II. Jeux Capitolins (V. Jeux [à Rome
CAPITOL! NUS (Julius) (V. Auguste).
CAPITON, écrivain byzantin, né en Lycie, qui vivait au commencement du v[® siècle. Son principal ouvrage est une traduction de l'abrégé d'histoire romaine d'Eutrope , dont plusieurs fragments nous ont été conservés par Jean d'Antioche et par Suidas.
CAPITON (Wolfgang-Fabricius Kôpfel), réformateur alsacien, né à Haguenau en 4478, mort à Strasbourg en 1542. Il étudia, à Fribourgen Brisgau, d'abord la médecine, puis le droit et enfin la théologie, devint, en i5d2, prévôt de l'abbaye des bénédictins de Bruchsal et, en 4515, prédicateur et professeur de théologie à Bâle. En 1519, il fut apppelé, comme prédicateur de cour, auprès • de Tévêque de Mayence, et, en 4523, comme prévôt de Saint-Thomas, puis comme prédicateur de Saint- Pierre le Jeune, à Strasbourg; c'est alors qu'il embrassa décidément les doctrines de la Réforme, dont il devint un des plus zélés défenseurs. Il rédigea, avec Bucer, la Confession tétrapolitaine (V.< Confession de foi), et prit part au synode de Berne en 4542. Il a publié des ouvrages d'exégèse et diverses brochures théologiques.
BiBL. : Baum, Capito und Bucer, Strassburgs Reformatoren; Strasbourg, 1860. On y trouve la liste complète de ses écrits.
CAPITONIDÉS (Ornith.). Les Capitonidés ont été pendant longtemps confondus sous le nom de Barbus avec les Bucconidés (V. ces mots) auxquels ils ressemblent par le développement de leurs mandibules, garnies à la base de soies rigides; mais dans leur organisation, dans leur aspect extérieur et dans leur distribution géographique ils présentent des particularités qui permettent de les distinguer et d'en constituer une famille distincte. Tandis que les Bucconidés sont proches parents des Jacamars (V. ce mot), les Capitonidés ont des affinités étroites avec les Rhamphastidés, les Picidés et les Cuculidés (V. Toucan, Pic, Coucou). Comme ces oiseaux, les Capitonidés ont le doigt externe réversible, ce qui les place dans la catégorie des Grimpeurs, et comme les Toucans, ils ont parfois les bords de la mandibule supérieure fortement dentés et la poitrine ornée d'une écharpe de couleur vive. D'autres fois au contraire ils rappellent, par leurs dimensions très réduites et par les ponctuations et les raies des parties inférieures de leur corps, les Pics de petite taille que l'on désigne sous le nom de Picumnus {V. ce mot). On constate, du reste, parmi les Capitonidés, de grandes variations dans la livrée qui tantôt offre des couleurs éclatantes, du bleu, du rouge, du vert brillant, du jaune d'or, brusquement juxtaposés, tantôt pré-
CAPITONIDES - CAPITULWRES
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sente des teintes plus modestes et plus largement distribuées, du noir ou du brun, tacheté de jaune verdâtre ou de blanc. Le bec, tout en conservant la raême forme générale, se modifie également sur certains points, la surface pouvant être lisse ou profondément sillonnée, et ses bords étant tantôt presque droits, tantôt sinueux ou môme fortement entaillés ; les soies de la base du bec sont parfois entièrement réduites; enfin la taille elle-même est loin d'être uniforme chez les Capitonidés, car si certains d'entre eux ont la grosseur d'un Merle, d'autres peuvent être comparés k nos Moineaux sous le rapport des dimensions, et quelques-uns sont aussi petits que des Roitelets.
C'est en tenant compte des plus importantes de ces différences que les ornithologistes ont pu établir dans la famille des Capitonidés un certain nombre de genres appelés Pogonorhynchus, Trickolœmat Tetragonops, Megalœma, Xantfiolœma, Xylobucco, Barbatula, Psilopogon, Gymnobuceo, Capito, Trachyphonus, Calorham^ phuSj Stactolœma, Ces genres comptent des représentants dans les régions tropicales de TAsie, de l'Afrique et de l'Amérique, mais sont complètement étrangers aux faunes de l'Europe, de l'Australie et de TOcéanie.
E. OUSTALET.
BiBL. : C.~H. T. et G. -F.-L. Marshall, A. Monograph of the Capitonidœ; Londres, 1870-1871, in-4, avec pi. col.
CAPITOSAURUS (Erpét.). Munster a établit ce genre pour des Reptiles Labyrinthiformes (V, ce mot), trouvés dans les terrains triasiques, et caractérisés par les cavités orbitaires situées en arrière. E. Sauvage,
BiBL. : Leonh. und Brov^n Neues Jahrb.t 1836, 18i0, 1842.
CAPITOUL. Nom porté par les magistrats municipaux de Toulouse depuis le moyen âge jusqu'il la Révolution. Ce nom, quoi qu'on en ait dit, n'a rien à faire avec le régime municipal romain et ne rappelle point le Capitole. Les Capitouls, dont le nom latin était Capitulant étaient ainsi nommés parce qu'ils composaient le Capitulum, chapitre ou conseil municipal de la cité. De là vient que l'édifice oïl ils tenaient leur séance fut nommé le Capitole. Au XV® siècle seulement la vanité locale se plut à rapprocher du latin classique ces termes du bas latin et à édifier des légendes que les historiens ont ensuite accréditées, (Sur l'histoire du Capitoulat toulousain, V. Toulouse.) „ CAPlTULAouEXCERPTA MARTINI (V.CANON[Droit]).
