‹ La Grande encyclopédieChapitre 6 sur 397 · CANARIES · texte numérisé non relu

CANARIES

s'étaient an peu modifiées. Parmi ces nouveaux venus, il s'en trouva qui travaillèrent les parois de leurs grottes et quelques-uns môme construisirent des maisons en pierres sèches. Dans certaines localités, au lieu de déposer leurs morts dans des grottes, ils les inhumèrent dans des fosses qu'ils recouvrirent de turaulus de terre ou de scories volcaniques. Mais le plus souvent, ils furent obligés d'adopter les usages des Guanches ; tous, par exemple, remplacèrent le métal par la pierre. C'est que, dans l'archipel, ils ne trouvèrent pas de minerais, et, comme il n'existait pas de relations entre les Canaries et le monde extérieur, ils durent se contenter des matériaux qu'ils trouvaient à leur portée. Pourtant, malgré toutes ces invasions, le type primitif n'avait pas disparu au xv® siècle et il s'était conservé assez pur à Ténériffe notamment. Aujourd'hui encore, on le retrouve dans le sud de cette île, bien que les Canaries aient reçu, depuis l'arrivée de Béthencourt, des Normands, des Gascons, des Espagnols, des individus de presque toute l'Europe et jusqu'à des Nègres. Toutes ces races, en s' alliant entre elles et en se croisant avec celles qui les avaient précédées, donnèrent naissance à une variété considérable de métis. Seule, la population des villes, qui se compose surtout de commerçants, est presque entièrement espagnole. Les habitants des campagnes, malgré leurs croisements multiples, se considèrent comme de purs hidalgos ; ne parlent-ils pas espagnol ? ne sont-ils pas catholiques ? ne se vêtissent-ils pas à peu près à l'européenne ? Ils ont eu cependant de la peine à s'habituer à nos chaussures et beaucoup préfèrent encore les porter sur la tête ; les hommes, gênés par notre pantalon, mettent une sorte de caleçon immensément large qui leur descend aux genoux. La religion doit leur parler aux yeux ; certaines cérémonies sont absolument grotesques et, si elles ont l'attrait de véritables spectacles, elles n'ont pas déraciné les superstitions les plus bizarres. L'espagnol parlé par les paysans canariens renferme un nombre important de mots du xv^ siècle; il contient aussi des mots empruntés à la langue des anciens insulaires. On trouverait encore, chez la population actuelle, beaucoup de coutumes qui lui ont été léguées par ses ancêtres indigènes ; un bon nombre d'habitants vivent dans des grottes, comme les troglodytes d'autrefois ; tous se nourrissent de gofio, et l'eau est restée leur boisson habituelle. Il est des bergers qui se servent d'une coquille de patelle en guise de cuiller et qui s'éclairent au moyen de graisse brûlée dans une coquille semblable ou dans une pierre légèrement creusée. Je pourrais multiplier les exemples et citer une grande quantité de faits qui démontrent que les races anciennes ont contribué dans une large mesure à la formation de la population moderne.

Les îles Canaries forment aujourd'hui une province d'Espagne organisée sur le même plan que celles de la mère patrie. D'après le recensement de 1879 elles comptent une population totale de 280,388 hab. La capitale est Sainte-Croix (Santa^Cruz), dans l'ile de Ténériffe. Cette ville ne possède que 16,319 hab., tandis que Las Pal mas, la ville principale de la Grande Canarie, en renferme plus de 24,000, quoique, pour des raisons budgétaires, la statistique officielle n'ait accusé en 1879 que 17,969 hab. Las Palmas était d'ailleurs la capitale delà province et le redeviendra sans doute d'ici peu, son port lui donnant de jour en jour une importance plus grande. A Sainte-Croix de Ténériffe se trouve le siège du gouvernement militaire et du gouvernement civil, ayant à leur tête, le premier un capitaine général et, le second, un gohernador dont les fonctions sont celles de nos préfets. Le gouverneur civil a, sous ses ordres, non seulement le sous-gouverneur de Las Palmas, mais aussi les maires élus des quatre-vingt-onze communes de l'archipel et la police municipale. Le gouverneur militaire commande à l'armée et à la gendarmerie ou guardia provincial ; il a, comme auxiliaire, un sous-gouverneur qui réside à Las

CANARIES — CANARIUM -

Palmas et qui a le rang de général de brigade. C'est aussi dans cette ville que résident l'ingénieur en chef des ponts et chaussées et la cour d'appel (andiencia) ; cest là qu'était le siège de Févôché. Aujourd'hui, la province est divisée en deux évêchés : l'un des titulaires continue à vivre à Las Palmas, la seule ville qui possède une cathédrale ; le second à sa résidence à La Laguna, dans l'île de Ténéritfe. Tous les services de l'Etat ont des délégués dans l'archipel ; un seul rameau du département des finances fait exception : c'est la douane. Les ports canariens sont, en eflet, affranchis des droits de celte catégorie. Les iles Canaries envoient à Madrid leurs sénateurs et leurs députés (diputados à Certes) ; elles nomment leurs conseillers généraux (diputados provinciales)^ qui se réunissent à Sainte-Croix de Ténérilie.

