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Coupe de la^Bcdoulê à Ceyreste

d'après M. Hébert.

placer sur des couches à fossiles de Rouen et du Havre, en se montrant ensuite recouverts par des ^rès lignitifères (lignites de Mondragon à Gervilia Renaiixtana) avec grès terts à Ostrea columba associés, qui tiennent la place des calcaires à Ichthyosarcolithesde l'Aquitaine. En d'autres points, un faciès plus littoral est offert par des assises, d'abord calcaires où VOrbitolina concava, très abondante, se montre accompagnée de quelques espèces rotomagiennes, puis gréseuses, où deviennent très abondantes les grandes Ostrea columba {var. major) du Maine, mais sans présenter de rudistes. Beynes, Escragnolles, dans le sud des Basses-Alpes, le Gard, Vaucluse, dans la région rhodanienne, sont les points où ces dépôts toujours fort épais (200 à 250 m.), mais peu fossilifères. Sont le mieux représentés. En dernier lieu pour rencontrer cette fois des points, dans ce bassin du Rhône où les bancs lenticulaires à rudistes reparaissent en prenant toute l'importance qu'ils avaient atteinte au voisinage de la grande chaîne des Pyrénées, il faut se rapprocher, dans la direction de la Méditerranée, d'une seconde zone littorale qui s'étendait en basse Provence, le long d'une terre émergée en forme d'isthme, dont le massif des Maures et de l'Esterel faisait partie. La première apparition bien caractérisée de ces bancs à Ichthyosarcolithes, se fait à la Bedoule où M. Hébert (fig. 8), a depuis longtemps signalé {BîilL soc, géol de France, 1872, t. XXIX, 2« sér.) l'importance prise dans cette région par des calcaires construits identiques à ceux des Charentes, où dominent toujours les mêmes espèces {Caprina adversa, Ichthyosarcolithes triangulariSy Caprokna qiiadripartita. Radiolites foliacea,*.) et qui présentent à leur base un niveau, très riche en oursins, renfermant AnorthopyguS orbicularis, Çodiopsis doma, Goniopygus major du Maine. Le cénomanien, après avoir débuté sur des marnes noires aptiennes, par des couches sableuses où les grandes orbiloitnes de Ballon (0. concava) sont associées aux céphalopodes et aux oursins de la zone à Pecten asper du Nord (im. Mantelli, Holaster carinatus..,), m termine sous les assises marneuses du turonien, par Un banc d'ostracées fourni par 0. columbo et 0. flabella. Dans la région, plus méridionale du Beausset, le cénomanien se complète par un second banc de caprines venant se placer sur ces marnes à ostracées qui, très développées, admettent à la base^ quand elles viennent directement s'appliquer sur les calcaires blancs de l'urgonien (Turben, dans le N.-E. de Beausset), des couches saumâtres, gréseuses et lignitifères, remplies de cyclades, de corbules, de potamides et de mélaniès ; en même temps elles se complètent par une zone de calcaire marneux, plus marin, où l'on rencontre, avec Ceratiles Vibrayeanus, de nombreux oursins ; parmi il en est, tels que Heterodiadema Libycum, qui se signalent par une distribution géographique très étendue ; cette espèce largement répandue dans les assises élevées du cénomanien supérieur en Algérie se poursuivant toujours au même niveau en Tunisie, dans la Tripolitaine et jusque dans les déserts lythiques, d'après Zittel.

Régioîis étrangères: Algérie. — En Algérie, le cénomanien est de beaucoup, parmi les terrains qui entrent dans la constitution géologique de notre colonie, celui qui se trouve être le plus répandu. Ses couches puissantes, surtout calcaires, épaisses par places de 500 m., fortement redressées, ont donné naissance à presque tous les massifs montagneux, en particulier à cette longue série de chaînes parallèles qui du N.-O. au S.-E., limitent au S. la région déprimée des cliotts et la sépare du Sahara. Ici encore deux faciès distincts, soit deux séries de couches, parallèles et nettement synchroniques, caractérisées chacune par une faune spéciale, sont à noter. Les unes, dans le N. de l'Atlas, très répandues dans le Tell algérien, offrent dans leur enseml}le, avec une prédominance mar(juée, des céphalopodes et des oursins rotomagiens, une affinité bien grande avec la craie glauconieuse du Nord ; les autres dans le S., limitées à la région des hauts plateaux, ne présentent plus

