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ARGONNE

Sables verts très glauconieux avec vemes de marnes blanches (5 à 6 m.).

Â, Laticlaviiis, Arca Passyana, A, Mailleana, Pectcn hispidiis, P. elongatus, Cardiiim siihventricosam, Cyprina quadrata, Plicatula inflata, Venus faba, Kingena lima, etc.

Sables verts foncés très glauconieux de la Hardoye (4 à 5"^). P. Asper, P. hispidtis, P. elongatus, 0. lateralis, 0.

carinata, 0. conica, Rynchonella depressa, etc.

Sables glauconieux du Monthois, très riches en Pecten asper (8 à 10"^).

Marne grise argilo-siliceuse de Givron, piquetée de glaucome (30 m.).

Am> varians, A, Coupei, Turr. tuberculatus, Pecten laminosus, P.

elongatus, Terebratulina striata, T, rigida, Rynch. compressa.

Manque.

viennent la craie ammonitifère de Leymerie, présentent, à l'état de moules recouverts d'un enduit ferrugineux, des Céphalopodes, Amm. Rotomagensis, A. varians, Turrilites costatiis, tandis qu'au sommet se tient comme d'habitude VHolaster subglobosus dans les parties où, devenue argileuse, elle est assez résistante pour fournir du moellon. Cette craie, devenue très épaisse dans l'Yonne et la Nièvre (20 à 30 m.) et trop homogène pour qu'on puisse y introduire des divisions sans le secours de la paléontologie, se poursuit ainsi sur tout le reste de la bordure méridionale du bassin de Paris jusqu'à la Loire ; à peine a-t-on franchi le fleuve que les sables commencent à se montrer. C'est d'abord la zone inférieure à Am. inflatus qui, jusque-là exclusivement argileuse avec couche subordonnée à' ocre jaune (0"^50), exploitée à l'ouest d'Auxerre dans les rivières de Pourrain, Diges, Parly, affecte sur la rive gauche, dans le Sancerrois, la forme d'un gravier glauconieux, chargé de nodules de phosphate de chaux, activement exploités à Vailly ; ils prennent ensuite plus d'importance dans la Sologne, en se présentant à divers niveaux au milieu de marnes crayeuses exploitées pour l'amendement des terres. Au delà de Yierzon, où ces sables s'agglomèrent en grès, on assiste ensuite à la disparition progressive de l'élément calcaire, puis finalement quand on arrive au Mans, tout le cénomanien devient sableux, sauf à la partie supérieure où se présente une marne à ostracées qui déjà s'était amorcée dans le Loir-et-Cher, sur les grès à trigonies de Vierzon. Sous ce banc d'huîtres, très continu, qui porte encore la marque bien caractérisée d'un dépôt littoral, la série des sables et grès ferrugineux du Mans atteint une épaisseur de 90 m. mesurée exactement d'après un sondage pour puits artésien exécuté place des Jacobins . La nappe d'eau cherchée a été rencontrée au contact des argiles oxfordiennes qui servent de support à cette puissante masse sableuse et constituent, à sa base, un niveau d'eau important.

La craie reparaît ensuite dans le sud-est de la Sarthe, en se traduisant par l'intercalation, au milieu des sables cénomaniens, de couches crayeuses à faune de Rouen, (pu' permettent de subdiviser en deux assises cette puis-

sante formation arénacée {Sables du Maine, Sables du Perche) ; elle reprend ensuite toute son importance dans l'Eure où le cénomanien, devenu presque tout entier crayeux, se raccorde avec celui de la Normandie.

La coupe suivante (fig. 7), empruntée à la description géologique du dép. de la Sarthe, par M. Guillier, fait connaître la disposition des diverses assises sableuses cénomaniennes qui se développent aux environs du Mans.

Les sables glauconieux à 0, vesiculosa de la base, chargés de galets quartzeux, quand débordant leur support jurassique, ils viennent s'appuyer sur les roches granuliliquesoupaléozoïques du massif armoricain, notamment dans les golfes cjui s'enfonçaient jusqu'aux confins de la Mayenne, l'un au S. d'Alençon, l'autre au N. de Loué, ainsi qu'autour de la région de Perseigne, constituée alors à l'état d'île (fig. 6), représentent un dépôt littoral très constant dans son allure et très continu sur toute la bordure 0. du bassin de Paris, depuis le Berri jusqu'aux approches de la Normandie où ils servent de support, au S. de la vallée de la Seine, dans l'Eure, au tuffeau micacé à Am. Mantelli (Z. à Holaster carinatus et à Pecten asper). L'argile glauconieuse à minerai de fer de la Sarthe, apparaît ensuite comme un faciès littoral d'une craie verte qui, après s'être annoncée dans le nord-est du département, entre Yibraye et Montmirail, où elle renferme A. Mantelli, Turrilites tuberculatus, Pecten asper, lîemiaster bufo, etc., prend plus de développement dans l'Orne ; ses bancs durs sihceux fournissent alors d'excellentes pierres de taille, de grande dimension ; la Madeleine, la Brandière, Saint-Jean-de-la-Forèt, Appenay dans la Perche- Ornais) qui sont les principaux centres d'exploitation, en représentent les divers affleurements. Dans les environs de Ballon (Sarthe), cette même assise, devenue arénacée, renferme des grès remplis d'orbitolines {Grès à 0. concava)

Le Mans (ZUaduN^rci'e)

Fig. 6. — Carte montrant, avec le rivage de la mer cénomanienno clans la Sarthe, la distribution des bancs d'Ostrea biauriculata (d'après M. Guillier).

