CANTAL — CANTATE
talent remarquable Cantala a fait preuve dans cette superbe décoration. P. L.
BiBL. : Cean Bermudez, Diccionàrio de los mas ilus~ ires pro/esores; Madrid, 1800.
CANTALOUP (Bot.). Nom vulgaire d'une variété de Cucumis melo L, (V. Melon).
GANTA NI (Arnaldo), médecin tchèque contemporain, né à Hainsbach (Bohême) le 45 févr. 1837. 11 étudia à Prague où il fut reçu docteur en 4860. Il passa en 4864 à Pavie comme professeur extraordinaire de pharmacologie et de toxicologie, puis en 4867 alla prendre à Milan la direction de la clinique médicale de VOspedale mnggiore, enfin en 4868 fut nommé à Naples professeur ordinaire et directeur de la clinique médicale. Il a publié, outre des ouvrages de botanique (4858-4864), une traduction ital. du traité de pathol. de Niemeyer (Milan, 4862-63^ 1864-66, etc.), puis en 4866, le premier cas de foie mobile, en 4865-77 un traité de pharmacologie, en 4873-4883 deux volumes remarquables sur les maladies par trouble des échanges organiques, divers ouvrages sur les maladies infectieuses (4874, 1880, etc). D''L.Hn.
CANTANTOSTOMA (Pab^ont.) (V. Pleorotomaria).
CANTARA. Mesure de capacité, qui vaut à Alicante 14 1. 554, à Oviedo 19 1. 286, au Pérou 16 1. 47, — dans quelques parties de TEspagne 46 l. 443.
CANTAREIRA (Serra da). Chaîne de montagnes au Brésil, prov. de Sam Paulo, ramification de celle de Mantiqueira, entre la rive gauche du Juquiry et la rive droite du Tieté, dans la direction N.-E.-O. Dans sa partie centrale elle passe à peu de distance au nord de Sarn Paulo.
CANTARINl (Simone), peintie italien, né à Oropezza, près de Pesaro, en 1612, mort à Vérone en 1648, surnommé Simon de Pesaro, Comme son père ne voulait point qu'il fût peintre, Simone s'enfuit à Venise, où, aidé par Giovanni Giacomo Pandolfo, il apprit les premières notions de la peinture. Il continua ses études, sMnspirant de Clodio Ridolfi, Barocci, d'Augustin Carrache. Bientôt cependant le Guido devint son modèle préféré. Il séjourna un instant à la cour de Mantoue, qu'il quitta pour se fixer à Vérone, où il mourut à l'âge de trente-six ans. Ses œuvres principales sont : Saint Antoine dans l'église des Franciscains, à Cagli ; Saint Jacques dans l'église dédiée à ce saint, à Rimini ; Sainte Madeleine, à Pesaro ; la Transfiguration, à la Pinacothèque de Milan, et quelques Saintes t'amilles dispersées dans les collections privées, à Home, à Pesaro, à Bologne. Il a en outre gravé à l'eauforte un grand nombre de pièces. Citons deux Fuites en Egypte, Saint Jean dans le Désert, Vénus, Adonis et Cuiddon, la Fortune, etc.
CANTARO (Mélrol.). Mesure de poids qui vaut à Constantinople 561 kilogr. 111, à Rome 33 kilogr. 90.
CANTATE. On donne ce nom à une composition musicale composée de plusieurs airs, généralement à plusieurs mouvements, reliés entre eux par des récitatifs et accompagnés soit par un clavecin, soit par un orgue, soit même quelquefois par plusieurs instruments, sans cependant que Torchestre accompagnateur soit jamais complet. La cantate eut une grande vogue en Italie et en France aux xvii« et xviii** siècles. On distingue les cantates d'église, cantates sacrées ou cantate di chiesa^ et la cantate de chambre (di caméra) ou de concert. Après que Péri, Caccini, et surtout Monteverde eurent créé définitivement l'opéra, le genre dit récitatif eut une très grande vogue; d'un autre côté, Philippe de Néri avait dès le xvi^ siècle créé dans l'église de l'Oratoire à Rome, une sorte de mystère musical, moitié mondain, moitié religieux, qui avait eu un très grand succès (V. Oratorio). En 1600, Emilie del Cavalière, mettant la musique religieuse au goût du jour, avait écrit lui aussi des oratorios où était employé le style récitatif. Ces grandes compositions nouvelles n'étaient guère accessibles à tous à cause de leurs développements. On eut donc l'idée d'écrire des scènes à un personnage, racontant une anecdote mythologique, ou interpré-
CANTATE — CANTELLOPS
tant un texte saint ou un récit de Tun des deux Testaments. C'était Topera et l'oratorio d'autant mieux mis à la portée de tout le monde que les premières cantates étaient accompagnées par un seul instrument, luth, théorbe ou clavecin. Ce fut vers 1620 que commença ce genre, qui devait jouir d'une grande vogue jusqu'au milieu du xviu^ siècle, la cantate d'église répondant à l'oratorio, la cantate de chambre à l'opéra. Les premiers compositeurs de cantates furent Poliaschi, Lauretti, Vittorio Ferrari, puis Merula, Bassani, et surtout Carissimi qui fixa le genre et y obtint une immense célébrité. Vers la fin du xyii® siècle, la cantate devint un véritable acte d'opéra; c'était une sorte de concerto à une ou deux voix, dans lequel le compositeur se faisait une sorte de point d'honneur de réunir toutes les difficultés de l'art du chant. Les plus illustres auteurs de cantates furent aux dernières années de ce siècle et aux premiers du xviii® : Cesti Rossi, Legrenzi, Scarlatti. Gasparini, Bononcini Stradella, Marcello, Pergolèse, Vivaldi, Porpora. Quelques-unes, comme celles de Stradella, Scarlatti, Porpora, ou ÏOrgoeo de Pergolèse présentent de réelles beautés musicales. Quelquefois un instrument solo, violon ou violoncelle (à partir du xviii® siècle), était joint à la basse de clavecin et alors se livrait à raille fantaisies et fioritures qui ne le cédaient en rien aux ornements exécutés par le chanteur. Avec son récitatif, ses deux airs, l'un adagio, l'autre allegro, presque toujours surchargé de broderies, la cantate italienne convenait surtout aux concerts spirituels ou profanes. La collection musicale du British Muséum contient un grand nombre de cantates de Carissimi, et on trouve d'excellents recueils à la bibliothèque du Conservatoire ; mais que l'on nous permette de prendre nos citations dans la magnifique collection de la Bibliothèque nationale, qui possède un grand nombre de volumes de cantates italiennes ; on y trouve les noms de Scarlatti, de Stradella, de l'abbé Stefani, de Bononcini, de Legrenzi, de Pasquini, de Pistocchi, d'Aldovrandini, de Ziani. Nous citerons particulièrement celles de Scarlatti (p. 38 du Hec. Vm 1175), d'un beau caractère mélodique; trois cantates de Stradella (Vm 1178). Celles de Ziani méritent une mention spéciale, sinon à cause de leur mérite, mais parce que fusées, traits, roulades, trilles, volate^ y sont accumulées avec une prodigalité qui fait sourire aujourd'hui. Les cantates italiennes avec accompagnement, véritables concerts de voix et d'instruments, n'ont pas la valeur des cantates françaises du même genre. Cependant nous devons citer (Rec. Vm.,1178) quelques bons morceaux de Legnani, de Bononcini et surtout de Scarlatti.
