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II. Liturgie (V. Communion

III . Beaux- Arts. — La peinture s'est largement inspirée du dernier repas du Christ avec ses apôtres, d'après le texte de l'Evangile. Dès le début, la Cène a fait partie des grandes légendes et delà symbolique du christianisme. Cette représentation devait avoir sa place dans les banquets des premiers fidèles, et plus tard il était naturel d'en retrouver l'image dans les réfectoires des cloîtres et des couvents. La Cène fut peinte fréquemment sur les murs des catacombes ; les archéologues qui se sont occupés des premiers siècles de l'Eglise, citent plusieurs fresques retrouvées à

Cène d'après une fresque de Giotto (Madonna deU'arena, à Padoue),

Rome, au Vatican. Nous connaissons surtout aujourd'hui quelques grandes toiles, entre autres celles de Raphaël, de Véronèse, du Tintoret, de Rubens; en remontant dans l'histoire de l'art, nous retrouvons un certain nombre de représentations gothiques, sculptures et bas-reliefs, plaques d'émail, diptyques et retables : Giotto a retracé plusieurs fois la Cène. Enfin, la plus célèbre des Cènes est la fresque de Léonard de Vinci ta Milan. Fra Angelico l'a peinte dans le couvent de San Marco, à Florence ; Andréa

Cène (fragment), d'après Andréa del Sarto (Couvent de Saint-Salvi, près de Florence).

del Sarto, dans celui de San Salvi. En Flandre, ce sujet a été traité par Dirk Stuerbout (église Saint -Pierre) à Louvain, par Coxie, Lambert Lombard, ou plutôt Pierre Coucke, si l'on ajoute toi à l'opinion de M . Hymans (musée de Bruxelles) . Parmi les peintres de l'école française, Philippe de Champaigne s'est signalé en exécutant la même composition. Au musée de Madrid, on peut voir une Cène^ très caractéristique, de Juan de Juanes. Celle d'Holbein, au musée de Bâle, se distingue par la puissance de l'expression, et un profond réalisme marqué surtout dans la tète de Judas. De nos jours, Flandrin nous a donné une merveilleuse Cène, d'un

exquis sentiment religieux, à l'église Saint-Germain-des- Prés. Ant. V.

CENE Dalla CmTARRA, poète italien, né à Arezzo dans la seconde moitié du xiii*' siècle. On manque de détails biograpliiques sur lui. Il n'est connu que pai' une série ou couronne de douze sonnets sur les douze mois de l'année : ces sonnets sonl une parodie assez spirituelle de ceux qu'un autre poète, Folgore da San Gemignano, avait composés sur le même sujet. Ils ont été pubHés avec les œuvres de ce dernier. Ant. T.

BiBL. : Navone, le Rime di Folgore da San Gemignano e di Cène dallajChilarra di Arezzo ; Bologne, 1880.

C EN EAU [Cenalis, Coenalis, d'où le sobriquet: le Soîipier [Robert]), prélat, controversiste et historien, né en 1483 à Paris, mort à Paris le 27 avr. 4560. Nommé docteur de la faculté de théologie de Paris en 4513, il fut appelé par François P^, en 4523, au siège épiscopal de Vence; en 4530, à celui de Riez, et en 4532, à celui d'Avranches. Sous le titre de Historia gallica (Paris, 4557 et 4584, in-foL), il pubha plusieurs dissertations sur l'origine des Francs et des Burgondes et les commencements de leur domination en Gaule. Cet ouvrage, dédié au roi Henri II, fut bientôt suivi d'un autre qui comprenait V Histoire ecclésiastique de Normandie. Mêlé aux grandes discussions religieuses de son époque, le prélat érudit écrivit une série d'ouvrages de controverse, dont les plus connus sont : Pro tuendo sacro cMihatn (Paris, 4545, in-8) ; Tractatus de utriusque gladii facultate, usuque legitimo (Paris, 4546, in-42, et Leyde, 4558) ; Axioma de divortio matrimonii mosaïci per legem evangelicam refutato (Paris, 4549, in-8) ; Traductio larvœ sycophanticœ petulantissimœque impietatis Calviniacœ (Paris, 4556, in-8) ; Methodus de compescenda hœreticorum /^rom (Paris, 4557, in-8). Comme évêque de Riez, il publia les Statuts synodaux de ce diocèse et écrivit un traité érudit sur les poids et mesures, qui parut sous le titre De Liquidoriim leguminumque mensuriSy scu ver a mensurarum ponderumqne ratione (Paris, 4532, 4535, 4547, in-8). L. W.

BiBL. : Genebrard, Chronographia ; Cologne, 1581, p. 1157. — - Saijnte-Marthe, GaÙ'ui christianall, col. 408 ; lu, col. 1,228 ; IV, col. 497-499. — Jœcher, Gelehrtenlexikon.