L'archipel est un pays pauvre. L'absence totale de raines et d'industrie le prive de sources importantes de revenus. Malgré la fertilité exceptionnelle du sol, la fréquence des grandes sécheresses jointe à la faible superiicie des terrains susceptibles d'être mis en culture et aux procédés primitifs employés par les paysans permettent à peine aux Canaries de produire la quantité de céréales nécessaire à l'alimentation de leurs habitants. Les truits se récoltent en plus grande abondance et on exporte déjà des figues, des amandes, des oranges, des bananes. Cette branche de commerce est susceptible d'une grande augmentation, et on commence à y joindre le trafic des primeurs. Le produit qui naguère donnait les plus beaux résultats, était la cochenille. En 1881, il en a encore été embarqué 6 millions de kilogr. Le bas prix auquel elle est tombée aujourd'hui (0 fr. 94 la livre) tend à la faire délaisser complètement. On remplace les nopals, qui servaient à cet élevage, par de la canne à sucre, du tabac et de la vigne. La canne ne peut être cultivée que dans les endroits irrigués ; le tabac est d'une excellente qualité, mais d'un débouché assez difficile. Aussi ces deux produits ne permettent-ils pas de fonder sur eux de très grandes espérances. La vigne, au contraire, donne ces excellents vins secs ou doux (muscat et malvoisie) qui sont, à juste titre, considérés comme les meilleurs vms de dessert connus. Mais les Canariens ne doivent pas compter sur une culture unique ; ce n'est qu'en améliorant leurs procédés agricoles qu'ils pourront récolter en assez grande quantité les produits si variés qui poussent dans leur pays pour en taire un commerce d'exportation. L'industrie de la pêche est également appelée à un avenir dans ces parages si poissonneux. Et, aujourd'hui, des débouchés s'otlrent de plus en plus faciles. Grâce aux nombreuses lignes de paquebots qui touchent aux Canaries, grâce au télégraphe qui les relie à l'Europe, ces îles sont en communication constante avec l'ancien et le nouveau monde. Dans les huit preujiers mois de l'année 1888, il est entré 478 navires à vapeur dans la rade de Sainte-Croix de Ténériffe et 637 dans le port de Las Palmas. La prépondérance qu'a acquise cette dernière ville tient au magnifique port de refuge qu'on construit dans la baie de La lux>, port qui abrite, depuis un an, les navires du plus fort tonnage. Ce mouvement considérable assure, dorénavant, un débouché certain aux productions des îles. Il devient facile d'amener les produits dans les ports d'embarquement : pour remplacer les périlleux sentiers d'autrefois, on construit des routes et, depuis le mois d'août, des navires à vapeur, bien aménagés, remplacent les atlreuses goélettes qui faisaient seules le service interinsulaire. Le commerce d'exportation devant fatalement augmenter dans une proportion notable, on doit s'attendre à voir se développer, dans les mêmes proportions, celui d'importation. Il s'est élevé, dans ces dernières années, au chifire moyen de 10 millions de francs environ; il consiste en charbon, en étoffes, en articles de modes et de toilette et en objets manufacturés de toutes sortes. Puissent les Français ne pas laisser échap-

per ce commerce, naguère concentré entre leurs mains !

D'' R. Verneau.

BinL. : P. BoxTiER et J. le Verrier, Histoire de lapremière descouverle et conqueste des Canaries, failedesVan 1^02 par messire Jean de Betliencouft ; Paris, MDCXXX, iri-S. — J. DE ViERA Y Clavijo, Noticias de la Hiatoria gênerai de las înias Canarias ; Madril, 1772, in-4, et Santa-(Vuz de Ten rii'e, 1872, 4 vol. ia-8. — J. Bory de Saint- Vincent, Essai sur les îles Fortunées et Vandque Atlantide; Paris, germinal an XI, in-4. — L. de Buch, Description physique des îles Canaries, tràd. de l'allemand par C. Boulanger; Paris, 1836, in-8. — P. Barker Webb et S. Berthelot, Histoire naturelle des iles Canaries ; Paris, 1836-50, 9 vol. gr. in-4. -— J. de Abreu Galindo, Historia de la Conquista de las siete Islas de Gran Çanaria (écrite en 16oi); La La.cçuna, I8i8, in-8. — C. Philippe de Kerhallet et A. le Gras, Madère, les îles Salvages et les îles Canaries; Paris, 1868, in-8. — G. Chîl Y Nara^jo, Est udioshistôricos, climatôlogicos y patolôgicos de las Islas Canarias (iireaiiere partie) ; Las Palmas de Gran-Canaria, 1876, in-4. — S. Calderon y Arana, Resena de las rocas de ta Gran Canaria ; Madrid, 1876, in-8. — A. Millares, Historia gênerai de las Islas Canarias ; Las Palmas, 1882, iti-8. — D'- H. Verneau, Rapport sur une mission scientifique dans Varchipet Canarien; Paris, 1887, in-8. —- Du même, Cinq années de séjour aux îles Canaries; Paris, 1889.

