CANTONNIER — CANTOR
tonniers soient de nationalité française, et, à mérite égal, les anciens militaires sont préférés. Tous les cantons d'une route d'un département sont répartis en circonscriptions, comprenant chacune au moins six cantons; les six cantonniers forment entre eux une brigade, et l'un d'eux est cantonnier-chef ; il doit savoir lire et écrire et il est choisi parmi les cantonniers qui se sont distingués par leur zèle, leur bonne conduite et leur intelligence. Les cantonniers-chefs ont un canton plus court que celui des autres cantonniers, pour qu'il leur soit possible de vaquer aux devoirs spéciaux qui leur sont imposés. Ils accompagnent les conducteurs et commis ou piqueurs des ponts et chaussées dans leurs tournées ; prennent connaissance des ordres donnés aux cantonniers de leur brigade et veillent à ce que ces ordres reçoivent leur exécution. Ils parcourent en conséquence toute l'étendue de leur circonscription, au moins une fois par semaine, pour s'assurer de la présence des cantonniers et les guider dans leur travail. Ils peuvent aussi diriger des ateliers ambulants. Enfin, ils concourent à la constatation des délits de grande voirie et des contraventions aux règlements sur la police du roulage. Ils peuvent également être commissionnés pour la constatation des délits de pêche (règl., art. 4).
Les cantonniers] portent à leur coiffure un ruban avec le mot cantonnier, et les cantonniers-chefs portent en outre un brassard au bras gauche. 11 est remis à chacun d'eux un guidon formé d'une tige ou jalon divisé en décimètres, garni parle haut d'une plaque indiquant le numéro du canton en chiffres de 8 centim. de hauteur. Ce guidon est toujours planté sur la route à moins de 100 m. de distance de l'endroit où travaille le cantonnier (ibid., art. 5). Les cantonniers doivent obéissance, pour tout ce qui a rapport à leur service, aux ingénieurs, conducteurs et autres agents de l'administration des ponts et chaussées (ibid., art. 1 et 6). Du 1®^ mai au 1«^ sept., ils doivent se trouver sur les routes, sans désemparer, depuis 5 heures du matin jusqu'à 7 heures du soir. Le reste de Tannée, ils y sont depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. Ils prennent leurs repas sur la route aux heures fixées par Tingénieur en chef. La durée totale des repas n'excède pas deux heures ; toutefois, durant les grandes chaleurs, elle peut être portée à trois heures. Il n'est pas admis que les pluies, neiges et autres intempéries puissent motiver F absence des cantonniers (ibid., art. 9 et 11). Ils doivent porter gratuitement aide et assistance aux voituriers et voyageurs, mais seulement dans les cas d'accidents (ibid., art. 12). Chaque cantonnier est pourvu à ses frais d'une brouette, de pelles et de rabots en fer et en bois, d'un râteau en fer, d'une masse en fer et d'un cordeau de vingt mètres. D'autres outils : pioches, pic, pilon, etc., lui sont fournis au besoin par l'administration, et il est alors responsable de leur conservation (ibid., art. 14 et 15). Il doit être couramment muni de son livret personnel, qui est destiné à recevoir notamment les ordres et instructions qui lui sont donnés et l'indication des tâches qui lui sont assignées (ibid., art. 18). Les absences et les négligences des cantonniers sont constatées par les ingénieurs et les agents de l'administration employés sous leurs ordres. Elles peuvent l'être aussi par les gendarmes en tournée et par les maires des communes sur le territoire desquelles les cantons sont situés (ibid., art, 19). En cas d'absence non autorisée, un cantonnier peut subir une retenue de deux jours de solde la première fois, de trois jours en cas de récidive, et être congédié la troisième fois (ibid., art. 25).