Les cantates françaises furent en vogue plus tard que les cantates italiennes, vers 1680, et durèrent à peu près jusqu'en 1730. Plusieurs de ces compositions peu connues sont du plus haut intérêt. Leur nombre est immense et on sent peu à peu une réelle tendance de la cantate à se développer pour devenir opéra ; non content de rendre la grande expression dramatique, les compositeurs introduisirent dans ces compositions la mélodie expressive des violons, des violoncelles, des flûtes, des bassons et jusqu'à des trompettes ; c'est alors que la cantate disparut, confondue qu'elle était avec le drame lyrique, et que l'on prit l'habitude de chanter dans les concerts de véritables airs d'opéra. Lulli avait absolument accaparé la scène, et un grand nombre de musiciens ne pouvant se faire connaître s'étaient rejetés sur la cantate pour laquelle ils trouvaient plus facilement des auditeurs et des exécutants. Les premiers furent Du Bousset, Morin. Les trois grands maîtres de la période des cantates furent Campra, Clerambault et Battistin. Campra chercha, dit-il, à « mêler la délicatesse de la musique française à la vivacité de la musique italienne ». Ses cantates sont, en effet, fortement empreintes d'italianisme, mais on sent que le compositeur avait l'habitude d'écrire pour le théâtre. Le style a de l'expression et du mouvement. Celles de Clerarabault, et surtout ses cantates sacrées, sont plus ornées que
celles de Campra et, chose curieuse, rappellent quelquefois de loin le style et la manière d'Haendel. Battistin (J.-B. Stûck) donnait davantage dans le genre italien, il avait moins de régularité que Clerambault, mais plus de verve et defeu. Après ces trois maîtres, nous pouvons citer Bernier, et son gracieux Ravissement de Proserpine, Gervais, Monteclair, dont les cantates font pressentir Rameau. Citons de Gervais V Hiver et la cantate comique de Ragotin. A partir de 1730, à peu près, la cantate, comme nous l'avons dit, se confondit avec l'opéra; il en resta cependant quelque chose dans la cantatille que Bousseau a définie avec tant d'esprit dans son Dictionnaire de musique. La Bibliothèque nationale possède une belle collection de cantates françaises.
On donne aujourd'hui le nom de cantate au morceau que les concurrents pour le prix de Rome doivent composer en loge. Au début, la cantate était simplement un air à double mouvement avec récitatifs et orchestre. Aujourd'hui, elle est devenue une véritable scène d'opéra ou d'oratorio développée pour soprano, ténor et basse ou baryton avec introduction instrumentale. La première cantate de concours pour le grand prix de composition fut Ahiwne, paroles d'ArnauIt, musique d'Andro, an XII (1803). De nos jours, certaines grandes compositions instrumentales et vocales sans chœurs, et aussi les morceaux, comme par exemple les charmants Poèmes d'Avril et de Printemps de M. Massenet, répondent assez bien à ce que l'on appelait au xvme siècle cantate.
En Allemagne, la cantate eut moins de vo^ue qu'en France et en Italie, et les cantates de chambre de Haendel, qui sont les plus célèbres, ne présentent qu'une imitation plus ou moins heureuse de la cantate italienne ; elle ne tarda pas, du reste, à prendre la forme de l'air de concert dont Mozart, Beethoven, Mendelssohn ont donné de magnifiques exemples. Mozart a donné encore le nom de cantate à quelques-unes de ses compositions à plusieurs voix avec chœur et orchestre. En revanche, la cantate d'église eut, surtout avec Sébastien Bach, une période du plus grand éclat; l'édition des œuvres de cet admirable maître en compte déjà plus de cent publiées, et un plus grand nombre est encore manuscrit, ayant généralement pour sujet le thème d'un des grands chorals populaires luthériens; elles sontécritespourvoix,orchestreetchœurs, ce sont da véritables motets. Après Séb. Bach, la cantate d'église a perdu quelque peu de sa grandeur, cependant on peut encore citer quelques belles pièces de Mendelssohn (op. 23, n« 1 et op. 39, n» 3) qui, sans en porter le titre, sont de réelles cantates. De nos jours, quelques musiciens ont essayé de ressusciter la cantate; mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, elle se confond nécessairement avec les autres genres de compositions comme la scène lyrique, la symphonie dramatique ou l'ode symphonie. H. La voix.
BiBL. : H. Lavoix, Hist. de l'Instrumentation (chap. Bach et Hœndel). — Le Maire et Lavoix, le Chant, ses principes et son histoire (2*^ partie, Hist. du Chant). — Ghove, a DicLionnary of music and musicians, t. l. — Mesdel, M usikalisches Lexikon.
CANTATILLE (V. Cantate).
CANTATRICE (V. Chanteur).
GANTÉ. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Pamiers, cant. de Saverdun ; 37^ hab.
CANTELEU.Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Rouen, cant. de Maromme; 3,714 hab. Eglise en partie du xiii^ siècle, en partie du xvi^. Beau château construit par Mansard et dont les terrasses offrent un splendide panorama sur Rouen et la vallée du Chêne à leu, arbre magnifique âgé, dit-on, de sept cents ans ; le château renferme un musée. — Fabrique d'indiennes et de cotonnades ; commerce de cidre. M. B-x.
CANTELEUX. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol-sur-Ternoise, cant. d'Auxy-le-Château : 43 h&b. ^
CANTELLOPS (Josel), peintre espagnol, originaire de Palma de May orque, mort dans cette ville en 1785.
CANTELLOPS — CANTEMIR
Quelques peintures sans grand intérêt de cet artiste, qui fut cependant académicien surnuméraire de l'Académie de San Fernando, existent dans sa ville natale.