CANARIS (Constantin), célèbre marin grec, né dans nie d'ipsara en 1790, mort le 15 sept. 1877. II était capitaine d'un petit navire de commerce quand éclata Tinsurrection qui devait délivrer la Grèce. Canaris ligure au premier rang des héros qui affranchirent leur patrie, autant par leurs exploits que par l'enthousiasme et la sympathie qu'ils excitèrent dans TEurope chrétienne. Il débuta en lançant deux brûlots sur la flotte turque, qui venait de réduire l'île de Chio, et en taisant sauter le navire amiral (nuit du 18-19 juin 18i2!2). Le 2:2 nov. 1822 il brûlait de nouveau à Tenedos le navire amiral ottoman. Ses compatriotes d'ipsara lui décernèrent une couronne de laurier. En 1824, l'Ile d'ipsara tomba au pouvoir des Turcs; Canaris continua de déployer son audace sous les ordres de Miaulis. Après divers échecs, il brûla à Samos une trégate et des transports (17 aotit 1824), puis une corvette dans le port de Metelin (oct. 1824). En 1825 il essaya d'incendier la flotte égyptienne, réunie dans le port d* Alexandrie, afin de porter en Morée les troupes de Mehemet-Ali. Le vent contraire rejeta ses brûlots en pleine mer où ils se consumèrent inutiles. En 1826, on confia à Canaris la frégate Helias ; en 1827 il fut élu député d'ipsara à l'Assemblée nationale hellénique. 11 s attacha à Capod'Istria,qui le nomma commandant de la place de Monembasia, puis d'une escadre. Après l'assassinat de Capo d'Islria, il se retira à Syra. Le roi Otton le nomma capitaine de vaisseau de première classe, puis sénateur (1847). Il fut ministre de la marine et président du conseil de 1848 à 1849, et de nouveau ministre de la marine de mai 185i à mai 1855, En 1857, le roi Otton chercha à le gagner, mais sans y réussir. En janv. 1862, Canaris redeVint président du conseil. Son programme comportait la dissolution de la Chambre, la formation d'une garde nationale et la désignation d'un successeur au roi. Il dut se retirer; en octobre il s'associa à l'insurrection qui renversa le monarque impopulaire. Il siégea dans le gouvernement provisoire, fut l'un des députés qui allèrent à Copenhague offrir. la couronne au prince Georges. II présida le premier ministère du nouveau roi (lN6i-6o) et se retira bientôt avec le grade de vice-amiral et le titre d'inspecteur général de la flolte. En juin 1877, les partis réconciliés pour une action patriotique commune au moment de la guerre russo-turque, appelèrent Canaris à la présidence d'un cabinet de coalition où il occupa le ministère de la marine.

CANARIUM. 1. Malacologie. — Genre de Mollusques- Gastéropodes - Prosobranches -Tœnioglosses , institué par Schumacher en 1 81 7 pour une coquille à spire peu allongée, un peu aiguë ; ouverture étroite, entière postérieurement et retrécie, terminée par un canal court; le bord externe tranchant, bordé extérieurement, non dilaté, strié à Fin-

CANARIUM - CANAYE

Canarium urseus L.

térieur; columelle calleuse, striée à la base. Swainson, en 1840, a établi un genre Strcwbiâea qui correspond exactement aux Canarium de Sr-bumacher. Le C. urseus Linné habite, comme ses congénères, les mers de l'Océanie, les côtes de Chine, des îles Philippines. J. Mabille.

IL BoTANiouE. — {Cana-' rium L.). Genre de plantes de la famille des Térébinthacées et du groupe des Bursérées, composé d'arbres à feuilles alternes, à Heurs hermaphrodites ou polygames, disposées en grappes axiilaires ou terminales. Le fruit est une drupe allongée, dont le noyau, très dur, renferme une seule graine à embryon épais et huileux.

