CAPÉTIENS -. CAPE TOWN
ûuant au caractère de la nouvelle royauté, il ne différa pas, comme on l'a dit, de celui de la monarchie carolingienne. Ce ne fut pas le triomphe du principe électif et féodal à rencontre du principe de l'hérédité et de l'unité. Les circonstances avaient depuis longtemps rendu féodale la royauté carolingienne et, d'autre part, en arrivant au trône, les princes capétiens, bien qu'issus de la féodalité, y apportèrent les traditions, la politique et les prétentions de leurs prédécesseurs. « Ce n'est, dit fort bien M. Luchaire, ni comme rois féodauXy ni comme rois nationaux, que les Robertiniens ont été élevés à la dignité suprême par le clergé et les seigneurs français du x® siècle et, d'autre part," la monarchie fut, sous la direction d'Eudes, de Robert, de Raoul (et nous pouvons ajouter d'Hugues Capet), ce qu'elle était quand elle appartenait aux descendants de Charlemagne. »
Il convient de remarquer toutefois que depuis un siècle le principe de l'hérédité de la monarchie avait été singulièrement affaibli, tandis que l'idée d'une monarchie élective, qui n'avait jamais totalement disparu, avait tait des progrès notables. L'avènement de Hugues Capet n'assurait donc pas le trône à sa descendance. Aussi les premiers roi^ capétiens, suivant en cela encore du reste l'exemple des derniers carolingiens, assurèrent à leurs fils la survivance de la royauté en les associant de leur vivant à la couronne. L'année même de son avènement, Hugues Capet, alléguant la nécessité de donner un second chef à la nation pour la défendre contre ses ennemis, fit couronner son fils Robert ; celui-ci, en 4016, fit sacrer son fils aîné Hugues, âgé de dix ans, et après la mort de ce jeune prince, il associa à la couronne, en 1027, son fils Henri. Celui-ci devenu seul roi fit couronner, en 1059, le prince Philippe. Le fils de ce dernier, Louis, fut roi désigné en 1090. Louis Vï, à son tour, fit sacrer à Reims, en 1129, son fils aîné Phihppe, et ce prince étant mort en 1131 , quelques jours après, le roi associa à la couronne son second fils Louis, âgé seulement de onze ans. En 1179, enfin, le prince qui fut Philippe- Auguste fut couronné roi à Reims. C'est le dernier exemple d'association au trône de l'histoire de la dynastie. Désormais le principe d'hérédité était assez assuré pour que la précaution fût superflue.
Pendant trois siècles la maison capétienne eut la fortune singulière de se continuer par des héritiers directs. A Philippe-Auguste succéda, en 4223, son fils Louis YIH, dont le fis aîné, Louis ÏX, arriva au trône par la mort de son père en 1226 et régna jusqu'en 4270. Philippe 111, son fils aîné, lui succéda et laissa le trône en 1285 à son fils Philippe IV, qui mourut en 1314, laissant trois fils, dont l'aîné, Louis X, lui succéda. Pendant cette longue période le droit d'hérédité de mâle en mâle par ordre de primogéniture avait eu le temps de prévaloir définitivement sur le principe d'élection ; de même que le principe de l'unité de la monarchie avait prévalu sur le régime des partages. Les fils puînés recevaient des apanages, mais ne partageaient pas la souveraineté. Le principe de l'exclusion des femmes et de la succession des collatéraux fut réglé à la mort de Louis X, qui ne laissa que des filles. Par une prétendue application de la loi salique, son frère Philippe V lui succéda en 1316, et comme il mourut également sans héritier mâle, le troisième fils de Philippe fV, Charles iV, fut appelé au trône en 1322. Ce fut le dernier des Capétiens directs, mais le principe d'hérédité avait désormais des règles fixes, le droit était sorti du fait et avait produit le principe de la légitimité. Aussi, à la mort de Charles IV, la couronne échut naturellement à son cousin Philippe VI de Valois, petit-fils de Philippe III {V. Valois). La branche aînée des Capétiens avait donné à la France seize rois, en comptant les fils de Robert le Fort (que les historiens appellent les Robertiniens) ; issue de la féodalité, elle réussit cependant à garantir la France contre le morcellement féodal, reconstitua le gouvernement, fit prévaloir dans tout le royaume l'autorité royale,
mais laissa la nation, qui avait heureusement déjà pris conscience d'elle-même, dans la grande crise de la guerre de Cent Ans. Y.
BiBL. : A. Thierry, Lettres sur Vhistoire de Fr&ncet lettre XII, Sur l'expulsion de la seconde dynastie Franke (1827). — G. V. Kalkstein, Robert der Tapfere; Berlin, 1871, in-8. — Du même, Geschicfite des franzôsischen Kônigsthum unterden ersten Capetingern.l. Der Kampf der Robertiner und Karolinger ; Leipzig, 1877, in-8. — MouRiN, Les Comtes de Paris; Paris, 1872, in-8. — A. de Barthélémy, Les Origines de la maison de France^ dans Revue des questions historiques^ 1872, t. XIII. — • A. Luchaire, Histoire des institutions monarchiques sous les premiers Capétiens ; Paris, 1883, 2 vol. in-8.
CAPE TOWN (Le Cap, la ville du Cap), Capitale et siège du gouvernement et du parlement de la colonie anglaise du Cap, ch.-l. de l'une des six circonscriptions judiciaires de la province occidentale ; son nom, de même que celui de la colonie tout entière, lui vient du cap de BonnC'Espérance, qui forme l'extrémité S. de la presqu'île de 52 kil. dont elle occupe l'extrémité N. Elle est située au bord de la baie de la Table et principalement agglomérée au S.-O. ; elle s*étend par ses faubourgs sur les pentes douces des hautes montagnes qui l'entourent et qui enserrent une vallée demi-circulaire de 4 à 5 kil. de rayon. Dans le fond de cet hémicycle s'élève le mont imposant de la Table, au large sommet aplati ; il se prolonge, à rO., par une hauteur moindre, celle du Lion, dont la « Tête » regarde l'Atlantique tandis que sa « Croupe » borne la ville de ce côté et vient jusqu'à la mer former un rempart à la rade contre la houle du large; vers l'E., le prolongement se dresse en un pic dentelé et bizarre, le Pic du Diable. La baie s'enfonce de près de 3 kil. dans les terres en formant une courbe elliptique, elle offre, du côté du N., une large ouverture de 6 kil. environ, et ne constitue qu'une rade foraine, surtout dangereuse en hiver, d'avril à septembre, oîi régnent les vents de N.-O. Dans la direction N., sur son bord oriental, on aperçoit les hauteurs de Blauberg, et, en face, l'îlot de Robben ; ces lieux sont célèbres dans l'histoire de la colonie. Une telle situation topographique de Cape Town lui donne un aspect grandiose et pittoresque, qu'on la regarde de la baie ou de la montagne.Xat. S. 33^ 56' T, long. E. de Paris 16° 5' 48'''', pour le mât du pavillon en ville; même lat., long. 16^ 8' 36'''' à l'Observatoire. Sa ( population, qui était, en 18T5, de 33,339 hab., et avec les faubourgs de 45,240, se montait, à la fin de 4887, à 37,545, sans compter les soldats et les marins, et avec les quartiers suburbains à 70,000 environ. Ils appartiennent à plusieurs races : les descendants des Hollandais, plus nombreux encore aujourd'hui et plus stables gue les Anglais ; des individus dont les noms français indiquent l'origine, remontant aux premiers temps de la colonisation ; des émigrés irlandais et écossais ; d'autres représentants des nations européennes, surtout aujourd'hui des Allemands ; les descendants des nègres esclaves, des métis hottentots et calres ; des Malais assez nombreux, de religion musulmane, fils des serviteurs jadis amenés des îles de la Sonde par les Hollandais.