CÉN EVIER ES. Corn, du dép. du Lot, arr. de Cahors, cant. de Limogne, sur la rive gauche du Lot; 572 hab. Le château, qui se dresse sur un rocher à pic dominant le Lot, passe pour avoir été construit par le duc d'Aquitaine Waifre. Les plus anciennes des constructions qui subsistent ne sont pas antérieures au xiii® siècle ; les plus récentes sont du xvi^ siècle. On y conserve de belles tapisseries^ Sur le territoire de la commune, grotte du Giron, près de laquelle sort une source abondante. Vins de jVliérac, les plus estimés de la région. Un pont de pierre traverse le Lot.

CENIA, Petit fleuve d'Espagne, porte d'abord le nom de Fredes (chute remarquable ou Salto de Fredes), puis celui de Mangraner, prend ensuite celui de Cenia d'après un bourg qu'il arrose ; forme la Hmite entre les provinces de Castellon de la Plana et de Tarragone (anc. royaumes d'Aragon et de Valence) et se jette dans la Méditerranée à la Torre del Sol del Riu, à quelques Heues au S. du delta de l'Ebre. Ce petit fleuve, qui n'a guère que 60 kil. de cours, a de l'eau toute l'année, sert à l'irrigation des terres et fait mouvoir un bon nombre de moulins et de fabriques.

CENICENSES (V. G^enicenses)..

CENIS (Mont) (Mans Geminus). Montagne et col des Alpes occidentales, entre la France et l'Italie. Le nom désigne surtout le col; toutefois, on l'a appliqué aussi à une crête voisine qui s'élève à 3,594 m. d'alt. Son sommet est formé par une roche calcaire inaccessible. Le col (entre Lans-le-Bourg et Suse) est à 2,098 m., un peu plus loin le col du petit mont Cenis est à 2,200 m. Le col proprement dit est un des meilleurs do la chaîne des Alpes ; il est formé par un plateau couvert de pâturages, au milieu desquels est, à 1,913 m. d'alt., un petit lac de

CENIS — CENOMANI

2,500 m. de long, qui s'écoule vers Fltalie par la Genise, affluent de la Doire Ripaire. Sur le versant français, les eaux vont à l'Arc. Le col du mont Cenis est depuis l'antiquité un passage fréquenté. On l'a fait traverser par Annibal ; le fait est douteux ; mais Pompée, Pépin^ Charlemagne y ont conduit leurs armées ; en 4691, Catinat le franchit avec son artillerie, après avoir élargi le chemin. De 1802 à 4811, Napoléon y fit tracer une belle route de voiture avec 26 refuges. Non loin du lac et du village de Tavernette s'élève (à 1,939 m.) un hospice, qui remonte à Louis le Pieux. Napoléon l'a reconstruit et y a établi des rehgieux (1801). Cette route a beaucoup perdu de son importance depuis le percement du tunnel.

Tunnel du mont Cenis. — Ce tunnel, qui relie les réseaux des chemins de fer français et italien entre les vallées de l'Arc et de la Doire Ripaire, a été percé sous le col de Fréjus, à 20 kil. au S.-O. du mont Cenis, à 10 kil. à l'E. du mont Tabor, entre Modane et Bardonèche. Il a 42,230 m. de long, s'ouvre en France à 1,203 m., atteint 1,363 m. au centre, sous une n"xOntagne qui le domine de 1,600 m., débouche près de Bardonèche à 1,355 m. La chaleur au centre approche de 30^*. Les travaux d'art, qui ont fait époque, seront décrits au mot Tunnel, les machines employées l'ont été en partie au mot Air (V. ces mots). Nous nous bornerons donc à retracer sommairement l'histoire de cette gigantesque entreprise industrielle. L'initiative du projet appartient au gouvernement sarde, qui possédait alors les deux versants des Alpes. Le relief du sol indiquait les vallées parallèles de la Doire Ripaire et de l'Arc pour relier Turin et Chambéry. Yers 4840, M. Médail indiqua la direction de Bardonèche à Fourneaux, et proposa un tunnel de 42 kil. à niveau uniforme. M. Mans lui substitua un projet de 42 kil., de Modane à Bardonèche, avec inclinaison de 0,02 par mètre. Colladon proposa Fair comprimé. Sommeiller précisa enfin les moyens d'exécution. En 4857, une loi fut votée pour tracer une galerie conformément à son projet. En août 4857, on commença les travaux du côté italien. Ils furent poussés activement à partir de la convention de 4862 avec le gouvernement français, lequel partage l'honneur de cette grande entreprise que ses ingénieurs menèrent à bien. Le 26 déc. 4870, les deux galeries creusées en sens inverse se rencontrèrent; le 24 sept. 4874, le tunnel fut solennellement inauguré ; il avait coûté 75 millions.

