisé non relu

CAZIN — CAZOT

césarienne en cas de tumeurs fibreuses utérines rem^ plissant Vexcav» pelvienne (?2Lr\s, 1875); Des tuber-eûtes de l'estomac spécialement chez les enfants (Paris, 1881, in-8); De V influence des bains de mer sur la scrofule des enfants, ouvr. cour, par l'Acad. de méd. de Paris (Paris, 1885, in-8); les Etablissements hospitaliers à Berck-sur-Mer (Paris, 1885, iii-4).

Dr L. Hn.

CAZIN (Jean-Charles), peintre français contemporain, frère du précédent, né à Samer (Pas-de-Calais). Elève de Lecoq de Boisbaudran, ayant résidé d'abord en Angleterre 011 il puisa un vague parfum de préraphaélisme, il n'apparut au Salon qu'assez tard, en 1876 (le Chantier)j(it dès le début manifesta l'intention de ne pas parler la langue de tout le monde. Il peignait à la cire, et ce genre de peinture qu'il affectionne tend à calmer, à amortir les tons. La Fuite en Egypte, exposée en 1877, est la première de ces légendes sacrées qu'il a traitées avec tant de douceur et d'amour, modernisant les costumes, dépaysant souvent même un peu trop la scène, mais lui gardant toujours son accent de naïveté tendre. Le paysage s'y glissait déjà, mélancolique et charmant. En 1878, le Voyage de Jobie (gouache, cire et pastel) était compris de même. Il revint encore, en 1879, sur l'histoire du Christ enfant fuyant Hérode {le Départ) et fit un essai heureux de peinture décorative, VArt (fragment de plafond), œuvre délicate et poétique appartenant à M. Lerolle. On lui décerna à cette occasion une mention honorable. Mais son succès, sa véritable réputation datent du Salon de 1880. Ce fut une surprise et un plaisir pour beaucoup que de voir son Tobie (aujourd'hui au musée de Lille), son Agar et Ismaël surtout (musée du Luxembourg). Jamais il n'avait encore rien tenté d'aussi important ni d'aussi parfait. VAgar et Ismaël est jusqu'à présent son chef-d'œuvre. La vérité historique y est peu respectée, mais la vérité idéale est admirable : cette mère qui pleure et que console son enfant touchera à jamais tous les cœurs. 11 expo- • sait en même temps un très beau dessin, la Terre, représentant Adam et Eve chassés du Paradis terrestre, qui commencent à gravir les terrains nus et désolés de leur nouveau domaine. Le triomphe fut éclatant, et il obtint d'emblée une médaille de 1^« classe. En 1881, la fête du 14 Juillet lui inspira un rêve symbolique de concorde, de travail et de paix, Souvenir de fête. Aux dessins, on voyait 'de lui un paysage exquis de bord de mer, Vn Poste de secours (cire et pastel). A la suite de sa remarquable exposition à l'Union centrale des arts décoratifs, il fut décoré (1882). Mais en 1883, sa Judith sortant des murs de Béthulie désorienta même ses plus fervents admirateurs. Le système y était poussé à l'extrême ; l'abus du costume moderne, du paysage emprunté à nos contrées rendait le sujet à peu près incompréhensible. Il fut très critiqué et dut prendre la chose à cœur : car il se tint désormais soigneusement à l'écart du Salon, et n'y reparut qu'en 1888 avec une scène de la réalité contemporaine d'un grand sentiment et d'une profonde tendresse, la Journée faite.

Cazin a une force d'idéalisation qui donne à la vérité la plus humble des airs de poésie et de rêve. Sa simplicité est très raffinée, très apprise. Il doit certainement beaucoup à Puvis de Chavannes pour ses figures et peut-être aussi pour ses paysages. C'est surtout comme paysagiste qu'il est en général apprécié et connu. Il a fréquemment exposé en ce genre dans les expositions de cercles ou à la galerie Petit des œuvres délicates. (Quoiqu'il ne soit pas de la race des forts, de ceux qui renouvellent l'art, il marquera dans cette fin de siècle comme un rêveur charmant, un peu triste, qui nous fait à demi-voix, même dans ses paysages, les confidences de son cœur. Paul Leprieur.

