CANOVAS — CANROBERT
fit pacifier l'île de Cuba par le maréchal Martinez-Campos, qui accepta cependant de la part des insurgés des conditions tellement onéreuses pour le fisc espagnol (Convention de Zanjon) que Canovas, ne voulant pas en assumer la responsabilité, donna sa démission (mars 4879) et conseilla au roi de conférer au maréchal la présidence du conseil. Il reprit le pouvoir le 10 déc. suivant, et fit étouffer par le général Blanco la seconde insurrection cubaine, mais les tendances de plus en plus réactionnaires de son cabinet amenèrent son renversement en févr. 1881. Rappelé en janv. 1884, il gouverna jusqu'à la mort d'Alphonse XII (25 nov. 1885), et fut élu président des Cortes le 26 déc. suivant.
Comme homme politique, Canovas del Castillo montra toujours de la suite dans les idées, de la prévoyance et une sagacité remarquable. Monarchiste convaincu, doctrinaire même, il ne cessa cependant d'être personnellement libéral, et c'est dans cette voie qu'il essaya de diriger le parti conservateur dans l'opposition. Néanmoins il représente avant tout le principe de concentration gouvernementale, et son excès d'autoritarisme lui a fait perdre de son influence même auprès de ses partisans. Orateur de réflexion, dialecticien redoutable, improvisateur passionné, il honore la tribune politique de son pays par un talent original, brillant sans vaine rhétorique, et solide grâce à une érudition prodigieuse.
Tous les loisirs que lui laissait la politique étaient consacrés aux lettres. Ses premières poésies, discours à l'Académie de l'histoire, etc., avaient été réunis dans ses Estudios literarios (Madrid, 1868, 2 vol.). Depuis cette date il a publié : Matias de Novoa, monogra/ia de un historiador desconocido (1875, in-4) ; El Solitario y su tiempo (1883, 2 vol. in-16), biographie de son oncle D. Serafin Estébanez Calderon, et qui offre en même temps une histoire originale et complète de la renaissance littéraire en Espagne; Problemas contempordneos (1884, 2 vol.); Artes y letras (1887), où se trouve réimprimée une étude magistrale sur les Origines et les vicissitudes du théâtre national en Espagne^ qui a d'abord figuré en tête de l'ouvrage monumental : Autores dramdticos contempordneos (1881-1882 [1886], 2 vol. in-4), et a été traduite en français par M. Magnabal {Théâtre espagnol contemporain ; Paris, 1886, in-16); une édition complète de ses poésies : Obras poéticas (1887) ; en^n les Estudios delreinado de Felipe IV (1888, 2 vol.). Tous ses travaux sont d'une valeur durable, et la variété des sujets abordés par l'auteur le fit admettre à l'Académie espagnole, à celle des sciences morales et politiques, à celle des beaux-arts. Il est aussi président de l'Ateneo de Madrid. En outre, il a écrit des préfaces pour de nombreux ouvrages, soit dans le but de présenter au public des talents naissants, soit pour rendre hommage à des écrivains de marque. G. Pawlowski.
BiBL. : V. Cherbuliez, l'Espagne politique, 1874. — G. HuBBARD, Règne d'Isabelle II, 1882-1883, 2 vol. — D. Manuel Ca^sado Sanchez de Castilla, Canovas; apuntes biogràficos ; 2^ édit., Mâlaga, 1887. — Fr. Cana- MAQUE, Los Oradores de 1869; 2^ édit., Madrid, 1887.
CANOZIO (Lorenzo Genesino, ou Zannesello, ou), sculpteur sur bois, peintre et imprimeur italien du XV® siècle, né en 1425 à Lendinara, dans la Polésine, mort en 1477 à Padoue. 11 commença par étudier la peinture dans cette ville, sous la direction duSquarcione; il y eut pour camarade d'atelier Mantegna, et exécuta quelques peintures avec lui dans l'église des Eremitani, Il ne subsiste malheureusement rien de ces fresques. Peu après, Donatello étant venu à Padoue, Lorenzo, pénétré d'admiration pour ses œuvres, se jeta dans la sculpture. Il y réussit à merveille, spécialement dans la scuplture sur bois et dans la marqueterie, qu'il pratiqua en maître.