BiBL. : Cean Bermuoez, Diccionario de los mas ilustrès profesores ; Madrid, 1800.
CANTELMO (César), diplomate du xvi® siècle au service de la France. Cantelmo était d'origine napolitaine. Chargé de plusieurs missions sans grande importance après la mort de La Forêt et la conclusion du traité de Venise avec la Porte, il fut envoyé auprès de Rincon au commencement de 4539. Le but de sa négociation était de faire admettre Tempereur par la Porte dans la trêve accordée à Venise. Soliman ne refusa pas nettement, « mais, tout en s'y prêtant, il imposa à l'admission de l'empereur des conditions telles qu'elles rendaient cette faculté à peu près nulle pour lui ». L. F.
BiBL. : E. Charrikre, Négoc, de la France dans le Levant, t. I.
CANTELOUBE, écrivain militaire du commencement de ce siècle. Son principal ouvrage, imprimé en 4818, a pour titre : Application à la guerre des derniers règlements relatifs aux campements^ et des manœuvres d'un bataillon d'après V ordonnance deil91,
CANTELOUP. Com. du dép. du Calvados, arr, de Caen, cant, de Troarn ; 405 hab.
CANTELOUP. Com. du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg, cant. de Saint-Pierre-Eglise ; 289 hab.
CANTELUPE. Grande famille de soldats, d'hommes d'Etat et de prélats du xiii® siècle. Le premier est Foulques de Cantelupe (appelé aussi dans les documents conteoiporains Cantelupo, Kantiloup, etc.). C'était un homme de guerre d'une grande activité. 11 commandait des Brabançons au service du roi Jean. Il expulsa les moines de Cantorbery de leur église, lors de la lutte entre Jean et Innocent lll. Il resta jusqu'au bout fidèle au roi. De même, William ou Guillaume, mort en 4239, qui fut sénéchal du royaume et shériff de plusieurs comtés. Son nom revient à chaque page dans la correspondance administrative du temps. U est fort sévèrement traité par les historiens ecclésiastiques, qui n'étaient pas suffisamment impartiaux. Il fut le premier baron de la famille. Son fils, William de Cantelupe, mort en 4254, fut un des favoris de Henri III et ambassadeur au concile de Lyon (4245). Le troisième baron, qui s'appelait aussi William {movi eÀ\ 4254), devint un des plus riches seigneurs d'Angleterre par son mariage avec Eva, fille de William de Braose. C'était un ami de Simon de Montlort. De même, Walter, évêque de Worcester, qui joue un rôle important dans la lutte entre le comte de Leicester et le roi. Mais le plus connu peut-être de cette famille fut Thomas de Cantelupe,, fils de William H et neveu du précédent. Il tut chancelier d'Angleterre sous Simon de Monifort, professeur de théologie en Sorbonne, puis à Oxford, chapelain du pape, évêque de Hereford ; rien ne manqua au roman de sa vie : il fut excommunié par l'archevêque d'Oxford, mourut en exil en Italie (25 août 4282) et fut canonisé le 47 avr. 4320 par le pape Jean XXII. C'est le dernier Anglais inscrit au livre des saints. L. Bougjer.
BiBL. : Thomas Duffus Hardy, Rotuli litterarum patentium; Londres, 1835, in-f'ol. — Rymer's, Fœdera. — Ch. Bemont, Simon de Mont fort; Paris, 1884, in-8.
CANTEMIR. Nom d'une illustre famille roumaine d'origine tatare, descendant du khan Murza Kandemir, laquelle a donné plusieurs personnages célèbres dont les plus connus sont :
Constantin Cantemir, prince de Moldavie vers la fin du xvii® siècle, mort le 23 mars 4693. Après la mort de son père Théodore, tué par les Tatars, il se réfugia en Pologne où il fut élevé et où ayant servi pendant dix-sept ans dans les armées des rois Ladislas et Kasimir, il conquit le grade de colonel. Il passa ensuite au service de Georges Ghika, prince de Valachie, qui le nomma tchaouch du spatar, et de Dabija, prince de Moldavie, qui le nomma capitaine de Berlad. Duca le nomma grand clucer. En
4672, sous le prince Etienne Petriceic, Constantin, devenu serdar de Moldavie et qui commandait trois districts placés sur la frontière de Pologne, sauva le harem du sultan Mahomet IV dont les Polonais allaient s'emparer après la bataille de Choczim. Ce fait d'armes lui valut d'être choisi pour prince de Moldavie, en 4685, lors de la déposition de Démètre Cantacuzène. Il avait été auparavant revêtu de la dignité de Soudan et chargé à ce titre de la défense des frontières entre le Dniester et le Pruth. Démètre Cantacuzène, jaloux de la faveur dont il jouissait auprès du sultan, le dénonça au séraskier Soliman-Pacha ; mais il réussit à se justifier et ce fut ce dernier qui lui-même le proposa à la Porte pour le trône de Moldavie, en remplacement de celui qui avait voulu le perdre. Pendant le cours de son règne, presque complètement rempli par la guerre de Sobieski contre les Turcs, il sut se maintenir dans la position difiicile que lui créait sa position de prince vassal des Turcs et ses sympathies de chrétien pour Ips Polonais. Il refusa cependant à Sobieski de s'allier à lui lorsqu'il envahit la Moldavie en 4685 et 4686. Il le secourut en secret lorsqu'il' fut obligé de battre en retraite après la journée de Boian, et lui épargna un désastre complet. Sa conduite habile lui permit de conserver jusqu'au bout la faveur du sultan et il eut le rare bonheur de mourir sur le trône en 4693, après un règne de huit ans. II avait exprimé le désir que son fils Démètre fût choisi comme son successeur. Ce désir fut exaucé : les boïars aussitôt élurent le jeune prince, mais la Porte ne ratifia pas son élection.
Antiochus CBXiiemir, prince de Moldavie (4695-4704), fils du précédent. Il régna plusieurs fois, à la place de son frère Démètre, qui avait refusé le trône espérant réunir sous son pouvoir les deux principautés.