Les cantonniers de chaque département sont divisés en trois classes égales en nombre. Le salaire de chacune des classes est fixé par le préfet, sur la proposition de l'ingénieur en chef (ibid., art. 22). Il varie en conséquence pour chaque département. Le salaire des cantonniers de 3« classe est généralement compris entre 48 fr. et 63 fr. par mois; celui des cantonniers-chefs de
l'« classe, entre 78 fr. et 102. Le classement est fait chaque année par l'ingénieur en chef (art. 22). Les cantonniers qui sortent de leur canton (ou les cantonnierschefs de leur circonscription), par ordre de l'ingénieur, reçoivent à titre d'indemnité un cinquième en sus de leur salaire s'ils ne découchent pas, et trois cinquièmes s'ils découchent (ibid., art. 23). Dans le temps des moissons et lorsque la route est en bon état, les cantonniers peuvent obtenir des congés ; ils ne reçoivent aucun traitement pendant la durée de ces absences (ibid., art. 20). Ils sont en effet des ouvriers et non des agents ; par contre et pour ce môme motif, on leur applique, le cas échéant, les dispositions de l'arrêté ministériel du 15 déc. 1848, relatif aux secours à accorder aux ouvriers des travaux publics en cas d'accidents. Les cantonniers des routes nationales, auxquels avaient été appliquées d'abord les dispositions concernant les non-disponibles en cas de mobilisation (cire. min. trav. publ., 9 mai 1878) ont, à partir de 1885, cessé d'être considérés comme non-disponibles, et sont depuis lors soumis à toutes les obligations du service militaire (déc. min. guerre 5 mai 1885 et cire. rain. trav. publ. 24 août 1885).
Les cantonniers sont maintenus en activité aussi longtemps qu'ils sont capables de faire un bon service. Après qu'ils ont été réformés, on les occupe encore de temps en temps, quand cela est possible, comme ouvriers auxiliaires. Aux termes des décisions réglementaires des 30 avr. 1861 et 27 janv. 1879, les cantonniers du service des ponts et chaussées subissent sur leur salaire une retenue dont le produit est versé à la caisse nationale des retraites pour la vieillesse. Cette retenue est fixée au vingtième environ du salaire et le versement en est fait à capital aliéné. L'âge de l'entrée en jouissance de la pension viagère est fixée à soixante ans. Les cantonniers maintenus en activité après soixante ans ont, d'année en année, de cet âge à soixante-cinq ans, la faculté d'opter entre Tajournement à un an de l'entrée en jouissance et la liquidation immédiate de leur rente sur les fonds versés en leur nom à la caisse des retraites pour la vieillesse. Dans tous les cas, après soixante ans, aucun versement des retenues n'est plus fait à ladite caisse ; toutefois, la retenue réglementaire continue à être prélevée sur leur salaire et le montant en est versé à la caisse d'épargne, nationale ou privée (cire. min. fin. 29 déc. 1887 et cire. min. trav. publ. 14 mars 1888.) Les versements faits par les cantonniers actuellement en retraite ne remontent pas à une époque assez ancienne pour leur assurer en général une pension suffisante pour subvenir à leurs besoins les plus pressants ; aussi l'administration reçoit-elle chaque année de nombreuses demandes de secours de la part des anciens cantonniers ou de leurs veuves. L. Schmit.
CANTONS DE l'Est. Nom donné aux comtés du Canada, prov. de Québec, qui s'étendent entre les rivières Chaudière à l'E., Richelieu à l'O., la frontière des Etats- Unis au S. et la zone colonisée du Saint-Laurent au S. C'est une région montagneuse et fertile, oii la race française fait de grands progrès. Voici la liste de ces comtés : Drummond, Arthabaska, Megantic, Wolfe, Compton, Sherbrooke, Riehmond, Shefford, Missisquoi, Brome, Stanstead.
CANTOR (V. Chantre).
CANTOR (Moritz), historien des mathématiques, né le 18 août 1829 à Mannheim. Il appartient à une famille israélitô de Portugal émigrée en Danemark, dont une branche est allée s'établir à Amsterdam, où est né le père de Moritz Cantor, tandis qu'une autre branche, d'où est sorti Georg Cantor (V. ci-dessous) se fixait en Russie. Après avoir suivi les classes supérieures du gymnase de Mannheim, Moritz Cantor se rendit à l'Université de Heidelberg (1848), puis à celle de Gôttingue où Stern lui donna le goût des recherches historiques.*' Docteur à Heidelberg en 1851 (Dissertation inaugurale sur le système coordonné entre Vabscisse et Varc de la courbe), il alla
CANTOR — CANTfeAINE