Dès i 450, il décorait les armoires de la sacristie de Saint-Marc, à Venise, de véritables tableaux en bois de rapport; mais la plus importante de ses œuvres fut le
chœur de San Antonio de Padoue, 11 en fit les quatrevingt-dix stalles en six ans, de 1462 à 1468, aidé de son^ plus jeune frère Christoforo et de Pier-Antonio dell'Abbate, de Modène, qui plus tard devait être son gendre. Ce magnifique travail, sur lequel tous les contemporains s'extasièrent, fut détruit par un incendie en 1749. 11 n'en resta que deux stalles, dont on fit les deux confessionnaux placés aujourd'hui dans les chapelles 4 et 6, en arrière du chœur. En 1476 et 1477, Lorenzo et Pier-Antonio exécutèrent encore, dans la ^sacristie de la même église, des sculptures et des marqueteries du même genre; ils travaillèrent également au c/i^wr delà cathédrale de Modène et à celui de San-Franceseo, à Rovigo. C'est dans la dernière partie de sa carrière que Lorenzo s'adonna à la typographie. De 1472 à 1475 il est sorti de ses presses trois magnifiques in-folio. Ce sont les commentaires d'Averrhoès sur différents traités d'Aristote (de la Métaphysique^ du Ciel, de VAme), T.-S.
BiBL. : Michèle Caffi, Dei Canozzi o Genesini.
CANOZIO (Christoforo Genesino, ou Zannesello, ou), sculpteur sur bois et ouvrier en marqueterie italien, mort de 1490 à 1504. Il aida son frère Lorenzo dans la plupart de ses grands travaux, et exécuta seul, dans la cathédrale de Parme, de 1469 à 1473, les quarante stalles du chœur. Son œuvre la plus importante, avec celle-là, fut le chœur de la cathédrale de Lucques, terminé en 1488, et dont il ne reste que cinq grands panneaux, décorés de perspectives et de figures en marqueterie, dans la sacristie de Téglise. T.-S.
CANOZIO (Giovan-Marco Genesino, ou Zannesello, ou), artiste italien du xv« siècle, mort dans les premières années du xvi« siècle à Rovigo, fils de Lorenzo Canozio. Après avoir exécuté en marqueterie, avec son père, les stalles du chœur de Véglise des Frères mineurs, à Rovigo, et celles de San Francesco alla Vigna, à Venise, dont il ne subsiste rien aujourd'hui, pas plus que des premières, il se fit connaître comme ingénieur, architecte et maître charpentier. Le château de la Mirandole, que Galeotto Pico fit bâtir en 1499, et qu'un incendie détruisit en 1714, avait été construit sur ses plans. On sait aussi que les Vénitiens l'employèrent à creuser des canaux dans leur ville. T.-S.
CANOZIO (Bernardino Genesino, ou Zannesello, ou), artiste italien du xv® siècle, né en 1449, mort à Ferrare en 1520, fils du précédent. 11 épousa, en 1478, Crespina deU'Abbate, sœur de Pier-Antonio dell'Abbate, gendre de Lorenzo Canozio. Nous le voyons, en 1487, traiter avec la fabrique de la cathédrale de Parme et s'engager, au nom de son père, à revêtir de panneaux de marqueterie les murs de la sacristie et à la garnir de sièges du même genre. Il exécute, en 1494, le buffet d'orgues, à présent détruit, les ornements et les stalles du baptistère, dans cette même église; vers 1501, il va travailler à Ferrare au chœur de la cathédrale et, entre 1505 et 1520, au chœur de Saint* Uldaric de Parme. Il eut quatre filles, dont une, nommée Cassandre, fut célèbre pour sa beauté, et un fils, Danielle, qui fit de la peinture et des travaux de marqueterie. De ce même Danielle naquit un nouveau Bernardino, qui soutint la vieille réputation de sa famille. T.-S.