— On connaît une soixantaine d'espèces de ce genre, réparties dans toutes les régions chaudes du globe. Plusieurs d'entre elles fournissent des produits résineux et balsamiques. Tels sont notamment le C. sylvestre Gaertn., des îles de la Sonde, auquel on attribue la production de la Résine ou Gomme Caragne d'Amborne, le C. zephyrinum Rumph., qui donne la Hésine de la Nouvelle-Guinée à odeur d'élémi, le C, cornmîine L. ou AbilOy des Philippines (V. Abilo) et le C. mauritianum Bl. (Hursera paniculata Lamk, Colophania mauritiana Comm.), de File Maurice, dont l'écorce exsude une grande quantité d'une huile limpide à odeur de térébenthine, qui acquiert rapidement, à l'air, une consistance butyreuse et constitue alors la Colophane bâtarde de Madagascar, Ed. Lef.

CANAROIE (Ornith.). Nom français, assez incorrect, employ«^par Lesson(7Vaii6^ d'ornithologie, 1831, p. 683) pour désiiïner le genre Anseranas (Y. ce mot). E. Oust. CANASILLES (Henri), diplomate français du xvii® siècle. Par lettres patentes du 25 juin 1634, Canasilles fut nommé consul de la nation française à Dantzig et à Koenigsberg. 11 préla dans ce poste le concours le plus utile à d'Avaux et aux antres ambassadeurs français pour les affaires du Nord. Il occupait encore ces fonctions en 1657. L. F.

CANASTRA (Serra da). Nom d'une partie de la chaîne de partage du Grand massif du Brésil (Serra das Yertentes) où se trouvent les sources du Sam Francisco (prov. de Minas Geraes) et celles du Rio das Yelhas. — Il y a encore au Brésil deux rivières du nom de Canastra, l'une affluent du Sam Francisco, l'autre, affluent du Paranahyba. R.-B. CANASTR>€UM promontoriom. Pointe S.-E. de la presqu'île de Pallène (Cassandra), aujourd'hui cap Paliouri.

CANAULES-et-Argentière. Corn, du dép. du Gard, arr. du Yigan, cant. de Sauve; 399 hab.

CANAVAG6IA. Com. du dép. de la Corse, arr. de Bastia, cant. de Campitello ; 6U0 hab. Elle fit partie jusqu'en 1875 du cant. de Castifao, arr. de Corte, et joua par sa position un rôle important dans les guerres dont ta Corse a été le théâtre.

CANAVALI (Canavali Adans.). Genre de plantes de la famille des Légumineuses-Papilionacées et du groupe des Phaséolées, composé d'herbes volubiles à feuilles trifoliolées et stipulées, à fleurs disposées en grappes axiilaires et à corolle conformée comme celle des Haricots. Le C.cathartica Dup.-Th. est employé, dans l'Inde, comme purgatif. CANAVARRO (David), officier brésilien, né dans la province de Rio Grande do Sul le 22 août 1793, mort le 12 avr. 1867. Il servit dans l'armée brésilienne de 1825 à 1828. Lorsque la révolution éclata dans la prov. de Rio Grande do Sul (1835), il obtint un commandement dans l'armée républicaine et battit les impérialistes à Arroio Grande (1836). En 1839, ayant en sous-ordre

Garibaldi, il envahit la province de Sainte-Catherine et s'empara de Laguna. (Quelques mois après, il fut obligé d'abandonner cette position et de battre en retraite devant les troupes du général Andréa, baron de Caçapava (V. ce nom); la flottille de Garibaldi fut détruite par les impériaux. Général en chef de l'armée républicaine, il attaqua sans succès le général Ribeiro à Poncbe Yerde (1843) et se laissa surprendre et battre à Porongos (4844) par le baron de Jacuhy. Après la pacification de la province (1845), le gouvernement impérial lui donna le titre honorifique de général de brigade. 11 figura encore dans la guerre de 1851-52 et dans la campagne de 1865 à Rio Grande do Sul contre les Paraguayens. R.-B.

CANAVASSI-Garnier (M^^^), cantatrice scénique italienne. Elle s'était fait une grande réputation dans sa pairie, lorsqu'à la fin de 1805 elle fut engagée à V Opéra' Biiffa de Paris. Elle y parut d'abord dans un concert, le 27 déc, et fit réellement son premier début le 30 janv. 1806, dans te Cantatrice villane, de Fioravanti. La pureté de sa voix mélodieuse, son excellente méthode de chant et ses rares qualités de comédienne lui valurent un succès éclatant. Sous ce dernier rapport elle était aussi remarquable dans le genre comique que dans le genre dramatique. Elle se montra successivement dans la Moglie corretia, la Prova d'un opéra séria, il Podesta di Chioggia, i Nemici gêner osi, etc. Au bout de deux années elle retourna en Italie.