suivre à Berlin le cours de Lejeune-Dirichlet, puis revint se fixer à Heidelberg où il fut nommé privat-docent en 1853, professeur extraordinaire en 1863, professeur honoraire en 1877. Après avoir publié des Grundmge einer Elementar Arithmetik (Heidelberg, 1855), il rédigea en 1858 avec ses collègues de Heidelberg un Kritische Zeitschrift fur Chemie, Physifc und Mathematik, publié à Erlangen, entra en 1859 dans la rédaction du Zeitschrift fur Mathematik und Physik (Schlômilch et Cantor), dont il dirige toujours la partie historique, séparée depuis 1876. En 1863, parut à Halle son premier volume sur l'histoire des mathématiques : Mathematische Beitrdge %um Kulturlehen der Vôlker. En 1875, il donnait : Die rômischen Agrimensoren und ihre Stellung in der Geschichte der Feldmesskunst (lApiig) ; enfin en 1882, le premier volume de ses Vorlesungen ûber Geschichte der Mathematik (Leipzig), qui comprend Thistoire depuis les temps les plus reculés jusqu'à 1200 ap. J.-C. et dont on attend la continuation. En dehors d'un mémoire spécial : Bas Gesetz im Zufall (Berlin, 1877j, M. Cantor a encore écrit dans divers recueils et journaux un très grand nombre d'articles touchant l'histoire des mathématiques ; c'est notamment lui qui rédige les biographies des mathématiciens allemands dans la grande publication de IJuncker et Humblot (Leipzig), commencée en 1875. — Esprit ingénieux et hardi, qui s'est pondéré avec l'âge, d'une exactitude et d'une conscience parfaites, doué de tous les talents de l'écrivain, M. Cantor aura joué un rôle prépondérant, non seulement par ses ouvrages, mais aussi par les innombrables articles de son Zeitschrift^ dont quelques-uns sont extrêmement importants. S'il n'a pas été précisément le premier à commencer le renouvellement de l'histoire des mathématiques et à y introduire les procédés d'information et de critique qui y ont fait défaut jusqu'à notre siècle, il n'en est pas moins le véritable chef d'école, dont l'imitation se perpétuera à l'avenir, et si quelques-unes de ses opinions peuvent prêter matière à contestation, son nom ne leur en donne pas moins une singulière autorité. P. Tannery.
CANTOR (Georg-Ferdinand-Ludwig-Philipp), mathématicien allemand contemporain, né le 3 mars 1845 à Saint-Pétersbourg. Il a reçu son éducation en Allemagne à partir de 1856, dans différentes écoles à Wiesbaden, Francfort-sur-le-Main et Darmstadt. H a suivi les cours de l'Université de Zurich (1862), puis de Berlin (1863- 1867). Reçu docteur en philosophie à Berlin en 1867 (De Èquationibus secundi gradus indeterminatis) , il fut admis en 1869 comme privat-docent à l'Université de Halle (De Transformatione formarum ternariarum quadraticarum) où il est devenu professeur extraordinaire (1872), puis ordinaire (1879). En dehors du volume : Grundlagen einer atlgemeinen Mannigfaltigskeitslehre (Leipzig, 1863), ses travaux ont paru dans les Mathematische Annalen (vol. 15 à 23), dans le Journal de Crelle (vol. 72 à 84), dans les Acta mathematica (vol. 2 à 7) et dans le Zeitschrift fur Philosophie und phiL Kritik (vol. 88 à 92). Sauf les deux premiers articles, relatifs à la théorie des nombres et aux séries trigonométriques, ces travaux sont, sous différents titres, consacrés à la théorie des ensembles (V. ce mot) que Georg Cantor a constituée de toutes pièces et dont les résultats singuliers ont vivement attiré l'attention des savants. Il est difficile de prédire l'avenir d'une œuvre aussi récente qui semble d'ailleurs offrir plus d'intérêt au point de vue philosophique que d'utilité future pour le développement des mathématiques; mais on ne peut nier que l'auteur de cette théorie ne soit un des puissants esprits de notre temps et en tout cas, sa détermination du continu mathématique, comme variété particulière d'un genre ^'ensembles beaucoup plus étendu, restera acquise à la science. Au travail capital de Georg Cantor, il a adjoint des recherches aussi in? portantes, quoiqu'eUes n'aient pas été unanimement
appréciées ; il a voulu approfondir également la notion de l'infini actuel (Théorie des tr ans finis) et non seulement il en soutient la réalité, mais il établit un certain nombre de propositions sur des nombr3s infinis, mais susceptibles de distinction entre eux. Une tentative aussi ha lie, et qu'il est difficile de suivre, peut amener dos résaltats inattendus. Il est intéressant de savoir à quelle école philosophique se rattache un penseur tel que Georg Cantor ; il se déclare hostile à l'idéalisme moderne des écoles issues de Kant et se réclame directement de Platon et d'Aristote. P. Tannery
CANTORBERY(V. Canterbury).