Démètre Cantemir, prince de Moldavie, né à Orheiu le 26 oct. 4673, mort le 24 août 4723. C'était le second fils de Constantin Cantemir, qui Tenvovaen 1687 à Constantinople pour remplacer comme otage son frère aîné Antiochus. Il était alors âgé de quinze ans ; mais dès qu'il fut arrivé, Constantin Brancovan Basaraba, ennemi déclaré de sa famille, chercha à persuader au grand vizir qu'il avait été trompé et qu'à la place de Démètre on avait envoyé un autre jeune homme. Le vizir voulut se rendre compte par lui-même de la vérité de cette accusation ; il fit appeler en sa présence le jeune prince qui n'eut pas de peine à démontrer la fausseté des allégations de Brancovan. Il profita de son séjour à Constantinople pour apprendre à fond le turc, le persan, l'arabe et même la musique turque dans laquelle il introduisit une notation nouvelle. Plusieurs fois menacé par les intrigues de Brancovan, et même forcé de se réfugier un jour chez l'ambassadeur de France, le comte de Fériol, il sut cependant conserver toujours les bonnes grâces du sultan. En 4694, il fut rappelé par son père et remplacé par son frère aîné Antiochus; en 4692, il accompagna le séraskier Daltaban au siège de Soroca; en 4693, Constantin Cantemir le désigna à son lit de mort pour son successeur, mais la Porte ne ratifia pas le choix des boïars, et il dut retourner à Constantinople à la place de son frère Antiochus. Il y fut encore poursuivi par la haine de Brancovan, qui avait même obtenu contre lui une sentence de bannissement ; mais il put se réfugier chez un pacha qui lui accorda généreusement l'hospitalité et obtint la révocation de la sentence qui le menaçait. Il jouit dès lors d'une grande faveur auprès de la cour de Constantinople et se fit même construire un palais dans cette capitale; il joignit à la connaissance fort étendue qu'il avait déjà des langues orientales celle des langues européennes et fit de vastes recherches sur l'histoire des Osman lis dont il se proposait de rédiger les annales. Il accompagna plusieurs fois les Turcs dans leurs expéditions en Hongrie et obtint par son savoir et son dévouement l'amitié du sultan qui lui offrit plusieurs fois le trône de Moldavie ; mais il ne voulut jamais accepter, espérant un jour ren-
CANTEMiR
verser Brancovan et réunir sur sa tête la couronne des deux principautés; aussi fit-il donner deux fois celle de Moldavie a son frère Aniiochus (1695-1701). En 1700, il épousa Cassandra (née vers 1683, morte le 11 mai 1713), fille de Serban II Cantacuzène, qui avait été prince de Valachie ; il espérait se donner ainsi un titre de p'us pour parvenir au trône de cette dernière principauté. Cependant en nov. 1710, à l'expiration du règne de Nicolas Mavrocordato, il fut une troisième fois nommé prince de Moldavie. Pour le décider à accepter, la Porte lui avait fait espérer la principauté de Valachie et l'avait dispensé de tout tribut pendant le cours de son règne. Mais à peine était-il arrivé à lassi, qu'il reçut l'ordre de (aire parvenir à Constantinople les présents d'usage et de se tenir prêt à marcher contre la Russie à laquelle on allait déclarer la guerre. A ce moment, en etlet, Pierre le Grand, après la bataille de Poltava, se crut assez fort pour chasser les Ottomans d'Europe. Sûr de l'alliance des Polonais et comptant sur la défection de Constantin Brancovan, prince de Valachie, il espérait arriver sous peu à Constantinople. Démètre Cantemir, profondément irrité de l'injure qui venait de lui être faite, crut le moment opportun pour affranchir ses Etats de la tyrannie des Turcs. Il résolut de s'entendre avec le tsar qui lui avait envoyé en ambassade Policala, médecin grec, pour lui faire les propositions les plus avantageuses. Il s'engageait à joindre son armée à celle du tsar, qui de son côté lui reconnaissait la souveraineté de la principauté de Moldavie devenue héréditaire. La convention fut ratifiée par le tsar à Lusk en Pologne le 13 avr. 1711. Les armées alliées entrèrent bientôt en campagne ; mais le tsar abandonné d'un côté par les Polonais, trahi de l'autre par Brancovan, s'attarda dans sa marche et n'arriva à lassi que le 11 juin 1711. Les Turcs, sous les ordres du grand vizir Méhémet-Baltaji-Pacha, avaient pu passer le Pruth à Falci et après avoir taillé en pièces l'armée russe, avaient contraint le tsar à la désastreuse capitulation de Husch. Démètre Cantemir n'eut d'autre ressource que de se réfugier dans le camp de son allié, où il resta plusieurs jours caché dans le carrosse de la tsarine. Le grand vizir exigea de Pierre le Grand, comme première condition de la paix, la remise en ses mains du prince de Moldavie. Mais le tsar s'y refusa noblement et se montra ainsi le plus fidèle des alliés ; une lois rentré dans ses Etats il créa Cantemir prince de l'empire russe, avec le titre d'altesse sérénissime, pour lui et ses héritiers, par des lettres datées de Mohilev (i^^ août 1711). Il lui assigna dans l'Ukraine de vastes domaines pour lui et sa famille et lui conserva la souveraineté effective sur les nombreux Moldaves qui l'avaient suivi. En 1713 il perdit sa femme Cassandra, et se rendit en 1714 à Pétersbour^ avec un de ses fils et y acheva, en 1716, son Histoire de l'Empire ottoman^ qu'il avait commencée à Constantinople. En 1717, il épousa la princesse AnastasieTroubetskoï, fille d'un feld-raaréchal de l'armée russe, et fut nommé à la même époijue conseiller privé de l'empereur. Il accompagna, avec Tolstoï, Pierre le Grand dans son expédition contre les Perses (17*21- 1722>, mais les fatigues de cette campagne développèrent en lui une maladie de reins dont il était déjà atteint et il n'atteignit Astrakhan et ensuite Derbent qu'en proie à la fièvre et avec les plus grandes ditiicultès. Il apprit dans cette ville que tous ses papiers et entre autres le manuscrit de son Histoire de t Empire ottoman avaient péri avec le vaisseau qui le portait dans le naufrage de la mer Caspienne. Hentré à Astrakhan, dans un état désespéré, aggravé encore par la douleur de la perte qu'il venait de faire, il put surmonter son mal quelque temps encore grâce aux soins de son médecin ; mais il dut bientôt rentrer dans ses domaines de Herkov en Ukraine où il mourut le 21 août 1723, au moment où il venait d'être nommé prince du Saint-Empire. Démètre Cantemir fut le Roumain le plus instruit de son temps, et, bien qu'il ait joué un assez grand rôle politique, il s'est surtout rendu i
