CAPE — CAPECE
n'est pas autre chose qu'une cape froncée et à capuchon, dont se servent les femmes.
On a donné le nom de cape à des vêtements de formes différentes, portés par les soldats à diverses époques. Au XYi® siècle, la cape militaire était un petit manteau orné d'un col carré, rabattu sur le dos ; un peu plus tard, on distingue plusieurs genres de capes, par exemple la cape de Béarn, petit surtout à capuchon en grosse laine, porté par les matelots et les oifîciers gascons, la cape à collet droit, la cape à collet rabattu, la cape espagnole, qui se portait drapée autour du torse. Les toreros espagnols font usage, pendant la course, d'un manteau qu'ils nomment la capa, et qui leur sert à tromper le taureau. Pour la promenade autour de l'arène, avant la course, ils se couvrent d'un manteau semblable, mais d'étoffe plus riche, qu'ils portent drapé à l'ancienne mode. Pendant les dernières années du règne de Louis XIV, ou donnait le nom de cape à une coiffure ornée de dentelle que portaient les dames, C. Leymarie.
IL Marine. — Lorsqu'un navire fait route et que la brise fraîchit de plus en plus, il doit diminuer progressivement sa voilure pour ne pas faire d'avaries et pour éviter une trop grande fatigue par le fait de sa marche dans une mer de plus en plus forte. Il arrive cependant un moment où il lui devient impossible de continuer sa route : il se résout alors à fuir devant le temps, ou à prendre la cape. Dans le premier cas, il laisse porter vent arrière, de manière à se dérober par sa vitesse à la violence du vent et de la mer ; dans le second au contraire, il reçoit le vent un peu sur l'avant du travers , avec une voilure très réduite. La vitesse en avant que lui donneraient ses voiles est alors annulée par l'effet opposé du vent sur sa coque et sur sa mâture ; le navire n'avance plus, mais le vent le poussant par le travers, il dérive. Il se produit alors un phénomène grâce auquel un bien petit bâtiment peut braver sans danger de très grosses mers; car en dérivant, il laisse au vent, par son travers, un remous dans lequel les lames, qui devraient l'atteindre, perdent leur force vive et se transforment en houle. Le navire est donc protégé par ce remous et peut ainsi attendre la fin du mauvais temps sans trop fatiguer, et quelquefois en n'embarquant que très peu d'eau. L'important est donc de se maintenir toujours sous le vent du remous protecteur, et l'on peut dire qu'à ce point de vue, chaque type de navire possède une disposition de voiles avec laquelle il capaye mieux qu'avec toute autre. Les voiles ordinairement employées sont le petit foc ou la trinquette, le grand hunier ou basris, l'artimon, les goélettes, groupés de différentes manières d'après l'espèce de bâtiment ; le grand hunier présente l'avantage de n'être pas masqué dans le creux de lames, et de bien appuyer le navire. Si la cape est molle, c.-k-d. si le navire porte trop de voiles à l'avant, le navire conserve encore de la vitesse, sort de son remous et reçoit sur l'avant le choc des lames ; si au contraire, la cape est ardente, il vient dans le vent, cule et abat, puis, reprenant de la vitesse, revient dans le vent, etc. ; il en résulte une série d'embordées pendant lesquelles le navire non seulement sort de son remous, mais cule contre une grosse mer, ce qui l'expose à de graves avaries dans le gouvernail. Il faut donc avant tout éviter une cape ardente. Sur un navire à la cape, la manœuvre de la barre doit être l'objet d'une surveillance spéciale, car toute avarie survenue au gouvernail peut dans ces circonstances devenir funeste. Pour maintenir le navire au vent, on est généralement obligé de conserver de la barre dessous, mais il faut la dresser lorsqu'on voit arriver une forte lame, car son choc contre la surface inclinée du gouvernail pourrait en avarier les ferrures ; il faut aussi prendre garde de ne pas abandonner la barre à elle-même, car elle pourrait se briser en venant heurter brusquement contre le bord. — Lorsqu'un navire est à la cape et que les variations dans Tintensité du vent ou le voisinage de la terre l'obligent à changer d'amures,
1 évolution ne peut s'accomplir que par un virement de bord lof pour lof ; cette manœuvre est très délicate, car le navire en abattant peut recevoir de dangereux paquets de mer par l'arrière et ensuite par l'avant lorsqu'il loffe contre les lames. Les voiles doivent être manœuvrées avec précaution pour les empêcher de battre sous l'action d'une brise très fraîche et il faut gouverner de manière à éviter autant que possible les fortes lames parles hanches. Nous ne saurions entrer ici dans de plus grands détails et nous renvoyons pour l'étude complète de la question au remarquable Traité des évolutions et allures de M. le contre-amiral Mottez, publié dans la Revue maritime et coloniale de 1873, et dans la Théorie du navire de M. E. Guyon (Paris, 1887).