CANTRAINE (François-Joseph), naturaliste belge, né à Ellezelles le i^^ déc. 1801, décédé à Gand en 1863. Après d^excellentes études moyennes faites au collège royal d'Ath et à Saint-Sauveur, Cantraine entra au séminaire de Tournay ; ne se sentant aucune vocation pour les ordres, il quitta bientôt l'établissement et se brouilla ainsi avec sa famille, qui voulait absolument lui faire embrasser l'état ecclésiastique. Chassé par son père, dénué de toutes ressources, Cantraine devint surveillant au collège de Mons, fit quelques économies sur ses maigres appointements et se rendit à l'Université de Louvain en 1822. Le baron Falck, curateur de l'Université, distingua le jeune étudiant, le nomma préparateur du cours d'histoire naturelle et le mit en relation avec le célèbre ornithologiste Temminck, de Leyde. Celui-ci obtint du gouvernement, pour Cantraine, la mission de parcourir et d'explorer la Sardaigne, la Sicile, l'Italie, la Dalmatie, les lies Ioniennes et la Grèce, afin de rassembler par des observations suivies des renseignements positifs relativement à la manière de vivre, à la nourriture et au passage périodique ou accidentel des oiseaux. Cette mission dura plusieurs années ; Cantraine n'en publia jamais les résultats, mais il remit ses notes sur les oiseaux à Temminck, qui en fit grand usage pour son Manuel d'ornithologie; Schlcgel et De Haan, les conservateurs du musée de Leyde, reçurent le résultat de ses observations sur les reptiles et les animaux articulés. Rentré dans son pays, Cantraine poursuivit ses études ichtyologiques commencées à Messine et présenta à l'Académie royale de Belgique un mémoire Sur un nouveau Poisson trouvé dans le canal de Messine en IBSS (Mém. de l'Acad. de Belgique, 1835, X). C'est la description du poisson appelé par les Siciliens Rovetto, Cantraine lui reconnut des caractères suffisamment tranchés pour en faire un genre nouveau, le Rovetus Temminckii. Bientôt Cantraine fut nommé professeur de zoologie à l'Université de Gand. H s'occupa plus spécialement, à partir de cette époque, d'études de malacologie. Il fut déclaré émérite en 1859. Il était officier de l'ordre de Léopold, grand-officier de l'ordre de la Couronne de chêne des Pays-Bas et membre titulaire de l'Académie royale de Belgique. — Les principaux travaux de Cantraine, indépendamment du mémoire cité plus" haut, sont: Mémoire sur le serranus linea {Mém. de l'Acad, de Belgique, XI, 1838) ; Malacologie méditerranéenne et littorale (Ibid., 1840, Xlll) ; Diagnoses de quelques espèces noU' velles de mollusques {Bulletins deTAcad. r. de Belgique, 1835, II, 1^« sér.) ; Histoire naturelle et anatomie du système nerveux du genre Mytilifia {Ibid., 1837, IV, 1^6 sér.) ; Observations sur le Colin Sonnini {Ibid,, 1841, VIII) ; Notes sur le Chrysanthemum leucanthemum {Ibid., 1841, Ylli) ; U7ie Nouvelle Espèce du genre Thyroptera {Ibid., 1845, XII); les Elucubralions paléontologiques de M, de Ryckholt (/ôzd., 1848, XV). E. H.
BiBL.: GiLKiNET, Histoirs des sciences en Belgique; Bruxelles, 1881, in-8. — Van Beneden, Rapport sur les iravaux de la classe des sciences de l'Académie royale de Belgique, dans le Mémorial du centenaire de l'Académie; Bruxelles, 1872, 2 vol. in-8. — Bibliographie de V Académie royale de Belgique; Bruxelles, 1867, in-lô. ~ Discours du Recteur de VUniversité de Gand â la séance ino.ugurale de iSG'i; Gand, 1865, in-8.
CANTRE — CANTUA
CANTRE. Cadre en bois ou en fer et fonte, présentant des compartiments le long desquels on dispose, sur de petites broches, les bobines qui fournissent les fils de chaîne lors de V ourdissage (V. ce mot) ou, pendant le tissage, les fils de chaîne qui s'absorbent inégalement dans les velours ou les tissus d'ameublement façonnés. P. Goguel.