CANAVEILLES. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, air. dePrades, cant. d'Oleite ; 209 hab. Canaveilles est connu par ses eaux thermales ; sur le territoire de cette commune, la route de Prades à Monllouis longe des gorges qui comptent parmi les plus belles des Pvrénées.

CANAVERI (Giovanni-Battista)), évêque de Verceil, né en 1753 à Borgomaro, mort à Verceil le 13 janv. 1811. Il se distingua de bonne hmre comme prédicateur, admiré surtout par la facilité avec laquelle il improvisait ses sermons. En 1792 il fut nommé évéque de Bielle; et il se démit de cet évêché en 1804, pour faciliter la réorganisation des diocèses conformément au Concordat. Par suite de cette réorganisation, il fut promu à l'évéché de Verceil, auquel se trouvait réuni celui de Bielle; bientôt après, il fut nommé aumônier de madame Mère (Laetitia) et membre du conseil de la grande aumônerie. — Ouvrage principal : Notizia compendiosa deimonasterj délia Trapa fondait dopo la revoluzione di Francia (Turin, 1794, in-8).

CANAYÉ (Philippe), sieur du Fresne, diplomate français, né à Paris en 1551, mort le 25 fév. 1610. l\ était lils de Jacques de Canaye, conseiller au parlement, né vers 1513, mort le 4 fév. 1593, qui le fit élever dans la religion réformée. 11 alla d'abord voyager en Allemagne, en Italie, à Constantinople, et ne revint en France qu'en 1577. 11 a écrit sous le titre à' Ephémérides le récit de ses voyages. A son retour, Henri 111 le nomma conseiller au grand Conseil. Il s'attacha ensuite à la fortune d'Henri IV, qui le chargea en 1586 d'une mission en Angleterre pour y contracter un emprunt, puis en Suisse en 1588. Après l'avènement au trône de ce prince, Canaye fut de nouveau envoyé auprès d'Elisabeth et des princes protestants d'Allemagne pour leur demander des secours contre la Ligue. Chargé, en 1595, de présider la Chambre mi-partie de Castres, il fut encore, en 1597, député de la Haute-Guyenne à l'assemblée réformée de Châtellerault. En 1600 il tut choisi coînme juge de la conférence de Fonlainebleau entre le cardinal du Perron et du Plessis- Mornay. Il se convertit au catholicisme l'année suivante et fut nommé amba'^sadeur à Venise, où il termina le différend du pape Paul V avec la République. Il avait épousé Renée de Courcillon, dont il eut trois fils et trois filles, et portait pour armes : d'azur au chevron d'argent accompagné en chef de trois étoiles d'or, en pointe d\me rose tigée et feuillée de même* On a de lui : une Réponse ad TractatumMatt.Zampini de successione prerogatiua

CANAYE - CANCELLATÏON ^ 6 «-

primi principis Francice (4588, in-8); Organe (4589, in-foL), c'est un essai sur la philosophie d'Aristote ; Remontrances et discours faits et prononcés m la chambre de VEdit établie a Castres d'Albigeois (Montauban, 4597, et Paris, 4598, in-8) ; Lettres et Ambassades (4645, 3 vol, in-foL). Louis Farges. BiBL. : Haag, la, France protestante.

CANAYE (Jean), jésuite et littérateur français, né à Paris en 4594, mort à Rouen le 26 fév. 4670, parent du précédent. Il entra chez les jésuites en 1614, fut successivement professeur et prédicateur, puis recteur du collège de Moulins et de celui de Blois, et enfin missionnaire dans les armées en Flandre. On a de lui : Recueil de lettres,,, touchant la vanité du monde (4629, in-8) ; Eloge de Louis XllI et Poésies sur la prise de la hochelie, dans l'ouvrage intitulé Ludovici Xlll triumphus de Rupella capta ab alumnis Claromontani collegii S, J, celebratus (Paris, 4628, in-8). C'est lui dont il est question dans la conversation du maréchal d'Hocquincourt avec le P. Canaye de Saint-Evremond. L. F.

CANAYE (L'abbé Etienne de), oratorien et érudit français, membre de l'Académie des inscriptions et belleslettres, né à Paris le 7 sept. 4694, mort à Paris le 42 mars 4782, parent du précédent. Entré à l'Oratoire en 4746, Etienne de Canaye professa la philosophie à Juilly. Rentré dans le monde en 4728, il ne consentit pas à faire partie de la magistrature comme l'aurait désiré sa tamille, et se borna à collaborer aux mémoires de l'Académie dont il faisait partie et où il s'était particulièrement lié avec d'Alembert et Foncemagne. L. F.

