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Iodures

+ 1,5 Sulfates + 1,1^

+ 0,1 • Azotates +1,0

Métaux.

Potassium. .. .

Sodium

Ammonium.. .

Lithium

Calcium

Magnésium . . ,

0,1 Sulfites + 1,3

1,4 Hyposulfites , . . +1,45

Baryum — 2,4 Carbonates .... + 0,45

Manganèse ... — 0,93 Bicarbonates. . . +1,1

Fer -- 0,95

Zinc — 1,33

Cuivre — 1,4

Cadmium — 2,8

Plomb — 4,4

Argent — 4,0

Thalliura — 7,9

La loi des modules ne subsiste pas avecles dissolutions concentrées ; c'est du reste un fait général ; on a trouvé un certain nombre de lois sur diverses propriétés des dissolutions, mais elles ne s'appliquent qu'aux dissolutions étendues.

Rayon d'activité moléculaire. Nous avons eu à plusieurs reprises l'occasion, en parlant de l'attraction moléculaire, de dire qu'elle ne se faisait sentir qu'à une très petite distance et qu'au delà des points compris dans une petite sphère, il n'y avait sur un point situé à son centre qu'une action insensible du reste de la masse. On a essayé sinon de mesurer, au moins de se rendre compte de Tordre de grandeur de cette petite sphère. Une bulle de savon permet déjà de trouver une limite supérieure de ce rayon d'activité. On peut en effet calculer la pression de l'air contenu à l'intérieur, mais la formule n'est applicable que si la lame a une épaisseur au moins égale au double du rayon d'activité moléculaire. Plateau ayant formé non pas une bulle, mais une lame plane avec son liquide glycérique (V. Tension superficielle), en lui donnant comme support un entonnoir, constata que la lame mise sous une cloche pour la soustraire aux agitations de l'atmosphère, présentait des couleurs disposées en anneaux et offrant les teintes des anneaux de Newton. La présence des anneaux provenait non d'une épaisseur inégale de la lame liquide, mais de l'obliquité des rayons lumineux arrivant à l'œil, obliquité différente, suivant qu'ils venaient du centre ou de points plus voisins du bord. Cette lame se conserva trois jours ; elle s'évaporait très lentement. Au moment oU elle creva, sa couleur était passée de jaune au blanc de premier ordre et par suite la théorie des couleurs des lames minces lui assignait une épaisseur d'environ 113,4 millionièmes de millim. On doit en conclure que le rayon de la sphère d'activité du liquide glycérique est inférieur à la moitié de ce nombre, c.-à-d. à 36,7 millionièmes de millim. Quincke a aussi fait sur ce sujet un certain nombre d'expériences intéressantes. Supposons qu'entre deux lames de verre parallèle on étende sur chacune d'elle et en regard l'une de l'autre une couche très mince et graduellement croissante (en forme de coin), d'une autre substance. La couche étant très mince, on pourra considérer que la distance des lames n'est pas changée ; c'est seulement la matière des lames qui n'est plus la même ; mais dans les parties les plus minces, vers le sommet du coin, la substance est en épaisseur plus faible que le rayon d'activité chimique, par conséquent en ce point la hauteur du liquide soulevé est intermédiaire entre ce qu'elle serait entre deux lames de verre et deux lames de l'autre substance également écartées. Mais à mesure que Ton s'écarte du sommet du coin, l'épaisseur de la substance ainsi déposée sur le verre va en augmentant, la hauteur du liquide soulevé s'approche de la valeur qu'elle aurait en présence de deux lames de

CAPILLÂRÏTE

la matière mise sur le verre et elle atteint cette valeur et reste constante dès que la matière atteint une épaisseur égale au rayon d'activité chimique. Quincke opéra d'abord avec de l'argent déposé par un procédé chimique sur une lame de verre sur laquelle on avait posé une baguette de verre de gros rayon. C'est en l'espace compris entre la baguette et la plaque que Fargent se déposa suivant des épaisseurs variables que l'on mesura d'ailleurs d'après la couleur que cette mince couche d'argent possédait en ses différents points. Elle présentait des épaisseurs variant de 4 à 54 millionièmes de millim., et la hauteur du liquide soulevé varia, mais sa hauteur ne devenait pas constante pour la partie la plus épaisse, ce qui prouve que la plus grande épaisseur d'argent était encore plus petite que le rayon de la sphère d'activité moléculaire. Ce rayon est donc plus petit que S4 millionièmes de millim. Ayant sulfuré cet argent, la hauteur fut trouvée constante après une certaine épaisseur de sulfure d'argent qui était de 48 millionièmes de millim. Pour l'iodure d'argent en présence du mercure on trouva 59 millionièmes de millim. On peut donc dire d'une façon générale que le rayon d'activité moléculaire des corps est de l'ordre des cent millièmes de millim. (à peu près o cent millièmes de millim. dans toutes les expériences citées).