CANTÙ (Cesare), célèbre historien, romancier, poète et publiciste italien, né à Brivio (Milanais) le S déc. 1804. A dix-sept ans, il était professeur de grammaire à Sondrio ; on l'envoya ensuite au collège de Côme, puis à Milan. 11 prit part au mouvement suscité en Italie par la révolution de 1830, et, pendant que Mazzini préparait sa Giovine Italia, il publia ses Ragionamenti sulla storia lombarda del secolo XVll; les tribunaux autrichiens le condamnèrent à un an de prison. Cette rigueur fut pour Cantii, comme pour bien d'autres, le commencement de la fortune; il sortit des fers avec Margherita Pusterla^ roman dans le goût des Fiancés, des odes également manzoniennes, et conquit sa place au milieu des romantiques de la première heure. Mais il se sentait une vocation d'historien. 11 se mit au travail et, sans cesser de publier volumes et brochures de tout genre, écrivit son Histoire universelle^ qui parut de 1838 à 1847. Au moins par l'étendue, c'est une œuvre importante; quelque téméraire que soit la prétention de mettre en un ou en cent volumes les annales du monde, cette tentative inspire toujours un certain respect, et la réputation de Cantù devint vite presque aussi universelle que son histoire. Elle est composée sur un plan assez difl'érent de celui des autres histoires universelles : au lieu de prendre successivement chaque pays, l'auteur déroule synchroniquement le tableau du globe, des révolutions, des civilisations, des littératures, des sciences, des arts. Cette méthode, excellente en un discours sur l'histoire universelle, engendre beaucoup de confusion dans un récit si long et si compliqué, mais il faut bien admettre, cependant, qu'elle seule pourrait, malgré ses défauts, justifier une pareille entreprise. L'ouvrage est conçu selon des idées, non pas seuhiment catholiques, mais théocratiques ; pour l'auteur, tout ce que l'Eglise a fait est bien; tout ce qui s'est fait sans elle est mal. L'extiême d'une telle théorie devait plaire à la papauté et, faveur unique et signalée, Cantù fut admis, à titre d'historiographe, à assister, seul laïque, aux séances du Concile du Vatican. — Parmi les nombreuses publications de M. Cantù, si nombreuses qu'on les a évaluées à plus de deux cent cinquante, nous citerons les suivantes, histoire, littérature, roman, conte, poésie, polémique, etc., classées chronologiquement : Alglso o la Lega Lombarday nouvelle en vers (Côme, 1828) ; Storia délia cittd e délia diocesi di Como (Côme, 1831, 2 vol.in-8) ; Vittorio Hugo (1832), dans la Biblioteca italiana, revue dont il était le directeur; Isotto, novella storica (Florence, 1834); la Madonna d'imbevera (Milan, 1835) ; Margkerita Pusterla (Florence, I83n);// buon Fanciullo (Milan, 1837); Sei Novelle (Milan, 1841); Parnasso italiano, Poeti italiani contemporanei maggiori e minori (Paris, 1843) ; Poésie /iric/i(? (Londres, 1845) ; Storia universale (1^*« éd., Turin, 1840-1847, 32 vol. en 72 parties; 9« éd., Turin, 1862-1867, 12 vol. gr. in-8; 10« éd., Turin, 1883-1889); Racconti (Vienne, 1847) ; Storia di iOO anni, y75(?-/55{}( Florence, 1851, 3 vol. in-8) ; Ezelino da Romano, storia di un ghibellino (1851) ; la Lombardia nel secolo XVll (Milan, 1854); Parini e la Lombardia nel secolo passato (Milan, 1854) ; Storia degli Italiani (Turin, 1855, 6 vol. gr. in-8); Documentialla storia universale (Turin, 1856); Delta Letteratura italiana (Turin, 1858); Beccaria e il diritto pénale (Turin, 1860); Esampi e giudizi délia letteratura italiana (Turin, 1860); il Galantuomo, ovvero diritti e doveri (Milan, 1861); Storia delta letteratura greca (Florence, 1863) ; Storia délia lettera-^ tura latina (Florence, 1864) ; Storia delta letteratura italiana (Florence, 1865); Novelle lombarde (Milan,