Les bâtiments à vapeur peuvent prendre la cape sous vapeur soit vent debout, soit au plus près des goélettes, leur machine marchant à petite vitesse. E. G.
BiBL. : Archéologie. — Bernard de Montfaucon, les Monuments de la monarchie française avec les figures de chaque règne que l'injure du temps a épargné ; Paris. — WiLLExMiN, Monuments français inédits pour servir à l'histoire des arts du costume, etc., 1826-33.— Abr. imperii ac sacerdoti ornatus diversarum gentium peculiarts vestitus color. Abr, Bruin excudebat, 1578. — Omnium pêne Europœ, Asiœ, Africœ et Americœ gentium habitus elegantissime œre incisi quibus accedunt romani pontifici cardinalium episcoporum, omnium ordinum monachorum et religiosorum habitus; Anvers, 1581.
CAPECE (Scipione), poète italien, né à Naples à la fin du xv^ siècle, mort vers 1562. 11 s'illustra à la fois comme jurisconsulte et comme littérateur, fut l'ami de Garcilasso de la Vega, le protégé d'Isabelle Villamarini, administrateur des domaines du prince de Palerme. On ;a de lui, entre autres ouvrages : De divo Joanne-Baptista vate maximo lihri 111 (Bâle, 1 542), réimprimé dans les Poemata sacra prœstantiumpoetarum (Venise, 1546); Quodcumveterum etiam majestate conferri queat. De Principiis rerum lihri II (Venise, 1546); ce dernier poème fut traduit en vers libres italiens par le P. Ricci (Venise, 1754); Elegiœ (Naples, 1^9^!); Epigrammata (Naples, 1594); Magistratuni rôgni Neapolis qualiter cum antiquis Romanorum conveniant compendiolum ; nunc demum recognitum et instauratum (Naples, 1594) ; Super titulum de acquirendo possessionem uhi multum in practica et in materia feudorum et constitutione regni continentur (iXaples, s. d.) . Son nom, latinisé, devient assez souvent Capycius. R. G.
BiBL. : Niccolô Toppi, Biblioteca napoletana; Naples,
CAPECE (Carîo-Sigismondo), poète dramatique italien, né à Rome le 21 juin 1652, mort en 1719, Il fit la plus grande partie de ses études en Espagne, voyagea en France à la suite du cardinal Maidalchini, devint secrétaire du cardinalCasanata, juge d'Etat sous Alexandre VIII et gouverneur de Terni, de Cascia, d'Assise sous Innocent XII. Fixé à Rome, enfin, il composa ses pièces tout en servant la reine Marie-Casimire de Pologne, en qualité de lecteur pour les lettres italiennes et latines. Il fut membre des Académies des Infecondi, des Imperfetti, des Umoristi, des Pellegrini, sous le nom de Gismondo del Pincio, des Spensierati, des Arcadi, sous le nom de Metisto Albiano. Son théâtre comprend : VAmor vince fortuna (Rome, 1686); il Figlio délie selve (Rome, 1687); IGiochi Jroiani (1688) ; la Clemenza di Au-gusto (1688) ; la Contesa délie stagioni (1698) ; il Tebero fatidico (1704); Silvia (1710); VOrlando, ovvero la gelosa pazzia (1711); Tolomeo e Alessandro ovvero la corona disprezxata (1711) ; letide in Sciro (1712); Creder morte chi se vede (1713); Iflgenia in Tauri (1713); la Schiava' combattuta (1714); Tito e Bérénice (il H); la Gelosia schernita (Bologne, 1714) ; Amor d'un' Ombra e Gelosia d'un' Aura (Rome, 1714) ; il Vecchio Avaro (1716); il Visir discacciato (1718); il Trionfo di Amore (1718); êi Dottor impaurito (1719) ;z/ libérale gradito (1719); la Finta Pazzia