célèbre par ses ouvrages littéraires et son immense savoir* Il eut comme précepteurs des maîtres distingués, parmi les' quels on remarquait surtout Cacavelas, célèbre professeur de philosophie, originaire de l'île de Crète. 11 connaissait une foule de langues, entre autres le turc, le persan, l'arabe, le grec moderne, le grec ancien, le latin, l'italien, le russe, le roumain, le slave et le français. Il était également versé dans la philosophie, l'architecture, la musique et la géométrie, et avait été élu membre de l'Académie de Berlin en 1714. Il a écrit un grand nombre d'ouvrages, mais un peu à la hâte et n'a pas toujours été impartial. Ses ouvrages en roumain présentent une phraséologie et un style imités du latin qui les rendent souvent presque inintelligibles. Quant à la langue latine, dans laquelle il écrivait fréquemment, elle est très négligée et en quelque sorte barbare. Parmi ses principaux écrits nous citerons : Entretien ou dispute du sage avec le mondey en roumain et en grec (lassi, 1698, in-fol.) ; Historia incrementorum atque decrementorum aulœ othomanicœ, traduite en anglais par N. Tindal (Londres, 1734, in-fol.; ibid., 1756, in-8); en français, par M. de Jonquières, sous le titre de Histoire de l'origine et de la décadence de l'Empire ottoman (?ms, 1743, in-4 et 4 vol. in-12); en allemand par Schmidt (Hambourg, 1745, in-4) ; Moldauiœ descriptio, traduite en allemand par J.-L. Redslob, et revue par Buisching, dans le Magazin fur die neue Historié und Géographie^ 1769-1770, t. ïll, IV ; Histoire des deux maisons de Brancovan et de Cantacuzène, en roumain, traduite en russe dans le Journal ou Histoire généalogique de Pierre le Grand (Pétersbourg, 1772); Système de la religion mahométane^ en latin, traduit en russe par Ivan Iljinsky (Saint-Pétersbourg, 1722, in-8) ; Histoire ancienne et moderne de la Dacie^ en roumain, ms., le texte latin a été perdu dans le naufrage de la mer Caspienne ; Histoire des Mahométans depuis le faux prO' phète Mahomet jusqu'au premier empereur turc^ dont le ms. a été également perdu dans le même naufrage ; Notice sur les Portes Caspiennes et autres antiquités du Caucase, utilisée par Bayer dans son mémoire De muro Caucaseo, mémoires de l'Académie des science de Saint-Pétersbourg ; Introduction à la musique turque, en roumain (in-8), ouvrage manuscrit aujourd'hui perdu ; Vita Constantini Cantemiri cognomento senis Mfddavice principis, auctore Demetrio Cantemiro, principe Moldaviae, ms. in-fol. de 179 pp., Bayer a tiré de cet ouvrage son De vita et rébus gestis Constantini Cantemiri principis Moldaviœ^ publié avec traduction russe en regard par Bautisch-Kamenskij à Moscou, en 1783; Historia hieroglyphica (ms in-4 d'environ 700 pp.) ; loca obscur a in Catechisi quœ abanonymo authore sloveno idiomate édita et Pervoe Ucenie otrokom intitulata est, dilucidata auctore principe Demetrio Cantemirio (ms. in-4 d'env. 274 pp.). Réfutation du catéchisme que Théophane Procopovitch avait publié en 1720 par ordre de Pierre le Grand ; Chronique des temps anciens de la Moldo' Valachie {ms. in-fol. de 343 ff., publié en 1837 à lassi par Saulesco) ; De statu politico aulœ othoma^ nicœ^ perdu dans le naufrage de la mer Caspienne ; Joannis Baptistœ van Helmont phisices univer salis doctrina et Chrlstiance fidei congrua et necessaria philosophia (ms. in-4 de 820 pp.); Institutio logices id est de philosophiœ instrumentait arte habitus (ms. in-4 de 293 pp.) ; Compendiolum univer sœ logices institutioni (ms. in-16 de 88 pp.) ; Sacro-Sanctœ scientiœ indepingibilis imago,,, Authore Demetrio principe Moldavo (ms. in-4 de 338 pp.), ainsi qu'un certain nombre d'autres manuscrits moins importants ou aujour* d'hui perdus. J. Monnier.
BiBjL. : Kngel, Geschichte der Moldau und Walachei; Halle, 1801, 2 vol. in-4. — Ubiciini, Provinces danubiennes, dans VUnivers pittoresque ; Pans, 1840, in-8. — Emile Picot, Cours ms. d'Histoire de la liiiérature roumaine professé à l'Ecole spéciale des langues orientales
CANTEMiR — CANTEllBURY
vivantes, pendant Vannée 1885.- A. Densusianu, Isf or ia limbei si literaturei Romane; ïassi, l88o, p. IbO, in-8.
CANTEMIR (Aîitîochus),fils de Thospodar de Moldavie, né en 1708 en Moldavie, mort à Paris en 1744. Il fut élevé à TAcadémie de théologie de Moscou et acheva ses études à l'Académie de Saint-Pétersbourg. En 1731 il fut nommé résident à Londres; en 1738, ambassadeur à Pans. Très bien vu dans la société parisienne, il fut particulièrement lié avec Maupertuis et Montesquieu, et le médecin Gendron. Passionné pour la poésie, Cantemir débuta en 1727 par un volume de vers : Symphonie sur le psautier dédié à Catherine L Avant son départ pour Londres, il avait déjà écrit un certain nombre de satires et d'œuvres légères qui circulaient en manuscrit dans la société de Saint-Pétersbourg. Ses satires (teuvent être considérées comme la première production de la littérature russe moderne. Elles furent traduites en français (par Tabbé Guasco), peu de temps après la mort de l'auteur (Londres, 1749-1750). Elles ont aussi une traduction allemande (par Spihker, Berlin, 1752). Cantemir a traduit en outre dix épitres d'Horace et les entretiens de Fontenelle sur la pluralité des mondes. Dans ses satires il imite Horace et Botleau. 11 y attaque tout ensemble les ennemis des réformes de Pierre le Grand et ceux qui les appliquent avec ignorance et maladresse. Elles sont intéressantes non seulement au point de vue littéraire, n-ais au point de vue historique. Cantemir écrit encore en vers syllabiques. La première édition complète de ses satires est de 1743. Une édition complète des œuvres de Cantemir a paru chez Srairdine (S.-Pétersb., 1847), une autre chez Glazounov (S.-Pétersb., 1867), avec une introduction par Stoiounine. L. Léger.
BiBL. : Notice en tête de la traduction de 1750. — Po- LEvoï, Hist. de la littérature russe.