1868); Racconti storici morali (Milan, 1868): Del Diritto nella storia (Milan, 1869); il Principe Euqenia, memorie del régna d' Italia (Milan, 1870); Storia del popolo (Milan, 1871); DeW Independenza italia^ na, cronistoria (Milan, 1872); Monti e t'elà che tu sua (Milan, 1873); Storia dei erelici (Milan, 1873): Arte antica ed artisti (Milan, i%n) ; Italiani illustri ritratti (Milan, 1875) ; il Conciliatore e i Carbonari Yal^J^* ^V^^'-' ^^^^^^^^ (iella storia italiana (Milan, 1878); gli Ultimi Trenf anni (Milan, 1879); G. Galeazzo Vîsconti (Milan, 1881); Alessandro Manzoni, remmiscenze (Milan, 1882) ; ISuove esigenze di una storia universale (Milan, 1882). — On a traduit en français : Margherita Pusterla (Tournai, 1839, 2 vol. in-8)- Education morale, trad. par Mad. Amable Tastu (Pans, 1841, 4 vol. in-12) ; Histoire universelle, trad. par Eug. Aroux et Pier Silvestro Leopardi (Paris, 1843- 1849, 19 vol. in-8) ; la même, trad. par Ara. Renée, Baudry, Delatre, Lacombe, Noël des Vergers, etc. (Pans, 1857-1859, 20 vol.in-8); Lectures morales, trad. par Louis N. (Châtillon-s-Seine, \^U)\ Histoire de cent ans, 1750-1850, trad. par Am. Renée (Paris, 1852, 4 vol. in-16); Récits d'un instituteur, trad. par A. Pinard (Tours, 1855); Histoire des Italiens, trad. par A. Lacombe (Paris, 1859-1862, 12 vol. in-8); /^5 Hérétiques d'Italie, trad. par Digard et E. Martin (Paris, 1869-1870, 5 vol. in-8); les Trente dernières années, édition française revue par l'auteur (Paris, 1880)* le Carnet d'un ouvrier {?ms, 1881); Abrégé de l'Histoire universelle, par X. de Ricard (Paris, 1883, 2 vol. m-16) ; Beccaria et le droit pénal, trad. par Lecointe et Uelpech (Paris, 1884). — Une médaille d'or a été frappée à son etligie avec cette légende : Cœsari Cantù historiarum totius orbis scriptori (V. la notice mW-iulée Medaglia monumentale in onore di Cesare Cantù; Tunn, 1883); son médaillon, en marbre, a été placé sur sa maison natale à Brivio. R. de Gourmont.
BiBL. : J. Ambrosolt, Cesare Caniti, dans Biblioteca itahana, t. XII, p. 388. - Bianchi-Giovini, Studii criiici sulla bloria universale di Cesare Cantù; Milan, 1846 — La Censure autriehienne et la Presse périodique en Lombardie, dans Revue de Paris, 22 mai 1845.— César Cantù Persécutions de l'Autriche contre lui racontées par luimcme, dans le Correspondant, 25 mars 1848. -- L. de Gaillard, C. Cantù, historien italien, sa vie et ses cewwes(i6iri 25 janv. 1857). — La Civiltàcattolica, l^o série, *' ^kP-J?'^^''^' .®?^'^' t- iV, pp. 206-218, 610-616; t. VI, pp. 672-582 ; 4« série, t, II, pp. 9, 20, 90. — La Revue britfnmque ianv mb, p. 222. - A. Digard, César Cantù; laris 1866. - E. Cauchy, Rapport sur l'histoire de la littérature latine de Cesare Cantù, dans Mémoires de
I Académ.îe des sciences morales et politiques, 1868 — C. Cantù et Alexandre Manzoni, dans Revue politique et hf/eraire 1874. — Cesare Cantù giudicato dalV età sua; Milan, 1881.-- p. Galantî, Gli Uomini del mio tempo : Bologne, 1882, 2«éd. —Francesco de Sanctis, Saggi crihci.— PnncipessaDELLA RoccA,Di Cesare Cantù abozzo biografico; Rome. 188't, in-8. - A.-M.-Antonio Manno. Bozza diuna bibliografia degli scritti stampati de Cesare Cantù; Turin, 1884, in-16. — Juarez et César Cantu. Réfutation des charges que dans son dernier ouvrage VhistoTien Italien fait peser sur le Benemérito d'Amérique' Mexico, 1885, in-8. *
CANTÙ (ïgnazio), littérateur italien, né à Brivio (Milanais) en 1807, mort en 1879, frère du précédent.
II a si peu occupé les biographes que ces dates ne sont données par nous que comme approximatives. 11 fut professeur et écrivit, entre autres ouvrages, quelques contes et nouvelles dont voici un choix : La Torre di Frederigo Barbarossa a Maggiana (Milan, 1838) ; Racconti storici (Mil., 1838); la Giornata misteriosa del conte Minelll (Mil., 1838); Casimiro il bacelliere (Mil., 1841); la Canna mutata in quercia, storia comasca del secolo XII (Mil., 1844); Ardigotto degli Avogadri (Mi!., 1846); / Padiglioni e il facolare, racconti storici (Milan, 1857). H, G,
BiBL. : Giambattista Passano, / Novellieri italiani in prosa; Turin, 1878, t. II, in-8.
CANTUA {Cantua Juss.).