CANGALE (Cancaven), Ch.-l. de cant. du dép. d'illeet-Yilaine, arr. de Saint-Malo; 6,724 hab. Cancale se divise en deux parties distinctes, la ville, située au sommet du coteau, et la Houle, port d'échouage au fond de la baie, oU s'est agglomérée la population qui se livre à la pêche. Sémaphore. L'existence de cette ville remonte au x« siècle ; la ville voisine de Porzpican (aujourd'hui Pors- Bihan) ayant été ensevelie sous les flots, Cancale recueillit son héritage. En 4032, elle devint une dépendance du Mont-Saint-Michel. Les Anglais s'en emparèrent le 4 juin 4758 et la bombardèrent en mai 4779.

La prospérité de Cancale est due surtout à ses huîtres, célèbres dans le monde entier. L'industrie huîtrière y a reçu un grand développement. L'huître est recueillie par les pécheurs sur les bancs du large ou ramassée sur les grèves et élevée dans les parcs et clayonnages qui s'étendent dans la baie sur une superficie de 472 hect. et lui donnent à marée basse l'aspect d'un immense damier.

Les rochers de Cancale abritent la côte des vents d'O. ; ils se dressent à pic à peu de distance de la terre, mais l'espace qui les en sépare n'est jamais à sec. La baie de Cancale forme un grand are de cercle qui s'étend de la Pointe du Grouin au N. jusqu'à Granville.

CANCE (Cantia et Caniza). Rivière de TArdèche qui prend sa source à la crête de la chaîne des Cévennes, près de Saint-Bonnet-le-Froid, et se jette dans le Rhône, près de Sarras, après un parcours de 45 kil. La ville d'Annonay, située au confluent de la Cance et de la Deonie, doit en grande partie la prospérité de ses industries (papeteries et mégisseries) à la pureté des eaux de ces deux rivières. A 4 kil. en aval d'Annonay se dresse, au milieu du lit de la Cance, un obélisque naturel de granit, haut de 40 m., appelé la Roche Péréandre, qui est une des curiosités du pays. A, Mâzon.

CANCE. Rivière de France, affluent de l'Orne (r. g.); prend sa source dans la forêt d'Ecouves.

CANCEL (V. Chancel).

CANCELIN (V. Crancelin).

CANCELLARIA.I. Malacologie. — Genre de Mollusques-Gastéropodes-Prosobranches, du groupe des Pectinibranches, institué par Lamarck en 4799, caractérisé par une coquille ovale ou turriculée ; ouverture terminée par un canal peu développé, ou simplement échancrée à la base ;

columelle munie d'un ou de plusieurs plis obliques ; le bord externe non réfléchi en dehors est ordinairement plissé à l'intérieur. L'animal est pourvu de tentacules allongés, subulés ; les yeux petits, portés par des pédoncules très courts, placés à la base externe des tentacules. Le pied

Cancellaria mitreeformis Sow.

Cancellaria cancellata

est large, tronqué en avant, acuminé en arrière. Les auteurs ont établi dans ce genre les sections suivantes : 40 Cancellaria, sensu stricto. Coquille cancellée, ouverture ovale, plis sur la partie moyenne du bord coluraellaire, C, cancellata Linné; 2<* Euclia Adams, 4853. Coquille lisse ; spire courte acuminée, plis peu nombreux, très forts , C, solida Sowerby ; 3<» JSarona H. et A. Adams, 4853. Coquille ovale plus ou moins fusiforme; spire élevée, aiguë, ouverture terminée en avant par un canal

Cancellaria solida Sow,

Cancellaria corrugata Hinds.

assez développé, C. mitreeformis Sowerby ; 4° Massyla H. et A. Adams, 4853. Coquille ovale turbinée; spire obtuse; tours transversalement striés; ouverture rétrécie, échancrée en avant, typeC. corrugata Wmàs. LesCancellaires habitent presque toutes les mers à d'assez grandes profondeurs. On a constaté leur présence dans la Méditerranée, sur les côtes d'Afrique, aux Antilles et en Chine. J. Mabille.

IL Paléontologie. — Les Cancellaria ne sont pas connues à l'état fossile avant le crétacé supérieur. Elles sont plus nombreuses dans le tertiaire et à l'époque actuelle (415 esp. vivantes). Nous citerons Cancellaria cancellata (L.), espèce encore vivante sur les côtes d'Afrique (Guinée), et qui se trouve dans le miocène d'Europe. C, canaliculata est du tertiaire du bassin parisien, et C, acutangula (Faujas), des faluns des environs de Bordeaux. C. subcancellata et C. contorta sont de la même localité, mais d'un époque plus récente (pliocène inférieur). E. Trt.

