CAPOTE - CAPPADOCE
se construisaient il y a quelques années ; on distinguait le champignon simple^ soutenu par des tringles rapportées à l'extrémité du dernier bout du tuyau, et le champignon à la noix, fixé de la môme façon sur un bout de tuyau évasé par le bas et isolé du tuyau principal, auquel il est relié par des pattes. L. K.
CAPOTS JV. Cagots).
CAPOÛDÂN-PÂCHÂ. Le mot capoMân^ emprunté par le turc à Titalien, a le sens de chef, préposé, capitaine. C'est aussi le commandant d'un vaisseau et même d'une flotte. Le Capoûdân-Pâchâ est le grand amiral de la flotte ottomane ; le vice-amiral porte le titre de Capoûdâna-bey. Enfin, un gouverneur de place forte est aussi désigné sous le titre de Capoùdân-Pâehâ.
CAPOUE (en italien Capua). Ville d'Italie de la Terre de Labour, ancienne Campanie, à 41 kil, N.-O. de Caserte. Elle est arrosée par le Vulturne et fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Casilinum par les Lombards en 856. C'est un archevêché avec une belle cathédrale, de nombreuses églises et couvents. C'est surtout une place forte, qui fut souvent prise et pillée. Les Français s'en emparèrent en 1799 et en 1806. Le tremblement de 1803 y a causé beaucoup de ravages. La pop. (1881) est de 11,291 bab. agglom. L'antique cité de Capoue, la rivale de Rome au temps d'Annibal, la ville de plaisirs la plus renommée de l'Italie, était située à 4 kil. au S.-E., là où s*élève aujourd'hui Santa Maria Capua Vetere, Les rudes Samnites, puis les mercenaires d'Annibal s'amollirent vite au contact des déliées de Capoue. Les Romains reprirent Capoue en 211 et y établirent une colonie qui subsista jusqu'au temps des Lombards. De l'antique Capoue, il reste maintenant les ruines d'un amphithéâtre et quelques . fragments d'un arc de triomphe. Santa Maria Capua Vetere n'est plus qu'une bourgade sans importance (18,470 hab. en 1881). H. V.
CAPOUL (Joseph-Amédée-Victor)^ chanteur scénique français, né à Toulouse le 27 févr. 1839. Il commença ses études musicales dans sa ville natale, puis vint se faire admettre au Conservatoire de Paris, où il fut élève de Mocker et de Révial. A la suite de concours brillants où il remporta les premières récompenses, il fut engagé à l'Opéra-Comique, où il débuta modestement, en 1861, par le rôle de Daniel du Chalet^ après quoi il joua Tonio de la Fille du régiment^ puis la Part du diable, et fit quelques créations dans des ouvrages d'importance secondaire : la Colombe^ les Absents^ la Grand'Tante, Doué d'un physique aimable, d'une grande intelligence scénique, d'une voix d'un timbre charmant quoique un peu faible, chantant avec goût et avec une grâce parfois un peu maniérée, il fut bientôt pris en affection par le publie, surtout par le public féminin, dont il devint rapidement le favori. Deux créations importantes qu'il fit, l'une dans Vert-Vert, d'Oifenbach, l'autre dans le Premier jour de bonheur^ d'Auber, le mirent en complète évidence et lui valurent une renommée rapide.
