‹ La Grande encyclopédieChapitre 359 sur 397 · F. COURBOIN · texte numérisé non relu

F. COURBOIN

CELSE ou CELSUS (Aulus-Cornelius), célèbre écrivain romain, dont on ne connaît exactement ni le nom, ni le lieu de naissance, ni l'époque où il a vécu. La plupart des éditions portent Aurelius-Cornelius Celsus, mais d'après un ancien manuscrit du Vatican, c'est Aulu^ ; son nom de Cornélius indique, en outre, qu'il était membre de l'illustre maison Gornelia, ou du moins d'une naissance relevée. Celsus était Un surnom, assez répandu du reste. Cselius Rhodiginus a fait naître Celse à Vérone, d'autres lui assignent Rome pour patrie ; une seule chose paraît très probable, c'est qu'il résida à Rome. Celse était-il médecin ? c'est très peu probable ; son fameux traité De re medica faisait partie d'une encyclopédie, où il était traité de l'agriculture, de la rhétorique, de l'art militaire, etc. ; il était donc un vulgarisateur. On admire la sagacité déployée par cet auteur dans la discussion des doctrines médicales, l'appréciation des indications thérapeutiques et celle des méthodes et des procédés chirurgicaux ; c'est que probablement Celse possédait une vraie pratique, traitant ses parents, ses amis, ses esclaves et les esclaves de ses amis, sans exercer la profession pour vivre. Quintilien, Columelle, Phne citent Celse avec éloge ; les Grecs ne le citent pas, probablement, dit Daremberg, parce qu'ils n'ont jamais pris l'encyclopédiste romain pour un médecin et que, d'ailleurs, ils possédaient les originaux où lui-môme avait puisé.

A quelle époque Celse a-t-il vécu ? Il parle de Thémison comme d'un auteur récent, il ne prononce pas le nom de Musa, médecin d'Auguste ; Columelle, qui florisait quarante ans ap. J.-C, fait de lui des citations ; enfin son style, de la meilleure latinité, est celui du grand siècle; il est donc très probable qu'il écrivait dans la première moitié du règne d'Auguste.

L'ouvrage de Celse est un admirable résumé de ce qui avait été fait en médecine et en chirurgie depuis Hippocrate jusqu'à l'an 30 ou 40 avant notre ère. Quoique partisan, jusqu'à un certain point, du méthodisme d'Asclépiade, il avait adopté un véritable éclectisme, prenant la vérité partout où il croyait la rencontrer. Malgré ses mérites, le livre de Celse fut à peu près éclipsé pendant la nuit du moyen âge ; il est seulement cité par quatre auteurs : Isidore de Séville, Gerbert, Jean de Salisbury et Simon Januensis ; c'est, pai^aît-il, Thomas Perentoncelli de Sarzana, pape sous le nom de Nicolas V (1447-1455), qui retrouva un manuscrit de Celse, celui duquel tous les autres ont été copiés ; la plus ancienne édition de ses oeuvres est celle de Florence (1478, pet. in-foL), presque intfouvable; l'édition de Milan (1481, in-fol.), est également très rare ; ces éditions furent suivies d'une foule d'autres; celles de Tai'ga (Padoue, 1769, in-4 ; 1815) sont parmi les meilleures; les éditions de Ritter et Albers (Cologne, 1830, in~8) et Daremberg (Paris, 1859, in-8), sont d'un forjnat très connnode. Les traductions françaises sont assez nombreuses ; les meilleures sont celle de Ninnin (Paris, 1754,2 vol. in-12) ; réimp. en i821, puis réédité sans modifications sérieuses par Ratier et Fouquier (Paris, 1823, in-18) ; celle de Des Etangs (Paris, 1846, in-8), qui fait partie de la collection des classiques de Nisard ; enfin celle de Védrènes, avec le texte en regard (Paris, 1876, gr. in-8). D"^ L. Hn.

BiBL. : KuHKiioLTz, Eloge de Célse; Montpellier, 1838,

- 1071 - GELS - CELSIUS

in-8. — Broca, Confér. hlst. ; Paris, 1866. — BeaucirAî^d [Dict. encycl se. mëd., P^ sér., t. XIÎÎ, p. 696). — Haeser [Biogr. Lexic. hervorrag. Aerzte, I, 686).