Genre de plantes de la fa-
CANTUA — CANULE
mille des Polémoniacées, dont les représentants, voisins des Cobœa (V. ce mot), habitent, au nombre de cinq ou six espèces, le Pérou et la Bolivie. Le C. dependens iPers. (C. buxifolia Lamk), originaire du Pérou, est cultivé fréquemment en Europe dans les serres tempérées. C'est un arbrisseau, remarquable par ses grandes fleurs disposées en bouquets, lâches à l'aisselle des teuilles supérieures, et présentant un long tube jaune orangé, qm passe au rouge cramoisi et devient de plus en plus vif jusqu'au bord du limbe. Ed. Lef,
CANTUARIA (V. Canterîîurv). , . . , ^ .
CANTWEL ou CANTWELL (André), médecin irlandais, né dans le comté de Tipperari au commencement du xvm« siècle, mort à Paris le 11 juil. 1764. 11 fut reçu docteur à Montpellier en 1725, docteur-régent à Paris en 1742, professeur de chirurgie en 1750. Il combattu a outrance Pinoculation (Paris, 1755), donna une Analyse nouvelle des eaux de Passy (Pans, 1755, in-1i); un Tableau de la petite vérole (Pans, ^^f^^\^^) ^^ nombre d'autres opuscules. L)'' L. Hn.
GANTYRE. Presqu'île montueuse d Ecosse, entre le Firth of Clyde et le Sound of Jura ; à sa base, au N., le Crinan canal, au milieu l'isthme et les lochs de Tarbert. Population gaélique, qui fournit les soldats de la plus haute taille des régiments de highlanders. .
CANUEL (Simon, baron), général français, né dans le Poitou en 1767, mort en 1841. Tout jeune encore il prit part, dans les rangs de l'armée républicame, à la guerre de Vendée, où il se signala par des excès de zèle révolutionnaire qui lui valurent le plus rapide avancement. Aiie de camp du général Bossignol au commencement de 1793, adjudant général dès le mois d'août, il était général de division dès le 28 nov. de la même année. Aussi û'épargnait-il pas les « brigands» royalistes, dont il devait plus tard se faire l'apologiste attendri. Membre du club de Lorient, il rivalisait avec les délateurs et les pourvoyeurs de guillotine, qui ne manquaient pas plus en cette ville que dans beaucoup d'autres. L'exécution de certams de ses chefs et la réaction thermidorienne le calmèrent presque subitement et, pendant quelques mms, il s etlorça surtout de se faire oublier. Sous le Directoire il reparut, fut chareé de réf»rimer dans le Berry la petite insurrection dirigée par Phélypeaux et Hyde de Neuxille (1796) et, chareé du commandement militaire de Lyon, mit cette ville en état de siège après le 18 Fructidor, malgré les réclamations des royalistes. Bonaparte, arrivé au pouvoir, le dédaigna toujours. Non seulement il ne l'employa dans aucune de ses guerres, mais, après Un avmr confié le commandement de la 2« division mihtaire, à Mézieres, puis celai de la 25« à Liège (1806). il le mit à la réforme et resta sourd à toutes ses demandes.
Cette disgrâce, peut-être excessive, porta 1 âme basse et versatile de Canuel à un étrange revirement. En 1814, nous retrouvons l'ancien terronste de la Vendée aux pieds de Louis XVill, qui le fait baron, chevalier de Saint-Louis et lui rend l'exercice de son grade. L année suivante, quand les royalistes de l'Ouest se soulevèrent contre Napoléon revenu de l'ile d'Elbe, ils virent accourir au milieu d'eux Canuel qui, toujours prêt aux excès de zèle, se constitua, lui, lieutenant général, chef d étatmaior du marquis de Larochejacquelein, simple colonel (mai-juin 1815). Après Waterloo, il fit partie de la Chambre introuvable comme député de la Vienne et s'associa sans hésiter à toutes ses fureurs. Jugeant sans doute la palinodie incomplète, il accepta la présidence du conseil de guerre chargé, en mars 1816, de juger le «Général Travot. Ce brave militaire avait jadis combattu fes Vendéens en 1793 et venait de les combattre encore pendant les Cent-Jours. Canuel ne rougit pas de condam ner à mort son vieux compagnon d'armes (dont la peine heureusement tut commuée) et dénonça les mémoires de ses avocats comme attentatoires à la majesté royale. Mis quelque temps après à la tête de la 19« division militaire,