CAPITULAIRE (Salle). On appelle ainsi ou simplement chapitre (capitulum) une salle faisant partie d'un monastère ou des dépendances d'une cathédrale, dans laquelle les religieux de l'abbaye ou les chanoines de la cathédrale se réunissaient pour délibérer des affaires temporelles ou spirituelles de la communauté. Tous les moines n'avaient point le privilège de prendre part à la discussion (capi" tulare) ; toutefois, chaque matin la communauté entière devait se réunir dans la salle, pour y entendre lecture d'un chapitre de la règle ; de là vint le nom de chapitre donné à ces édifices. On s'y réunissait aussi pour la lecture du martyrologe, pour les discussions théologiques, et on y réprimandait les moines qui avaient commis quelque faute. A l'origine les assemblées de chapitre se tenaient simplement dans l'une des galeries du cloître, construite à cet effet avec de plus vastes dimensions ; c'est le cas dans le plan de l'abbaye de Saint-Gall exécuté vers 8^0. C'est à partir du x^ siècle qu'on rencontre des salles capitulaires, presque toujours construites sur le côté oriental du cloître, avec lequel elles communiquaient et établies soit au milieu de la galerie, soit auprès de l'église à l'extrémité d'un transept. Leur forme ordinaire en France est celle d'un carré ou d'un parallélogramme peu allongé, souvent divisé, dans le sens de la longueur, par un rang de colonnes ; quelquefois la salle fait saillie sur le côté extérieur du cloître, et au xiv® siècle son extrémité orientale se termine fréquemment par une abside. Les salles capitulaires des abbayes de Saint-Georges de Bocherville (xii® siècle), de Fonttroide, près de Narbonne (fin du |
xiii® siècle), des Jacobins de Toulouse (xiv^ siècle) et des cathédrales de Noyon, de Chartres (vers 1300), du Puy, sont des exemples remarquables de ce genre de monuments. En Angleterre, les salles capitulaires des cathédrales furent, à partir du xii® siècle, construites avec un grand luxe et sur des plans plus élégants. La salle capitulaire de Worcester (fin du xii® siècle) est ronde, celles de Salisbury et d'York (xiu® siècle) sont octogones, celles de Liehfield et de Lincoln sont polygonales; la plus riche est celle de Wells (vers 1300) : elles ont généralement une seule colonne au centre ; parfois, comme à York ou encore à l'abbaye de Batalha en Portugal, la voûte n'est supportée par aucun point d'appui. Autour de la salle étaient disposés des bancs en bois ou en pierre placés en amphithéâtre ou des stalles adossées à la muraille; un siège plus élevé était réservé à l'abbé, et au milieu de la salle un pupitre servait à porter le livre de la règle du couvent. Des peintures décoraient souvent les voûtes ; la salle capitulaire de Santa-Maria Novella à Florence (auj. chapelle des Espagnols) renferme encore de remarquables fresques du XIV® siècle. Ch, Diehl.
CAPITULAIRE. Les capitulaires étaient des ordonnances ou constitutions rendues par le souverain seul ou dans certains cas avec l'assentiment de l'assemblée de tel ou tel peuple. Ce mot capitulaire vient tout simplement de ce que ces ordonnances étaient divisées en chapitres, capitula. Les capitulaires diffèrent des lois des Barbares par leur origine, par leur objet, par leur étendue d'application; ils ont eu aussi une destinée différente dans l'histoire. Certains capitulaires, et ce sont les plus nombreux, ont pour objet l'organisation de l'Empire, l'administration, les finances, la justice, les rapports de l'Eglise et de l'Etat, etc. lis sont l'œuvre personnelle du prince assisté de ses conseillers ; cependant sous les Carolingiens, les grands participèrent assez souvent à la rédaction de ces capitulaires, mais on n'en continua pas moins à les considérer comme l'œuvre personnelle du souvei'ain. Ces capitulaires constituent un droit territorial et s'appliquent ainsi à tout l'Empire. A cette première classe, on oppose celle qui est formée des capitula per se scribenda, c.-à-d. les capitulaires destinés à compléter ou à modifier une lex. On les dislingue parfois des précédents en disant qu'ils sont spéciaux, tandis que les premiers sont généraux. Mais cette formule est un peu vague. 11 vaut mieux constater tout simplement que ces capitulaires forment de véritables leges. Aussi, ne sont-ils obligatoires que pour le peuple en vue duquel ils ont été faits, et il faut l'assentiment de ce peuple pour qu'ils deviennent loi. Enfin il y a des capitulaires qui sont de simples instructions adressées aux fonctionnaires, le plus souvent aux missi dominici; ce sont les capitula missorum. Ils ne forment pas, à proprement parler, des lois dans le sens large de ce mot. Aussi sont-ils étrangers au système de promulgation et de publication alors usité pour tous les autres capitulaires et même pour les leges, La publication se faisait par l'expédition, au nom du roi, de copies certifiées adressées aux officiers chargés de l'exécution. Ceux-ci portaient le nouveau capitulaire à la connaissance de tous, au moyen d'une lecture faite dans l'assemblée judiciaire, in mallo publico. Les copies authentiques de ces capitulaires étaient ensuite déposées dans les archives. Comme ces archives étaient mal tenues, il était souvent difficile de se procurer le texte d'un capitulaire. Le nombre de ces ordonnances royales paraît avoir été très limité sous les Mérovingiens, et dans tous les cas, il nous est parvenu fort peu de capitulaires de cette époque, neuf en tout. Mais les capitulaires de l'époque carolingienne sont très nombreux. Ils se sont surtout multipliés sous le règne de Charlemague. Aussi comprit-on dès ce temps la nécessité de les réunir dans des recueils méthodiques destinés à en faciliter la recherche et l'application. C'est ce qu'entreprit, sous le règne de Louis le Débon-