CÉNOMANIEN — CENS

que des espèces communes avec les grès du Maine, avec une faune spéciale d'huîtres et d'oursins, propre à la région saharienne et correspondant à un type particalier du cénomanien, qui, se poursuivant par l'Egypte jusque sur les bords de la mer Rouge, a été désigné par Zittel sous le nom d'africano-syrien. C'est dans celte direction que VHeterodiadema Libycum prend son plein développement; on le rencontre associé à un grand nombre d'Hemiasters spéciaux, tous de grande taille, H. Batnensis, H. Desvauxi, H. Merlei, H, Gabrielis, H, Loriolis, et les ostracées qui, nombreuses, donnent à ce cénomanien des hauts plateaux, un caractère s'écartant de tous les types précédemment décrits, sont principalement représentées par 0. syphaXy 0, Africana, 0. Biskraensis, 0. Mermeti, 0. Delettrei, 0. cameleo. Quant aux espèces communes avec les dépôts gréseux de la Sarthe, elles sont surtout fournies par les échinides habituels du faciès côtier, codiopsis doma, Goniopygus Menardi, Holectypus Cenomanensis^ etc., et des ostracées, Ostrea colmnba^ 0. fiabellata qui remplissent, comme dans le Maine, des couches entières.

Après avoir constaté la rareté des rudistes dans les puissantes assises du cénomanien algérien, on peut noter ensuite comme trait saillant de la faune le développement exceptionnel pris par les oursins, notamment l'infinie variété de ses grands Hémiasters et la rareté des espèces pélagiques de la craie cénomanienne du Nord.

Ch. Vélain.

BiBL. : Hébert, Documents relatifs au terrain crétacé du, midi de la France et du bassin de Paris^ dans les Bull, de la Soc. géolog. de France depuis 1864. — Toucas, Sur les terrains crétacés du Beausset {Mém. de la Soc. géol. de France^ 1876, t. IX. 2« série). — Ch. Barrois, Terrain crétacé du nord de la France., dans les Ann. de la Soc. géol. du Nord^ t. I, II et V. — Rech. sur le terrain crétacé supérieur de V Angleterre et de l'Irlande., thèse pour le doctorat, 1876. — Fallot, Sur les étages moyens et supérieurs du terrain crétacé supérieur., thèse pour le doctorat, 1885. — Péron, Essai d'une description géologique de l'Algéî^ie ; Paris, 1883. in-8. — Cotteau, Péron et Gauthier, Echinides de l'Algérie 4« fascicule; Cénomanien ; Paris, 1878. — Péron et Gauthier, Notes pour servir à l'histoire du terrain de craie dans le S.-E. du bassin anglo-parisien {Bull, de la Soc. des sciences nat. de l'Yonne^ 1887, t. XLl). — Réunion ext. de la société géolog. dans les Charentes^ 1887. — De Lapparent, Traité de géologie., 1888, 2« édit. — Woodwards, Géologie de l'Angleterre; Londres, 1887.

CENON. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. de Carbon-Blanc; 4767 hab.

CENON. Com. du dép. de la Vienne, arr. de Châtellerault, cant. de Vouneuil-sur-Vienne, au confluent de la Vienne et du Clain ; 612 hab. Importantes fabriques de coutellerie; mouhns. — Cette localité est fort ancienne ; elle est mentionnée dès le vii^ siècle dans la vie de saint Léger et on lui attribue un triens mérovingien sur lequel on lit Sannonno. Sur le territoire de cette commune, sur la rive gauche du Clain, sont les vestiges très intéressants du Vieux Poitiers^ ancienne station romaine. Un menhir haut de ^^66 porte l'inscription suivante en langue gauloise : RATN BRIVATIOM FRONTV TARBEILNIOS lEVRV, ce qu'on traduit par : Tarbellinus a élevé près du pont ce monument à Frontus ; mais cette interprétation n'est pas certaine. Pan de mur romain avec arcade, ruine d'un temple antique ; nombreux débris de constructions et de substru étions. Les principales antiquités exhumées sur ce terrain ont été recueillies par le musée de Poitiers. Eghse romane et vestiges d'une église antérieure. Ce fut au Vieux-Poitiers (in loco qui dicitur Vêtus Pictavis) que Carloman et Pépin, fils de Charles-Martel, se partagèrent le royaume en 742.