CELSE OU CELSUS ( Apuleius) , médecin romain contemporain du précédent, mais probablement plus jeune que lui ; il vécut sous Auguste et sous Tibère. Scribonius Largus nous apprend qu'il naquit à Centuripes (Centorvi) en Sicile. Il fut le maître non seulement de Scribonius Largus, auteur d'un traité de la composition des médicaments et médecin do Claude, mais aussi de Vectius Valens, un des amants de la célèbre Messaline, qui fut mis à mort en même temps qu'elle. On a attribué à Apuleius Celsus des ouvrages sur l'agriculture et sur les vertus des plantés, qui ne sont probablement pas de lui. D*". L. Hn.

CELSE. Philosophe qui vivait à Rome sous les Antonins. On ne sait pas très exactement à quelle école il appartenait. Stoïcien selon les uns, platonicien selon les autres, épicurien d'après Drucker, qui a longuement discuté la question {Hist, oit, philosop.^ t. Il), il paraît être le même à qui Lucien a dédié son livre sur Alexandre. Celse semble s'être donné pour mission de réfuter le christianisme. Du moins, le seul ouvrage que nous connaissions de lui, intitule Discours véritable^ se proposait-il cet objet. Encore ne le connaissons-nous que par la réfutation qu'Origène en a faite.

CELSÉ (Magnus von), érudit suédois, né à Upsala le 6 janv. 1709, mort en 1784. Il était fils d'Olof Celsius l'ancien, et fut anobli en 1756. Entré à la Bibliothèque royale en 1729, il en devint directeur (1750), et en écrivit l'histoire en latin (Stockholm, 1751). Gomme historiographe royal (1760), il publia Apparatus ad historlœ suiogothicœ sectionem primam: Bullarium (ib., 1782). On lui doit aussi une dissertation sur Skokloster (Upsala, 1729), et Fragment de la loi de Smâland, avec version et notes dans Acta Societatis scientiarum Upsalieîtsis (1732, t.IU). B-s.

CE LSI A (Bot.). Genre deScrofulariacées, établi par Linné (Gen,, n^ 757) et appartenant au groupe des Verbascées. Ce sont des plantes herbacées ou sous-ligneuses, qui ne diffèrent des Verbascum qu'en ce que leurs fleurs renferment seulement quatre étamines didynames. On en connaît une trentaine d'espèces, disséminées dans diverses parties de l'ancien monde, dans la région méditerranéenne et dans l'Inde orientale. Quelques-unes d'entre elles, comme le G. Cretica L. et le G. lanceolata Vent., sont cultivées comme oi'nementales. Ed. Lef.

GELS IN G. Famille de diplomates suédois : 1*> Gustaf Celsing (1679-1743). Etant auditeur militaire (1704), il suivit Charles XÏI jusqu'à Bender, fut chargé d'une mission à Constantinople (1709), anobU (1718), devint secrétaire du roi (1720), puis secrétaire d'Etat (1739-43). — 2° Son fils, Gusta'f yoïi Celsing (1723-1789), fut à divers titres accrédité auprès des sultans à partir de 1745, devint secrétaire d'Etat (1769), président du Conseil de commerce (1770), baron (1778). — 3° Le frère de ce dernier, Ulrik von Celsing (1731-1805) fut envoyé auprès du sultan (1770-79) et de l'électeur de Saxe (1783), ministre à Vienne (1786-89). H légua à l'université d' Upsala sa précieuse bibliothèque, comprenant entre autres cinquante-cinq manuscrits orientaux. B-s.

CELSIUS (Magnus-Nicolai-Helsingus Mëtagrius), mathématicien et archéologue suédois, né le 16 janv. 1621 à Alfta (Helsingland), mort le 5 mai 1679. Il fut recteur de l'école cathédrale d'Upsala (1656), assesseur à la commission des Antiquités (1666), professeur de mathématiques à l'université d'Upsala (1668), pasteur de Vieil- Upsala (1677), Il était à la fois peintre, sculpteur et constructeur d'instruments astronomiques de son invention ; il fut le premier à dédiiffrer les runes dites du Helsingland, à propos desquelles il écrivit De runis helsingicis (Upsala, 1677); discours sur le même sujet, édité par son fils Olof (ib., 1707), ainsi que Oreades helsingicœ (1710). Il publia les almanachs pour 1658, 1660 et

lus — CELSUS

1661), et Computus ecdesiasHcus (1664-73; 2<^ édit., 1689). B-s.