C'est au plus fort des succès qu'il remportait à l'Opéra- Comique que M. Capoul, désireux sans doute d'arriver promptement à la fortune, prit la résolution de quitter ce théâtre de ses jaunes triomphes pour embrasser k carrière italienne. Il partit pour l'Amérique, où il se vit accueillir avec une sorte d'enthousiasme, puis accepta un engagement pour le théâtre italien de Drury-Lane, à Londres, où il retrouva la même faveur. Là, il devint le partenaire de M"^® Christine Nilsson, et chanta avec succès quelques rôles de demi-caractère, tels que Faust, Mignon et Mai^tha, Il vint même, en 1873, jouer ce dernier ouvrage au Théâtre-Italien de Paris, et l'on put s'apercevoir déjà que la fraîcheur de sa voix frôle était quelque peu entamée et que celle-ci avait perdu une partie de son charme pénétrant. 11 repartit pour l'étranger, revint en 1876 pour créer au Théâtre-Lyrique le rôle de Paul dans Paul et Virginie, de Victor Massé, et peu après prit pour un instant la direction du théâtre Ventadour,
afin d'y monter un ouvrage nouveau de M. Richard Yrvid (le marquis d'Ivry), les Amants de Vérone, dans lequel il remplissait le rôle de Roméo. Si sa voix était bien affaiblie, du moins son double talent de chanteur et de comédien brilla-t-il encore vivement dans ces deux ouvrages. Néanmoins M. Capoul reprit ses pérégrinations, se rendit de nouveau en Amérique, où il se fit surtout applaudir en jouant la Fille de Madame Angot, puis revint enfin en France avec le désir de ne plus la quitter. Il s'associa M. Armand Silvestre pour tirer du poème célèbre de Lamartine, Jocelyn, le livret d'un opéra dont M. Renjamin Godard écrivit la musique, et dont il s'était promis de créer le principal rôle. C'est sans lui pourtant que cet ouvrage fut joué à Rruxelles, au théâtre de la Monnaie; mais en 1888, au théâtre du Château-d'Eau, M. Capoul remplit le principal rôle de sa pièce. A. P.
CAPOULET-ET-JuNAC. Corn, du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. de Tarascon-sur-Ariège ; 414 hab.
CAPOULIÉ. Mot provençal signifiant chef, qui désigne le grand-maître de l'association du Felibrlge (V. ce mot).
CAPOZZOLl (Domenico, Patrizio et Donato, frères), patriotes napolitains, décapités le 27 juin 1829. Riches propriétaires à Monteforte et à Bosco, dans le Cilento (massif montagneux au S. de Paestum), hospitaliers, généreux, aimés de tous, inscrits de bonne heure parmi les carbonari, propagateurs actifs de la secte, ils se distinguèrent en 1820 par leur ardeur révolutionnaire. Quand vint la proscription, ils vécurent errants dans les montagnes pendant plusieurs années. Surpris en 1827 par une troupe de carabiniers, ils en tuèrent huit et échappèrent encore. En 1828, le chanoine De Luca ayant fait un appel à la liberté dans l'église de Bosco, les trois frères Capozzoli soulevèrent les populations et se rendirent maîtres d'une grande partie du Cilento. L'insurrection fut comprimée par le féroce Delcarretto, et, longtemps traqués, ils durent enfin chercher un refuge à l'étranger. Cachés d'abord à Livourne, ils passèrent plus tard en Corse. Mais, mis en défiance contre les autorités françaises par un espion qui leur persuada de retourner dans leurs montagnes natales, ils revinrent dans le Cilento, en 1829, et s'y cachèrent encore plusieurs mois. Leur tête fut mise à prix. Trahis par leur hôte au milieu d'une fête, à Perito (17 juin), ils furent pris après une lutte héroïque, et, au bout de dix jours, décapités sous le télégraphe de Palinure, qu'ils avaient incendié l'année précédente. Leurs têtes, portées dans des cages de fer, furent envoyées en spectacle dans les villages. F. H.
BiBL. : Atto Vannucci, IMartiri délia, liberté, italiana dal 119^ al i8k8\ Florence, 1860, 3« édit.