CANTENAC. Corn, du dép. de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. de Castelnau de Médoc, sur la Jalle de Liac, à 25 kil. de Bordeaux ; 12,000 hab. Vins estimés ; ceux de Branne sont classés parmi les deuxièmes grands crus; ceux de Boyd, d'issan, de Palmer et de Kirvan sont comptés parmi les troisièmes. Fabrique de poterie. L'église construite en 1769 est remarquable.
CANTENAC (Benech de), poète français du x vu® siècle, chanoine de l'église métropolitaine et priraatiale de Bordeaux. On lui doit quelques ouvrages aujourd'hui rares et recherchés des bibliophiles. Poésie nouvelle et autres œuvres galantes du sieur de C. (Paris, 1662, pet. in-12), dont quelques exemplaires contiennent f Occasion perdue et retrouvée, petit poème libre qui fut supprimé par ordre du président Lamoignon et qu'on a longtemps attribué à Pierre Corneille. Ce poème a été réimprimé plusieurs fois dans les recueils de pièces gaillardes et à part (Paris, 1862, in-18). Poésies nouvelles et lettres choisies de M. de G. (Paris, 1664, in-12) ; Satyres nouvelles (Amsterdam, s. d. in-8.)
CANTENAY-tpiKARD. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. et cant. (Nord-Ouest) d'Angers; 762 hab.
CANTERou CANTHER (André), né à Groningue en 1463, mort en 1473. Cet enfant prodigieux fut reçu docteur en droit avant d'avoir atteint Lâge de dix ans. L'empereur Fr'édéric 111 voulut le faire venir à sa cour, lui promettant de le combler d'honneurs. Ganter mourut au moment de partir pour Vienne. E. H.
BiBL. : ScHOTANUs, Beschryvîug van Friesland; Leuwarden, 1656-166), in-i. -- Kiekefer, Bibliotheca eruditorum prsecociam; léna, 172ô.
CANTER, CANTHER ou CANTERUS (Guillaume), savant philologue hollandais, né à Leeuwarden le 24 juil. 1542, mort à Louvain le 48 mai 1575. Il fut d'abord l'élève de Macropedius à Utrecht et de Cornelis Valerius à Louvain ; il visita ensuite les principales universités de France, d'Allemagne et d'Italie. Il se fixa à Louvain et s'y livra à un travail excessif qui compromit bientôt sa santé. 11 mourut à la fleur de l'âge, après avoir refusé plusieurs emplois honorables afin de pouvoir se
consacrer tout entier à ses études. Ses principaux ouvrages sont : Novarum Lectionum lihri IV in quitus variorum auctorum explicationes, emendationes et fragmenta reperiuntur (Bâle, 1564 ; 2® éd. augm. de trois livres, Bâle. 1566 ; 3® éd., portée à huit livres, Anvers, 1574, réimprimé par Gruterdans son Thésaurus criticus (Fr'àndorU 1604) ; Fragmenta quœdam Ethica Pythagoreorum quorumdamex Stobœo desumpta{M\% 1566); Synesii orationes (Bâle, 1567); Notœ et emendationes in Ciceronis epistolas ad familiares (Anvers, 1568); Euripidis opéra cum brevibus notis (Anvers, 1571; Heidelberg, 1597; Genève, 1602); ISotœ in Ciceronem de officiis (Anvers, 1576). Ganter a laissé plusieurs autres ouvrages dont la nomenclature se trouve dans le Trajectum eruditum de Gaspard Burmann. E. H,
BiBL. : FoppENS, BihU Belgica; Bruxelles, 1739, 2 vol. in-4. — SwEERTius, Athenœ Belg. sive nomenclator Germaniae inferioris scriptorum; Anvers, 1628, in-f'ol. — Van Campen, Geschied. der Ned, Lelterk; La Haye, 1821-1826, 3 vol. ln-8.— • StFFRiDE,De Scriptoribus Frisiœ; Franeker, 1714. -— Hœufft, Parnassus Belgicus. — Rœrsch, Histoire de la philologie, dans la Patria Belgica; Bruxelles, 1871-75, 3 vol, in-8.
CANTER AC (José), général espagnol, célèbre dans la guerre de l'indépendance du Pérou par les campagnes qu'il dirigea avec le vice-roi Laserna contre les armées libératrices du général argentin San Martin et du général Bolivar dans la sierra du Pérou, de 1821 à 1825. Il lut vaincu à Junin par Bolivar.
CANTERBURY ou CANTORBERY. Ville d'Angleterre, comté de Kent, métropole religieuse du royaume; 21,701 hab. ; vieille cité remarquable par d'innombrables et glorieux débris du moyen âge. Située sur la Stour, qui se divise en plusieurs bras et est navigable 2 kil. plus bas, elle se compose de l'ancienne ville fortifiée et de quatre faubourgs, dont celui de l'E. est le plus considérable; elle a onze églises, parmi lesquelles Saint-Martin, Saint-Dunslan, Sainte- Croix, Saint-Georges et enfin la cathédrale, un des plus célèbres édifices religieux d'Angleterre. Elle a la forme d'une croix d'archevêque, sa longueur est de 160 m. de l'E. à rO. ; les transepts ont l'un 48, l'autre 40 m. La crypte remonte à 1070. Elle a échappé à l'incendie de 1176 ; six ans après ce désastre, Guillaume de Sens commença la construction du chœur, le plus vaste de tout le royaume et l'un des premiers spécimens de l'architecture ogivale d'outre-Manche; la chapelle de l'E. est de 1220, la nef et le transept de l'O. de 1420; le jubé qui domine le chœur est aussi du xv® siècle. La tour centrale a 74 m. de haut, elle a été construite en 1495 par le prieur Goldstone. Des deux tours crénelées de la façade, celle du N. a été construite en 1840, à la place delà tour Arundel, qui menaçait ruine. Parmi les autres monuments de la ville, citons la Westgate qui subsiste seule des quatre anciennes portes de la cité (elle est du xiv® siècle, Richard II), et le curieux tumuius ou donjon de Dane-John. L'archevêque de Canterbury est le primat de toute l'Angleterre, le premier pair du royaume; il marche immédiatement après les princes du sang. Outre sa somptueuse résidence officielle à Canterbury, il dispose à Londres de l'imposant Lambeth-House, en face du Parlement; il a plus d'un demi-million de revenu; il peut conférer certains diplômes de docteur. Cette haute situation donne cependant à peine l'idée de ce qu'était au moyen âge l'archevêque de Canterbury. Faire l'histoire de celte ville serait à certains égards tracer celle de l'Angleterre chrétienne. Depuis son premier archevêque Augustin, en passant par saint Anselme, Lanfranc, Thomas Becket, Etienne Langton, Cranmer, Reginald Pôle et Laud, Canterbury a constamment conduit ou combattu avec énergie l'évolution religieuse anglaise. Aujourd'hui même, l'institut des missions, Saint-Augustin's-College, n'est pas sans influence sur l'expansion de la Grande-Bretagne. Mais si la cathédrale attire de nombreux touristes, elle ne voit plus les armées de pèlerins qui y affluaient jadis de tout le monde
CANTERBURY — CANTH
catholique pour visiter les reliques de Thomas Becket. On fait remonter l'origine de Canterbury aux anciens Bretons ;
les Romains l'appelaient Durovernum: Ethelbert, cinquième roi de Kent, y fixa sa résidence en 568 ; c'est ainsi
Cathédrale de Canterbury, d'après une photograplûe.