Entre la batterie d'Amsterdam au N.-O. de la ville et la forteresse au S.-E., au fond de la baie, se trouvent quatre jetées en bois ; celle qui fait suite à la rue principale ou Adderley-Street est la plus large. Entre la batterie précédente et celle de Chavonne, plus au N.-O, se trouve le port^ dont les travaux ont commencé en 1860. Un brise-lames a été construit à la pointe oti existait cet ancien fort de Chavonne ; il est dirigé vers le N.-E. pour protéger le mouillage en rade de Table Bay contre les vents duN. et du N.-O., sa longueur est de 980 m. Deux jetées perpendiculaires s'en détachent. Du côté S. sont le bassin Alfred et celui de radoub, ainsi que les quais. Ces ouvrages sont en granit. Un projet d'un second môle au S., parallèle au brise-lames, est en voie d'exécution. Un signal est élevé sur la Croupe du Lion. Comme moyens de déiense, on a construit sur les bords de la rade, à la
CAPE TOWN — GAPHARNAUM
place de l'ancien Château, un fort pentagonal, relié, à droite ou à TE., au fort Knokke et à la batterie et tour de Craig; à gauche et au N.-O., en deçà du brise-lames, la batterie d'Amsterdam a été fortifiée en 1879. La batterie Mouillé commande l'entrée de la baie, à la pointe N.-O. De nouveaux ouvrages de défense plus considérables ont été commencés en 1887.
La ville du Cap est grande et bien bâtie. Ses rues, larges et longues, se coupent à angles droits ; un petit nombre seulement ont conservé les allées de chênes qui les bordaient du temps des Hollandais, mais on n'y voit plus de canaux comme à Amsterdam ; elles sont actuellement pavées, voire en bois, ce qui remédie en partie aux inconvénients des ouragans de S.-E., soulevant des tourbillons de poussière; la plupart aboutissent à des places spacieuses. Les principales rues courent de la mer à la montagne ; la plus belle et la plus centrale, celle d'Adderley, portait primitivement le nom de Heerengracht. La ville est éclairée au gaz et possède un approvisionnement régulier d'une eau très pure, provenant de la montagne de la Table. Son architecture conserve la physionomie donnée par les premiers occupants, les maisons sont de brique, peu élevées, à façade plus ou moins ornée s'élevant de manière à cacher le toit, qui consiste en une plate-forme. On remarque quelques beaux édifices, en premier lieu celui qui renferme le musée et la bibliothèque ; celle-ci est riche de plus de 40,000 volumes, au nombre desquels des livres et des manuscrits précieux de linguistique africaine. Les collections d'animaux et de minéraux ont surtout trait à TAlrique australe. La galerie des beaux-arts est située en face du Jardin botanique. Celui-ci est fort beau et sert de lieu de promenade. On peut citer encore le palais du gouvernement; les bâtiments destinés au Trésor, à la Cour des comptes, à la Cour suprême: le nouveau palais du Parlement, grand et superbe édifice pour les deux Chambres ; le Standard Bank, gracieux monument que surmonte la statue en marbre de la Britannia ; la Bourse de commerce, vaste bâtiment carré, situé à l'une des extrémités de la belle place de la Parade, proche du château; le Post-Office; l'hôtel de ville; une vaste caserne. Il existe une douzaine d'églises de tous les rites : on remarque la cathédrale Saint-Georges, église épiscopale ^ anglaise, et la cathédrale catholique , de style gothique ; la colonie a un évoque anglican et un évêque catholique ; la synagogue, édifice élégant. Il y a au Cap deux hôpitaux et diverses institutions de bienfaisance. Il s'y publie de nombreux journaux, anglais et hollandais, un journal allemand, le Capland, Les loges maçonniques sont en honneur. Il y a un collège et plusieurs écoles. L'Observatoire actuel est situé à 5 kil. à l'E. de la ville ; on sait que La Caille, Herschel, Maclear, ont illustré par leurs travaux la station astronomique du Cap. La ville est partagée en douze districts ou arrondissements et chacun d'eux en quatre quartiers (wards). Les environs, que sillonnent incessamment des tramways et des trains de banlieue, sont parsemés de villas et d'ombrages, surtout à l'E., dans une plaine qui jadis était recouverte par la mer et qui continue l'isthme auquel est adossée la baie de False.
Longtemps on s'est contenté de faire venir d'Europe les articles manufacturés, aujourd'hui il existe à Cape Town, malgré la cherté de la main-d'œuvre, des établissements industriels nombreux. De grandes routes, seulement commencées en 1843, partent de Cape Town et rayonnent vers les villes frontières du S.-E., vers les districts de la côte 0 . et vers ceux du centre. La première ligne de chemin de fer, du Cap à Wellington, fut inaugurée en 1863. Aujourd'hui le Cap est relié de cette façon aux Républiques d'Orange et de Transvaal. Malgré son rapprochement plus grand de l'Europe, cette place commerciale, d'ailleurs fort importante, est dépassée actuellement par Port-Elizabeth, de la baie d'Algoa. Le Gap est plutôt ville administrative, résidence de fonc-
tionnaires. Le mouvement de la navigation a été représenté, à Cape Town, en 1886, par 1,400 navires, dont 900 à vapeur, presque tous anglais, et par un tonnage de 1,975,000 tonnes. Les importations consistent en objets manufacturés; les articles exportés sont les laines, les vins, les minerais de cuivre, les diamants, etc. Valeur des importations en 1874 : 56,217,793 fr.;des exportations, 16,415,365 fr.
Cape Town a été le point de départ de la colonie du Cap, qui maintenant comprend une grande partie de l'Afrique australe, dont elle est la métropole et le centre de civilisation. Elle fut fondée en 1652 par Van Riebeck, qui prit possession de ce point, au nom de la 0^ Hollandaise, le 9 avr., et y établit un fortin, autour duquel se groupèrent quelques baraques pour les soldats ou employés, au nombre d'une centaine, qu'il avait sous ses ordres : c'était à la place que Cape Town occupe aujourd'hui. Toutefois ce n'est qu'en 1676 que furent tracées ses premières rues, dont les maisons espacées s'élevèrent à 200 vers 1705, sous le gouvernement de Van der Stell le fils. Bien des navigateurs et des savants ou voyageurs célèbres visitèrent la colonie et débarquèrent à Cape Town. Signalons, depuis le miheu du xvm® siècle, Bougainville, Anscn, Cook, Nelson, Bernardin de Saint-Pierre, Thunberg, Sparrmann, Levaillant, les astronomes que nous avons déjà cités, etc. Cape Town est restée entre les mains des Hollandais, sauf une interruption de 1795 à 1802, jusqu'en 1806, époque à laquelle elle est devenue définitivement cité anglaise. Son histoire se confond avec celle de la colonie, dont elle a suivi le développement. Si elle a été parfois menacée durant les guerres des Cafres, elle jouit à présent de la plus grande sécurité. L'ouverture du canal de Suez semblait devoir lui porter un coup fatal, mais la découverte des diamants et l'extension de l'agriculture et de l'élève des moutons ont compensé et au delà la privation de cette escale forcée sur la route des Indes. C. Delavaud.
