CANCRE — CANDALE
nos méthodes, peut-être, qui ne sont pas toujours les plus vivantes ni les plus propres à susciter Tactivité des enfants ; la force de Thabitude et du préjugé, la vanité des familles, qui maintiennent sinon seul, au moins seul en faveur, un type d'enseignement en partie suranné et qui l'imposent à tous invita Minerva, — voilà les causes principales d'un mal qu'on a bien tort de traiter légèrement. Ce mal, en effet, ce n'est rien de moins que le gaspillage d'une partie très notable des forces intellectuelles et morales du pays. Qui dira pour combien cette cause a contribué à Taffaiblissement de la bourgeoisie française dans le passé, et le dommage qu'elle a subi de ce chef? Plus l'enseignement secondaire se répand et tend à se généraliser dans notre démocratie, plus il devient urgent de prendre des mesures pour que les millions que l'Etat y consacre profitent sérieusement au plus grand nombre possible de ceux qui le reçoivent, et ne fassent pas un cancre de plus qu'il n'est strictement nécessaire. Les moyens résultent assez clairement des causes indiquées plus haut. Le premier de tous est de persuader aux professeurs qu'ils se doivent à tous leurs élèves également, que si la prédilection pour les plus forts est une tentation naturelle, le souci des autres est un devoir strict ; qu'en aucun cas ni sous aucun prétexte un éducateur digne de ce nom, ayant charge de quarante élèves, ne peut honnêtement borner ses soins à ceux qui lui font honneur et trouver tout simple d'avoir dix souches devant lui. Ce n'est pas sa faute si cela lui arrive, mais il déchoit s'il en prend gaiement son parti. H. Marion.
CANCRELAT (Entora.). Nom vulgaire sous lequel on désigne les diverses espèces d'Hémiptères composant le groupe des Blattides, mais qui s'applique plus spécialement au Periplaneta americana L. (V. Blatte).
CANCRINou CANCRINUS (Franz-Ludwig von), minéralogiste allemand, né à Breitenbach (Hesse) le
21 fév. 1738, mort à Pétersbourg en 1816. Il fut successivement professeur à l'Ecole militaire de Hanau, puis (1782) commissaire du gouvernement à Altenkirchen (comté de Sayn), enfin (1783) directeur des mines de Staraya-Roussa en Russie ; en 1786, il se retira à Giessen pour retourner en Russie en 1793 avec le titre de conseiller d'Etat. Ouvrages principaux : Prad, AbhandL von der Zubereitung und Zugutemachung der Kupfereru, etc. (Francfort, 1765, in-8); Erste Grvnde der Berg-und Salzwerkskunde (FrdindoTt, 1773-91, 12 vol. in-8) ; traduit partiellement en français sous le titre : Jurisprudence génér. des mines en Allemagne, etc. (Paris, 1825, 3 vol. in-8) ; Vermischte Schriften ûber Land'Und Staalswirthschaft (Riga, 1786-87, 12 part. in-4, av. pi.) ; Kleine technoL Werke (Giessen et Marbourg, 1788-i811, 7 vol. in-8, av. pi.) ; Grundsâtze der bûrgerL Baukunde, etc. (Gotha, 1792, in-4, av, 30 pi.) ; Vollstând, AbhandL ûber die im russischen Reiche gebrâuchlichen OEfen und Kamine, etc. (Marbourg, 1807, in-8, av. 1 pi.). D' L. Hn.
CANCRINE ou KANKRIN (GeorgouEgor Frantzovitch, comte), homme d'Etat russe, fils du précédent, né le 8 déc. 1774 à Hanau, mort à Saint-Pétersbourg le
22 sept. 1^45. Après avoir fait ses études en Allemagne, il entra en 1800 au service de la Russie ; en 1812 il fut intendant général de l'armée, accompagna les troupes russes en Allemagne et en France. En 1823 il devint ministre des finances et reçut en 1839 le titre de comte. 11 avait en outre celui de général. Les Russes le considèrent comme un de leurs meilleurs financiers. H fit prévaloir en Russie, jusqu'à l'excès, les principes du système protectionniste. 11 a écrit plusieurs ouvrages en allemand : Ueber die Militœrœkonomie (St-Pétersb., 1822-24, 3 vol.); Œkonomie der menschlichen Gesellschaft (Stuttgart, 1845, traduit en russe ; St-Pétersb., 1868) ; Weltreichthum, Nationalreichthum und Staatswirtschafé (Munich, 1824-1846). U avait écrit dans sa eunesse un roman Dagobert (Altona, 1796). Le comte
Keyserling a publié en 1865 ses Reisetagebilcher (2 vol.) ' précédés d'une biographie ; sa correspondance avec Alexandre de Humboldt a été éditée en 1869 à Leipzig (Im lirai und Altaï; Brlefwechsel). L L.