CAPPADOCE. I. Géographie ancienne. — (En grec KajcTuaSo/tta ; en perse, Katpatuka), C'était le nom d'une contrée étendue dans l'Asie Mineure. Elle était limitée au N. par la Galatie, à l'E. par l'Arménie, au S. par la Syrie (Comagène) et la Cilicie,^ à l'O. par la Lycaonie. Ce pays très montagneux est limité au midi par le Taurus et^ le mont Argée. Une partie de la Cappadoce était fertile et couverte de forêts ; une autre ne contenait que des pâturages et une grande partie des montagnes était stérile. Mais l'agriculture était moins considérable que l'élevage des bestiaux. Il est très probable que les habitants de la Cappadoce étaient fortement entremêlés d'éléments sémitiques puisqu'on les regarde comme apparentés aux Syriens, et distingués de ceux-ci par le nom de Leucosyriens, ou Syriens blancs. Ils étaient réputés perfides et insidieux, peu civilisés, en somme, mais vigoureux et vaillants. Leur pays était arrosé par l'Halys, le Cydnus,rEuphrate avec ses affluents, l'Omirus et le Mêlas, le Karamelas et le Pyramus. Les villes principales étaient Mazaca (plus tard célèbre sous le nom de Caesarea) au pied du mont Argée ; Garsaura ou Archeîaïs (aujourd'hui Kirchehr) et surtout Comana au pied de l'Anti- Taurus, célèbre par le sanctuaire de la déesse Ma (V. ce nom), sur le site de laquelle on trouve encore des ruines très importantes*
L*liistoire da la Cappadoce remonte à une haufe antiquité. Le roi assyrien Teglath-Phalazar, vers 1120 av. J.-C, y porta ses armes. Les contrées de Cumana et de Mélid, la Mélitène des Grecs et d'autres noms se trouvent souvent mentionnés dans les expressions cunéiformes. Englobée dans Tempire des Mèdes, la Cappadoce passa ensuite sous le joug des Perses, chez qui nous trouvons la plus ancienne mention de son nom. Des satrapes perses se rendirent souvent presque indépendants de l'empire. Après la mort d'Alexandre , Eumène la reçut en partage (322 av. J.-C.)» Antigone l'arracha à ce dernier en 315 av» J.-C, et la garda jusqu'à la bataille d'ïpsus (301 av. J,-C.)^ Depuis cette victoire de Séleucus Nicator, la Cappadoce fit partie de l'empire des Séleucides, jusqu'à ce que Ariarathes se déclara indépendant. Ce personnage se disait d'origine perse, en rattachant sa généalogie à Otanès, un des meurtriers du pseudo-Smerdis (V. Ariarathes),
A partir de cette époque, la Cappadoce forma un royaume indépendant sous des rois portant presque tous le nom Ariarathes ; Mithridate, en 94 av. J.-C, dépouilla Ariarathes Vlllde sa couronne; mais abandonna le pays à Ariobarzanes qui fut bientôt dépossédé de sa couronne par Tigrane, roi d'Arménie. La souche royale recouvra le pays après bien des vicissitudes, jusqu'à ce que Tibère attira, l'an 17, à Rome, Archelaûs, le dernier de la race; et la Cappadoce devint province romaine, divisée dans les districts de Cataonie, de Mélitène et de Cappadoce propre, à laquelle fut adjointe l'Arménie mineure.
Dans ces derniers temps on a rapporté en Europe, comme provenant de Césarée, des textes cunéiformes qu'on désigne sous le nom de canpadociens^ mais dont l'authenticité n'est pas à l'abri de tout soupçon. J. Oppert.
II. Géographie moderne. — Le territoire de l'ancienne Cappadoce est occupé aujourd'hui par les vilayets d'Angora, de Sivas, de Kastamounl et par une partie de celui de Trébizonde. Le sol de ces provinces, fertile comme celui de l'Arménie et jouissant d'un climat analogue, reste souvent inexploité par suite du défaut de communications et de l'indolence de leurs habitants qui sont en majorité de race turque. La population grecque, qui a longtemps vécu isolée et formant un noyau important dans la ville de Phazara s'est aujourd'hui dispersée dans tout le pays; elle est surtout nombreuse dans les villes de la côte de la mer Noire. Les villes principales sont Kaïsariehy l'ancienne Césarée, placée sur le chemin des caravanes qui se rendent d'Arménie à Constantinople ; Sivas, au point de jonction de plusieurs routes; Kastamaunij qui a une industrie locale assez importante; Angora^ colonie d'Arméniens qui ont conservé leur religion mais abandonné leur langue ; sur la côte, les villes les plus importantes sont Sinub (anc. Sinope) et Erekli (anc. Héraclée) (V. ces mots). L, Steeg.