III, Théories de la Capillarité. — L'observation des phénomènes capillaires est de date relativement récente ; Léonard de Vinci paraît être le premier qui ait remarqué l'ascension de l'eau dans un tube capillaire ; mais les théories sur la capillarité ne datent que du commencement de ce siècle. Young, dans les Philosophical transactions, de 1805, reprenant l'idée émise au siècle dernier par Seguer qui avait comparé la couche superficielle des liquides à une membrane élastique, publia un mémoire très important sur les conséquences d'envisager ainsi la surface des liquides. Laplace compléta ce travail, lui donna une forme plus mathématique et beaucoup plus complète ; il considère deux molécules de liquide quelconques et, négligeant leurs poids, il admet qu'elles s'attirent proportionnellement à leurs masses et suivant une certaine fonction de la distance qu'il laisse indéterminée, mais qu'il suppose telle qu'elle devient sensiblement nulle dès que celle-ci a une très petite valeur ; il suppose en outre que les liquides sont incompressibles. Il déduit de là ensuite que, lorsque la surface libre d'un liquide est plane sur tout plan horizontal pris à une distance sensible de la surface, il existe une pression verticale dont la valeur est

'JfJ/Hfr) dr ;

A étant la densité du liquide, r la distance de deux molécules, :: le rapport de la circonférence au diamètre et g l'accélération due à la pesanteur. Si la surface libre au lieu d'être plane est courbe, il y a lieu d'ajouter à ce terme si la surface est convexe ou de lui retrancher si elle est concave la quantité

R et R' étant les rayons principaux de courbure de la surface au point où l'on cherche la pression. La constante A d'après Laplace a pour expression . k\ non

Ainsi un liquide est soumis à deux forces, la première constante en tous les points d'un même plan horizontal, l'autre variable ; c'est ce dernier terme qui donne lieu à tous les effets de la capillarité ; c'est lui qui donne l'équation de la surface du ménisque et la valeur de la pression suivant la normale. Laplace s'est aussi occupé de l'angle de raccordement dont il donne la valeur

2A'— A cos to m T ;

A est le même que précédemment et kf est une troisième constante où intervient l'action spécifique du solide sur le liquide. C'est :

, 7:A' r'Go

"~4^j/Yi(r)c/r;

A^ est la densité du solide et /^ (r) la loi de Taction des molécules du solide sur celles du liquide. Les expériences de Gay-Lussac, entreprises sur la demande de Laplace, vinrent confirmer cette théorie. Mais bientôt Young et Poisson avaient attaqué la théorie de Laplace surtout au point de vue de l'hypothèse de l'incompressibilité du liquide, adoptée par Laplace. Vers le même moment, des expériences faites avec peu de précautions vinrent donner des résultats contraires à la théorie. Poisson réassit alors à faire une théorie tenant compte de la compressibilité, qui le conduisit à des résultats tout à fait inattendus, parce qu'il avait oublié de tenir compte des liaisons des molécules. Quet reprit la théorie de Poisson en tenant compte de ces forces et arriva à des formules qni s'accordent bien avec l'expérience et avec les hauteurs données par les équations de Laplace. Depuis, celte méthode a été perfectionnée par Gauss et M. Bertrand ; Gauss a employé un mode de raisonnement où entrent quelques hypothèses de moins, en particulier sur le siège des forces capillaires et sur la nature des liaisons. M. Bertrand a beaucoup simplifié la méthode de Gauss au moyen d'ingénieuses considérations géométriques. Actuellement, les expériences ont entièrement vérifié la théorie de Laplace, et les travaux de Plateau ont confirmé d'une façon remarquable la principale formule donnée par cette théorie.

IV. Applications et phénomènes se rattachant a la Capillarité. — Les phénomènes de la capillarité interviennent dans un certain nombre de cas que nous allons rappeler ici. Lorsqu'on fait des observations barométriques, il est indispensable de tenir compte de Taclion du ménisque qui déprime la colonne du mercure et qui nécessite par conséquent une correction additive dont nous nous sommes occupés à l'article baromètre (V. ce mot). Si l'on suppose que le ménisque a une forme sphérique, ce qui est assez voisin de la réalité, on trouve qu'il faut ajouter à la hauteur observée la quantité 4T/ d{r'-{-fy

dans laquelle T est la tension superficielle du mercure au contact du verre de l'instrument, / est la hauteur de la flèche et r le rayon intérieur du tube. T varie très peu d'un baromètre à l'autre, à peine le ^ de sa valeur. Dans la pratique on n'a pas à calculer cette correction, parce qu'il existe des tableaux à double entrée qui donnent le résultat de ce calcul fait pour les diverses valeurs de / et de r que l'on rencontre d'ordinaire dans les expériences. — Il y a lieu aussi de tenir compte des effets capillaires qui se produisent le long de la tige des aréomètres quand on veut opérer avec la plus grande précision que comportent ces instruments ; nous avons parlé de la méthode employée dans cette circonstance (V. Aréomètre). — Des phénomènes très curieux qui intéressent l'étude de l'électricité se produisent au contact des ménisques dans les tubes capillaires ; ils sont trop importants pour ne pas faire le sujet d'un article spécial, et nous renvoyons le lecteur au mot éledrocapUlaires (phénomènes), — Les corps poreux présentent un exemple de la puissance que peuvent atteindre les phénomènes capillaires dans certains cas ; si l'on prend une masse quelconque formée d'une matière poreuse, comme du plâtre, par exemple, ou de la terre cuite, etc., et que l'on y creuse une cavité dans laquelle on mastique un manomètre, on constate, si Ton vient à plonger le corps dans l'eau, que celle-ci y pénètre par tous les petits espaces laissés libres par la porosité du corps, en pressant l'air devant elle à tel point qu'après un certain temps

CAPILLARITE — CAPILUPÏ

cette pression peut atteindre plusieurs atmosphères. Des expressions de ce genre, ainsi que d'autres dues à Simon, montrent que dans les vaisseaux qui se trouvent dans les tissus des plantes et des arbres, la sève peut monter facilement jusqu'aux extrémités supérieures des arbres les plus hauts et que les phénomènes capillaires sont parfaitement capables d'expliquer ces faits. Les expériences de M. Jarain sur les Chapelets capillaires (V. ce mot), ont aussi montré à quelles pressions pouvaient faire équilibre un nombre suffisant de ménisques. C'est grâce à la capillarité qu'un grand nombre de liquides peuvent monter entre des filaments tressés, comme l'huile dans les lampes, etc. — Certains physiciens se sont occupés de mesurer la vitesse avec laquelle se produisait l'ascension dans les tubes capillaires. M. Decharme est arrivé à la loi suivante : la durée totale de l'ascension spontanée est en raison directe des constantes de capillarité et de viscosité du liquide et en raison inverse de sa densité et du cube du rayon du canal.

