L. Knab
IL Chasse (V. Chasse).
CENDREY. Com. du dép. du Doubs, arr. de Besançon, cant. de Marchaux; 301 hab.
CENDRIER. I. Technologie. — Partie d'un foyer située en contre-bas de la grille qui reçoit le combustible, et dans laquelle tombent les cendres. Ses dimensions dépendent de celles du foyer et de la quantité d'air qu'on veut se procurer, et par conséquent, de la nature du combustible que l'on emploie. Le cendrier des fourneaux de cuisine est hourdi et carrelé en carreaux de terre. Les cendriers faits en plâtres et plâtrés avec fantons et entretoises, se mesurent au mètre superficiel et s'évaluent à 50 ^jo de légers, dans le règlement du prix des ouvrages en maçonnerie. On compte en plus les trous et scellements de fantons et entretoises évalués à 0,05 de légers. Le cendrier des chaudières à vapeur fixes est souvent une simple fosse en maçonnerie ménagée dans le sol (V. Chaudière). L. Knab.
IL Chemins de fer. — Le cendrier est un accessoire des foyers de locomotives, qui a pour but, conformément aux prescriptions de l'ordonnance du 45 nov. 1846 (art. il), d'arrêter les escarbilles et morceaux de charbon incandescents qui pourraient passer à travers la grille et devenir une cause d'incendies. Un arrêté ministériel du 1*^ août 1857 a fixé comme il suit les dispositions à adopter pour ces appareils : « Aux parois latérales et à la face d'arrière du foyer seront adaptées, sans aucun jeu, des feuilles de tôle descendant jusqu'à 12 centim. au-dessus du niveau des rails, cette cote s'appliquant aux machines complètement garnies d'eau et de coke (aujourd'hui de houille). La plaque d'arrière pourra être échancrée dans sa région moyenne, si cela est nécessaire, par suite de la saillie des dômes des plaques tournantes ; elle pourra également être munie d'une porte pour faciliter le tirage pendant la marche en arrière. » En fait, les cendriers que l'on emploie sur la plupart des machines sont des caisses complètement fermées par le bas et sur les côtés et pouvant s'ouvrir, à l'avant ou à l'arrière, à l'aide de portes. L'usage de ces cendriers, fermés de toutes parts, s'est généralisé de plus en plus, par suite des facilités que procure la manœuvre de leurs portes pour régler le tirage, et on peut dire qu'ils ont presque partout remplacé les cendriers sans fond qui ne sont que des appareils de sûreté réglementaires, sans influence sur la consommation du combustible.
En hiver, lorsque la voie est couverte d'une certaine épaisseur de neige, le cendrier peut devenir d'une application impossible. Un décret du 30 mars 1874 a prévu le cas et admis que les compagnies pourraient être autorisées par arrêté ministériel à faire circuler, sur certaines sections de lignes et pendant des périodes déterminées, des locomotives dépourvues de cendrier. G. Humbert.
CENDRIER (François-Alexis), architecte français, né à Paris le 12 févr. 1803. Elève d'Antoine-Laurent Vaudoycr et d'Hippolyte Lebas, M. Cendrier entra à l'Ecole des beaux-arts en 1821 et y obtint, en 1827, le second grand prix d'architecture sur un projet de muséum d'histoire naturelle. Après un assez long voyage en Italie, il fut nommé architecte de la compagnie du chemin de fer d'Orléans, puis, en 1840, de la compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon, et c'est en cette qualité que, pendant vingt années, il fit construire les gares de Paris, Melun, Fontainebleau, Montereau, Sens, Auxerre, Dijon, Mâcon, Chalon et Lyon-Perrache, cette dernière offrant, ainsi que celle de Paris, un remarquable caractère monumental. B faut encore citer, dans lestravaux dirigés par M. Cendrier pour la compagnie de Paris à Lyon, la construction de maisons, à la fois habitations d'employés et bureaux de stations, qui constituaient alors un véritable progrès architectonique, et dont les dessins, ainsi que ceux de plusieurs gares construites par lui, ont été publiés dans la Revue générale de l'Architecture, Le dernier survivant, avec M. Albert Lenoir, des cent premiers fondateurs (en 1840) de la société centrale des architectes français, M. Cendrier fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1850, lors de l'occupation des bâtiments de la gare de Paris sur le boulevard Diderot. On doit aussi à' M. Cendrier le tombeau de Félix de Beaijyour au cimetière de l'Est, à Paris. Charles Lucas.
CENDRIEUX. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Périgueux, cant. de Vergt ; 965 hab.
CENDRURE (Techn.). Défaut de certaines pierres calcaires ; ce sont des fentes ou cavités remplies d'une substance étrangère pulvérulente. Lorsque ces fentes existent dans les marbres, on doit les vider et les boucher avec un mastic susceptible de recevoir le poli. L. Knab.
CÈNE (Sainte). I. Histoire. -^ Dernier repas célébré par Jésus-Christ avec ses apôtres à la veille de son supplice, et qui devint l'origine de la communion chrétienne. D'après les trois premiers évangiles, où a été consignée la tradition la plus ancienne de l'Eglise, ce repas a été la célébration de la Pâque juive. En distribuant le pain, Jésus aurait dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. » En faisant circuler la coupe, il aurait dit également : « Buvezen tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui est répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés. » (Evangile selon S, Mathieu^ xxvi, 26-29; selon S, Marc, xiv, 22-25; selon S. Luc, xxii, 14-20; cf. •/»'* épitre aux Corinthiens, XI, 23-33.) Ces diverses relations ne diffèrent que par des traits secondaires. Elles supposent toutes, chez Jésus de Nazareth, une conception théologique arrêtée sur la signification que l'Eglise devait attacher à sa mort, et sur la substitution du christianisme, considéré comme nouvelle alliance, au judaïsme considéré comme ancienne alhance. On doit donc, les tenir comme exprimant la doctrine des premières communautés chrétiennes, plutôt que comme ayant gardé le souvenir d'un événement réel. Le procédé, qui consiste à antidater les institutions en leur donnant la forme delà prévision ou de la prophétie au lieu de les énoncer comme ayant commencé d'exister à l'époque réelle de leur naissance, est tellement familier aux écrivains bibliques qu'on ne doit pas s'étonner de voir les chrétiens suivre ici l'exemple que les juifs leur donnaient à cet égard dans l'institution de la Pâque, par exemple, rapportée à la sortie miraculeuse d'Egypte, etc. La Pâque chrétienne, qui n'est en réalité que la transformation, graduellement accomplie, de la Pâque juive, est ici présentée comme ayant été établie et réglée à l'avance antérieurement à la mort de Jésus, dont elle est la commémoration. — V Evangile selon S, Jean, désireux avant tout de dégager le christianisme des liens intimes qui l'attaclient au judaïsme, change à la fois la date et la signification de la dernière Cène (chap. vi et xiii-xvii). M. Vernes,