CANTON — CANTONAL
les griefs s'accumulèrent d'année en année : 18*21, la Topaze ayant été attaquée par les Chinois, les Anglais se retirèrent de Canton ; la même année, le Canning essuie le feu des forts de Bocca Tigris; 1825, nouvelles difficultés à propos de \Earl Balcaris; 1829, presque tous les marchands hannistes font faillite ; 1830, les Chinois veulent expulser les dames anglaises. Enfin, lord Napier est envoyé (1834) à Canton comme surintendant du commerce anglais. Dès le mois de sept., fatigué des procédés des Chinois, Napier se retire à Macao où il meurt d'épuisement le 11 oct. Enfin, la saisie en 1838 et la destruction par le commissaire Lin de tout l'opium (20,283 caisses) importé par les Anglais amena les hostilités depuis longtemps inévitables. La rivière de Canton fut bloquée par sir J.-G. Bremer ; mais les principales opérations militaires eurent lieu aux îles Chousan et dans la vallée du Yang-tse-kiang ; elles amenèrent la conclusion du traité de Nanking du 29 août 1842. Canton fut un des cinq ports ouverts au commerce européen par ce traité ; mais la cession de Hongkong aux Anglais produisit de grands changements dans le commerce du sud de la Chine, le vieux comptoir perdit, au profit du nouvel établissement, beaucoup de son importance. La saisie des Chinois à bord de V Arrow, bâtiment portant le pavillon anglais, amena de nouveau l'intervention de la Grande-Bretagne. En oct. 1856, sir Michael Seymour commença les hostilités; en revanche, les Chinois brûlèrent et pillèrent, le 15 déc. 1856, les factoreries étrangères. Lors de la reprise de la guerre contre la Chine, les troupes anglo-françaises prirent d'assaut Canton le 29 déc. 1857, qui fut occupé par les forces alliées jusqu'en 1861. La population de cette ville très remuante a depuis lors fait diverses démonstrations contre les étrangers en général et les Français en particulier ; nous ne rappellerons que les troubles du 15 sept. 1880 (cathédrale française), 10 sept. 1883 (émeute, attaque des concessions étrangères, seize maisons détruites ou pillées), 7 déc. 1883 "(attaque du consulat de France). Commerce et Navigation. — Les principaux articles d'importation de l'étranger sont l'opium, les marchandises do coton et de laine et les métaux (surtout le plomb), le coton de l'Inde, les seiches (cuttle fish), la farine, les cornes de rhinocéros, le jade, les allumettes, les champignons, l'huile de pétrole, le sucre blanc, le vin, etc. — Les principaux produits 'indigènes sont les amandes douces, l'alun blanc, les fèves, le cinabre, les étoffes dites de Nanking, le coton, le ginseng, les cornes de cerf, les drogues, les crevettes desséchées, le riz au premier rang (H. tls 3,285,504), le samchou, la cordonnerie (soie et coton), la soie et les soieries, les fourrures, le tabac, la cire, le blé (H. tls. 520.279). Voici comment depuis dix ans s'est répartie la valeur totale de l'importation et de l'exportation de Canton :
Haikouan taels
Valant 6 fr. 18 (en 1887),
Pendant l'année 1887, le mouvement du port de Canton a été réparti de la manière suivante : 3.256 bâtiments jaugeant 2,662,583 tonnes, dont 3,222 vapeurs jaugeant 2,647,985 tonnes. Sur ce total, les Anglais entrent pour 2,636 navires et 2,290,307 tonnes, les Chinois pour 494 navires et 291,724 tonnes, les Allemands pour 102 navires et 67,506 tonnes, les Français seulement pour 3 navires et 1,409 tonnes.
Ce même mouvement était représenté, en 1878, par
1,718 bâtiments et 1,403,139 tonnes. — II est possible que l'ouverture de nouveaux marchés dans l'intérieur du pays, particulièrement dans le Kouangsi, fasse du tort au commerce de Canton, mais cette ville est par el'e-ménie un centre trop important pour péricliter comme d'anciens ports tels que Macao. Canton est relié par des services de steamers avec Macao, Hongkong, etc., et par le télégraphe avec Cbanghaï, Longtcheou (frontière du Tongking), Kioungtcheou et Hongkong. Henri Cordier.
BiKL. : Trealy Ports of China and Japan; Lon-lrfs, 1867, in-8. — Arch. Gray, China by Arch, Gray; Lond., (878,2 vol. in-8. — The Fan-Kwae ai Canton; Londres, 1882. — Cordier, BibUoth. Sinica.
CANTON. Ville des Etats-Unis, Etat d'Ohio; pop. 12,258 hab. (en 1880). Station du ch. de fer Piltsburg, Fort Wayne and Chicago. Centre agricole et manufacturier.
