CENTAURE — CENTAUREA
Dans les bas-reliefs funéraires des Romains, le Centaure est souvent un simple motif de décoration. Par exemple, le portrait du défunt apparaît dans un médaillon soutenu par deux Centaures. Enfin, les décorateurs pompéiens, sans plus de souci de la tradition mythologique, plient le per-
Le Centaure et l'Amour (Musée du Louvre).
sonnage des Centaures aux mille caprices de leur fantaisie. Le type ne disparaît pas avec l'avènement du christianisme et la décadence des arts. Nous le retrouvons avec un symbolisme nouveau. Dans une curieuse fresque du xii^ siècle de l'église du Saint-Sépulcre à Barletta (Salazzo,
Métope du Parthénon (British Muséum
Monumenti deW Italia méridionale, part. Il, pi. Il), le diable vient, sous la forme d'un Centaure, tenter saint Antoine. L'art moderne s'est inspiré rarement d'une conception qui avait tant séduit l'antiquité. Signalons seulement VHercule terrassant le Centaure Nessus, par Jean de Bologne, à Florence, Loggia dei Lanzi ; V Enlèvement de Déjanire par le Centaure Nessiis, l'une des bonnes
œuvres du Guide ; et V Education d'Achille par le Centaiire Chiron, œuvre de Regnault, au musée de Lyon.
André Baudrillart.
IIL Art héraldique. — Animal chimérique représenté, la partie supérieure sous la figure d'un homme et à partir des reins sous celle d'un cheval. Si la partie inférieure est celle d'un taureau, il est appelé Minotaure, alors il est armé d'une massue ; Centaure tirant de l'arc, il est désigné sous le nom de Sagittaire, Il est toujours représenté passant. Peu usité en armoiries. H. Gourdon de Genouillac.
IV. Astronomie. — Belle constellation australe située au-dessous de la Vierge, et presque entièrement invisible à Paris. Le catalogue britannique donnait les coordonnées de cinq de ses étoiles ; La Caille en a fourni 48, et l'on trouve dans la Connaissance des Temps de 1890, les positions des cinq principales. Les deux étoiles les plus brillantes, a et p, sont d'un éclat supérieur à celui de la moyenne des étoiles de première grandeur ; a est double et formée des deux composants a*, de deuxième grandeur, et a^, de grandeur supérieure à la première, séparées par une distance angulaire de 15''''5. L'étoile a^, qui aura pour coordonnées moyennes en 1890 : M = i4^32"^947 et D = — 60*^2i2'57''^4, est la plus rapprochée de nous : sa parai-laxe annuelle, c.-à-d. l'angle sous lequel un observateur placé sur cet astre verrait le rayon de l'orbite décrite par la terre autour du soleil (soit une longueur supérieure à 150,000,000 kil.), est inférieure à i^^ \ cette parallaxe est 0''^913, d'après les mesures de Henderson et Maclear (1832 et 4839; l'astronome Mœsta a trouvé 0^'88 en 4867). C'est dire que la distance de cette étoile à la terre est égale à 226,000 fois le rayon de l'orbite terrestre ou bien à 33,400 milliards de kilomètres. Cette distance colossale ne dit rien à notre esprit : voici son expression en temps de propagation de la lumière. Les ondes lumineuses se propagent avec une vitesse d'environ 300,000 kil. par seconde; un rayon lumineux parti de l'étoile a du Centaure nous arrive sur la terre après trois ans et demi! Cette étoile pourrait donc s'éteindre, et pendant trois ans et demi, nous continuerions à voir sa lumière! — Les coordonnées de la position moyenne de (3 Centaure pour 4890 sont:iR=:43i^56«^3^64; D=: — 59o50'29^''9. Si notre soleil était reculé à une distance égale à celle qui nous sépare d'à du Centaure, nous ne le verrions que comme une étoile de sixième grandeur, tout juste visible à l'œil nu. L. Barré.
BiBL. : Mythologie. — V. une description du combat des Centaures et des Lapithes, dans Ovide, Métamorphoses, Xlï, 210 et suiv. — Preller, Griechische Mxjlhologie, II, pp. 14 et suiv. — A. Kuhn, Zeitschrift fur vergleichende Sprachfovschimg, I, 513 et suiv. — Du même, Die Herabkunft des Feners, pp. 152 et suiv., 2a édit. — W. RoscHER, Jahrbûcher /. klass. PhiloL, 1872, pp. 421 et suiv. — Même recueil, 1873, pp. 193 et suiv., art. par E. Plew. — W. Munnhardt, Antike Feld and Waldkulte, pp. 40 et suiv.
Iconographie. —0. Muller, Handbuch der Archœologie des Kunst, 3, 118, 119. — Michaelis, Der Parthénon, Atlas, t. III, avec le texte correspondant. — Collignon, Mythologie %urée, 1883, pp. 272-278. — Perrot et Chipiez, Hïst. de l'art dans l'antiquité, t. III, pp. 600 et suiv. — Sydney Colvin, Représentation des Centaures dans les peintures des vases grecs {Journal of Hellenic Studies, t. I, pp. 107-167). — Braun, Die Ruinen und Museen Ro7ns, pp. 181 et suiv. — Bulletino delV Inst. Arch. di Roniay 1876, p. 140. Sulla Maniera di rappresentare i Centauri.
CENTAUREA. Genre de plantes de la famille des Composées, établi par Linné {Gen, n** 984) et appartenant au groupe des Carduacées. Ce sont des herbes vivaces, plus rarement annuelles, à tiges ramifiées, à feuilles alternes, entières ou diversement découpées, non épineuses. Les capitules, de grosseur variable, mais souvent très développés, sont solitaires au sommet de la tige et des rameaux, ou bien disposés en cymes corymbif ormes. Leur involucre, ovoïde ou globuleux, est formé de bractées imbriquées, entourées d'une bordure denticulée-ciliée ou terminées tantôt par un appendice scarieux lacinié, tantôt par une épine plus ou moins développée. Le réceptacle est plan et