‹ La Grande encyclopédieChapitre 58 sur 397 · CAP-BRETON — CAPE · texte numérisé non relu

CAP-BRETON — CAPE

fiord s'élargit au centre et forme comme une petite mer intérieure, de 45 à 90 m. de protondeur; au N. de l'ile sont la baie d'Aspey, les caps Nord et Saint-Laurent ; au S.-O. la baie Saint-Georges, sur la côte S.-E. l'Ile Ardoise; au N.-E., au large du Cap-Breton, l'île Scutari. Le climat est froid et humide; la partie orientale, plus basse, a de belles mines de houille ; c'est la plus peuplée ; la moitié occidentale est plus haute, plus froide et presque inhabitée sur les plateaux de 300 m. qui se trouvent au N. On cultive de l'avoine, des pommes de terre ; l'exploitation des forêts donne de bons résultats. Une grande partie de la population vit de la pêche. Au point de vue politique, l'île du Cap-Breton est rattachée à la Nouvelle-Ecosse. La capitale est Sidney, à l'entrée du Bras d'Or ; il faut citer encore Louisbourg, l'ancienne capitale. La majorité des habitants sont d'origine écossaise gaëhque; il y a encore plus de^ 10,000 descendants des Acadiens,

L'île du Cap-Breton fut d'abord fréquentée par les pêcheurs de morue français; en 1712 les Acadiens s'y étendirent. En 1714, l'île fut exceptée de la cession de l'Acadie aux Anglais, et on y organisa une colonie importante autour de Louisbourg ; on lui donna le nom à' lie Royale, En 1763, elle fut comme le Canada cédée aux Anglais, qui l'occupaient depuis 1758.

BiBL. : Brown, History of the island of Cape Breton ; Londres, 1869.

CAPDENAC. Com. du dép. du Lot, arr. et cant. de Figeac, sur le sommet d'une colline dominant la rive droite du Lot ; 1,^09 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans, ligne de Limoges à Toulouse, embranchements sur Arvant, Rodez et Cahors. La station du chemin de fer, située sur la rive gauche du Lot, est dans la com. de Saint-Juliend'Empare, dép. de l'Aveyron ; elle est reliée au bourg par une route qui franchit le Lot sur un pont suspendu.

Plusieurs archéologues ont placé à Capdenac la ville gauloise A' Uxellodunum ; ils s'appuyaient sur les vestiges anciens mis à découvert à plusieurs reprises et notamment lors des fouilles exécutées au commencement du siècle par les Champollion. On s'accorde aujourd'hui à placer cet oppidum au Puy dissolu (V. ce nom). Quoi qu'il en soit, Capdenac est certainement une ville fort ancienne ; les.Visigolhs et les Francs l'ont successivement occupée. Au moyen âge, Simon de Montfort tenta vainement de s'y établir. Au xv® siècle, les Anglais l'occupèrent quelque temps et y subirent un échec ; les routiers la saccagèrent; au XV® siècle elle joua un rôle dans les guerres de religion ; les calvinistes en firent une de leurs places de sûreté. Sully en fut seigneur et y résida à diverses reprises après la mort de Henri IV.

Capdenac a conservé de nombreux restes de ses anciennes fortifications ; les plus anciens de ses remparts peuvent remonter au xii® siècle, la majeure partie de ce qui subsiste appartient au xiii® et au xvi® siècles. Au N. sont deux portes gothiques, précédées d'une barbacane et un donjon carré, avec tourelles en encorbellement relié au château par une courtine. Le château lui-même a été presque complètement modernisé. A rO. sont les ruines d'une autre porte gothique également précédée d'une barbacane. Un escalier de cent trente marches, protégé par des murailles percées de meurtrières, descend du bourg à la fontaine dite de César, qui sort des rochers auprès du Lot. — Un canal souterrain traverse l'isthme formé par le Lot pour abréger la navigation. — Important commerce de volailles trutfées.

CAPDEULH. Principal manoir, château ; du bas latin capdotium, altération de capitolium. L'aîné du premier mariage prenait le capdeulh par préciput, dans la succession du père (routumes de Bayonne, de Dax, de Saint-Sever). Cette dernière comprenait dans le capdeulh le jardin contigu au château. Dans la coutume de Bayonne, la maison principale était appelée la Lar, On disait aussi capdal et capdau. G. R.