Mouvements dus à la capillarité. Lorsque deux lames parallèles donnent lieu à un phénomène capillaire, elles sont soumises à des forces qui tendent à les rapprocher si elles sont mouillées toutes les deux, ou qu'aucune ne le soit. Au contraire elles tendent à s'écarter si l'une est mouillée et l'autre non. Considérons en effet deux lames mouillées par un liquide ; celui-ci s'élève entre elles au-dessus du niveau général ; considérons entre les lames un petit élément plan au même niveau que celui du liquide d«is le vase extérieur ; il sera soumis d'après les lois de l'hydrostatique à la même pression que le niveau extérieur, c.-à-d. à la pression atmosphérique. Or, entre les deux lames la pression sur un élément situé à une hauteur h au-dessus du premier élément considéré sera H — /i, H étant la pression atmosphérique évaluée en colonne du liquide. Si nous considérons en particulier un élément situé sur la paroi et dirigé comme elle, il supportera de la part du liquide une pression H-/i, d'autre part de l'autre côté de la lame, il supporte la pression atmosphérique H, de telle sorte que la lame est soumise sur toute sa surface extérieure à la pression H, et sur sa surface interne à une série de pressions qui varient de H à H-H^ a, H étant la hauteur du liquide soulevé. La résultante de toutes ces pressions a pour effet de pousser les deux lames l'une contre l'autre. Un raisonnement analogue montrerait que deux lames qui ne sont pas mouillées par un liquide tendent aussi à se rapprocher. Si des deux lames une seule est mouillée, deux cas peuvent se produire. Si elles sont assez éloignées pour que le ménisque concave au voisinage de l'une, et le ménisque convexe au voisinage de l'autre aient leur entier développement, alors aucune action ne s'exerce sur les lames qui éprouvent chacune des pressions égales sur chacune de leurs faces ; si, au contraire elles sont plus voisines, les ménisques externes ont tout leur développement et leur action l'emporte sur celle des ménisques internes. Or il est facile de voir en raisonnant comme précédemment, que les actions des deux ménisques externes, l'une convexe, l'autre concave, ont tous deux pour effet d'écarter les lames. Le même phénomène se produit entre les corps flottants ; deux corps flottants sur un liquide s'attirent s'ils sont tous deux mouillés ou tous les deux non mouillés ; ils s'écartent, au contraire, si l'un est mouillé et que l'autre ne le soit pas. On peut dire aussi que les corps mouillés s'approchent des points où il y a un ménisque convexe. C'est pour cela que les fines bulles d'air qui se trouvent à la surface du café se rassemblent, puis sont attirées par les bords de la tasse si celle-ci n'est pas pleine, parce qu'il existe tout le long un ménisque concave. Si au contraire la tasse est très pleine, le niveau du café peut dépasser les bords sans déborder, mais il forme alors le long des parois de la tasse un ménisque convexe qui repousse les bulles d'air vers le centre. A. Joannis.

BiBL. : Partie THÉORIQUE. — Seguer^ Commentutiones

SocietatisScientiarum Gœttingensis^ I, 1751. — Clairaut, Traité de la figure de la terre ; Paris, 1743. — Young, Phil. Trans.y 1805. — Laplace, Supplément au livre X de la mécanique céleste ; Paris, Î807. — Poisson, Nouvelle Théorie de L'action capillaire ; Paris, 183t.— Gauss, Commenlatlones Societatis Scientiarum Gœttingensis recentiores, VII 1822. — Bertrand, Journal de Liouville, XIII, 1832.— Quincke, Pogg. Annulen, CXXXIV, p. 356. — DuPRÉ, Théorie mécanique de la chaleur ; Paris, 1869. — Duclaux, Ann. de chim. et phys. (4), XXI et XXV. — MouTiER, Annales de l'Ecole normale supérieure (2), III, 70. — Van der Mensbrugghe, Bulletin de VAcad, de Bruxelles (2), XXXI, 375.

Partie expérimentale. — Plateau, Statique des liquides soumis aux seules forces moléculaires; Gand et Paris, 1873. — - Desains, Ann. de chim, et phys, (3), LI, 433.- Simon (de Metz), id. (3), XXXII, p. 5. - Wolf, id. (3), XLIX, p. 230. - V/ertheim, id. (3), LXIII. - Tate, Philos, mag. (4), XXVII, p. 176. — Duclaux, Ann. de chim. et phys. (4), XXI, 386. — Quincke, id. (3), LV, 227.

CAPILLATI. Surnom synonyme de comati^ chevelus, que Pline donne aux nations ligures des Alpes. Ce sont sans doute ces peuples des Alpes maritimes, que Dion Cassius appelle les Ligures chevelus (LIV, 24). 11 n'y a aucune raison pour faire des Capillati un peuple particulier et pour donner à ce terme une valeur ethnographique (Pline, 111, V, 7 ; xx, 24 : Xf, xxxvii, 47). L. W.