BïBL. : Voyage au Cap de Bonne-Espérance {Rev. mar. et col., 1865). — Le Tour du Monde, 1. 1 (1860), t. IV (1861). — A. Haussmann, Souvenirs du Cap de Bonne-Espérance; Paris, 1866. — Chambeyron, Un Mois à Cape- Town {Rev.mar.etcol.,décA87b).'-RECLVs, Géogr. univ., t. XIII, 1888. — Caries hydrograph., 1871-72; Baie de la Table, plan revu en 1860 (V. Cap [colonie du]).
CAPEZZALl (Buonavita), poète italien, né à Pise vers 1590, mort vers 1650. Il a laissé quelques volumes de vers : Ditirambi ed altre poésie (Pise, 1627, in-4) ; la Difesa delta Poesia^ canzone (Pise, 1628, in-4) ; la Dlfesa céleste^ poemetto sacro (Pise, 1635, in-4).
BiBL. : Giov. Ciî<EL.i.i CAhvoLi, Biblioteca volante continuata da Dion- And, Sancassani e Ant. Calogera; Venise, 1734-1747, 4 vol. in-4.
CAPGRAVE (John), historien et théologien anglais, né à Lynn (Norfolk), en 1393, mort à Lynn en 1464. Il passa presque toute sa vie dans la maison des augustins de sa ville natale, oii il fut revêtu de la dignité de provincial de son ordre pour l'Angleterre. Ecrivain érudit et fécond, il a laissé beaucoup d'œuvres manuscrites dont plusieurs se sont perdues. Parmi ses ouvrages imprimés, nous citerons ses commentaires latins sur la Bible ; la biographie de son protecteur, Humphrey, duc de G loucester fFi^a Humfredi Ducis Glocestriœ) ; De lllustribus viris Ordinis S, Augustini ; Life of St Katharine^ en vers anglais; a Chronicle of England from the Création to A, D. i4i7 et a Guide to the Antiquities of Rome. B.-H. G.
CAP-HAÏTIEN, CAP^FRANÇAISou CAP-HENRI. Ville du littoral septentrional de la rép. d'Haïti, au fond d'une baie large et sûre qui fait pendant à la baie du Manzanilla; 12,000 hab. Fondée en 1670, elle s'appela d'abord Cap-Français, et fut la capitale des établissements français à Haïti jusqu'au moment où elle fut prise en 1803 par les nègres soulevés. C'est Christophe qui lui donna le nom de Cap-Henri, qu'elle n'a pas conservé.
GAPHARNAUM, qui se trouve aussi sous la forme Capernaûm. Localité de la Palestine (Galilée) dont il est
fréquemment question dans les évangiles et qui est le théâtre de la partie la plus connue de la vie de Jésus. Elle paraît avoir été à cette époque une cité de réelle importance, à laquelle sa double situation sur la rive occidentale du lac de Génésareth et sur la grande route commerciale qui de Damas rejoint la Méditerranée, valait une constante affluence de nationaux et d'étrangers. Il est singulier que, malgré les désignations relativement précises du Nouveau Testament, on ne soit pas parvenu à identifier Capharnatim avec certitude. Les uns tiennent pour Tell-Hum, d'autres pour Khan-Miniéh. M. Vernes.
CAPHIRA, fille d'Océanus, qui éleva Poséidon (Neptune) à Rhodes (Diod., V, 55).
CAPHYRA (Paléont.) (V. Olenus et Remopleurides).
CARI AN. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. de Cadillac; 582 hab.
CAPIBERIBE. Rivière du Brésil, prov. de Pernambuco. Elle se partage en deux bras près de l'Océan : l'un arrive à la mer à Atfogados, au S. de la ville de Recife ; l'autre va se mêler au Beberibe et sépare la ville en trois parties.
CAPIEUX (Johann-Stephan), peintre et graveur allemand, né à Schweld'Sur-Oder en 1743, mort à Leipzig en 1815. Après avoir acquis les premiers éléments de la peinture chez J.-G. Wagner, à Hambourg, il voyagea pendant quelques années et étudia sous divers maîtres. En 1769, il fut attaché à une fabrique de papiers peints et sut montrer dans les sujets de chasse et de genre qu'il donna comme modèles un talent infiniment supérieur à la destination qui leur était assignée. Il s'appliqua à la gravure en taille douce vers l'année 1775, après avoir étudié l'anatomie et l'histoire naturelle, le crayon à la main, et y obtint un grand succès ; ses dessins d'histoire naturelle, gravés sur cuivre, avec une grande finesse, lui valurent en 1782 les fonctions de professeur à l'Université. Ad. T.
CAPILISTI (Giovan-Francesco, comte), ou CAPILIS- TIUS, jurisconsulîe italien, né à Padoue, mort dans la même ville en 1549. Il était d'une ancienne famille, nommée d'abord Transagaldi. 11 enseigna le droit avec succès et fut chargé de plusieurs missions importantes. En 1431, il représenta les Vénitiens et le pape Eugène IV au concile de Bâle, ce qui lui valut de l'empereur Sigismond plusieurs privilèges, notamment celui de conférer le titre de docteur. Plus tard, le sénat de Venise l'envoya auprès de Louis, duc de Milan, pour régler les limites des deux Etats et atfermir la paix. Capilisti mourut frappé d'apoplexie dans sa chaire. Il eut trois fils : Raphaël, chanoine à Padoue ; Gabriel, jurisconsulte distingué, qui fut sénateur à Rome, puis préteur à Bologne, et qui écrivit un ouvrage sur les hommes illustres inhumés dans cette ville; François, jurisconsulte lui aussi, qui professa le droit et les belles-lettres pendant quarante ans, et écrivit des poésies. Enfin, on peut citer deux autres membres distingués de cette famille, Jean-' Frédéric, surnommé le docteur de la vérité, et Barthélémy, \nrmonsn\ie, mort en 1505, après avoir professé le droit pendant vingt-trois ans. G. R.
BiBL. : Pancirole, De Claris legum interpretihus, l. II, ch. Lxxxiv. — Taisand, les Vies des plus célèbres jurisconsultes de toutes les nations; Paris, 17-21, in-4, p. 108.
CAPILLA DEL Cocui. District du dép. de Boyacâ (République de Colombie), à 320 kil. de Bogota ; 4,237 hab.
CAPILLA DE Tenza. District du di'p. de Boyacâ (RépnbliquedeColombie),àl25kil.de Bogota; 4,909 hab.