qu'après la conversion au christianisme, cette capitale devint le siège de l'archevêque-primat d'Angleterre. — L'archevêque actuel de Canterbury est le quatre-vingt-quinzième depuis la fondation de cette église. L. Bougier.
BiBL. : Stanley, Historical tnemoriala of Canterbury ; Lon.lres, 1883, in-8, 10« éd.
CANTERBURY. Prov, de la Nouvelle-Zélande (colonie australasienne) , confinant au N. aux prov. de Marlborough et de Nelson, à l'O. à celle de Westland, au S. à celle d'Oîago. Vastes plaines descendant en pente jusqu'au rivage, sillonnées par de nombreux cours d'eau. Climat analogue à celui de l'Europe méridionale. Colonie fondée en 1848 par une société religieuse anglaise. En voie de prospérité. Pop. 75,000 habJ Villes principales : Christchurch, capitale, Lyttelton et Ashburton. reliées entre elles par un chemin de fer sur le littoral, avec embranchements vers l'intérieur.
CANTERBURY (vicomtes de) (V. Manners Sutton.) CANTERZANI (Sebastiano), mathématicien italien, né à Bologne le 25 août 1734, mort à Bologne le 19 mars 1><19. Il fit ses études chez les jésuites, fut nommé, en 1760, professeur de mathématiques à l'Université de Bologne, et prit part l'année suivante à l'observation du passage de Vénus sur le Soleil. Patriote autant que savant, il refusa, après l'occupation de son pays par les Français, de prêter serment au gouvernement de Napoléon b^ et quitta sa chaire, qui lui fut d ailleurs rendue quatre ans après, sans conditions. L'Institut de Bologne, qui l'avait choisi en 1766 comme secrétaire, l'élut son président en 1817. Il était aussi membre de la Société italienne de Modène, de l'Institut national italien, chevalier de la Légion d'honneur, etc. Ses écrits, très nombreux, sont fort estimés et contiennent la solution de
problèmes difficiles. Il avait préparé la publication d'un Traité des équations ; plusieurs chapitres en ont seulement été détachés et ont paru dans les Mémoires de la Société italienne sous les titres : Délia riducibilita d'ogrn guantita imaginaria alla forma i + B\/ — / (11, 1784) ; Sopra il ritorno délie série (V, 1790), etc. Le même recueil (1799 à 1809), ainsi que les Commentaires de r Institut de Bologne (1767-1783) et les Mémoires de nnstitut 7iational italien (1806-10), contiennent beaucoup d'autres notes importantes de Canterzani, qui a, en outre, donné à part : De problemnti ad conicas sectiones pertinente (Bologne, 1762, in-4); Prima geometrice elementa (Bologne, 1766, in-8 ; 2«édit.,1804); Arithmeticœ mdimg^zia (Bologne, 1777, in-8) ; Piani délie classi matematica e fisica delta nuova enciclopedia iialiana (Sienne, 1799, in-4) ; Sopra lintegraùone délie equaziom iineari a due variabili ()]odène, 1799, in-4); htruzione intorno al calcolo de frazioni décimait (Mogue, 1803, in-8); Délie reciproci délie formule irrazlonali (Bologne, 1806, in-4). Il a enfin laissé plus de cinquante mt^moires restés manuscrits.
Son fils, Giovanni-Baltista^ né le 21 juil. il61 à Bologne, où il est mort le 7 mai 1846, fut astronome à l'Observatoire, membre de l'Institut de cette ville, et collabora avec Alemanni, Guglielmi et Sacchetti, aux Ephémérides publiées en 1798 par le P. Matteucci pour les années 1797 à 1810. Léon Sagnet.
BiBL. : Eloge par le marquis de Landi, dans le t. IX, p. tu, des Memm'ie délia modela, itaûana. — • 1"'. Schiassi, Eloiiiam S. Canterzani ; Bologne, 1819, iu-8.
CANTH (iVlinna Johxsson, dame), auteur dramatique et romancière finnoise, née à Tammerfors le 19 mars 1844. Elle étudiait au collège de filles de Jyvseskylae, lorsqu'elle
CANtïI — CANTHARIDÈ
se fiança (1864) avec l'un de ses maîtres, Johan-Ferdinand Canth, auteur de quelques manuels scolaires, rédacteur des journaux la Finlande centrale et Pœijœnne^ dans lesquels elle publia quelques nouvelles réimprimées dans le t. ï des Novelleja ja Kertomukbia (1878). Restée veuve avec sept enfants (1879), elle continua d'écrire tout en tenant un magasin à Kuopio. Elle a fait jouer quatre pièces : V Effraction (Borgâ, 1883); A la Maison de Roinila (1885); la Femme de l'Ouvrier (1885; en suédois par Hedv. Winter-lljelm, 1886); les Enfants du malheur (1888); et publié des romans à tendances, qui sont des thèses de réformation sociale, et des plaidoyers en faveur de Témancipation de la femme : les Pauvres gens et Hanna (Heisingfors, 1886; en suédois par R. Hertzberg sous le titre de Tableau des foyers finnois, 1886), et rEcuell (1887). B-s.
CANTH A RE (Art décoratif). Vase en forme de gobelet plus ou moins profond, muni d'anses et consacré spécialement à Bacchus, entre les mains duquel on le trouve constamment représenté dans les bas-reiiefs antiques. Les canthares sont quelquefois très déli<;atement ornés et sont fréquemment reproduits dans les œuvres décoratives de la Renaissance. Ad. T.