CAPILLATORIA. Fête de famille célébrée du temps des Mérovingiens, à l'époque où l'on coupait pour la première fois les cheveux d'un enfant ; c'était vers l'âge de dix à douze ans. Le père faisait d'ordinaire, à cette occasion, un don à son iiîs. Nous savons par la loi salique (Capita extravagantia., xiv) que ce don était conservé par l'enfant hors part, en d'autres termes qu'il y avait une dispense légale de rapport de ce don à la succession du père. C'était un cadeau d'usage, dont la valeur n'était jamais considérable. L'art. 852 du C. civ. contient une disposition analogue. G. R.

Bibl. : Du Gange, Gloss., t. II, \'* Capilatoria et Capilorum benedictiOy dans Capilli. — Pardessus, Loi salique^ 1843, pp. 334, 375,719.

CAPILLITIUM (Bot.). Dans les Champignons-Myxomycètes le protoplasma contenu dans un sporange donne lieu par segmentation et formation de noyaux multiples à une grande quantité de spores et aussi à de nombreux fdamentsqui se ramifient, s'entre-croisent, s'enchevêtrent, emprisonnant les spores entre leurs mailles et n'ayant d'autre rôle que de soutenir, de renforcer la masse du sporange. C'est à l'ensemble de ces filaments que l'on a donné le nom de capillitium,

CAPILOTADE. C'est un ragoût fait avec des pièces de rôti dépecées, et le plus souvent avec les morceaux d'une volaille cuite à la broche et refroidie. On met ces morceaux dans une casserole avec une feuille de laurier, deux oignons hachés, du persil, du thym, poivre et sel, et l'on laisse mijoter pendant une heure. Ne pas oublier, avant de servir, d'ajouter des tranches de cornichons confits.

CAPILUPl(Lelio), littérateur italien, né à Mantoue le 19 déc. 1498, mort le 3 janv. 45bO. 11 est l'auteur de plusieurs livres de poésies, excessivement libres, composées, avec des centons de Virgile, sur les moines, les femmes, la syphilis, celte étrange matière à vers latins où s'illustra Fracastor. Le bucolique poète a bien sur la conscience quelques catalecta un peu vifs, mais rarement fut-il mêlé à de telles aventures : Cento Virgilianus de Vitâmonachorum quos vulgo fratres appellant (Venise, d543, in-8) ; Cento Virgilanusin fœminas, dansfiod. Wagner, Schediasmata de eruditis cœlibibus (1717, in-8); Cento Virgilianus in Siphillim, dans Capiluporum car mina et ceniones (Rome, 1590, in-4). — Un autre Capilupi (Giulio), neveu de Lelio, a écrit : Cento ex Vir-^ gilio ad Philippum regem Hispaniœ, Europœ Prosopopœia (Mantoue, 1595, in-4). — Un autre Capilupi (Hippolito), né à Mantoue en 1512, mort en 1580, évoque de Fano, puis légat à Venise, fit imprimer : Ad Jacobum Boncompagnum versus, cum epistola Pauli Manutii (Rome, 1573). — Enfin, on trouve un cinquième Capi-

CAPILUPÎ - CAPITAINE

LÛPi (Alfonso) daii3 le recueil des vers de tous les poètes de ce nom, CapUuporum carmim et çentones (Rome, 4590, m-4). R. G.

BïBL. : Bettinelli, Délie Leltere e dellp arti mantovani; Mantoue, 1774.

CARI LU PI (Caiïiillo), écrivain italien du xvi« siècle, natif de Mantoue, frère du précédent. Il rédigea une apologie de la Saint-Barthélémy qui semble composée d'après de très hautes inspirations, et n'est pas sans avoir des allures officieuses. C'est en tout cas un précieux document pour la recherche des responsabilités et surtout pour la psychologie du fanatisme antihuguenot. En vojci le titre : Lo Stratagema di Carlo iX, contra gli Ugonotti, ribelli di IHo e moi (Rome, 4572, in-i); traduction française : le Stratagème^ ou la ruse de Charles IX, roi de France, contre les Huguenots rebelles à Dieu et à luy, escrit par le seigneur Camille Capilupi et envoyé de Rome au seigneur Alphonse Capilupi, traduit en français delà copie italienne (4574). Ce très rare volume a été réimprimé dans les Archives curieuses de Vhistoire de France, 4^® série, t. VU (Paris, 4835, in-8). R. G.

CAPILUPI (Geminiano), peintre, né à Modène, mort en 4616. Cet artiste, élève de Vecchi, a travaillé aux peintures de la cathédrale de Modène commencées par son maître qu'il eut l'ingratitude de supplanter entièrement à partir de 4604.

CAPIN6HEN. Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. d'Armentières ; 306 hab,

CAPIS (Giovanni), littérateur et jurisconsulte italien, né à Domo d*Ossola (Milanais), vers 4600, mort vers 4670. Docteur es lois de l'Université de Padoue, il remplit avec honneur des fonctions publiques dans sa ville natale, oU il laissa quelque renom. lia écrit, en dialecte milanais, un fort curieux traité sur ce même dialecte, son origine et son histoire : Varon Milanes, de la lingua da Milan (Milan, 4606) ; de plus : Memorie délia carte di Mfl^^ard/a (Milan, 4673), ouvrage posthume. R. G.

BiBL. : Argelati, Bibliotheca scriptoi'um mediolanensium; Milan, 1745, 2 vol. in-fol.

