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CANOVA — CANOVAS

Mais les honneurs ne le grisèrent point et ne ralentirent pas son activité. Les dernières années de sa vie furent remplies par un travail incessant. Il avait entrepris d'élever à ses frais dans sa ville natale, à Possagno, où il comptait se retirer, un temple dont la première pierre fut posée le 41 juil. 1819, et qu'il se préparait à orner d'une quantité d'œuvresdesa main. Il mourut des suites d'une maladie étrange contractée, dit-on, par la fatigue que lui occasionna le long usage du trépan pour le travail de ses marbres. La pression continue de l'outil sur la poitrine avait fini par déprimer les côtes et altérer en lui l'appareil digestif. Toute l'Italie lui fit des funérailles imposantes. La nomenclature de ses œuvres remplirait plusieurs colonnes de cette Encyclopédie. Nous avons cité les principales, celles qui caractérisent le mieux les trois phases suivies par son talent. Tout au plus devons-nous encore mentionner les statues de la mère de Napoléon, la Princesse Lœtitia, en Agrippine, et de la Princesse Paolina Borghèse, en Vénus victorieuse. Si Canova ne mérite pas d'être placé à côté des grands génies créateurs qui sont l'orgueil de l'humanité, du moins il a marqué son rang parmi les artistes les plus brillamment doués et les plus féconds qu'il y ait jamais eu. Ses statues plus ou moins inspirées de l'antique ne témoignent guère que d'une habileté extrême; mais ses œuvres décoratives, ses monuments funéraires tels que celui du pape Clément XllI à l'église Saint-Pierre, ou celui de l'archiduchesse Christine, à Vienne, pour lequel il montra toujours une prédilection singulière, témoignent de son goût remarquable pour la sculpture expressive, faisant image et tableau. Sous ce rapport il a atteint l'originalité et s'est élevé parfois jusqu'à l'éloquence et à la grandeur. Victor Champier. Bi8L. : Melchior Missirini, Vita di Canova; Prato,

1824. — CicoGNARA, Histoire de la sculpture moderne, t. III.— QuATREMÈRE DE QuiNCY, Canovaet ses ouvrages, 1834. — H. DE Latouche et Réveil, l'Œuvre de Canôva,

1825. — TiFAiaBO, Biografia degli Italiani illustri.

CANOVAI (Stanislao), historien et mathématicien italien, né à Florence le 27 mars 1740, mort le 17 nov. 1811. Il acquit quelque célébrité en soutenant que Colomb avait été devancé d'un an par Améric (ou plutôt Albéric) Vespuce dans la découverte de l'Amérique. Vivement contredit par Galeani Napione, il eut momentanément le dernier mot, sa principale dissertation ayant été couronnée par l'Académie étrusque de Cortone. 11 était ecclésiastique et ce fut lui qui assista le poète Alfieri à ses derniers moments. Parmi ses travaux : Riflessioniintorno aile pub- Miche scuole (Florence, 1775); Orazione funèbre del m archese cavalière Giuseppe Benvenuto Veneti di Cortona (Florence, 1 780) ; Monumenti relativi al giudizio pronunziato daW Accademia Etrusca di Cortona di un elogio d'Amerigo Vespucci (Florence, 1787); Elogio d'Amerigo Vespucci che a riportato il premio, etc. (Florence, 1788); Dissertazione soprail primo viaggio d'Amerigo Vespucci aile Indie occidentali (Florence, 1809) ; Esame critico del primo viaggio d'Amerigo Vespucci alnuovo mundo (Florence, 1811). R, G. BiBL. : PozzETTi, Elogio di Stanislao Canovai ; Bologne, 1812, in-8.

CANOVAS DEL Castillo (D. Antonio), célèbre homme d'Etat et littérateur espagnol contemporain , né à Mâlaga le 5 juin 1828, fils aîné d'Antonio Canovas, professeur au collège naval de San-Telmo, et de Juana del Castillo. D'une intelligence précoce, il put, encore adolescent, remplacer dans la chaire son père défunt, et subvenir aux besoins de sa mère et de ses quatre frères. Dès cette époque, il publia, sous le voile de l'anonyme, dans les journaux de Mâlaga, de nombreux articles politiques qui témoignaient chez lui d'une singulière maturité d'esprit et dont les tendances concordaient avec la devise de sa ville natale : « Toujours la première lorsque la liberté est en péril ! » Après ce noviciat de plume, il rédigea, en 1845, le prospectus d'un nouveau journal : la Jôven Mâlaga, qui devait servir d'organe à la jeunesse conser-