CENNE-Monestiès. Com. du dép. de l'Aude, arr. et cant. N. de Castelnaudary ; 740 hab. Réunion de deux anciennes communautés différentes. Cenne n'est pas cité avant le xiv^ siècle ; bien que compris dans le diocèse de Carcassonne, il faisait partie du comté de Lauragais, et la seigneurie, possédée au xiv® siècle par la famille de la Jugie, fut aliénée par la reine-comtesse, Catherine de Médicis, en 1556 ; elle finit par appartenir aux barons de Ferrais. Dévasté par les huguenots au xvii® siècle, Cenne fut toujours beaucoup moins important que son annexe, Monestiès. Ce dernier lieu (Monasterium) est cité dès 1014 ; c'était un prieuré et une terre appartenant à l'abbaye de Montolieu; une partie du territoire relevait du roi et était aux mains des barons de Saissac. — Il y avait .autrefois à Cenne une fabrique royale de draps ; aujourd'hui encore, le village est plus industriel qu'agricole, et on y compte plusieurs maisons importantes pour les draps communs.

BiBL. : Mahul, Cartiilaire de Carcassonne, IV, 521-528.

CENNI (Géog. anc). Peuple de la Vindélicie, qu'on a rattaché aux Alamans (Dion Cassius LXXVII, 14).

CENNINI (Cennino), peintre florentin, né à Colle di Val d'Eisa en 1360, mort à Padoue en 1440. Elève d'Angiolo Gaddi avec qui il collabora à de nombreuses fresques, à Florence et dans les autres villes de Toscane, notamment dans l'église San Francesco de Volterra, sur l'Enfance de Jésus. Il a écrit un Trattato délia Pittura, publié par Tambroni (Rome, 1821), et d'une façon plus complète par MM. Milanes (Florence, 1859). Cet ouvrage a été traduit

eu français par M. Mottez (Paris, 1858) et on anglais par ]^me Merrifield (Londres, 1844).

CENNINI (Bernardo), orfèvre et typographe florentin, ui vivait dans la deuxième moitié du xv^ siècle. Il introduisit

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imprimerie à Florence ; ses fils Domenico et Pietro faisaient les poinçons de leurs matrices et le second était correcteur. Le premier livre sorti de chez eux est le Commentaire de Servins sur Virgile, ouvrage publié sans titre et portant la mention Absolutum opus nonis octobribus M.CCCC.LXXIL Florentiœ(perBernardum Cenninum); les dates VU idus novembres MCCCCLXXI et VI idus januarias M.CCCC.LXXI se Hsent à la fin des livres des Bucoliques et des Georgiques, F. Courboin.

BiBL. : Fantozzi, Notizie biografiche originali di Bernardo Cennini, orafo fiorentino, primo promotore délia tipografia in Firenze ; Florence, 1839, in-8.

CENOBIÉES (Bot.) . Famille d'Algues de l'ordre des Chlorophyrées habitant exclusivement les eaux douces. Leur thalle est constitué par une petite cellule à croissance très limitée et qui ne se cloisonne jamais. Un certain nombre de ces thalles forment bientôt, par leur association, une colonie de forme déterminée qui vit comme un thalle simple. La multiphcation se fait à l'aide de zoosporcs, et chez beaucoup de Cénobiées par des œufs formés par isogamie ou par anthérozoïde et oosphère. La famille se divise en deux tribus : Hijdrodictyées (thalle à cils caduques et colonie immobile) et VcÈvocinées (cils persistant après l'union des thalles et colonie mobile) (V. ces mots).

CÉNOBION (Bot.). Nom donné par Mirbel aux fruits qui, comme ceux des Borraginacées, des Labiées, se séparent en plusieurs pièces à la maturité. Ce nom n'a pas été adopté.

CÉNOBITE (V. Anachorète).

CENOMANI. Undes quatre peuples gaulois de la nation aulerque (V. Aulerci), qui, à l'arrivée des Romains, était établi dans la Cehique transligérine. Leur capitale était Vindinum ou Siiindbium ou, d'après la table de Peutinger, Sub dùium (Le Mans) et ils avaient pour voisins, au N., les Esuvii et les Aulerci Eburovices ; à l'E., les Carnutes; au S., les Turoni et les Andecavi, et à l'O., les Aulerci Diablintes. Sous Auguste, ils formaient une civitas stipendiaria de la provincia Lugdunensis ; au iv^ siècle, ils faisaient partie de la Lugdunensis III^, dont la civitas Cenomanensium était une des neuf cités. A l'époque carolingienne, le pagus Cenomanicus répond en tout point au vaste diocèse du Mans. Leur territoire a formé une partie du Maine. M. J. Quicherat croit que le mot Maine ne dérive pas du latin Cenomanicum, mais de la variante Cenomania^ qui, ainsi qu'en témoigne la forme Cilmannis de l'ancien nom du Maine, a dû être originairement Cilmaine ou Celmaine. — Tite Live raconte qu'à la suite de l'expédition de Bellovèse, une bande de Cénomans, sous la conduite d'Elitovius, vint se fixer en Italie vers Brixia (Brescia) et Vérone, le long du Pô. M. d'Arbois de Jubainville ne voudrait pas « confondre les CënÔmàni d'Italie avec les Cënômànï de Gaule. Cenomani dans :