CAPILLA {Andrés de), savant espagnol né à Valence, mortle 22 sept. 1610. Rentra dans l'ordre des jésuites, puis dans celui des chartreux et fut célèbre par son érudition (Isa connaissance des langues latine, i^recque et hébraïque. Le roi Philippe 11 le nomma visiteur des couvents de bénédictins et des chanoines réi^uliers de l'ordre de Saint-Augustin dans la prov. de Catalogne. Après avoir été supérieur de divers monastères (Porta Cœli à Valence,
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Paularis près Ségovie, à Naples, à Milan, à la Scala Dei dans les environs de Tarragone), il fut promu à Févéché d'Urgel en 1587, qu'il administra pendant vingttrois ans, jusqu'à sa mort. On a de lui plusieurs ouvrages en latin et en espagnol. Citons : i^ In Hieremiam prophetam commentàna, etc., imprimé au monastère des chartreux de la Scala Dei (1586, in-4) ; 2^ Consideraciones de las Domingos dei Ano, etc. (2 vol. in-4), dont il y a plusieurs éditions, Alcalâ de Henâres (1582) Saragosse (1577) et Madrid (1502). — On trouvera une bibliographie plus complète dans N. Antonio : Bibliotheca Hispana Nova, 1. 1, p. 72. E. Cat.
CAPILLAIRE. 1. Botanique. — Nom vulgaire de plusieurs Fougères, dont les frondes, employées en médecine, forment la base du Sirop de Capillaire, Le Capillaire blanc est VAthyrium fUix-fœmina Roth ou Fougère femelle; h C, du Canada, VAdiantum, pedatumL,, auquel on substitue souvent VAdiantum trapezi forme L. du Mexique ; le C. de Montpellier, VAdiantum Capillus veneris L.; le C. d'Ethiopie, VAdiantum œthiopicum L., de l'Afrique méridionale; le C. du Mexique, VAdiantum tenerum Sw. ; le C, noir, VAsplenium adiantum nigrum L. ; le C, rouge, VAsplenium Trichomanes L. ou Polytric officinal, — ,0n appelle également Capillaire doré le Polytrichum commune L., belle mousse, commune dans les marais tourbeux (V. Polytric). Ed. Lef.
IL Matière médicale et Thérapeutique. — On emploie en France sous ce nom, dans la pharmacie, trois petites fougères herbacées possédant des propriétés analogues, avec une simple différence d'intensité : le Capillaire du Canada (Adiantum pedatum L.), le plus estimé de tous et le seul ofiicinal , le Capillaire du Mexique {Adiantum trapeztforme L.), presque aussi apprécié que le précédent, et le Capillaire de Montpellier (Adiantum Capillus Veneris L.), qui ne représente qu'une substitution vuli>aire et tout à fait inférieure aux deux précédentes ; ceci ne veut pas dire que le meilleur des Capillaires jouisse d'une bien grande efficacité, mais simplement d'un parfum plus agréable; ces plantes ne renferment guère que du sucre, du mucilage, du tannin et une huile essentielle odorante. Très vantés autrefois comme béchiques, expectorants, et éminemment « propres à déterger les humeurs épaisses qui sont attachées dans les viscères et qui y produisent des obstructions » (Geoffroy) , les Capillaires sont absolument délaissés actuellement par la thérapeutique sérieuse. Le sirop de Capillaire n'en est pas moins toujours en grand honneur dans le public pour faciliter l'expectoration ; on le prépare aujourd'hui simplement avec le sirop de sucre et l'eau de fleurs d'oranger, et la suppression de l'inoflensif Capillaire ne paraît pas lui avoir rien fait perdre de ses vertus. Fonssagrives le considère comme ayant causé une mortalité plus forte que l'acide prussique, en ce sens qu'il donne aux malades et à l'entourage une confiance trompeuse et leur laisse souvent perdre un temps précieux. Le Capillaire sauve-vie (Adiantum ruta-muraria L.) a été vanté contre les affections des voies urinaires et même comme emménagogue (?), et le Capillaire polytric {Adiantum trichomanes L.), a été proposé avec autant d'autorité contre la chute des cheveux. D'^ R. Blondel.
CAPILLAIRES (Vaisseaux) (Anat. physiol. et embryol.). Les capillaires sont des vaisseaux extrêmement petits qui servent à porter le sang au contact et dans fintiraité des tissus de l'organisme pour les nourrir à la fois et en assurer les échanges respiratoires avec Tatmosphère ; ils sont interposés aux artères et veines, et c'est dans les capillaires que le sang artériel, oxygéné, rutilant, devient veineux, désoxygéné, riche en acide carbonique et noir. Les capillaires existent dans tous les tissus vivants de l'organisme, en nombre variable, d'autant plus grand qu'il s'agit d'organes plus actifs, et toujours très considérable. Depuis les recherches de Hoyer {Ein
GAPÎLLAmES - CAPILLARITÉ
Beitrag %ur Histol. Bindgewebiger Gebildei Arch. /. Anat, und Phys, 1865) confirmées et étendues par Eberth, Ranvier, etc., on sait que les capillaires sont constitués par une couche unique de cellules endothéliales allongées, étroites, aplaties, de forme irrégulière, munies d'un noyau, soudées les unes aux autres par leurs bords auxquelles se joignent encore de plus petites cellules, sans noyau (6>/ia/^jo/aiff^w d' A uerbach). Pour bien voir la structure des capillaires, il faut avoir recours à la méthode d'imprégnation par le]nitrate d'argent qui fait admirablement ressortir l'endothélium. Les cellules endothéliales présentent des taches arrondies particulières considérées par Arnold comme des orifices préformés (stomates et stigmates, selon leur calibre, dans la nomencîatute de l'auteur allemand) ; mais pour d'autres anatomistes, ces ouvertures ne sont pas préformées et l'on obtiendrait aisément des prépaj'ations ne présentant aucun orifice. Autour de l'endothélium, il y aurait encore une membrane de soutien très mince, pour et contre l'existence de laquelle il a été beaucoup discuté, les uns la niant, les autres l'admettant, mais lui attribuant des caractèresdifî'érents. Certains auteurs vont jusqu'à admettre l'existence de fibres musculaires lisses, et d'une couche élastique. Ce ne sont plus là des capillaires, ce sont des artérioles, des veinules ou des vaisseaux intermédiaires entre elles et les capillaires véritables, et il est certain que le passage d'un ordre de vaisseaux à l'autre ne se fait pas brusquement, mais au contraire d'une façon progressive et par transformations graduelles. Les vaisseaux dont il est question ne sont pas des capillaires vrais, ce ne sont pas les vaisseaux les plus simples, les plus élémentaires. Les capillaires véritables sont constitués essentiellement par un simple tube endothélial avec ou sans couche membraneuse de soutien, car il est des cas oti cette dernière semble manquer. Ainsi constitués, les capillaires forment, par leur anastomoses entre eux, de nombreux et riches réseaux dont la forme est caractéristique pour la plupart des différents organes, si bien qu'à la simple inspection d'un de ces réseaux Ton peut dire de quel organe il provient. Ces réseaux sont surtout développés dans les muscles, le poumon, les couches cellulaires du système nerveux, les glandes (rein, etc.) l'intestin, etc. Le diamètre des capillaires est extrêmement faible, et d'une façon générale, il varie, chez les espèces différentes, selon les dimensions (différentes, on le sait) des globules sanguins, et aussi selon les parties de l'organisme (il sont plus étroits au cerveau et à la rétine qu'aux muscles et aux poumons). Il varie encore sur l'animal vivant, suivant que le capillaire est contracté ou dilaté. En somme, il y a de 4 à 3 millièmes de millimètre de diamètre. C'est à Malpighi que l'on est redevable de la première observation de la circulation capillaire, observation qu'il est aisé de répéter sur le poumon ou la langue, ou la patte de la grenouille curarisée, ou sur le mésentère de cet animal. L'on constate par cet examen divers phénomènes. L'on voit le sang couler dans ces vaisseaux, et c'est un spectacle des plus intéressants que de voir les globules courant les uns après les autres, se heurtant, se dépassant, d'un cours généralement rapide et régulier, mais parfois ralenti ou même arrêté par une obstruction momentanée, pour reprendre ensuite avec plus de force et de vitesse, luttant pour passer au confluent de deux capillaires, buttant parfois, contre l'éperon, aux bifurcations, et restant là, déformé, presque disjoint, et maintenu dans cette position par la rapidité et la force égales des deux courants, jusqu'au moment oti un autre globule le heurte et le déplace. Il est aisé de distinguer les globules blancs des hématies, et de constater que ces corps (les leucocytes surtout) sont souvent immobiles sur le bord des capillaires, étant collés à la surface interne de ceux-ci, et se détachant et rattachant alternativement ; l'on voit encore parfois le sens du courant sanguin se renverser dans les vaisseaux, à la suite d'obs-
tructions temporaires, et aussi, des globules blancs passer hors des capillaires, dans les tissus environnants. C'est là ce que l'on appelle la diapédèse des leucocytes, et ce fait est l'un des plus importants dans les lésions caractérisées d'inflammatoires (V. Diapédèse). Ce passage se fait surtout par les lignes de soudure des cellules endothéliales. Les capillaires se développent aux dépens d'éléments particuliers nés du feuillet moyen du blastoderme, et non, comme le veut His, d'un feuillet vasculaire spécial : ces éléments sont les cellules vaso-formatives de Ranvier qui donnent naissance tant aux vaisseaux qu'aux globules du sang.