vatrice, et qui n'eut qu'une durée éphémère. Appelé à Madrid par des intérêts de famille, le jeune publiciste mit son avenir sous la protection de son oncle, le littérateur S. Estébanez Calderôn (V. ce nom). Le fameux « solitaire » , légèrement misanthrope , déclara ne pas lui reconnaître les aptitudes nécessaires pour la carrière des lettres et l'engagea à se vouer au sacerdoce. Tel n'était pas l'avis du neveu. Il s'inscrivit à la faculté de droit et utilisa ses loisirs à exercer un petit emploi dans les bureaux du chemin de fer de Madrid à Aranjuez. Des articles de critique littéraire qu'il publia alors dans quelques périodiques attirèrent l'attention de D. J.-Fr. Pacheco, qui l'attacha à son journal la Pdtria et lui confia au bout de peu de temps les fonctions de rédacteur en chef. C'était l'organe de la future « Union libérale ». Il y fit preuve de toutes les qualités politiques qui devaient le conduire à de hautes destinées. En même temps le lettré se manifesta par des poésies et par un intéressant roman historique du xii® siècle : la Campana de /fw^sca (Madrid, 1852), dont la 2« édit. (1854) parut accompagnée d'un prologue de son oncle, déjà revenu sur sa première opinion (4« édit., 1886). Elu député de Mâlaga dès 1852, c'est lui qui fut chargé de la rédaction du fameux manifeste deManzanarès (7 juil. 1854), otiles libéraux posèrent leurs conditions à la couronne. Apres la victoire de la révolution et le rappel d'Espartero, il fut nommé sousdirecteur des affaires politiques au ministère d'Etat, et devint l'auxiliaire et le confident du général O'Donnell, chef principal du mouvement et l'âme du nouveau cabinet. A la fin de 1855, Canovas fut investi d'une importante mission diplomatique auprès du Saint-Siège. Les deux années qu'il passa en Italie turent très propices aux lettres et surtout aux études historiques qui le passionnaient de plus en plus ; il faut retenir de cette période ses deux écrits de grande valeur, sous forme de lettres, sur le Sac de Rome et sur la Bataille de Pavie. En 1858, sous le ministère Ysturiz , il remplit les fonctions de gouverneur civil de Cadix, et dès le retour au 'pouvoir d'O'Donnell (30 juin 1858), il devint sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'intérieur. Son influence politique grandissait rapidement, et elle s'exerçait dans le sens de la conciliation au sein de « l'Union libérale ». Son remarquable travail, intitulé Del Principio y fin que tuvô la suprematia militar de los Espanoles en Europa con una relacion y algunas particularidades de la batalla de Rocroy, détermina l'Académie de l'histoire à l'admettre au nrmbre de ses membres (1860). Son discours de réception eut pour sujet : la Bominacion de los Espanoles en Itdlia, et ce fut son oncle qui eut l'honneur de lui répondre. A la suite des querelles intestines de son parti, il se retira de la vie publique pendant près de deux ans (1862-1863), et le cabinet O'Donnell ne tarda pas à tomber (3 mars 1863). L'année suivante (mars) Canovas del Castillo entra dans celui de Mon avec le portefeuille des colonies, puis il prit celui des finances, et O'Donnell, redevenu le chef du gouvernement (19 juin 1865), lui confia le ministère de l'intérieur qu'il n'eut à diriger que pendant un an environ. La réaction reprit le pouvoir avec Narvaez, et O'Donnell descendu bientôt dans la tombe (6 nov. 1867). La petite fraction de l'Union libérale, à la tête de laquelle se trouvait Canovas, ne voulut pas prendre part à la révolution de sept. 1868, restant fidèle à la monarchie légitime. Durant la période de six ans pendant laquelle l'Espagne essaya de tous les régimes, il organisa fortement le parti libéral conservateur, c.-à-d. le parti alphonsiste, et il prépara la Restauration si habilement qu'elle se fit sans effusion de sang (31 déc. 1874). Il devint alors le chef du pouvoir et exerça une sorte de dictature pendant son ministère de quatre ans, à l'exception d'un court intervalle (sept, au 2 déc. 1875) où il préféra se retirer devant les exigences des ultra-conservateurs. 11 vint rapidement à bout cle la guerre carliste, en frappant un grand coup, et

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