CAZIN (M'^Q Marie), femme du précédent, née à Paimbœuf ( Loire- Inférieure ) , élève de son mari et de ]^me Peyrol- Bonheur. Vivant avec M. Cazin dans une parfaite conformité de goûts et de sentiments, elle est en

quelque sorte animée du même esprit rêveur et lui ressemble sans le copier. Ils ont fait leur début cête à côte au Salon, en 1876. Elle commença par la peinture, en particulier la peinture de paysage : Un Etang en Picardie (1876); Village de pêcheurs (1877) ; le Matin sur la côte (1878) ; Anes en liberté (1880). Puis elle s'essaya bientôt à la figure par de très beaux dessins d'une facture large, d'un profond sentiment, pleins de douceur mélancolique, parmi lesquels on peut citer surtout Tristesse (1880); /a Vie obscure (1885); Convalescente {mQ)', Jeunes filles (1887 et 1888). C'est la sculpture qui paraît devoir définitivement la fixer. Elle expose avec succès depuis quelques années des figures de bronze, où ce qu'il y avait jusqu'alors d'un peu incertain dans ses rêves a pris une forme robuste et ferme, quoique toujours délicate : Tristesse, masque en bronze (1882); David, la Fortune, bustes (1883) ; le Regret, statue (1885); Jeunes filles, groupe en bronze, et Fragment de décoration, haut relief en plâtre (1886). Elle a obtenu une mention honorable en 1885. Diane, au Salon de 1889, a été un essai heureux de peinture décorative dans des tons déteints de vieille tapisserie. Paul Leprieur.

CAZOCI (V. Cactzotzin).

CAZORDITE (V. Cagnotte [La]) (Landes). CAZORLA (Sierra de). Chaîne de montagnes d'Espagne, à la limite de la Murcie et de l'Andalousie, appelée aussi Sierra Tujiense, du nom du col le plus important qui la traverse et qui sert de communication entre les prov. de Murcie et de Jaen; dans l'antiquité, il semble qu'elle s'appelait Monte Argentorio, Ses flancs sont couverts de forêts de pins et de chênes et ont d'excellents pâturages ; c'est sur ce versant que naissent Je Guadalquivir et ses principaux affluents.

C AZO R LA. Bourg d'Espagne, prov. de Jaen ; 6,651 hab. CAZOT (Nicolas- Joseph), comédien français, né à Paris le 17 janv. 1777, mort à Paris le 15 déc. 1856. Il servit d'abord dans la marine marchande. Il arrivait de l'Ile de France lorsque, tout jeune encore et débarquant à Bordeaux, il fut, on ne sait par suite de quelles circonstances, engagé au théâtre des Variétés de cette ville pour y tenir l'emploi des seconds amoureux. Quelques années après il venait à Paris, entrait à la Gaîté pour y jouer le même emploi, et en 1804 passait aux Variétés, qu'il ne devait plus quitter jusqu'à sa retraite. Là, il changea de genre, et abandonna les amoureux pour se vouer aux comiques. C'était le temps où ce théâtre comptait des comédiens tels que Brunet , Tiercelin, j^mes Mengozzi, Barroyer, Elomire, Flore, Caroline, etc. Sans être peut-être l'égal de tous ces excellents artistes, Cazot contribuait, pour sa bonne part, à l'ensemble remarquable qui faisait de cette troupe une des meilleures de Paris. Il était devenu une ganache presque de premier ordre et d'une originalité rare. On le citait surtout au sujet de certains rôles excentriques qu'il jouait dans le Bénéficiaire, V Amphigouri, Au clair de la lune, Madame Gibou et Madame Pochet, etc., etc, Cazot prit sa retraite au mois d'avr. 1842, après trente-huit années de services ininterrompus au même théâtre.

CAZOT (Théodore-Joseph-Jules), homme politique français, né à Alais (Gard) le 11 févr. 1821. Docteur en droit, il donne des répétitions de droit à Paris pendant les dernières années du règne de Louis-Philippe. Revient dans le Gard en 1848 et^ soutient la lutte républicaine dans ce département jusqu'au coup d'Etat du 2 décembre 1851, ce qui le fait interner à Montpellier. En 1859, après l'amnistie générale, il se fait inscrire comme avocat au barreau de Nîmes et continue la campagne contre les idées impérialistes. Aux élections générales de 1869, il se présente sans succès contrôle candidat officiel. M. Cazot suit à Tours et à Bordeaux le gouvernement de la Défense nationale et occupe les fonctions de secrétaire général du ministère de Fintérieur. Candidat non élu aux

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