Te jubet agnates visere Cënômânos n'est pas le même que Cenomani, le Mans : la quantité et l'accent diffèrent. Dans Cenomani de Gaule, la syllabe man est longue et accentuée ; c'est pour cela qu'elle subsiste dans le Mans. Dans Cenomani d'Itahe, au contraire, la syllabe man est brève et atone ; en français, elle aurait disparu. En Italie, Cenomani est un nom de peuple; en Gaule, c'est un surnom des Aulerci. » Il est possible que ce nom, en passant les Alpes, ait changé de quantité et d'accent, mais on ne peut pas en conclure que les Cénomans du Maine et ceux de la vallée du Pô n'aient pas une souche commune. L. Will.

BiBL. : Tite Live, V, 35 ; XXI, 55. — César, De Bello galL, VII, 75. — Pline l'Ancien, Hist. nat., III, xix, 23 ; IV, xviii, 32. — Jean-Chrysostome Zanchius, De Origine

CENOMANI - CÉNOMANIEN

Orabiorum sive Cenomannoriim libri 111 ; Venise, 1531, in-8. — Ant. Sambuca, Memorie istorico-critiche intorno alV antico stato de' Cenomani (cisalpini) ed ai loro confini; Brescia, 1750, in-fol. — Aug. Voisin, les Cénomans anciens et modernes. Hist. du dép. de la Sarthe ; le Mans, 1862. — E. Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, II, 206, 497. — J. QuiCHERAT, De la Formation française des anciens noms de lieux ; Paris, 1867, p. 24.

CÉNOMANIEN. L'étage cénomanien , premier terme de la série crétacée, correspond à un changement considérable dans le régime de la sédimentation des mers septentrionales. A cette date, les dépôts détritiques, c.-à-d. de désagrégation et de transport qui avaient prévalu aux époques antérieures, notamment pendant toute la durée du Gault, se localisent en quelques points spéciaux, laissant place, presque partout, dans la zone tempérée, à cette roche blanche, tendre et traçante, riche en enveloppes calcaires de foraminifères, qu'on a nommée la craie. Dans le bassin anglo-parisien, c'est une craie grise, mouchetée de points verts de glauconie, qui vient, à cette date, combler cette grande dépression dont les sables verts et les argiles du Gault avaient préalablement garni le fond. L'extension prise par cette craie glaiiconieiise, dans toute l'étendue de la Normandie, de la Champagne, de la Picardie et de la Flandre atteste quel calme régnait au N. et à l'E. du bassin de Paris, dans la mer cénomanienne ; au S. et à rO., un régime plus agité a donné naissance à une puissante série de sables ferrugineux, souvent agglomérés en grès, qui s'étendent largement depuis le Berry jusqu'aux confins de la Normandie, en passant par le Perche et le Maine. Plus tardivement apparaissent ensuite, dans la zone méditerranéenne, de puissantes assises calcaires où dominent les coquilles épaisses de mollusques appartenant à la famille des Cbamacées, Caprines, Ichthyosarcolithes, avec déjà de vrais rucUstes, soit des représentants aujourd'hui éteints d'un mode d'activité analogue à celui des organismes coralligènes et destinés à prendre ensuite leur principal développement dans les étages crayeux plus récents. L'histoire du cénomanien dans l'Europe comprend ainsi un certain nombre d'épisodes régionaux ; l'un méridional, essentiellement méditerranéen, caractérisé par ces calcaires à rudistes et localisé dans le cénomanien supérieur (carentonien de Coquand) ; les deux autres septentrionaux, crayeux^ dans les parties centrales des bassins, avénacé^ quand on se rapproche des anciens rivages de la mer cénomanienne.

Transgressivité cénomanienne ; distribution de la première mer crétacée. La distribution géographique de ce terrain, qui marque le début du système crétacé proprement dit, est aussi très différente de celle du Gault. Presque partout, aussi bien en Europe qu'en Amérique, le cénomanien s'annonce par un phénomène de transgressivité bien marqué ; ces dépôts s 'étendant bien loin au delà des limites atteintes par les argiles albiennes et venant se répandre, sur des couches disloquées de divers âges, en particulier sur des terrains primaires où on peut les voir débuter par des conglomérats attestant bien l'effet de cette invasion marine sur un sol depuis longtemps émergé. Telle est la signification qu'apportent des sables chargés de cailloux roulés, le plus souvent agglomérés en un poudingue glauconieux dit tourtia qui, dans les régions du nord de la France et du Hainaut, se présente avec tous les caractères d'un dépôt de ravinement, sur les diverses couches du dévonien ou du carbonifère; tourtia qui renferme, avec des fossiles roulés empruntés aux terrains sous-jacents, la faune du cénomanien crayeux typique. Cette même disposition transgressive du cénomanien, avec son faciès littoral sableux sur des assises primaires depuis longtemps émergée, s'observe dans l'O. du dép. de la Sarthe, sur les confins de la Mayenne, ainsi que dans la Loire-Inférieure et la Vendée. En remontant plus au nord sur la bordure du bassin de Paris, on voit ces mêmes sables s'étendre indifféremment dans l'Indre, la Vienne, l'Indreet-Loire et les Deux-Sèvres sur les divers termes de la séiie jurassique depuis l'astartien jusqu'au bathonien. Dans