CELSIUS (Olof), botaniste et théologien suédois, fils du précédent, né le 19 juil. 1670, mort à Upsala le 24 juin 1756. Il professa la théologie et les langues orientales à Upsala et fit plusieurs voyages en Europe, par ordre de Charles XL II fonda la société des sciences d'Upsala, de concert avec l'évêque Berzelius et Rudbeck le jeune, et fut l'un des protecteurs de Linné. — Ouvrages principaux : De Lingua Novi testamenti originali (Upsala, 1707, in-8); De Synedrio judaico (Stockh., 1709, in-8); De Versionibus hibliorum ^'w^/^o-Go/tef^ (Stockh., 1710, in-8); De Legibus Hebrœorum bellicis (Upsala, 1722); De Sculptura Hebrœorum (Upsala, 1726, in-8) ; Hierobotanicon, seu de plantis Sanctœ Scripturce dissertationes brèves (Upsala, 1745-47, 2 vol. in-8 ; Amsterd., 1748); cet ouvrage, sur les plantes de la Bible, fait encore autorité aujourd'hui. D^ L. Hn.

CELSIUS (Anders), astronome suédois, neveu du précédent, né à Upsala le 27 nov. 1701, mort le 25 avr. 1744, professeur d'astronomie à Upsala, à partir de 1730. Le gouvernement suédois le chargea de plusieurs missions scientifiques auprès des grands observatoires et lui fit accompagner les astronomes français venus pour mesurer un degré du méridien en Laponie (1736). Il fit construire à Upsala un observatoire. Il s'est occupé de mesurer l'intensité de la lumière et de la théorie des satellites de Jupiter. C'est lui qui a signalé les variations du niveau de la mer sur le littoral de la Suède. Il proposa, dans une dissertation sur la mesure de la chaleur (1742), le thermomètre centigrade, conforme au modèle actuellement adopté, sauf qu'il comptait les degrés à partir du point d'ébuUition. Les principaux ouvrages de Celsius sont : Dissertatio de nova methodo dimetie7idi distantiam solis a terra (Upsala, 1730) ; CCCXVI observationes de lumiiie borealiy ab anno i7i6 ad annum ilS2 (Nuremberg, 1733, in-4) ; Disquisitio de observationibiis pro figura telluris determinanda in Gallia habitis (Upsala, 1738) ; Disputatio de novo in fluviis Norlandorum piscandi modo (Stockholm, 1738); De luna non habitabili (ibid.,1740); De initio anni veterum Suevo-Gothorum (ibid., 1741) ; Lettres sur les comètes (en suédois) (Upsala, 1744).

BiBL. : HoPKEN, Eloge funèbre d'André Celsius ; Stockholm, 1746.

CELSIUS (Olof, le jeune), historien et poète suédois, né le 15 déc. 1716 à Upsala, mort le 15 févr. 1794. Fils d'Olof Celsius l'ancien, il fut anobli en 1756, et ses fils prirent le nom de von Celse. Après avoir été docent en histoire httéraire (1742), vice-bibliothécaire de l'université d'Upsala (1744) à laquelle il légua trois cent quarante-sept manuscrits, professeur d'histoire (1747), pasteur à Stockholm (1753), il devint évêque de Lund (1777). Membre de l'Académie suédoise dès sa fondation (1786) et bon orateur, il publia un grand nombre de discours académiques, d'éloges et de notices, notamment : Sur le goût dans la prose et la poésie suédoises (1768) ; Vita Urbani Hjerne (1739) ; Elança j Sueciœ regina (1748); Joh, et Arn. Messenii (1741, 1753); E. G. Tegel, SaL von Otter (1747); Cari Gyllenborg (1748); Fr. Sparre (1719); P. Elvius (1750); Lars Benzelstjerna (1758); 0. von Dalin {i16% C. R. Berch (1781). C'était aussi un érudit ; il publia Bibliothecœ Upsaliensis historia (1745); des généalogies, des mémoires, et édita Monumenta politico-ecclesiastica ex archiva Palmskœldi (Upsala, 1750-53, in-4). Ses qualités de styliste et de critique donnent une grande valeur à V Histoire de Gustaf P^ (Upsala, 1746-53, 2 vol. in-8 ; 3^ édit., Lund, 1792; en allemand, Copenhague, 1749-53); à VHistoire d'Erik X/F (Stockholm, 1774, in-8 ; 2« édit., 1795 ; avec additions en allemand parMœller, Flensburg, 1777, et en français par Genêt fils, Paris, 1777, in-12), et à son Histoire ecclésiastique de la Suède, jusqu'en 1022 (Lund, 1785-92, in-8). Ayant été malade pendant

les six dernières années de sa vie, il ne put achever VHistoire de Johan UL On loue moins ses œuvres poétiques : Ingeborg, tragédie (1737 et 1739); Gustaf Vasa, poème épique en sept chants (Stockholm, 1774, in-4); dix psaumes dans Spécimen de Psautier suédois (1765-67); Premier chant de l'Enéide, paraphrasé en vers (1762); Elegia in discordem patriam (1771). Il publia un journal comique en vers, Svenska Nitet, avec Hesselius (Stockholm, 1738, in-4), et la première revue critique en suédois : Tidningar om the Icerdas arbeten (1742).