CANROBERT (François Certain), maréchal de France, né à Saint-Céré (Lot) le 27 juin 1809. Après avoir passé par l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, il entra comme sous-lieutenant dans un régiment d'infanterie, devint lieutenant en 1833, fut envoyé en Algérie (1835), s'y distingua par sa bravoure et sa fermeté dans les expéditions de Mascara, de Tlemcen, dans les combats de la Tafna et de la Sikkah, fut nommé capitaine en 1837, décoré peu après la prise de Constantine, où il avait été blessé, puis, de retour en France (1839), chargé d^organiser un bataillon de la légion étrangère au moyen d'un certain nombre de réfugiés carlistes qui furent placés sous ses ordres. En 1841, nous le retrouvons en
CANROBERT - CANRON
Afrique, oîi il se fait remarquer au passage du col de Mouzaïa. Plus tard, comme chef de bataillon, puis lieutenant-colonel, il prit une part importante aux expéditions dirigées contre Bou-Maza (V. ce nom). Nommé colonel le 8 nov. 1847, il battit Ahmed-Sghir au défilé de Djerma, lutta glorieusement, à la tête du 3® régiment de zouaves, contre les Kabyles, délivra la place de Bou-Saaàa et attira principalement Tattention sur lui par Tentrain avec lequel il monta à Tassaut de Zaatcha (10 déc. 1849). Cette dernière action d'éclat lui valut le grade de général de brigade (13 janv. 1850). Bientôt après, désigné à Louis- Napoléon comme un homme sûr et qui pouvait contribuer au succès de ses secrets desseins, il fut appelé à Paris et devint aide de camp du prince-président, à la fortune duquel il s'attacha sans réserve. Aussi n'hésita-t-il pas, dans les journées qui suivirent le coup d'Etat du 2 déc. 1851, à employer la force contre les citoyens armés à Paris pour la défense de la Constitution. Une faveur extraordinaire, et qu'on a pu trouver hors de proportion avec ses talents, le récompensa de sa complaisance. Nommé divisionnaire le 14 janv. 1853, le général Canrobert fut chargé d'un commandement important dans Parmée d'Orient et alla servir sous les ordres de Saint- Arnaud, auquel les instructions secrètes de Pempereur rappelaient à succéder dans le cas où il viendrait à mourir (m^rs 1854). A la bataille de l'Aima (20 sept.), il soutint énergiquement le choc de l'armée russe. Quelques jours après, Saint-Arnaud était emporté par le choléra. Canrobert, devenu général en chef, fit quelques travaux d'approche autour de Sébastopol, repoussa deux fois, à Balaclava (25 oct.) et à Inkermann (5 nov.) Menchikov, qui voulait dégager cette place, mais jugea la ville trop forte pour être emportée de prime assaut et entreprit, de concert avec les Anglais et les Turcs, d'immenses travaux de siège qui durèrent tout l'hiver (1854-1855). Ses troupes souffrirent beaucoup, non seulement du feu de Pennemi, mais du froid, des privations et des maladies. Enfin Canrobert dressa son plan général d'attaque, mais il n'y put donner suite, grâce à l'opposition de lord Raglan, commandant en chef des forces britanniques, qui le désapprouva. Lui-même ne voulut pas seconder le général anglais dans un projet d'expédition sur Kertch. Ces querelles, non moins que la longueur du siège et l'impatience oti étaient les gouvernements alliés d'en finir, l'amenèrent à résigner son autorité (16 mai 1855). Remplacé par le général Pélissier, il se mit sous les ordres de ce dernier comme commandant du 1®' corps. Mais il rentra en France un peu avant la prise de Sébastopol.
Canrobert, qui n'avait point perdu Famitié de l'empereur, fut chargé, sous prétexte d'une mission de cérémonie, d'aller conclure avec le roi de Suède (nov. 1855) un traité d'alliance que la fin des hostilités en Orient rendit bientôt inutile. Nommé maréchal de France le 18 mars 1856, il fut trois ans après mis à la tête du 3® corps de Parmée d'Italie. Il concourut avec ses troupes à la victoire de Magenta (4 juin 1859). Mais sa lenteur à porter secours au général Niel, pendant la bataille de Solférino (24 juil.), compromit un moment ce jour-là le sort de Parmée française. Vivement incriminé par son collègue, il se défendit avec hauteur. La querelle alla si loin qu'il fallut P intervention personnelle de l'empereur pour y mettre un terme. Pendant les années de paix — relative — qui suivirent la campagne d'Italie, le maréchal Canrobert commanda successivement au camp de Châlons, à Lyon (1862) et, à partir de 1865, à Paris, où il prit la place du maréchal Magnan. Il était de droit membre du Sénat. Il se montra dans cette assemblée, vers la fin de PEmpire, fort opposé aux progrès de la libre pensée, et s'attira quelques railleries de la presse par la solennité un peu prudhommesque avec laquelle il déclarait vouloir rester fidèle au dieu de ses pères.