le Calvados et la Seine-Inférieure la même transgression peut s'observer, le cénomanien, cette fois crayeux après avoir débordé les divers étages infracrétacés et même jurassiques plus anciens, venant s'appuyer directement, entre Villers et Dives, sur l'oolithe corallienne de Trouville. Dans le S. et l'E. du bassin de Paris il n'en est plus de même, aucune discordance semblable ne s'introduit entre le cénomanien et le gault, et le faciès littoral fait complètement défaut ; mais dans cette direction les affleurements crayeux sont loin d'indiquer les limites atteintes par la mer cénomanienne. Dans l'Yonne, sur la bordure du Morvan, et sur les Ardennes l'extension prise par les argiles à silex formées, sur place, au détriment de la craie jointe à la présence, sous cette forme siliceuse, d'oursins de la craie ghiKomei\s(i(Holastersiiborbictilaris, //. nodosus, Epiaster crassissimiis^ Discoidea cylindrica^ etc.) atteste que le cénomanien s'étendait bien loin au delà des points où on l'observe. Il demeure donc acquis que dans ces régions la bordure meuble sans consistance de ces dépôts marins a été partout enlevée par l'érosion. C'est ensuite dans le dép. de l'Aube qu'on peut mieux juger de l'importance de cette dénudation ; entamant tout à la fois la craie marneuse turonienne et la craie grise cénomanienne elle a fait naître, depuis la vallée de l'xirmençon jusqu'à celle de la Marne, en avant d'une falaise crayeuse haute par place de 450 m., une zone très découverte de terrains plats parsemés de cours d'eau nombreux courant à l'aventure et très souvent à sec. C'est la Champagne humide^ vaste plaine d'érosion où le sol, assis sur les sables et argiles infracrétacés, se partage entre les prés et les bois ; disposition bien expressive, qui implique nécessairement la disparition d'une large bande crayeuse et la destruction de toute la zone littorale dans cette direction. Ces faits, bien significatifs au point de vue de l'ancienne extension de la mer cénomanienne, ne sont pas spéciaux au bassin de Paris ; dans les provinces méditerranéennes où le faciès crayeux disparaît complètement et se trouve principalement remplacé par les l)uissantes constructions des rudistes, le grand développement de ces calcaires et leur transgression sur des assises d'âge divers est de même à signaler. Dans le bassin du Rhône, en particulier, on peut voir les calcaires à Caprotines se développer largement dans la presqu'île des Martigues sur les divers ternies de l'aptien et de l'urgonien sans interposition de Gault. En Angleterre le cénomanien, sous la forme d'abord de grès verts (Upper green sand)^ puis de marnes glauconieuses (Grey clialk et Chloritic mari)., dépassant de beaucoup notamment dans l'O., les limites du bassin crétacé de Londres et du Hampshire, s'étend jusqu'en Ecosse, après avoir laissé des traces bien nettes de son passage en Irlande. Dans chacune de ces régions son support est soumis à de grandes variations, sa distribution géographique restant toujours très différente de celle du Gault et des assises infracrétacées plus anciennes ; c'est ainsi que dans FO. on le voit recouvrir transgressivement les divers termes de la série jurassique, puis venir s'appuyer directement sur les terrains primaires dans le

Fig. 1, ~ Trangressivitê du terrain de craie dans le Devonshire (d'après M. Ramsay).

pays de Galles; et ici encore les grands escarpements qui, le plus souvent, terminent les affleurements crayeux, sont loin de marquer les limites atteintes par les mers crétacées.

Dans le Hainaut, la Scandinavie, la Bohême, ce sont les terrains paléozoïques qui servent de base au cénomanien et la même transgressivité s'observe en Asie, dans le massif de l'Himalaya.

Le début du cénomanien a donc été marqué par un grand changement dans la géographie terrestre et par un retour

CENOMANIEN

bien marqué de la mer sur des régions qu'elle avait depuis longtemps abandonnées. La transgressivité cénomaniennc, qui imprime à cette époque un caractère bien particulier, est, en effet, le résultat d'un grand mouvement d'oscillation del'ccorcequi, introduisant dans la distribution réciproque des terres et des mers une grande modification, a provoqué un remaniement considérable de la carte du monde.