CAPISCOL. Ce mot, qui signifie encore doyen de chapitre dans quelques provinces, fut, au moyen âge, du xi® au XIV® siècle principalement, un des titres du grand chantre dans les églises cathédrales et abbatiales. On l'appelait capiscolus (caput-scholce) en tant que chef et directeur des écoles. L'enseignement n'étant donné que par les prêtres ou par des clercs étroitement soumis à l'Eglise, il était naturel que le chanoine chargé de former et de gouverner les chantres et autres auxiliaires du culte, le fût aussi de former et de gouverner le personnel enseignant ; d'autant plus qu'à cette époque, il ne faut pas l'oublier, les écoles avaient pour but essentiel, sinon unique, le recrutement même de l'Eglise. Même quand elles se furent multipliées en changeant plus ou moins de caractère, l'Eglise garda sur elles durant des siècles la haute main, et le grand chantre un droit de surveillance dont il était d'autant plus jaloux que ce droit comportait celui d'agréer les maîtres moyennant redevance (V. Ecolâtre). h. M.

BiBL. : Du Gange, Gloss., t. II, v'« Capiscolia et CapischoluSf dans Caput 3. — Demisart, CoUect. de décisions nowu.,nouv. éd., t. IV, v° Capiscol. — Encyclop. méthod.^ Jurispr.^ t. II, v Cnpiscol. — LicfiTENi^ERGER, Encyclop. des sciences religieuses, t. IV, v° Ecolâtre.

CAPISTRANO (Saint Jean de), né le 24 juin 4386 à Capistrano (Abruzzes), mortàlllock (Carinthie) le 23 oct. 4456, béatifié en 4690 par Alexandre Vllf, canonisé en 4724 par Renoît Xlll. Fête le 25 oct. La première partie de sa vie, jusqu'à l'âge de trente ans, appartient au monde ; il y obtint de grands et rapides succès soudainement arrêtés par une disgrâce profonde. Docteur renommé en droit civil et en droit canon, il jouissait àPérouse, où il s'était marié, d'une considération qui lui fit confier la mission de négocier la paix avec Ladislas, roi de Naples. Il fut accusé d'avoir trahi la ville qu'il représentait et

emprisonné. Pendant cette captivité, il perdit sa femme et il dut abandonner la plus grande partie de ses biens pour acheter sa liberté ; il donna le reste aux pauvres et entra, en 4415, chez les franciscains de l'Observance. H fut élu deux fois leur vicaire général et il travailla efficacement à l'affermissement de la réforme instituée par Rernardin de Sienne. Les papes le chargèrent, en Lombardie, en France et en Sicile, de nonciatures dont il s'acquitta avec succès. Il fut pareillement un auxiliaire habile du Saint- Siège au concile de Ferrare-Florence (4438-4439) et dans les entreprises de conversion et de répression dirigée contre les hussites et les Iraticelles; il agit contre les premiers en qualité de légat et contre les derniers en qualité d'inquisiteur. En Silésie, il excita une violente persécution contre les juifs. Après la prise de Constantinople, les papes Nicolas V et Calixte III le commirent pour prêcher une croisade contre les Turcs. N'ayant réussi ni à Francfort (4454), ni à Neustadt (4455) à entraîner les princes allemands, il s'adressa directement au peuple. Le 44 juil. 4456, il arriva avec quarante mille hommes rassemblés par ses prédications devant Relgrade, que les Turcs assiégeaient et que J. Hunyade défendait et il contribua puissamment à la délivrance de cette ville. — Œuvres principales : De Papœ et concilii sive Ecclesiœ auctoritate (Venise, 4580, in-4), hostile au concile de Râle et contenant apologie des prétentions de la papauté ; Spéculum clericorum (Venise) ; De Canone pœnitentiali (Venise, 1584). E.-IL VoLLET.

BiBL. : A. Baillet, Vies des Saints^ oct.; Paris, 1701, 3 vol. in-fol. — H. de Sponde, Annalium Baronnii continuatio ; Paris, 1639, 2 vol. in-fol. — h. Wadding, Annales ordinis Minorum, éd. de Fonseca ; Rome, 1731- 1745, 19 vol. in-fol.

CAPISTRELLO. Bourg d'ftalie, prov. d'Aquila; 3,230 hab. Situé près d'Avezzano, au débouché du canal creusé par Claude pour décharger le lac Fucin, Capistrello est dans un site très pittoresque.

CAPISUCCHl ou CAPIZUCCHI (Paolo), évêque de Néocastro, né à Rome en 4479, mort en 4539. Il avait été nommé par Clément Vil successivement chanoine du Vatican, référendaire de l'une et Tautre signature et auditeur de la Rote. Il se distingua dans plusieurs missions difficiles qui lai furent confiées car Clément Vil et Paul m, notamment à Pérouse et à Avignon, oti il réussit à apaiser des troubles, et dans une légation en Hongrie. Mais ce qui lui a maintenu une certaine place dans l'histoire, c'est la part importante qu'il prit à la décision définitive de la cour de Rome relativement à la répudiation de Catherine d'Aragon par Henri Vllï. Une première commission, composée des cardinaux Campeggi et Wolsey, avait autorisé cette répudiation, et le roi était parvenu à la faire approuver par les principales universités catholiques. La reine appela à Rome, où l'on crut habile de faire traîner la procédure en longueur. Sans plus attendre, Henri VIH épousa Anne Boleyn . Alors Capisucchi , chargé de conclure sur l'appel, proposa et fit adopter un arrêt condamnant le roi aux censures ecclésiastiques pour s'être remarié sans avoir attendu la décision du Saint- Siège et maintenant Catherine dans ses droits d'épouse et de reine (4534). E.-H. Vollet.

BiML. : L.-E. DuPiN, Nouvelle Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques; Paris, 58 vol. in-8.— Artaud de Mon- TOR, Histoire des souverains ponii/"es ,* Paris, 1847-1849, 8 vol. in-8.