CANTON (John), physicien anglais, né à Stroud (Gloucestershire) le 31 juil. 1718, mort à Londres le 22 mars 1772. Il fit de bonnes études de mathématiques sous la direction de Davis, fut d'abord apprenti chez son père, drapier à Stroud, et partit à dix-neuf ans pour Londres, où il devint professeur à VAcademy de Spital-Square, puis directeur de cet établissement. Mais ce n'est qu'en 1745, après la découverte de la bouteille de Leyde, qu'il commença à s'occuper d'électricité. Une note sur les moyens de produire de l'aimant artificiel sans aimant naturel le fit nommer, en 1749, membre de la Société royale de Londres. Les Pliilosophical transactions sont dès lors remplies de ses découvertes, H vérifie, le premier en Angleterre, rh\pothèse de Franklin sur l'identité de l'éclair et de l'étincelle électrique, constate, presque en même temps que l'illustre américain, la présence d'électricité positive dans certains nuages et d'électricité négative dans d'autres, démontre que les substances vitreuses peuvent donner, par frictions, l'un et l'autre fluides, se livre à une série d'expériences et d'observations sur les propriétés de la tourmaline et les variations de l'aiguille aimantée, invente un élcctroscope, un électromètre, un amagalme d'étain pour augmenter l'action du frottoir dans la machine électrique, obtient une substance lumineuse au moyen d'un mélange de soufre et d'écaiiles d'huîtres calcinées, et attribue la phosphorescence de la mer à la présence de matières animales en putréfaction. 11 donne aussi (Pliilosophical transactions, 1762 et 1764) la première démonstration expérimentale de la compressibilité des liquides, niée par les Florentins. — Son appareil se compose d'une boule pleine d'eau, surmontée d'un tube capillaire ouvert. On chauffe et on ferme à la lampe ; pendant le refroidissement, le niveau baisse. Lorsqu'on est revenu à la température ambiante, on casse le tube et il y a nouvel abaissement produit par la pression, sur le liquide, de l'air qui a remplacé le vide. H est vrai qu'il y a eu en môme temps dilatation de l'enveloppe, et que cette augmentation de capacité a pu être la seule cause de l'abaissement observé. On réitère l'expérience en faisant cette lois le vide autour de la boule, on produit de cette façon une dilatation égale à la précédente, et on voit que l'abaissement est moindre dans cette seconde expérience que dans la première. — Canton est enfin l'auteur de notes d'observations sur les passages de Vénus (1761 et 1769) et sur les étoiles filantes, et de différents articles publiés dans le ladiess Diary (1739-40) et le Gentleman' s Magazine (1739-61). LéonSAGNET.
BiBL. : T. Thomson. History of the Royal Society of London; Londres, 1842, in-4. — Priestley, History of electvical and optical discov>eries. — Notice biographique sur Canton, par son fils, dans la Biographia britannica. — Maxim. Marie, Histoire des sciences mathématiques elphysiques, dans le t. VIII, p. 241; Paris, 1883-88, 12 vol in-8.
CANTON (Gustav), peintre allemand, né à Mayence en 1813. Il a peint surtout des tableaux de genre, dans la note idyllique et sentimentale longtemps en honneur dans l'école de Dusseldorf. Ce sont en général des scènes de la vie des paysans des Alpes.
CANTONAL (délégué) (V. Çélégué cantonal)
CANTONI — CAP?TÔNNEMENT
CANTONl (Carlo), philosophe et publiciste italien, né à Groppello di Lomellina en nov. 4840. Après avoir étudié aux Universités de Berlin et de Gœttingue, il fut professeur à Turin, à Milan, enfin à T Université de Pavie. Parmi ses écrits : Dissertazione su Teodoro Jouffroy (1862); Gio. Battista Vico (1864); Mamiani e Lotze (1869); Letture suW intelligenza umana (1870-71, 2 vol.) ; Corso elementare di fllosofia (1871) ; Àppunti siUla Filosofia di liant (1873) ; la Questione universitaria (1874); la Libéria nelV istruzlone superiore (1876); G. M. Bertini (i^lS); Esposiuone com.piuta délia filosofia di Kant (1880-1884) ; la Riforma universitaria (1881); Professori e studenti nelle Università italiane e nelle tedesche (1887); c'est d'ailleurs celte dernière philosophie qu'il a toujours professée et enseignée, avec quelques tempéraments et une grande part faite à la psychologie* — Un autre écrivain du même nom, Alberto Cantoni, Milanais, a publié un volume de nouvelles à la Hùysmans qui fut fort remarqué en Italie et en Angleterre : // Demonio dello Stile, tre novelle (Florence, 1887). R. G.
BiBL.: A. de Gubernatis, Dictionnaire in/eî'na/ionaîd^s écrivains du jour; Florence, 1889, in-4,-— T/ie Alhenœum, 13 août 1887.
CANTON ITE. Sulfure de cuivre (CuS) ayant la même composition chimique que la Covelline^ mais appartenant au système cubique, avec clivages suivant les faces du cube. Ce minéral se trouve dans la Canton-Mine (Georgia\ A. L.
CANTONNÉ. I. Architecture. — Terme qui s'applique à une construction dont les angles sont renforcés ou ornés de saillies telles que colonnes, pilastres, chaînes formées de refends ou de bossages, etc. Un pilier est dit cantonné quand ses faces ou ses angles présentent des colonnes ou des pilastres engagés, par exemple, les piliers cantonnés de colonnes qui reçoivent les retombées des voûtes du vestibule de la cour du Louvre ouvrant sur la Seine. On appelle encore cantonnées les colonnes, souvent isolées et monolithes, qui, dans l'architecture byzantine, se trouvent placées dans les angles rentrants des éditices et supportent la retombée des arcs. Ch. L.