Caractères généraux de la faune Cénomanienne. Ces grands mouvements du sol, qui ont introduit au début du cénomanien des changements si profonds dans la géographie terrestre, ne coïncident pas avec une modification notable de la faune marine. Quelques espèces persistantes du gault, en effet, notamment V Ammonites inflatus des argiles albiennes de l'Ardenne, de Folkestone, de l'Allemagne du Nord [Flammenmergeï)^ sont encore fréquentes, à la base, dans une zone de passage qui, dans certaines localités, paraît se relier intimement au gault avec lequel certains auteurs l'ont décrite ; mais bientôt elles disparaissent et dans la craie giauconieuse, où les céphalopodes sont encore dominants, les ammonites diversifiées offrent un grand nombre d'espèces nouvelles [A. Varians, A. Mantelli^ A. Rotomagensis, etc.), destinées, pour la plupart, à ne pas survivre au cénomanien ; en même temps apparaissent, en grand nombre, des oursins au test fragile, d'un type plus récent, qui fourniront, avec le genre Holaster, les espèces caractéristiques, puis des lamellibranches pour la i)lupart fixés, eux-mêmes très différents de ceux qui avaient peuplé les mers du gault. La prédominance marquée de ces bivalves, notamment des Ostracées développées par bancs puissants, dans les formations arénacées, où les céphalopodes deviennent rares, parfois même absents, vient en témoignage des conditions littorales qui ont présidé à leur dépôt. Enfin, dans les grands massifs calcaires carentoniens de la zone méditerranéenne, où les Caprines et les Caprinelles remplissent, vers la fin du cénomanien, le rôle tenu jusqu'alors par les requienies, dans les mêmes régions, à l'époque du cénomanien moyen et supérieur (Urgonie?i) .,011 peut constater la première apparition des vrais vudistes, sous la forme des Iladiolites {Spliérnlites, auct), qui deviendront ensuite, aux époques turonienne et sénonienne suivantes, avec des Hippurites^ les \éritables artisans de ces calcaires construits.

L'étage cénomanien dans le bassin anglo-parisien* Cette invasion marine qui marque le début du cénomanien, a eu pour effet, dans le bassin de Paris, de reporter les rivages, au N., au S. et surtout à l'O., bien au delà des limites atteintes par les mers antérieures infracrétacées et même jurassiques. La mer anglo-parisienne, qui, au moment où se déposaient les argiles vertes du Gault, ne dépassait guère vers l'O. une hgne s'étendant du Sancerrois à l'embouchure de la Seine, envahit alors les confins de la Bretagne et du Cotentin, où ces dépôts, principalement

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sableux, viennent s'appliquer transgressivement, par places, sur les terrains paléozoïques. C'est dans ces conditîons (jue se nreseute la nuis- ^'^^' ^-"""L^ cénomanien (craie giauconieuse) dans les falaises de la Manche (d'après

série des

santé

sables et grès ferrughieux qui donnent lieu, entre la Sarthe et le Loir , aux deux régions verdoyantes du Maine et du Perche; puis de véritables bancs d'huîtres apparaissent, fournissant des marnes à ostracées, qui deviennent, au même titre que les sables jaunes, les éléments caractéristiques du cénomanien de l'Ouest ; formations esscutiellement littorales qui prennent dans la Sarthe, autour du Mans, un tel développement "que celte localité a pu être choisie pour donner son nom à l'étage. Quant au faciès

M. Hébert).

crayeux, c'est dans le centre, le N. et l'E. du bassin qu'il est le mieux développé ; dans toute cette étendue, il a pour principal représentant une craie giauconieuse, c.-à-d. chargée d'hydrosilicate de fer et de potasse, habituellement distribué sous la forme de petits grains verts (glauconie) représentant parfois des moules intérieurs de foraminifères et réunis souvent en si grand nombre qu'ils communiquent à la craie leur coloration, en lui donnant un aspect sableux ; craie verte, qui longtemps est restée désignée sous le nom de crccie chloritée, quand on croyait les petits grains en question formés par la chlorite. ^ Dans le N. du bassin de Paris, la craie grise cénomanienne, amenée au jour par failles, affleure, en plusieurs points, dans la vallée de la basse Seine, entre Vernon et le Havre, notamment à Rouen, où se présente, à la côte Sainte-Catherine, la couche fossilifère célèbre, qui a souvent valu à la craie giauconieuse le nom de craie de Rouen (Ilotojnagien), On la trouve ensuite largenient découverte, à l'embouchure de la Seine, sur les deux rives du fleuve, et surtout dans les blanches falaises de la Manche qui se développent de part et d'autre de la Seine et permettent son exploration facile sur une grande étendue ; soit dans la direction de Villers et de Dives, où cette craie disposée en retrait au sommet des falaises, s'étend transgressivement sur les couches jurassiques, soit dans la direction opposée où, par suite du plongement général des couches au N.-E., elle disparait, sous le niveau de la mer, au delà du cap d'Antifer, à Yieux-Port. Dans toute cette étendue, l'épaisseur de cette craie, qui forme à elle seule presque tout l'escarpement des falaises de Ronfleur, d'Orcher, du cap de la Hève et de Bléville, n'est pas moindre de 60 m. On peut y distinguer, d'après M. Hébert, trois zones qui sont, à partir de la base, i" zone k Holaster suborbicularis et Turrilites Bergeri; 2« zone à H, nodulosics [H. carinatus) et T. tuberculatus , S^ zone à //. subglobosus et T. costatus. La zone inférieure, représentée par une assise de marne giauconieuse, parfois sableuse, avec nodules phosphatés, épaisse de 4 à 5 m., constitue, sur l'argile albienne, dans tous les points de la Seine-Inférieure où elle affleure, un niveau d'eau très régulier; on y remarque, avec une prédominance marquée de V Ammonites (Schlœnbachia) inflatus, ce mélange précédemment cité de quelques espèces persistantes du Gault, telles que Amm. splendens. A, auritns, A, varricosus, Plicatula radiola, avec des formes franchement cénomanienncs, A. Mantelli, A, varians, PeC" ten asper, Ostera haliotidea, 0, conica, Epiaster crassisimus. Avec la zone moyenne commence la craie proprement dite, d'abord chargée de glauconie et divisée en couches régulières par des cordons de silex gris, conservant souvent la texture de spongiaires. Dans cet ensemble de Mts très glauconieux, épais de 10 à 15 m., les espèces