CANTHARIDE. I. Entomologie. — (toi^/irtm Geoff.). Genre de Coléoptères-Hétéromères, du groupe des Vésicants, caractérisé par le corps allongé, parallèle, convexe, les antennes allongées, non renflées vers l'extrémité, la tête triangulaire, fortement sillonnée dans le milieu à sa base, le prothorax transversal, un peu rétréci en arrière, parfois fortement angulé sur les côtés en avant, les élytres recouvrant entièrement l'abdomen, les pattes allongées et les crochets des tarses non pectines. Ces insectes sont en général ornés de couleurs métalliques très brillantes, tantôt uniformes, tantôt avec des bandes longitudinales jaunes ou cuivreuses. L'espèce type, Cantharis vesicatoria Geoff.
(Meloe vesicatorius L . , Lijtta vesicatoria Fabr.), est bien connuesous les noms vulgaires de Cantharide, C, officinale, C. des boutiques, Mouche cantharide, Mouche d'Espagne, Elle est longue de 14 à 25 millim., le plus ordinairement d'un bleu verdâtre ou d'un vert doré brillant, avec les derniers articles des antennes et les tarses d'un noir violet. Ce bel insecte est répandu en Europe, surtout dans les contrées méridionales. On le trouve communément dans le midi de la France, en Espagne, en Italie, en Sicile, en Valachie et dans le sud de la Russie. Les Cantbarides apparaissent dans les mois de juin et juillet ; elles se trouvent principalement sur les frênes, les lilas, les troènes, et parfois en si grand nombre qu'elles dépouillent totalement de leurs feuilles les arbres sur lesquels elles se sont abattues. Elles trahissent au loin leur présence par l'odeur forte qu'elles exhalent. Bien qu'elles aient été étudiées depuis fort longtemps, à raison de leurs propriétés épispastiques, ce n'est que récemment, grâce à M. Lichtenstein, de Montpellier (Ann, Soc, ent. de France, 1874, Bull., p. lxxxui; 1875, BulL, pp. cLviii, CLXiiijCCi ; 1878, Bull,, p. lxxxix; 1879, p, 4'4, et Bull., pp. XXV, Lxv, Lxxiï, lxxvi), que l'on connaît les particularités suivantes de leur vie évolutive. La femelle pond dans la terre un nombre assez considérable d'œufs, de chacun desquels sort, au bout de quinze à vingt jours, une larve écailleuse, hexapode, de couleur brune, pourvue de deux soies caudales, et très carnassière. Cinq ou six jours après, cette larve ou triongulin change de peau, perd ses soies caudales et devient un petit ver blanc, hexapode, qui se nourrit exclusivement de miel, puis, après
Cantharis vesicatoria Geoffr.
avoir subi deux mues, s'enfonce en terre où, au bout de quelques jours, il se transforme en une pseudonymphe ressemblant beaucoup à une pupe de Muscide. Cette pseudonymphe reste immobile pendant tout l'hiver, et laisse suinter de temps en temps, de ses pores, sous l'influence de circonstances encore ignorées, des gouttelettes d'un liquide transparent hyalin. Au printemps suivant, la pseudonymphe brise son enveloppe, et on voit apparaître une larve blanche, vermiforme, à pattes rudimentaires, qui, une quinzaine de jours après, se métamorphose en une nymphe semblable à toutes les nymphes de Coléoptères, d'où sort enfin, au bout de vingt jours environ, l'insecte parfait (V. Hypermétamorphose). Ed. Lef.
II. PflARBiAcoLOGiE. — La cautharide qui sert à préparer les médicaments vésicants est le Cantharis vesicatoria (Geoff.), vulgairement connu sous le nom de mouche cantharide (de mouche d*Espagne, et non la cantharide des anciens, qui est le Mylabre de la chicorée Mylabrls cichoril [Fabr.]). Les formes pharmaceutiques données aux cantharides sont assez nombreuses. Voici les principales :
Hydrolé de cantharides. Se prépare en faisant infuser 1 p. de cantharides pulvérisées dans 25 p. d'eau (Pharm. de Hambourg). L'eau se charge assez bien du principe vésicant, la cantharidine, bien que cette dernière à l'état de pureté soit à peine soluble dans l'eau; aussi cette préparation ne doit-elle être donnée à l'intérieur qu'avec la plus grande prudence, la cantharidine étant un toxique redoutable.
Teinture de cantharides. Se prépare en faisant macérer pendant dix jours 1 p. de poudre de cantharides dans 10 p. d'alcool à 80** ; on passe avec expression et on filtre. L'alcool dissout la cantharidine, les matières grasses et colorantes contenues dans la poudre.
La teinture éthérée ou éthérolé de cantharides se fait par lixiviation, en remplaçant l'alcool par l'éther acétique (Codex).
Extrait de cantharides. On traite la poudre par déplacement avec 2 p. d'éther ; on évapore le liquide filtré au bain-marie. On trouve encore dans les pharmacopées un extrait alcoolique, qui sert à préparer le taffetas vésicant.
Huile de cantharides. On obtient ce médicament en faisant digérer au bain-marie, dans un vase fermé, pendant six heures environ, 100 p. de cantharides réduites en poudre grossière dans 1,000 p. d'huile d'olive; on agite de temps en temps, on passe avec expression et on filtre. Cette préparation est active, bien que la cantharidine pure soit insoluble dans ce véhicule (Méhu). Les préparations les plus importantes sont celles qui sont usitées en médecine comme vésicantes : les pommades épispastiques, jaune et verte ; les emplâtres vésicatoires, comme remplàtre de cantharides, les mouches de Milan ; des sparadraps vésicants et épispastiques, etc. Nous allons donner ici la formule de l'emplâtre vésicatoire seulement, comme étant la préparation la plus employée :
Cantharides pulvérisées finement 420 gr.
Cire jaune.. 400 gr. Onguent basilicum.. 300 — Elémi 100 — Huile d^olive 40 —
On fait fondre la résine élémi dans l'huile, on ajoute l'onguent et la cire jaune, puis on incorpore la poudre dans la masse fondue. Au moment du besoin, on étend une couche mince et uniforme de cet emplâtre sur du sparadrap diachylon, en se conformant aux dimensions indiquées par le médecin. Le vésicatoire camphré se prépare en recouvrant la surface du vésicatoire d'une couche mince de camphre pulvérisé, ou mieux dissous au préalable dans l'éther. Le camphre, paraît-il, évite les phénomènes consécutifs à l'absorption de la cantharidine, notamment une albuminurie passagère et une cystite douloureuse. Ed. BÔURGOIN.