BiBL. : Riissische Revue, 1875.
CANCRINITE. Silicate d'alumine et soude (renfermant en outre du carbonate de chaux), de formule très complexe. La cancrinite est isomorphe de la néphôline^ dont elle diffère par une petite quantité de carbonate de chaux qui y existe à l'état de combinaison. Hexagonale avec clivage facile suivant les faces du prisme hexagonal. Jaune ou noir, elle possède toutes les propriétés de la néphéline (V. ce mot). Son gisement exclusif est la syénite éléoHthique (Norvège, Maine, etc.), où elle remplace et quelquefois épigénise la néphéline. A, Lacroix.
CANCRISANT (Musique) (V. Canon).
CANGROÏDE (V. Cancer [médecine]).
^ CANCROiVIA (Ornith.). Nom latin des Echassiers américains du genre Savacou (V. ce mot).
CANCUÇU (V. Canguçû).
CANDAHAR (Afghanistan) (V. Kandahar).
CANDALE (François de Foix, comte de), évéque d^Aire et mathématicien français, né en 1502, mort le 5 févr. 1594. 11 a donné une traduction d'Euclide (1566), et fondé une chaire de mathématiques à l'Université de Bordeaux. 11 a également traduit en français le Pœmander attribué à Hermès Trismégiste. A sa première édition d'Euclide, il a ajouté un seizième livre sur les solides réguliers, à la seconde (1578) deux nouveaux livres, toujours sur le même objet. Sa traduction a été attaquée par Vossius comme trop peu fidèle et défendue par Huet. T.
CANDALE (Henry de Nogaret d'Epernon, duc de), général français, né en 1591, mort à Casai le 11 fév. 1639. Il était fils aîné du duc d'Epernon (V. ce mot) et porta d'abord le nom de comte de Caudale. Après avoir obtenu, le 17 sept. 1596, la survivance de son père au gouvernement et lieutenance générale en Angoumois, Saintonge et Aunis, il prit le titre de Caudale en fév. 1611 et passa l'année suivante à la cour de l'empereur. En 1613, il alla offrir au grand-duc de Toscane ses services contre les Turcs, et contribua par son courage et son «jang-froid à la prise d'Azliman en Caramanie. Revenu en France en 1614, il fut nommé premier gentilhomme de la Chambre. H prit ensuite part à la révolte des grands contre la régente, parut un moment embrasser le protestantisme et fut même nommé général des Cévennes par l'assemblée réformée de Nîmes (1615). H rentra peu de temps après dans le devoir et, en 1621, nous le trouvons combattant contre les Espagnols dans les rangs de l'armée du prince d'Orange où il était colonel d'un régiment d'infanterie. L'année suivante, il contribua à la défense de Bergues, assiégée par Spinola. H se démit alors de son gouvernement d' Angoumois, de Saintonge et d'Aunis et passa, en 1624, au service des Vénitiens qui lui confièrent le commandement de leurs troupes en Yalteline, puis le nommèrent général de leur infanterie. Fait chevalier des ordres du roi le 14 mai 1633, il resta néanmoins au service de Venise qui le nomma généralissime. Rentré en faveur auprès de Richelieu par l'entremise du cardinal de la Valette, il revint en France et y leva, en 1634, un régiment d'infanterie de son nom. Le 11 déc. 1636 il fut fait lieutenant général à l'armée de Guyenne, puis à l'armée de Picardie le 9 avr. 1637. H reprit la Capelle avec le cardinal de la Valette, son frère, et fut désigné pour le suivre à l'armée d'Italie (9 avr. 1638), où il commanda jusqu'à sa mort au siège de Casai. Louis Farges.
BiBL. : Pinard, Chronologie historique militaire, t. I. — La Chesnaye des Bois, Dici. de la noblesse. — Le P. Anselme, Hist. généalogique, t. IIL V. au mot Epernon.
CANDALE (Louis-Charles-Gaston de NoGARET de Foix, marquis de la Valette, puis duc de), général français, neveu du précédent, né à Metz le 14 avr. 1627^ mort à Lyon le 29 janv. 1658. On leva sous son nom un ré^i-