CANCELLATÏON. Au moyen âge les actes reconnus faux, devenus caducs ou inutiles devaient être cancellés, c.-à-d. bitfés par des lignes croisées rappelant le grillage d'une barrière ou chancel. Souvent, au lieu de barrer ainsi à l'encre, on pratiquait sur l'acte des incisions en forme de croix de Saint-André. Les actes ainsi cancellés

ne devant plus avoir aucune valeur, il devint d'usage à partir du xiu® siècle de mentionner, dans les formules de vidimus ou copies authentiques, que l'acte transcrit n'était pas cancellé : Litterasnon cancellatas, non abolitas^ nec in aliqua sui parte vitiatas^ etc.

BiBL. : Encyclopédie méthodique, Jurisprudence, t. II, \o Canceller,

CANCELLIERI (Francesco-Girolamo) , littérateur et archéologue italien, né à Rome le 10 oct. 1751, mort le 29 déc. 1826. Secrétaire du P. Cordara, il entra dans les ordres et, pourvu de bénéfices, devint en outre bibliothécaire du cardinal Léon Antonelli. C'est alors qu'il se fit connaître en publiant un fragment inédit du quarante et unième livre de Tite-Live, retrouvé dans la bibliothèque du Vatican (1773). En 1802, il fut nommé directeur de l'imprimerie de la Propagande, puis accompagna le car~ dinal Antonelli à Paris au sacre de Napoléon; rentré en Italie, il se livra sans plus aucune interruption à ses travaux littéraires. Parmi les très nombreuses et intéressantes publications qui le firent appeler Nouveau Varron, citons : De Stanislao I Poloniœrege Elegia (Rome, 1770) ; Descrizione délia sagrestia Vaticana eretta da Pio VI (1784) ; SuDplicapresentata a Pio VI a nome degli Ohe* lischi (l78o) ; De Secretariis basilicœ Vaticanœ (Rome, 1784-86, 4 vol. in4, avec 36 i^\.)\ Notizie délie due famose statue dette di Pasquino e di Marforio (1789); Descrizione délie funzioni che si celebrano nella cappella pontiflcia per la settimana santa (Rome, 1789) ; Le due nuove Campane del Campidoglio descritte (Rome, 1806); Lettera alsign. Girolamo Baruffaldi sopra la vita di Lodovico Ariosto da lui pubblicata in Ferrara nel i807 (dans les Memorie del Guattini) ; Lettera sopra la origine délie parole Dominus e Domnus e del titolo di Dom (RomB, 1808) ; Dissertazioni sopra Cristoforo Colombo (Rome, 1809); Memorie di S, Medico, martire, con le notizie de' medici e délie Medichesse illustri per santita (Rome, 1812) ; Biblioteca Pompejana (Rome, 1813) ; le Sette cose fatali di Rama antlea (Rome, 1812); Descrizione délie Carte Chinesi che adornano ilpalazzo délia villa Valenti (Rome, 1813); Osservazioniintorno alla questione promossa intorno la originalità délia Divina Commedia di Dante (Rome, 1814); Dissertazione intorno agli uomini dotati di granmemoria (Rome, 1815); Notizie istoriche délie stagioni e de' sitti diversi in cui sono stati tenuti i conclavi nella città di Roma (Rome, 1823); iV<?fe'a sopra Vorigine e Vuso deW anello Piscatoris (Rome, 1823) ; Notizie istoriche délie chiese di Santa Maria in Julia, di San Giovanni Calihita e di San Tommaso degli Spagnuoli (Bologne, 1823); Lettera sopra la statua di Mosè del BÛonarotti, con la Biblioteca Mosaica (Rome, 1823) ; Memorie délia vita ed opère del Pittore errante (Rome, 1824); Lettera al conte Morosini sut cifra deW Accademia de* Lincei (Venise, 1829); etc., etc., sans compter quatre-vingts ouvrages inédits. R. G.

BiBL. : TiPALDo, Biografia degli Italiani illustri, t. VI. ~ P. ViscoNTi, Elogio di Fr. Cancellieri; Rome, 1827. -- MuzzARELLT, Eiogrio di Fr. Cancellieri (dans Giornale ArcadicOy 1827). — Villarosa, Ultimi Offizii alla memo^ ria deW ab, Fr, Cancellieri; Naples, 1827. — Serafino SiEPi, Vita di Fr, Cancellieri; Pérouse, 1827, in-8. — Enrico LovERY, Fr, Cancellieri (dans Memorie romane di anlichîtà e di belle arti; Rome, 1827, t. JII, n° 49). — Ba- RALDi, Vita di Fr, Cancellieri (dans Memorie di Religione^ di Morale e di Letteratura; Modône, 1828).