Nous avons dit que les capillaires servent à faire pénétrer le sang dans l'intimité des tissus dont il assure la respiration et la nutrition. Au point de vue physiologique il reste quelques points intéressants à noter. Tout d'abord la contractilité des capillaires. Breuer, et d'autres encore, ont vu les nerfs destinés à ces vaisseaux : ces nerfs se terminent par un renflement sur les parois, ils s'anastomosent entre eux, et présentent parfois des ganglions. D'autres ont décrit des éléments contractiles, sans être toutefois toujours d'accord (Tarchanoff, Rouget, etc.), sauf sur un point, sur la non-contractilité de l'endothélium. Les capillaires ne seraient contractiles que par leur membrane de soutien, et les éléments variés qui les entourent. L'électricité, les excitations chimiques et thermiques déterminent le rétrécissement, parfois l'obstruction complète des capillaires (Tarchanoff). Stricker, en opérant sur des têtards curarisés, a vu toutefois qu'il y a des capillaires qui ne réagissent pas, et dont le calibre ne change point, surtout chez l'adulte. Les astringents, comme le nitrate d'argent, l'acétate de plomb, resserrent les capillaires ; les acides tannique, gallique, pyrogallique, le perchlorure de fer opèrent au contraire une vaso-dilatation (Rosenstirn). Il convient de signaler en passant l'opinion — basée sur des faits anatomiques — de Dogiel, d'après lesquels les capillaires, chez le rat, du moins, décrivent des anses autour des lymphatiques et facilitent par leur pression, le cours de la lymphe. En effet, le sang des capillaires est constamment soumis à une certaine pression, par le fait des contractions cardiaques, et cette pression se manifeste souvent d'une façon visible, au front, aux doigts, etc. Ruaulta bien étudié ce pouls capillaire visible et montré qu'il est surtout prononcé quand il y a une impulsion cardiaque forte, avec spasme ou diminution d'élasticité des artères, conditions bien faites, en eflet, pour permettre la présence de ce phénomène.
Falk, après beaucoup d'autres, a noté que le sang des capillaires du cadavre ne se coagule pas, et a cherché l'explication de ce fait : pour lui il manque dans le sang l'un des trois agents de la coagulation (ferment, substance fibrinogène, et substance fibrino-plastique). C'est la substance fibrinogène qui, selon lui, traverse sans doute les parois des capillaires et va concourir à déterminer la rigidité cadavérique. Enfin, Kostjurin prétend que le sang des^ capillaires contient une proportion d'hématies très variable, la différence pouvant osciller entre 300,000 et 1,000,000 par millimètre cube^eih chiffre étant d'autant plus bas que la région considérée est plus distante du cœur.
Pour le rôle essentiel des capillaires, nous renvoyons aux mots Circluâtion et Respiration ou leur rôle, dans ces deux fonctions, sera étudié d'une façon plus logique et plus utile qu'elle ne peut l'être à part des autres vaisseaux, et de la fonction respiratoire. D^ H. de Varigny.
CAPILLANA, princesse indienne du Pérou qui s'éprit passionnément du conquérant espagnol Pizarro et lui facilita la conquête par ses révélations et ses conseils.
CAPILLARITE. I. Faits généraux. — Lorsqu'on observe les liquides dans le voisinage des parois des vases qui les contiennent, on constate qu'ils n'obéissent plus aux lois de l'hydrostatique et de Thydrodynamique, Cela tient
CAPILLARITE
à ce que ces deux sciences reposent sur diverses hypothèses qui ne sont plus exactes au voisinage des parois ; ainsi par exemple on s'appuie souvent en hydrostatique sur ce principe qu'en un point la pression est la même dans tous les sens ; cela n'est exact que pour les points suffisamment éloignés des parois ou de la surface de niveau ou de séparation d'avec un autre liquide, du liquide considéré. Ces phénomènes spéciaux doivent évidemment être particulièrement remarquables dans des vases présentant des parois rapprochées; c'est en effet dans des tubes très fins qu'ils furent d'abord remarqués, et c'est à la finesse de ces tubes plus ou moins comparable à celle des cheveux que ces phénomènes doivent leur nom de capillaires. Les faits principaux de la capillarité peuvent se résumer ainsi : il y a deux sortes de liquides, ceux qui mouillent les corps solides et ceux qui ne les mouillent pas. Les liquides mouillant s'élèvent suivant une surface courbe au voisinage des parois ; les autres liquides, au contraire, s'abaissent. Dans les tubes étroits, les liquides mouillant les parois s'élèvent plus haut que le niveau indiqué par les lois de l'hydrostatique ; les autres liquides au contraire, s'élèvent moins haut que ne l'indiquent ces lois. Il en est de même entre deux lames planes parallèles. Les surfaces courbes qui terminent le liquide dans ces tubes ou entre les lames, se nomment des ménisques ; leurs formes sont importantes : elles sont concaves pour les liquides qui mouillent les parois, convexes pour les autres. Leur concavité ou leur convexité plus ou moins grande sont un facteur important de l'élévation ou de l'abaissement des liquides dans les tubes capillaires.