CAPPAGUM. Ville de la Bétique (Espagne ancienne), mentionnée par le seul Pline comme stipendiaria et faisant partie du district de Cadix ; quelques archéologues la placent près de Chiclana, d'autres près de Ronda ; la première opinion parait plus vraisemblable, mais demeure cependant tout à fait incertaine,
CAPPARIDACÉES {Capparidaceœ DC). Famille de plantes Dicotylédones, dont les représentants sont des herbes, des arbustes ou des arbres à feuilles alternes, simples ou composées, quelquefois pourvues de stipules. Les fleurs, solitaires ou bien disposées en grappes ou en corymbes, sont le plus habituellement tétramères, avec des étamines en nombre plus ou moins considérable, à anthère biloculaires, déhiscentes par des fentes longitudinales. L'ovaire, porté par un pédicule plus ou moins allongé, est uniloculaire avec des placentas pariétaux chargés d'ovules campylotropes ou anatropes. Le fruit est une capsule siliquiforme, ou bien une baie ou une drupe, renfermant des graines le plus souvent dépourvues d'albumen* — Les Capparidacées sont surtout répandue dans les
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régions chaudes du globe. Très voisines des Résédacées, dont elles diffèrent seulement par le port et la structure du fruit, elles se rapprochent également des Crucifères et des Papavéracées ; elles se distinguent des premières par l'absence d'une fausse cloison dans l'ovaire, des secondes par l'absence de la double corolle et par l'embryon dépourvu d'un albumen abondant. M. H. Bâillon {Hist. des Plantes f III, p. 165) les divise en quatre tribus: i^ les Cléomées (Genres : Cleame L. et Wislizenia Engelm.) ; 2û les Capparidées (Genres : Capparis Tourn., Cadaba Forsk., CratœvaL,, Boseia Lamk, etc.); 3<> les Méruées (Genre : Mœrua Forsk) ; 4*^ les Ropalocârpées (Genre : Ropalocarpus Boj.) ; 4* les Moringées (Genre : Moringa Burm.). Ed. Lef.
CAPPARIS (Capparis Tourn.). Genre de plantes qui a donné son nom à la famille des Capparidacées et au groupe des Capparidées. Ce sont des arbres ou des arbustes, épineux ou inermes, parfois grimpants, à feuilles alternes et stipulées. Les fleurs, hermaphrodites, ont un réceptacle convexe, avec un périanthe double, le plus souvent tétramère et de nombreuses étamines hypogynes, libres. L'ovaire, pluriloculaire, est porté par un long pédicule, et le fruit, bacciforme, renferme des graines réniformes, dépourvues d'albumen. -- Les Capparis y dont on a décrit plus de cent espèces, croissent dans les régions tropicales et subtropicales du globe et jusque dans la région méditerranéenne. L'espèce la plus connue en France est le C. spinosa L. ou Câprier (Caper-^bush, des Anglais), qui
Capparis spinosa L» (rameau florifère).
est répandu et cultivé dans toute la région méditerranéenne ; ses boutons à fleur, comme ceux du C. &)dada Forsk, de l'Egypte, du C. rupestris L,, de la Grèce et du C. Fontamsii Lamk^ de la Barbariô, sont réputés stimulants, apéritifs et antiscorbutiques. On les confit dans le vinaigre et on en fait un grand usage comme condiment sous le nom de Câpres. Ses fruits, ovoïdes, de couleur verdâtre, appelés Cornichons de Câprier, servent au même usage. — Parmi les espèces exotiques, nous signalerons notamment le C. cynophallophora L., dont le bois est connu sous le nom de Bois de Mabouya, et les fruits sous celui de Fèves du diable des Caraïbes ; puis le C» ferruginea L., appelé aux Antilles Bois-Caca, à cause de la mauvaise odeur qu'exhalent son bois, ses feuilles et ses fleurs. Ed. Lef.