GRÀNDi: ENCYCLOPÉDIE. — IX.

UANGE, uiossarium, t. il, v» Capdohum. —

;, Glossaire du droit français j\* Capdeulh,—

méthodique, Jurisprudence^ t. II, v* Cap-

BiBL. : Du Cange, Glossarium, t. 11,

DE Laurière, '"

Encyclopédie deulh.

CAPD'HOML Ce mot désigne, dans le Fors général du Béarn, l'état et la condition des personnes. Les causes qui regardaient l'état des personnes, ou capd'homi, étaient jugées par la cour plénière de Béarn. G. R.

BiBL. : DE Marca, Histoire de Béarn, liv. V, chap. m, n*» 3. —- A. Mazure et J. Hatoulet, Fors de Béarn, pp. 71 et 75.

CAPDOLH (Pons de), troubadour (V. Chapteuil [Pons de]).

CAP D ROT. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Bergerac, cant. de Monpazier ; 1,061 hab.

CAPE. L Archéologie. — Ainsi que son nom l'indique, la cape fut longtemps un manteau à capuchon. Son origine remonte à l'antiquité classique ; la pœnulUy dont Mercure est quelquefois revêtu, n'est pas autre chose que la cape ou pluvial que le moyen âge à emprunté à l'antiquité. La cape était formée d'une pièce de drap parfaitement ronde, au centre de laquelle se trouvait une ouverture qui donnait passage à la tête, un capuchon était généralement attaché près de cette ouverture ; pour se servir des mains il fallait relever les deux côtés de la cape sur les bras. Au moyen âge, la forme antique continua à être usitée, cependant la cape reçut quelques modifications, la plus importante fut le prolongement en ligne verticale de l'ouverture centrale, la cape fut donc ouverte sur le devant du cou jusqu'aux pieds, une agrafe et plus tard une bande d'étoffe placée près du menton la retenait fixée sur les deux épaules; sous cette nouvelle forme elle devint la chape ecclésiastique (V. ce mot). Plus tard la cape reçut encore deux autres ouvertures qui servirent d'abord à passer les bras, mais bientôt on prit l'habitude de porter la cape d'une façon qui changea complètement l'aspect que présentait ce vêtement : la personne qui endossait la cape passait la tête par l'une des ouvertures destinées aux bras, au lieu de se servir de l'ouverture centrale ou goule, puis elle ramenait la grande ouverture qui dans la chape descendait jusqu'aux pieds, devant l'un des bras qui se trouvait absolument libre. Ainsi portée, la cape constituait un superbe vêtement aux plis largement disposés ; les bandes de broderie qui ornaient le capuchon et les ouvertures ajoutaient un caractère de richesse et de somptuosité à ce manteau magnifique, peut-être le plus beau Têtement qui ait été porté depuis l'antiquité classique.

L'usage de la cape fut général au moyen âge, et il se continua longtemps après la Renaissance. Comme on le pressent, les formes en furent très variées, il y eut des capes de parade, des capes qu'il était fort honorable de porter. Au commencement du moyen âge, certaines capes magnifiquement ornées devinrent un des insignes de la plus haute fonction ; jusqu'à nos jours le manteau royal, sans conserver absolument la forme de la cape, garda l'idée de puissance suprême attachée dans certaines circonstances au port de ce vêtement. Il y eut des capes de guerre, des capes pour aller à pied, les gens du peuple et les paysans portèrent une cape froncée autour du cou, dont l'usage s'est perpétué jusqu'à nous dans certaines parties de la France. Nous voyons encore aujourd'hui aux bergers de quelques contrées de la Gascogne, un court manteau rayé, qui n'est pas autre chose que l'ancienne cape, dont la limousine de nos rouliers nous conserve aussi le souvenir ; la cape à l'usage des lemmes fut longtemps une simple pièce d'étoffe très peu façonnée, dont elles s'enveloppaient de la tête aux pieds ; les paysannes de certains points de la plaine de Tarbes, portent encore une cape dont la partie supérieure forme capuchon et qui descend jusqu'aux pieds; cette cape s'est conservée dans d'autres contrées, mais seulement comme vêtement de deuil ; enfin himante^ encore très répandue,

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