CAPITA AUT NAvm (et par corruption Navia). Nom d'un jeu en vogue chez les Romains. Ce n'est pas autre chose que notre pile ou face. L'as portait en effet sur sa face les deux têtes de Janus (Gapita), et au revers une proue de navire (V. As, t. IV, p. 52). Cf. Ovide, Fastes, I, 239 ; Pline, H, N,, XXXIH, 3; Maccobe, Sat., I, 7; Aurélius Victor, Orlg. gent. rom., Ill, 5 ; Paulin de Noies, Adv. paganos, 75.

CAPITAINE. I. Armée. — A l'époque de l'institution de l'armée permanente, nous dit SlcarJ, dans son histoire des institutions militaires des Français, en 4445, on

CAPÏTAII^E

comptait 28 capitaines sous les ordres des capitaines généraux commandant les 16,000 archers existant à cette date. De 1516 à 1534, François l®' nommait un capitaine par compagnie ou bande de 1,070 hommes, et ce serait en vain que l'on chercherait plus loin l'origine de ce grade. Sous le règne de ce dernier prince, un capitaine était à peu près ce que nous appelons aujourd'tiui un colonel. Les légions de François l*'^, commandées par un capitaine, étaient de 1,000 hommes, réparties en dix bandes de chacune 100 soldats, dont le chef était un centenier ; il était interdit à ce dernier officier de prendre le titre de capitaine. Depuis Henri IV la situation de capitaine commença à devenir telle que nous la voyons aujourd'hui, c.-à-d. celle d'un chef de troupe de beaucoup moins grande importance, d'un commandant direct d'une unité tactique intérieure, d'un officier subalterne. Au moment où M. de Cénacle écrivait, pour VEncyclopédie de d'Alembert, l'article Capitaine, il comptait dans Farmée 62 sortes de capitaines dont 52 ont disparu aujourd'hui.

Actuellement, en France, un capitaine est chef d'une unité qui varie de 150 à 250 hommes suivant qu'il est dans la cavalerie ou Finfanterie (nous donnons ici les effectifs du pied de guerre). Si sa situation est modeste, sa tâche n'en est pas moins considérable. Il est en effet directement en rapport avec l'homme de troupe et son influence ne peut manquer d'être toujours sensible soit en bien, soit en mal. De nos jours, Fimportance du grade de capitaine tend de plus en plus à grandir. Depuis que la compagnie a succédé, pour ainsi dire, au bataillon comme unité tactique, le rôle du capitaine s*est amplifié dans le même rapport. Avec Teffectit actuel des compagnies d'infanterie, avec les espaces que font adopter sur le champ de bataille le combat en tirailleurs et Fordre dispersé, le capitaine n'est plus un officier qui agira toujours sur l'impulsion du commandant de bataillon. Il devra, la plupart du temps, ne tirer ses inspirations que de lui-même et opérer de sa propre initiative. En temps de paix, Finstruction par compagnie des gradés et des hommes de troupe a également contribué à rendre beaucoup plus important qu'autrefois le rôle du capitaine ; il semble que sous ce rapport on aurait avantage à rendre ce grade assez considérable pour en faire une situation dans laquelle un offit^ier pourrait raisonnablement terminer sa caniere militaire. On arriverait à ce résultat en attribuant au grade de capitaine une solde supérieure et certaines distinctions honorifiques à déterminer. C'est ainsi qu'opère l'Allemagne qui a sans doute le corps de capitaines le plus remarquable d'Europe et du monde entier.

Les fonctions de capitaine sont multiples. Au point de vue organique il peut être commandant de compagnie, d'escadron ou de batterie, suivant qu'il est dans Finfanterie, la cavalerie ou l'artillerie. Il existe dans les trois armes des capitaines adjudants-majors, des capitaines trésoriers, des capitaines d'habilb-ment ; dans la cavalerie des capitaines écuyers ; dans la cavalerie et l'artillerie des capitaines instructeurs. A propos du service de place nous avons encore le capitaine de garde, le capitaine de ronde, le capitaine de visite.

Nous dirons en son lieu un mot sommaire sur chacune de ces fonctions. Le capitaine commandant, qu'il soit dans l'infanterie, la cavalerie ou Fartillerie, est le chef direct d une unité. Il est aidé dans la cavalerie par un capitaine en second dont la situation est mal définie. C'est ainsi que, généralement, les capitaines en second sont presque toujours chargés de mission en dehors des unités auxquelles ils sont organiquement attachés. Le capitaine commandant, en dehors de Féducation morale et de l'instruction technique qu'il doit donner à ses hommes, veille à leur bien-être physique en dirigeant les ordinaires, a entre ses mains l'administration des tonds (solde), qu'alloue l'Etat aux hommes de troupe, est leur intermédiaire pour toutes leurs demandes ou leurs besoins vis-à-vis

du chef de hataillon, d'escadron ou de batterie et, s'il y a lieu, vis-à-vis du colonel. Les premiers soins du capitaine, dit le règlement sur le service intérieur des troupes du 28 déc. 1883, actuellement en vigueur dans l'armée française, doivent être d'inspirer aux militaires de sa compagnie du zèle et de l'amour pour le service et de développer en eux le sentiment du devoir, de Fhonneur et du dévouement à la Patrie. îl cherche à leur rendre facile la pratique de leurs devoirs par ses conseils, par l'usage équitable de son autorité et par une constante sollicitude pour leur bien-être. Il est Fintermédiaire indispensable de leurs demandes. Il doit s'attacher à connaître le caractère et Fintelligence de chacun d'eux pour les traiter en toute circonstance avec une justice éclairée, il réprime au besoin la familiarité et la brusquerie de ses subordonnés envers les soldats, qu'on ne doit jamais tutoyer, injurier ni maltraiter.