CAPPEL (Guerres de). On appelle ainsi, du nom d'un bourg de Suisse, situé au pied de l'Albis, dans le cant. de Zurich, les guerres civiles et religieuses auxquelles a donné lieu la réforme de Zwingli en 1529 et 1531. Les réformés fur^ût vaincus à Cappel par les catholiques, et
f APPEL — CAPPELER
Zwingli trouva la mort dans le combat. Un bloc de granit a été placé, en 4838, au lieu oU il est tombé.
BiBL. : G.-A. HoFF, Z-wingli, dans V Encyclopédie des sciences religievses, publiée sous la direction de F. Lichtenberger, t. XII.
CAPP EL (Guillaume), professeur et doyen de la Faculté de théologie d3 Paris. En 1491, étant recteur de l'Université, il appela comme d'abus contre une bulle d'Innocent VIII imposant un décime à cette corporation, et il défendit, sous peine d'exclusion, à tous les suppôts de l'Université de poyer cette imposition. II publia un ouvrage in-folio pour justifier sa résistance.
CAPP EL (Jacques), sieur de Tilioy, magistrat et jurisconsulte français, né en 4525, mort à Sedan le 21 mai 4586. Fils de Jacques Cappel, procureur du roi au parlement de Paris, il devint conseiller au parlement de Rennes. Les guerres de religion l'ayant obligé, comme protestant, à abandonner sa charge et à se retirer à Sedan, il se consacra exclusivement à des travaux de droit et de jurisprudence. On a ainsi de lui plusieurs ouvrages estimés, dont les principaux sont intitulés : Veterumjurlsconsultorum adversus Laurentii Vallœreprehensiônesdefensio (Paris, 4583) ; De Etymologiis juris civilis^ etc, (Leyde,4721). G. L.
CAPPEL (Louis), dit V Ancien, sieur de Moriambert, pasteur et théologien protestant, né à Paris le 15 janv. 1534, mort à Sedan le 6 janv. 1586. Avant d'adopter les principes de la Réforme, il avait été régent d'humanités au col* lège du cardinal Le Moyne, puis professeur de langue grecque à Bordeaux. Vers 1557, il se rendit à Genève. Lorsque les Etats de l'Ile-de-France furent convoqués en 1560 pour élire leurs députés aux Etats généraux, il osa proposer à l'Assemblée de Paris d'inscrire dans ses cahiers la Confession de foi des églises réformées. Après cette hardiesse, il dut quitter la ville. Il entra dans le ministère évangélique et, dans ces temps troublés, fut successivement pasteur à Meaux et à Clermont, professeur de théologie à Leyde, aumônier de l'armée de Jean-Casimir, enfin, pasteur ordinaire et professeur de théologie à Sedan. E.-H. V. BiBL. : Haag, la France protestante,
CAPPEL (Ange), seigneur du Luat, jurisconsulte et lettré protestant, frère du précédent, né le 2 oct. 1537, mort en 1623. On ne sait rien sur sa vie, si ce n'est que son premier ouvrage, VAvis donné au Roy sur V abbréviaiion des procès, publié enH562, lui attira l'amitié et la considération de Sully qui lui fit donner par Henri IV la charge de secrétaire du roi. Outre VAbus des plaideurs (réédition remaniée de la plaquette de 1562; Paris, 1604^ in-foL), il est l'auteur de plusieurs traductions d'ouvrages de Sénèque. Léon Ma-rlet.
BiBL. : La Croix du Maine, Bibliothèque française.
CAPPEL (Ysouard), célèbre ligueur, l'un des membres du comité des Seize. Il signa, en cette qualité, la lettre adressée à Philippe II pour l'engager à prendre la couronne de France ou à désigner un roi. Cappel fut plus tard chassé de Paris.