il se rendit à Lyon et trouva bientôt le moyen ^ de se signaler par une conduite encore plus odieuse. C'est en effet à ses menées et à celles de ses agents provocateurs que fut due, en juin 1817, la prétendue conspiration de Lyon, dont il fit si grand bruit et sur l'éclat de laquelle il comptait pour s'assurer à tout jamais la faveur de la cour ; d'anciens soldats, de pauvres paysans mécontents se laissèrent prendre au piège tendu par le général qui, retrouvant les vieux procédés du terroriste, traita la ville de Lyon et les communes voisines en pays conquis et, après plusieurs exécutions sommaires, traduisit devant une cour prévôtale les malheureux dont il avait encombré les prisons. Vingt-huit condamnations à mort furent prononcées. Mais un cri d'horreur s'éleva dans toute la France. Le gouvernement dut l'entendre. Le maréchal Marmont, envoyé à Lyon comme commissaire extraordinaire, reconnut, après "enquête, combien Canuel avait été coupable et obtint qu'il fût éloigné. Le colonel Fabvier, son chef d'état-major, et M. de Sainneville dénoncèrent le général à l'opinion publique dans d'éloquentes brochures qui eurent un immense retentissement. Canuel eut non seulement l'audace d'y répondre, mais celle de traduire ses accusateurs devant les tribunaux. Empnsonné quelque temps lui-même, comme suspect d'avoir pris part, avec certains chefs des ultra-royalistes, à la conspiration du bord de l'eau (1818), il poursuivit avec une étrange ténacité ce procès, au cours duquel cette apostrophe vengeresse lui fut lancée par M« Fabvier, frère et défenseur du colonel : « Nous direz-vous, général, comment il se fait que vous ne vous soyez jamais battu que contre des Français ? » Finalement, les deux prévenus furent condamnés à 3,000 fr. d'amende (28 avr. 1819). Mais Canuel, justement flétri par l'opinion publique, ne put se faire élire député dans son département (sept. 1819), malgré l'appui de Chateaubriand, qui le soutenait par esprit de parti. C'est seulement sous le ministère Villèle, en 1822, qu'il put obtenir dans l'armée un nouvel emploi. Nommé, à cette époque, inspecteur général d'infanterie, il prit part l'année suivante, avec le commandement d'une division, à l'expédition d'Espagne, fut nommé commandeur de la Légion d'honneur (4 oct. 1823) et reçut de Ferdinand Vif le grand cordon de Saint-Ferdinana. Appelé peu après au commandement de la 21« division militaire, à Bourges, il devint le 21 mai 1825, à l'occasion du sacre de Charles X, grand officier de la Légion d'honneur. Après les journées de Juillet 1830, il retusa de reconnaître Louis-Phihpfie. Profondément impopulaire, il fut un moment menacé dans son existence et dut se cacher chez un de ses amis à Bourges. Le nouveau gouvernement le mit à la retraite et il n'attira plus dès lors, l'attention publique. A. Debidour.
BiBL. : Canuel, Mémoires sur la guerre de Vendée en 1815; Paris, 1817, in-8. —Du même, Réponse au colonel Fabvier, sur les événements de Lyon; Pans, 1818, in-8. — Charrier de Sainnenille, Compte rendu des événements qui se sont passés à Lyon depuis l'ordonnance du 5 sent. 1816, etc. ; Paris, 1818, \n-8. - Fabvier, Lyon en 1811; Paris, 1818, in-8. — Du même, Correspondance inédite ~ Général Lamarque, Réponse à M. le lieutenant Qénéral Canuel. ou lettre à l'auteur du Livre intitule Mémoires sur la guerre de Vendée en 1815, suivie d une lettre de M. Duchastel à M. le lieutenant gênerai Canuel ; Paris, 1818, broch. in-8. - Maréchal Marmoxnt, duc de Raguse, Mémoires. - Lesur, Annuaire historique, 181 /, 1818 1819 — De Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations. -^ De Viel-Uastel, Histoire de la Restauration; etc. . , , , . ^
CANULE. Tube d'une longueur variable et ouvert a ses deux bouts, servant à divers usages médicaux ou chirurgicaux. La canule est, suivant l'usage auquel on la destine, droite ou courbe, flexible ou rigide. Elle peut être en plomb, en argent, en ivoire, en os, en caoutchouc, ou en toute autre substance analogue La ea^iule de Reybart était autrefois tort employée pour l'opération de ïempyème (V. ce mot) ; elle se composait essen* tiellement d'un tube, à l'une des extrémités duquel on fixait un manchon de baudruche humide. Le liquide à