CANCELLOPHYCUS (Paléont. végét.). Sous ce nom M. de Saporta a décrit des empreintes fossiles de la base des terrains jurassiques, qui lui ont paru être des Algues du groupe éteint des Alecioruridées^ voisin des Caulerpées actuelles. Les empreintes de ces organes encore problématiques se présentent sous la forme de stries ou costules, généralement réunies en un faisceau soit contourné, soit disposé en éventail, ce qui leur a justement fait appliquer l'expression de coups de balai. Ces débris se présentent tantôt à l'état de demi-relief, tantôt en

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empreintes creuses, tantôt enfin en plein relief. Quoi qu'il en soit des hypothèses émises sur la nature et les affinités de ces débris, leur nombre et leur fréquence dans les sédiments jurassiques inférieurs leur donne une importance qu'on ne saurait nier. Leur analogie avec d'autres empreintes plus anciennes, connues sous le nom de laonurus et à'Alectorurus, montre encore l'intérêt quil y a à ne pas négliger l'étude de ces formes et à découvrir leur véritable nature. Les Cancellophycus comprennent au moins quatre ou cinq espèces bien caractérisées du lias, de 1 oolithe, du bajocien et du bathonien. P. Maury.

BiBL. : ScHtMPER, Traité de Paléont. végét.,'t. II, p. 210, et t. III, p. 448.~Saporta, Paléont. franc., Végét. jurass.y 1. 1, p. 135, t. V, et Evolut. du Règne vég., Cryptog,, p. 84 et suiv.

CANCER. I. Zoologie. — Genre Linnéen renfermant, à l'origine, tous les Crustacés-Podophthalmes, un certain nombre d'Ëdriophthalraes, tels que les Gammarus, et même des Phyllopodes, mais restreint par les zoologistes modernes au petit groupe ayant pour type le Cancer pagurus L. Ce genre, qui appartient aux Brachyures de la section des Cyclo métopes, est devenu le type de la famille des Caneérides, dont le principal caractère est d'avoir les pattes postérieures terminées en crochet simple, ni déprimé, ni toliacé, ce qui indique des habitudes sédentaires. Les Cancer, en effet, ne s'éloignent pas des côtes oti ils se tiennent dans les creux de rochers. Le Cancer pagurus L., très commun sur nos côtes, atteint souvent une forte taille et pèse parfois plus de cinq livres. Il est comestible et vient journellement sur nos marchés où il est connu sous les noms de Tourteau et de Pou-' pard. E. Simon.

IL Paléontologie. — Les Cancériens fossiles (Cancridœ M.-Edw.) n'apparaissent pas avant le crétacé. Le genre Etyus (E, Martini Mantell), du gault et des sables verts d'Angleterre, est le type le plus ancien que l'on connaisse : le céphalothorax est petit, large, et les pattes sont longues et grêles. Une seconde espèce (E. Buchii) est du Planer de Bohême. Xanthosia (Bell) est également des sables verts d'Angleterre. Xantho (Leach) se trouve dans le gault de Sainte-Croix, pays de Vaud (X. Fischeri, A. M.-Edw.), et le genre se retrouve dans le miocène de Turin. Caloxanthus (k. M.-Edw.) provient du cénomanien des environs du Mans (C, formosus). Le genre Plagiolophus (Bell) est du crétacé supérieur et de l'éocène. — Les couches de cette dernière époque renferment une douzaine de genres dont le g. Cancer propr. dit (C. Beaumonti, éocène, C. carniolicus, miocène, C, Sismondaij pliocène d'Italie). Le g. Lobocarcinus (Reuss) est caractérisé par une carapace très large, à bords antérieurs lobés : le type (L, Paulino-Wurtem" bergicus) est du calcaire nummulitique d'Egypte. Le g. Xanthopsis (M' Coy), voisin de Xantho et à pinces inégaies, se trouve dans l'argile de Londres, le calcaire nummulitique des Landes (X. Dufouri M.-Edv.), et dans Téocène de Bavière. Titanocarcinus (A. M.-Edw.), également voisin de Xantho, commence dans le crétacé supérieur (T. serratifrons) de Ciply (Belgique) et se continue dans l'éocène du sud de la France et le miocène d'Italie. Les g. Atergatis encore vivants, Palœocarpilius, Phlyctenodes , Harpactocarcinus (H, punctulatus * Desm., commun dans le S.-O. de la France, et une espèce du tertiaire de la Nouvelle-Zélande), Panopœus (qui commence dans le crétacé sup. et vit encore), Xanthilites, Necrozius, etc., sont également éocènes. Le miocène et le pliocène sont, au contraire, très pauvres en débris de cette famille ; les genres Cancer, Xantho et Lobonotus (miocène de Saint-Domingue), sont à peu près les seuls que l'on puisse citer. — D'une façon générale, on peut dire que les Brachyures tertiaires d'Europe présentent un caractère oriental, c.-à-d. asiatique (V. Décapodes fossiles). E. Trouessart.

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