les plus ré- Jpor! Fccùrrtp ScnneviOf pandues sont :

N aut i l u s triangulans , N. radiatus , Amm. Lewe-^ siensis. A, varians, A. Mantelli, Hamites ornatus, Turrilites tuberculatus, Avellana cassis, Inocer amas striatus, Pecten asper, Janira^ quinquecosta^ Spondylus, striatus, Ostrea carinata, Rynchonella compressa, R. Cuvieri, Terebrirostra lyra, Ilolaster nodulosiis, H. marginalis, Discoïdea siibuculus, Cidains vesiculosa ; à la base, de nombreux Polypiers, Spongiaires et Bryozaires forment ensuite des bancs réguliers. A cette assise succède une craie plus blanche, contenant de gros silex noirs cornus, plus espacés mais toujours en hts réguliers, dans laquelle se

CENOMÂNIEN

présente la faune spéciale de la célèbre couche fossilifère de Rouen qui représente dans le ccnomanien crayeux l'horizon le plus élevé (fig. 4). Les espèces les plus caractéristiques sont : Arn. Gentoni, Am, Cenomanensis, Am. Rotomagensis, Turrilites costatns, T. Gravesi, Scaphites œqiialis S. obliqims, Baciilites baculoïdes, Pecten asper, Inoceî-amus striatiis, Terebratula biplicata, Discoïdea cylindrica, etc.

Au delà de la vallée de la Seine, un ensemble bien accusé de dislocations qui ont affecté le pays de Bray, l'Artois et le Boulon-

nais, a déterminé la réapparition du cénomanien dans chacune de ces régions, notamment dans le Boulonnais où il se présente très développé dans les falaises du Cap Blanc- Nez, en devenant pres-

ViRcrvins

Cûie d'in^fouville

Fig. 3.— Coupe de rembouchure de la Seine d'après M. Lennier.

que exclusivement marneux. La glauconie est concentrée, à la base, dans des sables verts à nodules phosphatés, peu épais (l'^^oO à 8 m.), mais très fossiHfères [Am. Renauxiamis, A, laticlavius, A, naviailaris, A. varians, Nautilus expansus, Pleurotomaria gaultina, Inoceramus articîilaris, Terebratula biplicata, T. subglobosa, Ostrea carinata, 0. hippopodmm, Discoïdeas nbnculiis, etc.); ces sables reposent sur une marne argileuse (7 m.) qui renferme VAmm. inflatus et en représente la zone ; tout le reste du cénomanien est ensuite à l'état de marne crayeuse dépourvue de silex. C'est cette marne, très argileuse dans ses assises inférieures qui, largement exploitée aux environs de Boulogne-sur-Mer, fournit le ciment estimé qu'on connaît. C'est en môme temps dans cette assise imperméable qu'on a proposé de creuser le tunnel sous-marin entre la France et l'Angleterre ; ce même faciès marneux (Chalk Mari des Anglais) se poursuivant sur la côte anglaise voisine. Dans la marne crayeuse du Boulonnais, où la stratification, qui fait habituellement défaut dans la masse bien homogène de la craie, devient bien marquée par une série de zones alternativement claires et foncées, on peut distinguer un premier horizon riche en céphalopodes {Am. Rothomagensis, A. Mantelli, A, Coupei, A. falcatus, A, varians, Turrilites tuberculatus, T. costatus, Scaphites œqualis, Nautilus lœuigatas, N. ^%rt/Z5...), correspondant à la zone à H. subglobosus ; la craie à Scaphites œqualis de Rouen est ensuite représentée au sommet, par une prédominance bien marquée des espèces caractéristiques de ce niveau {A. Cenomanensis, A. Leiviensis, A. Gentoni, Turril. costatus, Ilolaster subglobosus, H. Trecensis, Discoïdea cylindrica, etc.)