Plongeons incomplètement dans un liquide un tube suffisamment étroit et aspirons un peu du liquide à l'intérieur ; en cessant l'aspiration nous verrons le liquide retomber et se maintenir à une certaine hauteur au-dessus du niveau du liquide dans le vase extérieur. En recommençant plusieurs fois de suite la même expérience avec le même tube et en se plaçant dans les mêmes conditions de température, le liquide s'élèvera toujours de la même hauteur. Si nous recommençons encore une fois l'expérience en prenant le tube sec et en le plongeant en partie dans le liquide, mais sans aspirer, nous constaterons eette fois que le liquide montera an peu moins haut et que le ménisque qui termine sa surface est moins concave que précédemment. Il y a donc deux éléments dont il faut tenir compte dans ce phénomène : la hauteur du liquide soulevé et la forme du ménisque. Au lieu du tube étroit qui nous a servi jusqu'ici, plongeons dans le liquide deux lames parallèles situées à une distance l'une de l'autre d'un millimètre par exemple ; le liquide montera entre les deux lames un peu plus haut que le niveau général ; le fait n'est donc pas particulier aux tubes ; il se produit aux voisinages des parois. Si les deux lames ne sont pas parallèles, au lieu que le liquide monte partout à la même hauteur entre les deux lames, nous constaterons que les courbes, intersections du ménisque avec les surfaces des lames de verre, ont la forme d'hyperboles équiiatères. Cette expérience fait prévoir immédiatement que la hauteur du hquide soulevé dans les tubes capillaires doit dépendre de leur diamètre et être d'autant plus considérable que ces tubes sont plus fins. C'est en effet ce que l'expérience vérifie facilement et nous nous occuperons un peu plus loin de la loi qui lie le diamètre à la hauteur. Si nous changeons maintenant le liquide, en prenant toujours cependant un liquide mouillant le verre, nous constaterons que les phénomènes que nous venons de décrire s'observeront encore et qu'il n'y aura de changé que leur intensité relative, certains liquides s'élevant beaucoup plus que d'autres dans des tubes identiques; l'eau, par exemple., s'élève plus de trois fois plus haut que l'alcool, toutes choses égaies d'ailleurs. La capillarité dépend donc de la nature du liquide. Dépend-elle aussi de la nature de la paroi? Elle en est indépendante dans une certaine mesure en ce sens qu'un liquide déterminé monte toujours à la
même hauteur dans des tubes de même diamètre intérieur, quelle que soit la matière qui les compose, pourvu qu'il mouille tous ces corps ou qu'il n'en mouille aucun. Par exemple l'eau s'élèvera à la même hauteur dans des tubes de verre ou de divers métaux ayant le même diamètre : il les mouille tous en effet; mais avec un tube tait de cire d'Espagne le phénomène sera tout différent ; l'eau, au lieu de s'élever, s'abaissera, le ménisque sera convexe au lieu d'être concave ; cela tient à ce que l'eau ne mouille pas le tube de cire d'Espagne. Supposons maintenant que l'on prenne du mercure : il présentera dans le verre, la porcelaine, le fer, le platine, etc., les mêmes phénomènes, indépendants de la nature très diverses de ces vases. Mais si on le met dans un tube d'argent amalgamé, les phénomènes deviendront tous diflérents : cela tient à ce que le mercure ne mouille ni le verre ni la porcelaine, tandis qu'il mouille l'argent amalgamé.
Les circonstances eîttérieures qui influent plus sur les phénomènes capillaires après les diamètres des tubes sont les diverses températures. L'augmentation de température diminue, toutes choses égales d'ailleurs, la hauteur à laquelle s'élèvent les liquides dans les tubes, bien que'la densité du liquide diminuant par la température, l'effort à faire pour en soulever une colonne d'une hauteur déterminée soit moins considérable. Cette diminution des phénomènes capillaires peut même aller jusqu'à l'annulation complète ; ainsi à i91o l'éther ne monte plus dans les tubes capillaires et en même temps sa surface de niveau dans ces tubes n'est plus un ménisque concave, elle est plane. Nous voyons donc encore ici une corrélation entre ces deux facteurs du phénomène, le ménisque et la hauteur du liquide soulevé. Pour l'eau, il est nécessaire d'opérer à une température beaucoup plus élevée, supérieure à 500*^, pour obtenir la cessation de la capillarité. Les expériences de ce genre ont été faites naturellement sous pression pour empêcher les liquides portés à ces températures d'entrer en ébullition ; les effets obtenus dépendent donc à la fois de l'influence de la température et de celle de la pression. Cette dernière paraît négligeable et l'on n'a pas constaté de différences entre les phénomènes capillaires qui se produisent dans l'air et ceux qu'on observe dans le vide.
Plongeons encore un tube dans Teau et le fermant à sa partie supérieure avec le doigt, retirons-le de l'eau, puis, enlevant le doigt, laissons écouler l'eau goutte à goutte ; lorsque l'écoulement aura cessé, il restera encore une colonne de liquide dans le tube et elle y restera suspendue par capillarité. La surface de l'eau à l'intérieur du tube sera un ménisque concave ; à la surface inférieure ce sera un ménisque convexe. Comment peut-on expliquer la suspension de l'eau dans cette expérience? On peut le faire de deux façons qui, au fond, reviennent à la même explication : le relèvement des liquides au contact des solides s'explique en général par l'attraction des solides qui constituent les parois sur les liquides. Considérons un liquide en équilibre, sa surface est plane et horizontale, plongeons-y un corps solide présentant une paroi verticale et considérons les forces qui agissent sur le point M, l'un des points d'intersection du niveau du liquide et de la paroi (fig. 1). Du point M comme centre, décrivons une sphère ayant pour rayon le rayon d'activité du liquide ; ce sont par définition les points compris à l'intérieur de cette sphère qui seuls auront une action sensible sur M. Décrivons ensuite une autre sphère avec un rayon égal au rayon d'activité de la paroi, et ayant encore pour centre le point M. Toutes les molécules du liquide que nous considérons attireront la molécule M d'après une certaine loi qui donnera naissance à une résultante appliquée en M et dirigée suivant MA, incliné à 45*^ sur le niveau du liquide. Toutes les molécules agissantes de la paroi sont contenues dans la sphère d'activité de cette paroi. Prolongeons dans la paroi le plan du niveau du liquide ; il divisera la demi-sphère considérée en deux parties égales
CAPILLARITE
l'une en dessus et Tautre en dessous du niveau. Les molécules de ces deux parties attireront la molécule M et la résultante des actions des molécules comprises dans une de ces parties sera dirigée par raison de symétrie suivant la bissectrice MB. L'action de l'autre quart de sphère sera dirigée suivant MB^ Projetons ces trois résultantes successivement sur la paroi et sur le niveau du liquide nous