Capitaine adjudant-major (V. Adjudant).

Capitaine d'habillement (V. Habillement).

Capitaine général, — Ancienne dénomination d'un grade militaire dont les attributions furent toujours mal définies en France, et qui équivalait à celui de commandant en chef d'armée. Le titre de capitaine général subsiste encore dans certains Etats de F Amérique du Sud, et en Espagne, avec deux sens différents. Les capitaines généraux d'armée (capitan gênerai de ejército) sont, dans Farmée espagnole, ce que sont chez nous les maréchaux de France. Au contraire le titre de capitaine général de district (c. g. de distrito), porté par les officiers généraux placés à la tête des grandes divisions territoriales, dites capitaineries générales, est attaché à la fonction, 11 est porté temporairement par des lieutenants généraux, maréchaux de camp ou même brigadiers, commandants de district, et cesse avec ces fonctions, sans donner au titulaire éventuel aucun des droits ou prérogatives du capitaine général d'armée. A. de S.

Capitaine trésorier (V. Trésorier).

IL Marine. — Mot employé dans la marine avec deux acceptions différentes, pour désigner un grade ou bien une fonction, 11 y a dans la marine de FEtat deux grades qui comportent l'emploi de la dénomination de capitaine, celui de capitaine de vaisseau, assimilé au grade de colonel dans Farmée, et celui de capitaine de frégate, assimilé au grade de lieutenant-colonel; le grade de capitaine de corvette, qui était assimilé à celui de chef de bataillon, a été supprimé en 1848 (V. plus bas). On passe donc directement du grade de lieutenant de vais-^ seau (assimilé à celui de capitaine de Farmée) au grade de capitaine de frégate. Les capitaines de frégate peuvent être employés comme commandants de navires (croiseurs, avisos de station, transports, canonnières cuirassées de y^ei 2« classe, etc.), comme officier en second d'un capitaine de vaisseau, comme chef d'état-major d'un contre-amiral, comme premier aide de camp d'un viceamiral, etc., etc. Les capitaines de vaisseau commandent les cuirassés de tous rangs, saut les canonnières, les croiseurs à batterie et les croiseurs de 1"^® classe ; ils peuvent exercer les fonctions de chef de division navale, comme les « coramodores » anglais; ils peuvent aussi être employés comme chef d'état-major d'une escadre pu d'une division navale commandées par des officiers généraux. A terre enfin ils peuvent remplir, dans les arsenaux, les fonctions de major de la flotte et de major de la marine (V. ces mots).

^ Au point de vue de la fonction, le nom de capitaine s'appliquait, il y a peu d'années encore, à Fotficier subalterne, lieutenant de vaisseau en général, qui était pourvu d'un commandement. Le décret du 20 mai 1885 confère aujourd'hui au lieutenant de vaisseau, nommé par lechcf deFEtatau commandement d'un navire de guerre, le tlireiempovsLke de commandant (V, ce mot). Le même décret prescrit de donner, comme mode d'interpeller d'inférieur à supérieur, le nom de capitaine m lieute-

CAPITAINE

nant de vaisseau. Cette dénomination officielle s'explique aisément par rassimilation de ce grade à celui du capitaine de Tarraée. Ainsi tout inférieur s'adressant à un lieutenant de vaisseau, doit l'appeler : « capitaine ». En dehors du mode d' interpeller ^ la dénomination de capitaim de compagnie s'applique à l'officier chargé du commandement et de l'administration d'une des compagnies de la division des équipages de la flotte ou d'un bâtiment armé ; celle de capitaine de la compagnie de débarquement s'applique à bord à l'officier qui en dirige rinstruction et qui la commande lorsqu'elle opère à terre. Capitaine d'armes. — Expression très ancienne, qui n'est plus consacrée par les règlements, mais qui est encore d'un usage courant dans la marine pour désigner le premier maître de mousqueterie (adjudant sous-officier), ou même tout officier marinier (sous-officier) chargé de la police de l'équipage à bord d'un navire de l'Etat. Cet officier marinier avait autrefois la charge de la conservation et de l'entretien des armes portatives, mousquets, pistolets, sabres, etc., etc. de là son nom. Ces fonctions particulières sont aujourd'hui dévolues au maître armurier. Capitaine de corvettf, — Grade créé par ordonnance du 1^"^ mars 1831 pour les officiers de marine, en remplacement de celui de capitaine de frégate qui ne fut cependant supprimé qu'en 1836. Un décret du 3 mai 1848 a supprimé ce nouveau grade et rétabli celui de capilaine de frégate. Le capitaine de corvette était officier supérieur, assimilé au chef de bataillon de l'armée de terre, mais il portait les épauleltes de lieutenant-colonel. Les capitaines de corvette remplissaient les fonctions de seconds à bord des grands navires commandés par des capitaines de vaisseau, et ils commandaient eux-mêmes des bâtiments moins importants : corvettes, bricks, etc. Capitaine de port. — Officier de la marine du commerce (quelquefois aussi, dans les grands ports, un lieutenant de vaisseau retraité) chargé de la police de la rade et du port, aux divers points de vue du mouillage des bâtiments qui arrivent, de leur remorquage, des postes d'amarrage qu'ils doivent occuper, des déplacements qu'ils peuvent subir éventuellement. Dans nos grands ports de commerce, Marseille, Bordeaux, Nantes, le Havre, un lieutenant de vaisseau en service actif est chargé de ce service, en ce qui concerne exclusivement les navires de l'Etat ; il prend le titre de directeur des mouvements du port.