BiBL. : Eloges, par Tingstadius, son successeur à l'Académie suédoise; par S. Œdman, Stockholm, 1794, et par M. NoRBERG, id.. 1795.

CELSO DE Assiz FiGUEiREDo (AfFonso), vicomte de Ouro-Preto, homme d'Etat brésilien, né à Ouro-Preto le 21 févr. 1837. Elu à la chambre des députés en 1866, comme libéral, par la prov. de Minas-Geraes, il entra le 3 août dans le cabinet Zacarias de Vasconcellos, avec le portefeuille de la marine. Il rendit les plus grands services à la marine brésilienne à l'époque particulièrement difficile de la guerre du Paraguay. C'est à lui notamment qu'on doit l'organisation de l'escadre cuirassée qui força les batteries de Curupaïty et d'Humaïta. A l'avènement des conservateurs (16 juil. 1868), M. Affonso Celso, non réélu à la Chambre, remplit les fonctions de rédacteur en chef des journaux libéraux Diario do Povo et A Reforma, De nouveau député (1876-1877), il fut ministre des finances dans le cabinet Cansansâo de Sinimbù (1878-1880). Entré au sénat le 26 avr. 1879, il devint rapidement un des leaders du parti libéral, fut nommé conseiller d'Etat et créé vicomte de Ouro-Preto en 1888. La même année, il avait défendu le projet du gouvernement relatif à l'abolition de l'esclavage, et fondé à Rio A Tribuna liber aL Le vicomte de Ouro Preto, qui est considéré comme l'orateur parlementaire le plus distingué du Brésil, fut président du conseil des ministres depuis le 7 juin 1889 jusqu'à la proclamation de la république du Brésil (15 nov. 1889). Il publia à Lisbonne un Manifeste condamnant la révolution, mais déclarant qu'il se conformerait aux décisions de l'assemblée constituante. Un décret du gouvernement provisoire du 20 déc, 1889 a prononce le bannissement de M. de Ouro-Preto et de son frère M. Carlos Aifonso de Assiz Figueiredo, ancien ministre.

Son fils, i/fom^Celso junior, député, est un orateur et un poète de talent.

CELSO Y. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Langres, cant. de Neuilly-l'Evêque ; 283 hab. Le village ne remonte guère au delà du xiii® siècle ; son éghse, longtemps classée parmi les monuments historiques, fut bâtie au siècle suivant par les soins de Guibert de Celsoy, médecin des rois Jean, Charles V et Charles VI, mort à Paris le 28 août 1390. On voit encore aujourd'hui sa belle dalle tumulaire, accompagnée d'une curieuse épitaphe en vers français. . A. T.

BiBL. : Em. Jolibois, la. Haute-Marne ancienne et moderne; Chaumont, 1858-1861, gr. in-8, fig. et carte. CELSUS (V. Celse).

CELSUS j^Juhus), critique grec du vii^ siècle, auteur d'une recension du texte des Commentaires de César ; on lui a attribué également, mais sans preuves, les ouvrages sur les guerres d'Afrique et d'Espagne, ainsi qu'une Vie de César, qui accompagne souvent les Commentaires dans les éditions, et qui appartient en réalité à Pétrarque. (V. la nouvelle biographie générale de F. Didot, art. Celsus.)

CELSUS Albinovanus ou CELSUS d'Albinova. Ami d'Horace qui le nomme dans l'Epitre à JuHus Florus (ï, 3) et lui adressa à lui-même l'épitre VIL On voit là qu'il accompagnait alors Tibère en qualité de secrétaire dans son expédition d'Arménie (20 av. J.-C), Horace lui reproche en riant de suivre de trop près ses modèles dans ses écrits (Ep. I, 3, 24). Il ne faut pas le confondre avec le poète Pedo Albinovanus, ami d'Ovide.

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