aurons en appelant P la force MA et Q les forces égales MB et MB' : sur le plan horizontal (2 Q — P) cos 45<^ et sur la paroi la force P cos 45^, s' ajoutant à la pesanteur. Plusieurs cas peuvent se présenter suivant le signe de 2 Q — P. Supposons 2 Q — P > 0. Alors la molécule M est soumise à la force (2 Q— P) cos 45^ dirigée suivant Mx^ et à la force P cos 45^ dirigée suivant My\ La résultante de ces deux forces aura une certaine direction comprise dans l'angle a;'M^/^ par exemple MB, et la surface de niveau du liquide qui doit lui être normale sera donc concave, comme le réprésente la courbe tracée en traits. Si 2Q — Pr=: 0, il n'y a que des forces verticales; la surface d'équilibre doit donc être horizontale ; il n'y a pas de ménisque. Si 2Q — P<0, la force horizontale est dirigée suivant Mx, la force verticale toujours suivant My^ et la résultante de ces deux forces sera dans l'angle xMy\ supposons que ce soit MR'. La surface du liquide doit être normale à cette direction pour que l'équilibre existe : la courbe tracée en points représentera donc la surface. Cette explication élémentaire montre comment la considération des attractions permet d'expliquer l'existence de surfaces concaves et convexes. Nous verrons plus loin comment on peut déterminer la position de ces droites MR et MR' . On peut aussi montrer que les liquides ont une constitution différente à la surface ou le long des parois des corps solides qui les renferment ; c'est là une conséquence des phénomènes d'attraction. En particulier à leur surface les molécules des liquides sont soumises à des forces autres que la pesanteur et c'est à leur résultante que l'on a donné le nom de tension superficielle. Développons un peu cette nouvelle notion. Dans Texpérience que nous citions tout à l'heure, où l'eau reste suspendue dans un tube ouvert aux deux bouts, ne peuton admettre que la surface inférieure convexe de l'eau, se comporte comme une lame mince de caoutchouc ou de toute autre substance extensible, dont la tension quand on la gonfle fait équilibre à la pression développée ; ici c'est le poids de l'eau qui est supporté par la lame mince d'eau terminant la surface convexe de la goutte restée attachée au tube. Considérons encore (fig. 2) un tube cyhndrique recourbé en U et terme à une de ses extrémités par une lame de caoutchouc; supposons-le plein d'eau. La lame de caoutchouc, n'éprouvant aucune action, restera plane ; supposons que dans l'autre branche puisse se déplacer un piston ; enfonçons-le un peu, nous comprimons l'eau et la lame ^de caoutchouc va se gonfler, prendre
la forme d'un ménisque convexe d'autant plus bombé que la pression exercée sera plus forte. Ce qui fait équilibre dans cette expérience à la force nécessaire pour maintenir le piston dans sa nouvelle position, c'est la tension développée dans la lame de caoutchouc par son extension ; cette force est dirigée en chaque point de la lame suivant une droite située dans le plan tangent en un point à la surface courbe formée par le caoutchouc. Cessons maintenant l'effort développé sur le piston : la lame de caoutchouc refoulera l'eau et le piston en se dégonflant et redeviendra plane; soulevons alors le piston : les mêmes phénomènes se reproduiront, mais en sens inverse, la lame de caoutchouc se creusera en une surface concave ; elle éprouvera encore une tension qui fera équilibre à l'effort nécessaire pour maintenir le piston soulevé. Ceci posé, voici une expérience de cours que l'on fait souvent pour montrer l'intluence de la forme du ménisque dans les actions capillaires ; elle présente avec la précédente, qui est toute théorique, une analogie frappante qui fera comprendre le rôle de la tension superficielle qui existe à
Fig. 2.
la surface des ménisques : on prend deux tubes cylindriques communiquant par leur partie inférieure, l'un a un diamètre assez petit pour donner naissance aux phénomènes capillaires, un centimètre par exemple, et l'autre a un diamètre quelconque de plusieurs centimètres par exemple. Versons de Teau : elle s'élèvera inégalement dans les deux branches, un peu plus haut dans la petite, et sa surface de niveau dans cette branche formera un ménisque concave. Ajoutons encore de l'eau dans la grande branche ; le même phénomème continuera à se produire; il y aura entre les niveaux dans les deux branches une différence constante de hauteur ; appelonsla h. Mais si on continue à ajouter de l'eau dans la grande branche, l'eau arrive dans la petite jusqu'à l'ouverture du tube, le phénomène va changer; l'eau ne débordera pas, mais la surtace du ménisque n'aura plus la même forme; à mesure que Peau arrive dans la grande branche, le ménisque concave de la petite diminue de courbure et il arrive un moment où ce ménisque est plan. A ce moment le niveau de l'eau dans les deux branches est exactement le même; si l'on continue d'ajouter de l'eau dans la grande branche, la surface du niveau de l'eau dans la petite se bombe ; le ménisque est convexe, son sommet est à une hauteur intérieure à celle de l'eau dans le gros tube. Ici il n'y a pas de lame de caoutchouc limitant la surface de Peau, et cependant tout se passe exactement de la même façon que précédemment ; on est en droit d'en conclure que la couche superficielle qui consstitue dans la petite branche le ménisque tour à tour concave et convexe est soumis à une tension superficielle qui lait équilibre à chaque instant à la force produite par la dénivellation de l'eau dans les deux branches. Les expériences suivantes montrent encore l'existence de la tension superficielle : pour montrer cette existence il y a évidemment intérêt à prendre des quantités de liquides telles qu'elles soient, presque entièrement composées de la partie qui est soumise à cette tension ; on y arrive
en employant des lames minces de liquide telles que celles qui forment les bulles de savon ; prenons, par exemple, un anneau métallique et plongeons-le dans de Teau de savon, il va se former une lame mince à son intérieur. Jetons dessus un bout de fil mouillé dont les deux extrémités sont réunies ; en tombant sur la lame il ne la crèvera pas et prendra une forme quelconque, ce qui montre qu'il est sollicité de tous côtés par des forces égales qui se font équilibre. Si on vient à percer la lame liquide à Tintérieur de ce petit fil à Taide d'un petit rouleau de papier buvard, il prend immédiatement une forme circulaire qui est, comme on lésait, la forme qui, pour le moins de périmètre, comprend le plus de surface ; il en résulte que le reste de la lame de savon occupe la surface minima qu'elle peut occuper, ce qui montre l'existence de forces de tension dirigées dans cette lame dans tous les sens mais situées dans le plan de la lame elle-même. Si on saupoudre un bain de mercure avec du grès en poudre et que l'on y enfonce une baguette de verre, elle enlraine avec elle la poussière de grès comme si celle-ci était fixée à une enveloppe élastique recouvrant la surface du mercure; lorsqu'on retire la baguette, la poussière revient à sa place. Les expériences précédentes montrent l'existence de la tension superficielle; il en est d'autres qui permettent en outre de la mesurer en la comparant à des poids ; nous aurons occasion d'y revenir ; pour le moment nous nous contenterons de citer la suivante : une cuvette rectangulaire est formée par un fond et trois côtés rigides, le quatrième est mobile, c'est une petite lame de métal posée sur le fond ; une petite cale en bois la maintient par le bas légèrement inclinée vers le dehors ; un fil attaché à la partie supérieure de la paroi mobile la maintient par en haut. On verse alors de l'eau dans la cuvette ; la pression hydrostatique, si elle existait seule, aurait pour eti'et de faire tomber en dehors la paroi mo^ bile ; on constate, au contraire, que si l'on vient à brûler le fil qui maintenait par le haut la paroi, celle-ci pivote autour de son arête inférieure attirée vers le liquide par la tension superficielle. On voit donc que même dans les couches épaisses de liquide la tension superficielle a une valeur très sensible.