Au commencement de la guerre franco-allemande, il fut de nouveau appelé au commandement du camp de
Châlons, qu'il échangea fort peu après contre celui du 6« corps de Parmée du Rhin. Subordonné à Bazaine, il soutint très dignement l'honneur français dans les journées de Saint-Privat et de Graveiotte (16, 18 août 1870). Mais dans le conseil de guerre tenu le 26 août, il fut d'avis que si l'armée ne devait pas rester inerte, si elle devait même harceler Pennemi de tous côtés, donner des coups de griffe partout et incessamment, il était nécessaire qu'elle restât sous Metz, parce qu'à son sens, en sortir « pour s'allonger dans l'intérieur du pays avec des colonnes immenses de bagages, d'ambulances, d'artillerie, que nous traînerions à 'notre suite et sur une seule Hgne était chose impossible... » Plus tard, quand Bazaine, après avoir perdu un temps irréparable, consulta ses lieutenants sur le parti à prendre (7 oct.), Canrobert répondit qu'il fallait ou obtenir, grâce à une capitulation honorable, le droit de se retirer avec armes et bagages, sauf à prendre au besoin l'engagement de ne pas servir d'une année contre les Allemands, ou tenter de traverser les lignes prussiennes, coûte que coûte. Il souhaitait, comme son chef, que Parmée du Rhin, transportée dans l'intérieur de la France, pût rendre — politiquement — des services utiles au pays, c.-à-d. qu'il l'eût vue avec plaisir devenir un instrument de réaction impérialiste. Mais Bazaine n'obtint rien, ne tenta rien, et l'armée entière, avec ses chefs, demeura bientôt au pouvoir du roi de Prusse, comme prisonnière de guerre. Rentré de captivité (1871), Canrobert offrit ses services à Thiers, qui ne parut pas très désireux de Pemployer et se contenta de le faire entrer au conseil supérieur de la guerre (3 oct. 1872). 11 demanda et obtint, en janv. 1873, la permission d'aller assister en Angleterre aux obsèques de Napoléon 111. Après les événements du 24 mai 1873, qui amenèrent à la présidence de la République son ancien frère d'armes, le maréchal de Mac-Mahon, il montra quelque mauvaise humeur de n'avoir pas été appelé, en remplacement de ce dernier, au commandement de Parmée de Paris. Le parti de l'appel au peuple, auquel il était cordialement attaché, s'efforça dès lors d'exploiter son mécontentement et le poussa de toutes ses forces vers la vie politique. Aux offres de candidatures à la députation qui lui furent faites, en fév. 1874 dans la Gironde et en janv. 1875 dans le Lot, le maréchal répondit fort sagement que, malgré son attachement à l'Empire, il ne pouvait oublier qu'il était soldat, que les enfants de Varmée ne devaient pas se mêler aux luttes dangereuses de la parole. Un peu plus tard (janv. 1876), le parti bonapartiste ayant parlé de provoquer, à l'occasion des premières élections sénatoriales, une sorte de plébiscite sur son nom en posant sa candidature dans plusieurs départements, il accepta d'abord, puis refusa, de peur, disait-il, d'avoir Pair de se prêter à une manifestation hostile au maréchal de Mac-Mahon ; finalement il fut — mais dans un seul département — le candidat officiel et chaudement recommandé du gouvernement (alors dirigé par le ministère Buffet). Elu sénateur du Lot par 212 voix sur 383 électeurs, il vota constamment avec la droite, et en 1877, s'associa sans hésitation à la politique du 16 Mai. Envoyé en Italie (janv. 1878) pour représenter la France aux funérailles de Victor-Emmanuel, il vint ensuite reprendre sa place au Sénat, où il n'a jamais joué qu'un rôle très effacé. Non réélu en janv. 1879 par son département natal, il se laissa porter, à la fin de la même année, dans la Charente qui, par 314 voix contre 166, le fit rentrer au Luxembourg (9 nov. 1879) et qui a renouvelé encore son mandat lors des élections du 25 janv. 1885. A. Debidour.
BiBL. : Bazaine, l'Armée du Rhin. — De Bazancourt, la Campagne d'Italie de 1859, —T. Delord, Histoire du second Empire. — L. Guérin, Histoire de la dernière guerre de Russie^ 1853-1856. — Moniteur universel, années 1849, 1851, 1854, 1855, 1858. — Procès du maréchal Bazaine. — C. Rousset, Histoire de la guerre de Crimée. — RuSTow, l'Art militaire au xix« siècle.