CENOSPHy€RA(Zool.). C'est un genre étabh par Ehronberg qui, d'après Haeckel {Bie Radio la rien., 4862), renferme diverses espèces appartenant au geni^e Collosphœra. Ces espèces sont les G, plutonis^ de Ja zone abyssale dans Focéan Pacifique et la G, porophœna, de la Méditerranée. On sait que le genre Gollosphœra Millier appartient à la

division des Radiolaria polywa d'après la classification d'Haeckel. R. Moniez.

CÉNOTAPHE. Mot qui signifie : tombeau vide. Il désigne toute espèce de monument funéraire dans lequel ne reposent pas les cendres ou le corps de celui à qui il est élevé. L'usage parait en avoir été commun à tous les peuples de race indo-germanique. Il repose sur cette idée que le mort, dans l'autre monde, doit retrouver une demeure pour y jouir du repos. Lorsqu'un accident quelconque, naufrage ou décès dans un pays éloigné, rendait impossible l'ensevehssement effectif, on n'en élevait pas moins une tombe au mort, comme les Troyens font à Misène,dans VEnéide (III, 303 et suiv.); puis on invitait à haute voix les mânes à y venir habiter. Le Cénotaphe peut n'être qu'un tombeau honoraire (honorarius tumulus) élevé à un personnage célèbre, ailleurs que dans le pays où il était réellement enseveli. Enfin, il était d'usage de s'élever à soi-même des monuments funèbres, de son vivant ; l'empereur Auguste fit ainsi construire son mausolée au N. du Champ de Mars. Ces sortes de monuments s'appelaient cénotaphes, jusqu'au jour où ils recevaient les cendres de celui qui les avait fait construire. J.-A. H.

De nos jours, on élève aussi des cénotaphes comme monuments commémoratifs sur des champs de bataille ; tels sont le cénotaphe de Gustave Adolphe à Lùtzen et celui de Moreau à Dresde. Ch. Diehl.

CÉNOTÉ (Géogr. phys.). Dans le Yucatan, au Mexique, on appelle cénotés des espèces de puits naturels pratiqués au-dessus des nappes d'eau souterraines par l'effondrement partiel de la voûte calcaire qui recouvre ces nappes. C'est un phénomène analogue à celui des katavothres de Grèce, des foibe du Karst, des avens des Causses et autres fissures qui absorbent les pluies dans les terrains de chaux.

CENS. I. Droit romain. — On entendait par là le recensement quiquennal des personnes et des biens des citoyens romains, et son objet était de servir de base au recrutement de l'armée, à l'exercice des droits politiques et au recouvrement de l'impôt. Le cens fut établi par Servius Tullius qui divisa la population en cinq classes suivant la fortune de chacun, et souvent le mot cens est employé pour désigner cette fortune (census equester, census senatorius) jy . Classes). Son institution fut confirmée par les comices, mais elle fut supprimée, c'est là du moins une opinion assez répandue, par Tarquin le Superbe, puis rétablie par le consul Valerius Publicola. Le cens, ou plus exactement le droit de figurer sur les registres du cens, était une prérogative du citoyen romain. C'est par leur inscription sur ces registres que les habitants de l'Italie réalisèrent l'acquisition du droit de cité qui leur avait été conféré après la guerre sociale (V. Cité [droit de]), et on peut rattacher à la même idée la manumissio censu (V. Affranch[ssement).

Du CENS jusqu'à l'Empire. — Lors des opérations du cens, chaque citoyen devait déclarer au magistrat qui y présidait, les curatores tribuum dans le principe, puis les consuls, enfin les censeurs, ses noms et prénoms, son âge, sa famille, le nombre de ses esclaves, et ses biens de toute nature, sans distinction entre les Res mancipi et les Res nec mancipi, d'après l'opinion généralement admise. S'il s'agissait d immeubles, la déclaration devait mentionner leur situation et leur contenance. Cette déclaration était désignée sous le nom de Professio censualis et devait être d'une exactitude rigoureuse, à peine de confiscation des objets omis. Elle se renouvelait chaque fois qu'avaient Heu les opérations du cens, c.-à-d. tous les cinq ans. Avant le recensement, les censeurs publiaient un édit, Lex censu i ccnscndo ou formula ce nsendi., indiquant de quelle fai^on ils entendaient estimer et taxer la propriété, etc. Ils étaient assistés d'ailleurs pour cette estimation, d'experts assermentés que l'on appelait juratores. C'était au Champ de Mars que se tenait l'Assemblée des citoyens, concio. La nuit précédente, les censeurs consultaient les auspices, puis un héraut invitait le peuple