11. Expériences de mesures et Lois expérimentales. — L'action des parois sur un liquide dépend, comme nous l'avons vu uniquement, de la nature du liquide ; celle du solide n'intervient pas en modifiant, comme le liquide, le phénomène dans son intensité, mais en le modifiant dans son espèce : le solide sera ou non mouillé par le liquide, de telle sorte qu'au point de vue de la capillarité, chaque liquide produit des effets différents et est caractérisé par une certaine constante, tandis qu'il n'y a que deux espèces de solides, ceux qui sont mouillés et ceux qui ne le sont pas ; tous les corps solides de l'une de ces catégories se comportent exactement les uns comme les autres, quelle que soit la différence de leurs propriétés physiques ou chimiques. Cela peut paraître étonnant au premier abord si l'on remarque que la capillarité est attribuée à l'attraction de la paroi solide sur le liquide, la masse des molécules et par suite la densité et le poids atomique dolent intervenir dans la loi, d'ailleurs inconnue, qui régit cette attraction. L'explication suivante permet de se rendre compté de cette apparente singularité. Dans une des premières expériences que nous ayons citée, nous avons dit que pour avoir dans un tube capillaire mouillé par un liquide une élévation de hauteur constante au-dessus du niveau ordinaire, il faut aspirer le liquide et le laisser retomber. Cette précaution est indispensable si l'on veut obtenir toujours le même nombre dans des conditions identiques de température et de diamètre ; la pratique a donc appris que Ton n'obtenait de nombres concordants qu'avec cette précaution de mouiller le tube avec le liquide même sur lequel on opère. D'autre part, lorsqu'on mesure la hauteur du liquide soulevé, on la compte depuis le niveau dans le vase large jusqu'au sommet du ménisque grande encyclopédie. — IX.
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da)»s le tube capillaire. Or le liquide peut être considéré comme étant contenu non pas dans le tube en verre que l'on emploie, mais bien dans le tube formé par la gaine de liquide qui mouille intérieurement le tube de verre. On sait en effet que les actions capillaires sont des actions moléculaires dont la valeur devient infiniment petite pour les distances sensibles de telle sorte que la gaine de liquide qui mouille intérieurement le tube, bien que très peu épaisse, a cependant une épaisseur bien plus grande que le rayon d'activité des actions capillaires. 11 en résulte que quand un liquide est dans un tube capillaire, 4** une gaine du liquide est attirée par la paroi qui modifie la position d'équilibre de ses molécules, mais ne donne pas naissance à un phénomène que nous puissions observer et mesurer ; 2° le liquide du tube s'élève ainsi dans cette gaine formée du liquide lui-même à une hauteur que l'on peut mesurer cette fois et qui dépend, ce que l'on pouvait prévoir à priori, uniquement de la nature du liquide lui-même, puisqu'elle résulte de la seule action du liquide sur lui-même. C'est ainsi que l'on explique la non influence de la nature du corps solide dont la seule propriété qui soit intervenue dans ce qui précède est la faculté d'être mouillée par le liquide. Si l'on n'emploie pas la précaution de mouiller le tube avant de faire l'expérience plus haut que le point où le ménisque s'arrête, l'action de la nature du solide sur le liquide intervient alors, mais il est difficile d'obtenir des mesures concordantes à cause des frottements que le liquide éprouve pour s'élever à sa hauteur normale d'équilibre.
Paroi plane. Nous allons maintenant étudier le cas d'un liquide placé contre une paroi plane parfaitement mouillée, La surface courbe que présente le niveau du liquide est une portion de cylindre tangent d'une part à la paroi, et de l'autre au plan horizontal qui constitue le niveau de l'eau loin de la paroi. Nous supposerons cette dernière verticale. Considérons les différentes forces qui agissent sur les molécules comprises dans le liquide soulevé et situées le long de la paroi. 11 y a d'une part la pesanteur force verticale dirigée vers le bas et d'autre part la tension superficielle, force verticale dirigée vers le haut. On démontre que l'équation de la courbe qui forme le
T 1 ménisque est ^ = -^ X r:, Tétant la tension superficielle,
d la densité du liquide et R le rayon de courbure principal de la surface au point dont l'ordonnée est y. C'est une conséquence directe de la formule générale
T /l 1\ ^^rf ^ \R~^R^/' ^^^^ laquelle y est la hauteur au-dessus du niveau général du liquide au point où les deux rayons de courbure principaux sont R et R\ mais ici la surface étant cylindrique, l'un des rayons est infini et c'est l'autre seul qui demeure dans la formule ; cette formule peut aussi être mise sous la forme
Nous avons supposé la lame parfaitement mouillée ; alors la tangente à la courbe, au point où l'abcisse est nulle, est verticale. Si nous faisons donc y^ =z or^ dans l'équation précédente nous obtiendrons pour valeur correspondante de y l'ordonnée à l'origine
Vo-
Desains et Wertheim ont cherché séparément, et par des méthodes différentes , à vérifier expérimentalement les conclusions de la théorie. Desains a cherché si la valeur trouvée pour l'ordonnée î/q était celle que lui assignait la théorie. Wertheim cherchait à vérifier une autre conséquence : il déterminait si l'aire du ménisque formé avait la valeur théorique. Cette détermination était moins facile et moins exacte. Les nombres trouvés par Desains
CAPILLARITÉ
sont très voisins de ceux qu'indiquent la théorie; ils sont exacts à ^ près, ce qui est de l'ordre des erreurs d observations! Nous voyons que dans la formule précédente aucun facteur ne fait intervenir la nature du corps solide. Cela tient à ce que la paroi est supposée partaitement mouillée; c'est alors contre une lame du liquide que le liquide monte. Wertheim a en effet vérifié ce fait en opérant avec du verre et divers métaux tels que du platme et du laiton. Depuis on a trouvé surtout avec 1 alcool des résultats un peu différents sur lesquels nous reviendrons. Lames parallèles. Les phénomènes de capillarité qui se manifestent entre deux lames parallèles sont du même ordre que ceux qui se manitestent contre une paroi lorsque les deux lames sont éloignées de plus de 2 à 3 centim. Si la distance est moindre, non seulement le liquide s'élève à leur voisinage, mais le point le plus bas du ménisque compris entre elles deux est notablement audessus du niveau extérieur. Nous supposerons, dans ce qui va suivre, que les deux lames sont parfaitement mouillées ; la surface du ménisque est alors tangente aux deux lames. Une expérience même grossière permet de constater tout d'abord queTeau s'élève d'autant plus que les lames sont plus voisines. L'expérience apprend de même que les liquides s'élèvent entre deux lames parrallèles a une hauteur moitié moindre que dans un tube dont le diamètre est égal à leur distance. Nous allons les supposer assez voisines pour que la surface du ménisque soit faible, de façon à pouvoir la contondre avec la surface d'un cyhndre à base circulaire. Ceci admis, cherchons les conditions d'équilibre de la masse soulevée et pour cela, supposons les lames assez longues pour que leurs extrémités soient sans influence ; rapportons tout à une longueur égale à l'unité. Soient A la densité du liquide, d la distance des deux lames et h la hauteur du liquide soulevé, c.-a-d. la distance verticale de la partie inférieure de son ménisque au niveau extérieur du liquide. Le poids de la tranche de liquide que nous considérons, dont la largeur est égale à d et la hauteur minima /i, s'obtiendra en ajoutant au produit hd^ qui représente le poids du parallélipipède rectang e de hauLeur /i, d'épaisseur fi et de largeur 1, le poids de la partie du liquide comprise entre le ménisque et le plan tanoent au sommet inférieur du ménisque. Cette partie peut être considérée avec l'hypothèse dont nous avons paHé comme la différence entre le parallélipipède de volume -y et le demi-cylindre de diamètre d dont le volume est-g-' Le poids de la lame de liquide soulevé est donc
D'autre part la tension superficielle T agit sur chacune des lames sur une longueur égale à l'unité; c'est cette double action qui fait équilibre à la lame d'eau soulevée. On a donc l'équation