CANRON (Augustin), publiciste français, né à Avignon
CANRON - CANTACUZÈINÈ
en 1829, mort à Avignon à la fia de 1888. Il a collaboré à divers journaux de province entre autres à la Gazette du Midi de Marseille et à \ Opinion du Midi de Nîmes. Parmi ses nombreux ouvrages nous citerons : . Relation du concile provincial tenu à Avignon en déc. i849 (Avignon, 1850, in-lS) ; Vie de saint Agricol (1861, in-18); Vie de saint Didier (1862, in-18); Guide de Vétranger dans la ville d'Avignon et ses environs (1858, in-12) ; la Cour de Rome pour 1869 (1869, in-16) ; les Jésuites à Avignon, esquisse historique i555-i875 (1875, in-12) ; la Confrérie des pénitents gris de la ville d'Avignon (1877, in-12) ; les Jésuites, leur histoire, leurs doctrines, leur morale , leurs œuvres (1880, in-i2), etc.
GANSE ou GANGE (La). Rivière de France, affluent de (^roite de la Sehme (Manche). Elle naît dans des collines granitiques auprès de Fancienne abbaye de Moutons, et traVerse Saint-Clément, le Neuf bourg, Mortain et Roniagny. A Mortain, grossie du Canson, elle forme les cascadres du Saut-du- Diable et du Saut-du-Puis.
CANSO (Cap). Cap de PAmérique du Nord, au N.-O. de la Nouvelle-Ecosse.
CANSO (Détroit de). Détroit qui sépare la Nouvelle- Ecosse de Plie du Cap-Breton.
CANSTATT (Cari-Friedrich), médecin allemand, né à Ratisbonnele 11 juil. 1807, mort à Erlangen le 10 mars 1850. Il exerça quelque temps à Bruxelles, à partir de 1832, puis revint en Allemagne, résida à Wurtzbourg, enfin remplaça Henke à la chaire de clinique de l'hôpital d'Erlangen. Son plus grand mérite, c'est la fondation de PAnnuaire qui porte son nom : Canstatt's Jahresbericht liber die Fortschritte der gesammten Medicin in allen tandem, paraissant depuis 1841, et rédigé aujourd'hui par Virchow et Hirsch. Il a encore publié des ouvrages sur le choléra, puis : Die Krankheiten deshôhern Aller s undihre Heilung (Erlangen, 1839, 2 vol. in-8); Spe%. PathoL u. Thérapie^ etc. (Erlangen, 1841-1842, 4 vol.; 2« édit., 1843-48), etc. D^ L. Hn.
CANSTEIN (Carl-Hîldebrand, baron de), philanthrope allemand , né le 4 août 1667 à Lindenberg (Marche de Brandebourg), mort à Berlin le 19 août 1719. Il consacra la meilleure partie de sa vie à la propagation de la Bible, et fonda à cet effet, à Halle, V Etablissement biblique qui porte encore son nom et qui a été réuni aux fondations bien connues de Franche (V. ce nom). En 1712, il put, grâce à Pemploi de caractères stéréotypes, vendre le Nouveau Testament, version de Luther, à deux groschen (0,25 cent.), et Pannée suivante la Bible entière à neuf groschen. Aujourd'hui, les presses de cet établissement produisent annuellement 50,000 exemplaires des livres saints. Il nous reste de Canstein une Harmonie des quatre évangiles et une Vie de Spener,
BiBL. : Franche, Memoria Cansteiniana ; Halle, 1722. — Plath, C.'H. Freiherr von Canstein ; Halle, 1861. — Bertram , Geschichte der cansteinischen Bibelanstalt ; Halle, 1863.
GANTA (Ion), chroniqueur roumain du xviii^ siècle ; il fut spatar en 1774. Il nous a laissé une petite chronique sur les faits qui se sont passés de 1741 à 1769, sous le litre de Petite Chronique du pays de Moldavie, depuis la deuxième jusqu'à la quatrième souveraineté de Constantin Mavrocordat Voïévode, iJÀi-ilôQ. Quoiqu'il soit très concis, il comble cependant certaines lacunes laissées dans sa chronique par lenache Cogalniceano.
BiBL. : Aron Densusianu, Istoria limbei si literaturei "omâne; lassi, 1875, p. 185, in-8.
GANTA -Gallina (Remigio), dessinateur et graveur Italien à Peau-forte, né à Florence vers 1582, mort après 1635. Elève des Carrache et de Giulio Parigi. Ce dernier lui confia la gravure de la presque totalité des planches de son invention, consacrées à la représentation des fêtes qui ont eu lieu à l'occasion du mariage de Cosme II de Médicis (1608) : une comédie, le Jugement de Paris (5 pL), et une fête nautique sur PArno :
l'Expédition des Argonautes pour la conquête de la Toison d'or (19 pi.). On lui doit encore une série de paysages, dont un est daté de 1635. Son titre le plus réel au souvenir de la postérité est d'avoir été le premier maître de Callot, chez lequel on retrouve au déb^it le maniérisme du dessin, les figures allongées et aussi la légèreté de la pointe du graveur florentin. "^ G. P-i.