^^ Bancs à huîtres biauriculées ^^ (marnes à ostracées).

Fig. 7. — Le cénomanien aux environs du Mans (d'après M. Guillier). 1. Sables glauconieux à 0. vesiculosa. — 2. Argile glauconieuse et grès ferrugineux à Pecten asper.— ^. Grès h Anorthopygiisorbicidaris. — 4. Grès du Maine à Am. Rotomagensis et trigonies. — 5. Sable du Perche à Rynchonella compressa. — 6. Marne à Ostracées {Ostrea biauriculata).

avec une faune remarquable de petites bivalves et 17/6^miaster bufo. Dans le Maine, la masse puissante des sables cénomaniens inférieurs qui se développe ensuite sur cette zone à Pecten asper, est susceptible de deux divisions : l'inférieure comprend sur une épaisseur de 30 à 40 m. une première série de sables et de grès calcaires, plus ou moins glauconieux, caractérisée par une faune spéciale d'oursins, Anorthopygus orbicularis, Codiopsis doma, Goniopygus Menardi, Catopygus columbarius, Pygaster truncatu s, c[iù, par leur constance à ce niveau, constituent un excellent point de repère au milieu de

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CENOMANIEN

ces assises sableuses. Dans ces grès très fossilifères, les espèces les plus fréquentes sont ensuite : Am. Cuningtonif A. Vibrayeanus; des bivalves Arca, Liïna, Pecten qui portent toutes le nom spécifique de Gailieni, Perna lanceolata, Terebratula Urna, T. biplicata, TerebratulinaMenardi. L'assise supérieure d'épaisseur presque égale, plus complexe dans sa composition, admet au milieu des sables généralement plus fins que les précédents, et à stratifications obliques, des amas lenticulaires accidentels d'argiles, riches en empreintes végétales réparties parmi les fougères, cycadées, conifères et les dicotyledonèes(i¥a^/io/ia Sarthacensis, d'aprèsM. Crié, C, rend, de l'Institut, 22 sept. 1884), et qui renferment, également dans un état de conservation remarquable, des Pentacrines (P. Cenomanensis) , des Ophiures , des A stéries , des Oursins avec leurs radioles. Vers le sommet un banc de grès peu épais (i^^oO) mais très régulier, bien connu des carriers qui exploitent les sables pour mortiers, sous le nom de Jalais, condense pour ainsi dire la faune de cette assise ; avec des débris de reptiles, poissons et crustacés, 200 espèces de mollusques, plus de 30 échinodermes, des polypiers, des spongiaires, des foraminifères et surtout, en grand nombre, des byozoaires constituent un ensemble paléontologique remarquable donnant à cette assise un caractère particulier ; avec des espèces caractéristiques par leur fréquence fournies par des trigonies, T. sulcataria, T^cremilata, T, spinosa, T, slnuata, T.Deslongchampsi, T.afflnù, on rencontre également, mais plus rares, des formes qui se tiennent spécialement dans les régions crayeuses, et qui déjà s'étaient montrées dans les sables sous-jacents à. Anorthopygus orbicularis, ce sont : Am. varians, A Rotomagensis, Turr. costatus, Scaphites œqualis, Baculites baculoïdes, Avellana cassis, Discoïdea stibuculus, Cid. vesiculosa, etc. Aux approches de l'ancien rivage cénomanien, ces sables, soudés en une masse homogène à ce point que les deux divisions précédentes deviennent méconnaissables, prennent, dans leurs affleurements, où la glauconie s'oxyde sous l'influence des eaux météoriques, une teinte ocreuse caractéristique et s'agglomèrent en grès ferrugineux dit roussard largement exploité, depuis des siècles, pour les grandes constructions de la région (mur d'enceinte et cathédrale de la ville du Mans). Par contre, dans la direction opposée, c.-à-d. dans l'E. du département, une modification importante se produit ; au travers des grès à trigonies, très différenciés, commencent à apparaître, sous la forme de lits minces intercalés, des marnes crayeuses à fossiles de Rouen qui prennent de plus en plus d'importance à mesure qu'on se dirige vers l'Orne où elles deviennent une craie blanche à silex contenant A. Rotomagensis, Turrilites costatus, Scaphites œqualis etc., craie qui devient soudée à des couches également crayeuses mais plus glauconieuses où se rencontrent cette t'ois, avec le Pecten asper, les espèces de cette zone (A. Mantelli, Tur, tubercida" tus, Epiaster, crassissimus,.,), les sables et grès inférieurs à An. orbicularis ayant eux-mêmes disparu. Cette substitution d'une assise crayeuse renfermant les espèces de la zone à Holaster subglobosus aux grès à trigonies du Maine, s'observe déjà très nettement dans toute la région orientale du dép. de la Sarthe, comprise entre les communes de Sceaux, Saint-Ulphace, Theligny, Lamnay, où cette craie riche en fossiles phosphatés à test nacré, utilisée comme pierre de taille, se montre directement superposée aux sables à An. orbicularis. C'est ensuite cette craie qui devient, dans cette direction, le support direct d'une nouvelle et dernière assise de sables fins ocreux avec gros blocs de grès noduleux dont le principal développement se fait dans le Perche. Ces sables et grès dits du Perche, après avoir traversé l'Orne, apparaissent concentrés, dans le haut des collines boisées de la région, sur la même base crayeuse, fort épais et réunis en une seule masse ; ils n'admettent plus de faciès crayeux comme les précédents et ne subissent guère de