Capitaine de pavillon. — Dénomination officielle du capitaine de vaisseau qui exerce le commandement d'un navire monté par un officier général, d'un navire oU cet officier général a arboré son pavillon» D'après le règlement, le capitaine de pavillon, malgré la présence d'un amiral à son bord, ne laisse pas d'être responsable de la sécurité de son navire : l'amiral n'a que la responsabilité de la route à suivre, route qu'il indique par signal à tous les navires de la force navale qu'il commande, y compris celui qu'il monte. R. D.

Capitaine au long cours. — Titre du brevet que reçoit tout Français, âgé de vingt-quatre ans, réunissant 60 mois de navigation, dont 30 au long cours ou sur un bâtiment de l'Etat naviguant, qui subit avec succès deux examens, l'un théorique, l'autre pratique, à l'effet de faire constater qu'il est apte à diriger un bâtiment de commerce à voiles ou à vapeur. Ce brevet est conféré par le ministre de la marine qui désigne tous les ans un capitaine de vaisseau pour l'examen pratique des candidats et un examinateur d'hydrographie pour l'examen théorique (décret du 2 oct. 1880 et du 10 déc. 1885). On a quelquefois contesté à l'Etat le droit de s'ingérer dans l'examen des garanties d'instruction, de caractère, de dignité morale qu'on est en droit d'exiger d'un homme que la loi investit d'un pouvoir considérable, à son bord du moins, et de qui dépendent, en outre d'intérêts matériels importants, un grand nombre d'existences humaines. On oubliait trop facilement que le capitaine d'un navire

est investi d'une véritable magistrature, qu'il remplit à beaucoup d'égards des fonctions judi&iaires et administratives, qu'il est chargé en un mot du maintien de VordrCt dans le sens le plus élevé du mot, à bord de son navire, et qu'un tel rôle ne peut lui être dévolu que par une délégation expresse de l'Etat.

III. Commerce. — Capitaine de navjre de commerce.— Cette expression désigne l'homme de mer placé à la tête de l'équipage. Le capitaine a des rôles très variés et, par suite, ses fonctions ont une grande importance. 11 est le préposé de l'armateur et comme tel chargé de diriger le navire et de faire toutes les opérations nécessaires à la réussite de l'expédition. Puis, il est une sorte de voiturier à l'égard des chargeurs de marchandises ou des passagers. Il a un caractère public. C'est à lui que la loi impose des obligations diverses pour la police de la navigation. Il a, à bord du navire, un pouvoir disciplinaire en vertu duquel il peut infliger certaines peines aux gens de l'équipage ou même aux passagers. Il remplit, pour les crimes et délits commis à bord, le rôle de juge d'instruction. En cas de naissance d'un enfant ou de décès pendant un voyage en mer, le capitaine remplit les fonctions d'officier de l'état-civil. Il remplit aussi celles de notaire, en tant qu'il est chargé de recevoir les testaments authentiques faits en mer par les gens de l'équipage ou par les passagers. Le choix du capitaine est fait par l'armateur. Mais ce choix n'est pas entièrement libre. Comme tous les officiers d'un navire français, le capitaine doit être Français. En outre, il doit réunir certaines conditions faisant présumer sa capacité technique. Ces conditions varient avec la nature de la navigation. On distingue à cet égard trois sortes de navigations, le long cours, le cabotage et le bornage. Pour être capitaine au long cours (V. plus haut), il faut être âgé de vingt-quatre ans au moins, avoir navigué pendant soixante mois et satisfait à des examens spéciaux, à la suite desquels le chef de l'Etat délivre des lettres de commandement. Les conditions sont les mêmes pour la navigation au cabotage, seulement les examens sont plus faciles. Pour commander au bornage, il suffit d'avoir navigué pendant soixante mois et d'être âgé de vingt-quatre ans. Avant l'ordonnance du 7 nov. 18:27, on désignait des capitaines pour le grand cabotage et des capitaines pour le petit cabotage. Une amende est prononcée contre les personnes qui exercent indûment les fonctions de capitaine. Le capitaine est, en principe, traité comme les autres gens de mer au point de vue de ses loyers et des ditl"érentes mesures de protection admises par la loi au profit de ceux qui se livrent à la navigation maritime (art. 272 C. com.). Mais le capitaine, à la différence des autres gens de mer, peut être congédié en tous lieux sans que l'armateur ait à donner de motifs, et il n'a droit à aucune indemnité quand il a été congédié (Art. 218 G. com.).

Les pouvoirs du capitaine et ses obligations varient selon qu'on se place avant le départ, durant le voyage ou lors de l'arrivée à destination. Avant le départ, il choisit les gens de l'équipage ; mais dans le lieu de la demeure de l'armateur, il ne peut le faire que de concert avec celui-ci (art. 223 C. com.). Le capitaine peut aussi avant le départ faire tout ce qui est nécessaire pour assurer au navire une heureuse navigation : il peut faire travailler au radoub du navire, acheter des voiles ou des cordages, et emprunter à cet effet sur le navire, fréter le bâtiment. Mais, dans le lieu de la demeure de l'armateur, il doit agir de concert avec celui-ci comme pour les engagements des gens de l'équipage (art. 232 G. com.). C'est au capitaine que la loi impose l'obligation de faire opérer la visite et de se munir de toutes les expéditions ou pièces de bord. Le capitaine doit conduire le navire au port de destination en suivant soit la route indiquée par l'armateur, soit la route la plus directe et le plus ordinairement suivie. Il ne peut s'arrêter dans un port de relâche que s'il y a été autorisé. Il a le droit d'emprunter à la grosse, sur le navire ou sur les marchandises, même de vendre

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