GANTA-Gallina (Antonio et Giovanni -Francesco), frères de Remigio, ingénieurs et graveurs à Peau-forte, morts à Florence, Antonio en 1640, Giovanni-Francesco en 1656. Ces deux artistes avaient étudié la gravure, en même temps que leur frère, dans l'atelier de Giulio Parigi, mais ils n'ont laissé que des œuvres sans importance, à peu près inconnues aujourd'hui.
CkHJkBïiES (Cantabri), Peuple de l'Espagne ancienne, qui habitait la région montagneuse s'étendant entre POcéan et le cours supérieur de PEbre, et à laquelle les géographes modernes ont conservé le nom de Monts Cantabres. Ils avaient pour voisins à PE. les Vascones et les Tutrigoris (sur les deux rives du Nervion); à PO. les Astures et les Pesici (sur les deux rives duNalon). Pline leur attribue neuf villes. Ptolémée en mentionne huit leur appartenant dans l'intérieur des terres : Concana (Infesto?), Octavioka (Ogarrio?), Argenomescum (Obregon?), Vadinia (Valdeguna?), Vellica (Vellegia?), Camarica (Guarda?), Juliobriga (Fontedre ou environs), Moreca (?) et une sur le bord de la mer ; celle-ci porte dans les manuscrits le nom invraisemblable de Noegaucesia, dans lequel sont peut-être mêlés deux noms de villes. Les Cantabres passaient pour les plus braves des Espagnols, et Strabon et Pline nous font connaître maint trait curieux de leurs moeurs. A Pépoque d'Auguste, ils étaient loin d'être soumis et, non contents d'exercer le brigandage dans la vallée supérieure de PEbre et sur le littoral océanique, ils cherchaient à entraîner dans une révolte ouverte les tribus voisines. Ils furent soumis après une • lutte de plusieurs années (î25-19 av. J.-C.) que l'empereur dirigea d'abord en personne. Les Basques d'aujourd'hui se vantent, avec raison, à ce qu'il semble, d'être les descendants des Cantabres. On trouvera dans le t. XXI! l de VEspafia sagrada un bon travail du P. Fierez, intitulé Disertacion sobre el sitiô y extension que tuvo en tiempo de los Romanos la région de Los Cantabros. E. Cat,
GANTABRES (Monts) (V. Pyrénées [espagnoles]).
GANTAGUZÈNE (Famille des). Famille célèbre qui a joué un grand rôle dans les derniers siôdcs du moyen âge byzantin. Il en est question pour la première fois sous le règne d'Alexis Comnène, à la fin du xi^ siècle et au commencement du xii« ; un Cantacuzène se distingua dans des guerres contre le Normand Bohémond en Asie et en Dalmatie. Au xu® siècle, Jean Cantacuzène épouse Marie Comnène, de la famille impériale. Dès lors, sous les règnes suivants, on trouve des Cantacuzène parmi les généraux et les grands personnages. Enfin, au xiv® siècle, un d'eux, Jean Cantacuzène (V. ci-après), arriva à l'empire ; lorsqu'il tomba, la famille ne disparut pas avec lui. On trouve encore des Cantacuzène à Constantinople au xv® siècle, Pun d'eux meurt lors du siège de la ville par Mahomet II. Plus tard un Demetrius Cantacuzène est au nombre des capitaines au service de Florence et, à sa mort (1536), est enterré à Pise. La famille s'est continuée dans les temps modernes. C. B.
BiBL. : DucANGE, Familiœ byzafitinœ, pp. 258-264.
GANTAGUZÈNE (Jean Vï), empereur byzantin, né vers 1292, mort "vers 1380. Sa naissance le désignait pour remplir les plus hautes dignités. Il était paracœmumène (grand-chambellan) au moment de la lutte d'Andronic 11 Paléologue contre son petit-fils. Il se déclara pour Andronic le Jeune, (|ui Péleva aux fonctions de grand-domestl~ que. Sa politique prudente, plus encore que ses talents de général, assura, après deux prises d'armes, le triomphe définitif du jeune prince, en 1328. Sous Andronic lïl (1328-41), Cantacuzène eut toute l'autorité d'un premier