Dans le N.-E., au voishiage de l'Ardcnne, les conditions littorales prédominant, ont donné naissance à de

grands dépôts sableux, ^■T'- -'- ; - qui, maintenant conso-

lidés par de la silice hydratée en un grès tendre, poreux, connu dans l'Argonne sous le nom de gaize ou pierre morte, se dessinent, dans l'orographie de cette région, par leur tendance bien marquée à former, au-dessus du Gault, une ligne de crêtes escarpées. Cette gaize, qui représente le inflatus dans son plus un massif lenticulaire,

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Fitr. 4. — Le cénomanien à la côte Sainte-Catherine, près de Koiicn.

faciès arénacé de la zone à Am,

complet développement, forme

atteignant 100 m. d'épaisseur dans la Meuse, à Monblain-

ville, et se terminaut ^w biseau au N. près d'Attigny (Ar-

dcnnes), au S. vers Meltaincourt (Marne). Rudimentaire

dans le Réthelois, on la retrouve bien développée dans la Thierache où elle affecte un caractère plus sableux ; partout elle reste toujours très fossilifère et renferme principalement : Am. inflatus, A. Renauxianus, Jurrilites Bergeri, T, Puzosianus, Hamites virgulatus, Anisoceras alternatus; 30 espèces de Gastropodes, 62 Lamellibranches dont les plus fréquentes sont : Cardita Dupiniana, Lima Archiacina, Pecten laminosus, Phispidus, Ostrea conica, 0. vesiculosa ; des brachiopodes [Rynch. compressa, Tercb. ovata, Kingena Lima) at des onrsmSj

Epiaster distinctiis, itolaster suborbicularis. Les formes persistantes du Gault qui donnent à cet horizon son caractère particulier sont ensuite les suivantes : A}n. splendens, A. auritus, A.

falcatus, Natica Gaul-

■'ig. 5. — Le Toiirtla aux environs de Tournai, d'après M. Munier- Clialnias. — 2. Craie marneuse à Inoceramus labiatiis. — 1. Zone à Belemnitella plena; T. ïourtia (Cénomanien).— a. Poches et fentes rcmpUes de sables aachéniens.

ti7ia, hîoceramus sulcatus, Plicaluta pectinoïdes, Ostrea canaliculata, etc. Les couches qui se développent ensuite, débordant les unes au-dessus des autres, s'étendent transgressivement sur les diverses assises du Gault et restent constamment glauconieuses ainsi que l'indique la succession suivante étabhe dans la région ardennaise, par M. Ch. Barrois (V. à la page suivante).

Au delà de l'Ardenne, ce même faciès littoral se poursuit dans la Flandre et le Hainaut, en se traduisant cette fois par un poudingue glauconieux, à galets de quartz, rempli de débris de fossiles, désigné sous le nom de Tourtia par les mineurs qui le rencontrent dans tous les puits creusés dans la Flandre, pour l'exploitation de la houille. Tout, dans la nature de ce conglomérat, indique clairement qu'il s'est formé tout près du rivage et la faune, très riche qu'il renferme, est en parfaite concordance avec cette origine. Partout en eff'et ce tourtia repose directement sur les terrains primaires, tantôt en couches bien réglées reposant sur les calcaires carbonifères creusés de poches préalablement remplies par des sables aachéniens (fig. 5), tantôt sous la forme de lambeaux isolés, épargnés par les dénudations, qui tous se sont rendus célèbres pour le nombre et la belle conservation de leurs fossiles. La faune essentiellement littorale se montre riche en gastéropodes, en lamellibranches fixées {Ostracées), en brachiopodes, exceptionellement robustes, surtouten échinides qui sont alors, dans le tourtia du Tournage et de Montignies-sur-Roc, ceux des grès du Maine et de toutes les régions où le cénomanien prend le faciès sableux {Catopygus, Columbarius, Codiopsis doma, Pygaster truncatus, etc.) ; ceux de Sasseguies, Boussières, Avesnes dans le bassin de la Sambre et de Tournai renferment ensuite des espèces qui permettent de les synchroniser avec les sables glauconieux de la région ardennaise à Pecten asper. Quand on s'écarte ensuite du massif ancien de l'x^rdenne pour se diriger vers le S., les sables disparaissent dès qu'on a franchi l'Aisne et le faciès crayeux reparaît bien développé dans la Marne et l'Aube. La craie cénomanienne qui se présente dans ces conditions, superposée à la gaize, très argileuse dans l'Aube et rendant marécageuse toute la région du Grand-Orient à l'E. de Troyes, ou d'autres fois directement appliquée sur les argiles du Gault, est grise sans silex et le plus souvent exempte de glauconie; ses couches intérieures qui de-

CÉNOMANIEN

RÉTHELOIS

Marne glauconieuse avec nodules de phosphate de chaux noirâtres et fossiles phosphates (2 m

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