GRANDE EN€Y(:i.01»Kl)IK. — IX.

variations sensibles dans leur composition, depuis les environs du Mans où on les observe directement appliqués sur les grès du Maine, jusqu'à cette région du Perche où on peut les voir largement étendus, comme dans l'Orne, sur la craie à Scaphites œqualis. Leur faune aussi , notablement appauvrie et différente de celle des sables cénomaniens inférieui's, reste partout la même ; on peut y recueillir de nombreux crustacés condensés à la base, dans de petits nodules gréseux engagés dans des sables argileux {Caillanassa Cenomanensis, Lithophyllax Trigeri, Ponellana antiqua, etc. ; Milne- Edwards, Ann. des Sciences zoolog., 4*^ série, 1869, t. XIV), et dans la masse totale des sables les espèces les plus fréquentes deviennent : A. navicularis, A. Cenomanensis, A. Sarthacetisis, Strombus inornatus, Ostrea columba, 0. carinata, 0. conica et mrioui Rynchonella compressa. Les marnes à ostracées, très riches en Ostrea biauriculata qui terminent le cénomanien de l'Ouest, et le séparent de la craie marneuse turonienne, limitées à un maximum de 10 m. de puissance, se traduisent toujours, au-dessus de ces sables du Perche, par un cordon de marnes blanches, bien caractérisé, rempli d'huitres ; les Ostrea biauriculata et pseudo-vesiculosa spéciales et caractéristiques, avec 0. columba, 0. flabellata, des horizons inlérieurs, se développant à ce niveau en bancs puissants, qui se poursuivent avec ce même caractère, après avoir pris leur maximum de développement dans la partie centrale du dép. de la Sarthe (fig. 6), au S. dans le Maineet-Loire, les Deux-Sèvres et la Vienne ; à l'E., ils diminuent d'épaisseur et disparaissent dans le N. pour faire place à des marnes à Terebratulla Carentonensis, qui, dans le Perche, supportent la crSie mai'neuse à Inoceramus labiatus; avec les huîtres précédemment citées, Am. navi-^ cularis, Rynchonella alata, Terebratula pectita, T. phaseolina, et surtout la plupart des Gastropodes et Acéphales qui avaient prédominé dans les divers horizons sableux sous-jacents, principalement abondants quand sur leur limite 0. ces marnes deviennent gréseuses, complètent la faune de ce deniier horizon. Au Mans même et sur la rive droite de la vallée de l'Huisne, à Yvré-l'Evêque, on peut constater le fait fort intéressant de l'intercalation au milieu de ces marnes à huîtres biaurieulées, d'un niveau coralligène bien caractérisé, représenté par un banc de polypiers (Trochocyatus gracilis, Stylocyathus dentalintis, Parasmilia Guillieri, Thamnastrea ambigua) où se tiennent des rudistes Radiolites Fleuriausa, Caprinella triangularis, Caprotina semistriata, C. costata, C. striata. C'est la premièi^e apparition bien caractérisée, dans les régions septentrionales, de ce groupe bien particulier de mollusques, destinés à jouer un si grand rôle dans la zone méditerranéenne, où leurs coquilles accumulées contribueront à édifier de puissantes assises calcaires.

Angleterre. En Angleterre, les conditions qui avaient motivé la formation dans le Boulonnais d'un faciès qu'on peut qualifier de marneux, ont prévalu dans les deux bassins de Londres et du Hampshire, où, à l'exception des couches glauconieuses de la base (Upper green sand), le cénomanien très étendu, notamment sur les deux bords du Weald, dans la région des Downs, est presque tout entier à l'état de marne grise {Chloritic-marl) ou de craie marneuse (Chalk-marl), ainsi que l'indique le tableau de la page suivante.

L'ensemble de sédiments arénacés et argileux auxquels une prédominance bien marquée de la coloration verte due à la glauconie a fait donner le nom à' Upper green sand, (par opposition à un grès vert inférieur placé sous les argiles du gault) comprend deux subdivisions : la première sous le nom de Gaize de Devize, dans le bassin du Hampshire, avec ses grès tendres poreux et ce mélange d'espèces albiennes et cénomaniennes qui caractérisent la zone à U. inflatus, reproduit exactement, dans ces régions plus septentrionales, tous les caractères de la gaize de 1 Argonne; sur les bords de ce bassin, dans le Devonshire, où la craie

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