CENS

à se réunir. Après les invocations aux dieux, on tirait au sort le nom du censeur chargé de présider l'assemblée, et l'on procédait au recensement, censere^ censum accipere. On verra au mot Censeur que c'était à l'occasion du cens que les censeurs exerçaient leur pouvoir disciplinaire. Les renseignements recueillis servaient à la rédaction des registres du cens, tabulœ censoriœ, déposés aux archives des censeurs et, à l'expiration du lustre, à Yœrarium,

Les citoyens étaient, selon leur fortune respective, placés dans l'une des cinq classes instituées par le roi Servius Tullius, et appelés à contribuer à l'impôt dans une proportion qui variait suivant les classes. Dans la première classe se trouvaient les chevaUers, équités, qui étaient pris parmi les plus riches, d'où l'on tira plus tard l'idée d'un censtis equester. Tous ces citoyens étaient désignés sous le nom à'assidni (Assem duere ou dare)^ et on les opposait aux proletarii qui, à raison de la modicité de leur avoir, étaient placés en dehors des classes. Certains textes les désignent aussi sous le nom de capite CBnsi^ car ils n'étaient inscrits sur les registres du cens que pour la mention de leurs personnes, et ne payaient aucun impôt. Ils ne faisaient pas de service militaire, en règle générale, et n'étaient appelés que si une levée en masse s'imposait. Ils étaient alors armés et équipés aux frais de l'Etat.

Du CENS HORS DE RoME. — Daus le principe, les opérations du cens n'avaient lieu qu'à Rome. Plus tard, les censeurs locaux, Censores municipales furent autorisés à y procéder sauf à envoyer leurs registres à Rome. La Lex Julia municipalis généralisa ce système. Suivant ses dispositions, le cens devait, dans chaque ville, être terminé dans les soixante jours à compter du moment où les magistrats locaux apprenaient que le cens avait eu lieu dans la capitale ; les registres étaient transmis aux censeurs de Rome. Le cens n'était pas inconnu dans les provinces, il existait en Sicile avant la conquête, et les vainqueurs l'introduisirent fort probablement partout.

Du CENS sous L'EMPraE. — Sous le régime impérial les censeurs disparurent, mais les empereurs qui héritèrent de leurs fonctions firent souvent procéder aux opérations du cens. On a vu au mot Cadastre qu'Auguste ordonna la délimitation et la description géographique de l'Empire ; il prescrivit, en outre, un recensement général de la personne et des biens de tous ses sujets (an de R., 735). C'est pendant ce recensement attesté par l'Evangile (Saint Luc, II, v. i) que naquit Jésus-Christ. On voit donc qu'il était pratiqué dans les provinces, et il y était procédé dans chaque cité par des délégués du rang de chevaliers, magistri ad census accipiendos. Les recensements de toute la province étaient centralisés par les legati a censibus, censitores, et envoyés à Rome où ils étaient déposés à Yœrarium. Etait-il procédé aux opérations du cens en même temps dans toutes les provinces? C'est là l'objet d'une discussion dans le détail de laquelle nous n'avons pas à entrer. C'est sous l'Empire qu'on voit apparaître le census senatorius exigé de ceux qui aspiraient à la dignité de sénateur et qui était d'un milUon de sesterces.

A partir de Dioclétien, le recensement forme la base, l'assiette de la capitatio humana et de la capitatio terrena, et la haute direction des opérations appartenait au préfet du prétoire. On était d'une rigueur extrême en ce qui concerne la sincérité de la déclaration ; la moindre inexactitude était punie de mort (Const., I, C. th., 43, M), et la torture était employée contre ceux dont les affirmations étaient jugées suspectes. Les fonctionnaires négligents ou coupables étaient frappés avec la dernière sévérité. Cela suffit pour montrer combien, dans la pratique, le cens offrait de vices et d'inexactitudes.

Paul Nachbaur.

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