CAPPEL (Jacques), théologien protestant, fils de Jacques, né à Rennes en 1570, mort à Sedan le 7 sept. 1664, Il étudia la théologie à l'Académie protestante de Sedan et s'y fit recevoir ministre. Comme les édits lui donnaient le droit d'établir une église dans son fief du Tilioy, il en organisa une et en prit la direction pendant plusieurs années. En 1596,1a ville de Sedan lui adressa vocation comme pasteur, mais ce fut seulement en 1599 qu'il put répondre à cet appel et accepter en même temps la chaire d'hébreu à l'Académie protestante. Il exerça ces fonctions jusqu'à sa mort. Jacques Cappel a laissé de nombreux écrits, manuscrits et imprimés. OEuvres principales : Apologie pour les églises réformées contre les blâmes de L, Lessius, P. Cotton et autres (Sedan, 1611) ; les Livrées de Babel ou Histoire du siège romain^ distribuée par controverses, etc/ (Sedan, 4616); la Doctrine des églises réformées de( France contre le livre de l'Institution catholique de Cotton (Sedan, 4619); Observationes in
Epistolam ad Hebrœos (Sedan, 4624) ; Observationes in iV. T. exceptis Actibus àpostolorum et Apocalypsi D, Joannis (Saumur, 4657) ; Historia sacra et exotica ab Adamo usque ad Augustum (Sedan, 4613) ; De Fonder ibus et nummls lib. H et De Mensuris, lib. III, ouvrage que Ton dit des plus remarquables. Alfred Gary. BiBL. : Encyclopédie des sciences religieuses, t. II, pp. Ô23 et 624. ~ La France protestante, t. III, col. 721 à 727, 2« édit.
CAPPEL (Louis), frère du précédent, pasteur et professeur à Saumur, regardé à juste titre comme le père de lacritique biblique, né à Saint-Ellier, près de Sedan, le 45 oct. 4585, mort à Saumur le 48 juin 1658. Il fit son éducation complète sous la direction de son frère Jacques et couronna ses études par deux thèses, l'une De Sessione Christi ad dextram patris, l'autre De Origine et incrementis bonorum ecclesiasticorutn (Sedan, 1607 et 1608). Il entra de bonne heure au service de l'église de Bordeaux qui lui fournit les moyens de visiter les principales académies de l'Angleterre, de la Hollande et de l'Allemagne. Cappel se rendit d'abord à Oxford où il passa deux ans, se livrant avec ardeur à l'étude des langues sémitiques. Quand il revint en France, l'Académie de Saumur l'appela comme professeur d'hébreu. 11 prit possession de sa chaire en 1614, enseigna l'hébreu jusqu'en 1633, sauf une légère interruption, et la théologie proprement dite jusqu'à sa mort. Il contribua grandement à l'éclat de l'école de Saumur avec ses deux collègues Moyse Amyraut et Josué de la Place. Les deux grands ouvrages de Cappel sont les suivants : 1» Arcanum punctationis revelatum, sive diatriba de punctorum vocalium et accentuum apud Hebrœos verâ et genuinâ aiitiquitate (Leyde, 1624, in-4) ; 2<^ Critlca sacra sive de variis quœ in sacris V, T libris occurrunt lectionibus lib. VI; subjecta est quœstio de locis parallelis V, et N, T., etc. (Paris, 1650, in-fol.). Dans le premier de ces écrits, Cappel établit que les points-voyelles, les accents et les autres signes diacritiques du texte hébreu n'ont aucune origine divine, mais qu'ils ont été inventés par les Massorètes, très vraisemblablement au vi« siècle ap. J.-C. Dans sa Critica, fruit de trente années de travail, il fonde hardiment la critique du texte de l'Ancien Testament et même, dans une certaine mesure, celle du Nouveau. Il démontre que le texte des écrits bibliques a été altéré en maints endroits par les copistes et qu'il est possible de rétablir scientifiquement le texte primitif. Pas un seul imprimeur, ni de la Hollande ni de la Suisse, ne voul ut se charger de l'impression de cet ouvrage, dont la hardiesse paraissait effrayante, et la Crltica sacra serait inédite si trois moines catholiques n'avaient obtenu un privilège du roi pour la faire imprimer en France. Alfred Gary.
BiBL. : BERTHEAu,'article de l'Encyclopédie allemande de Herzog. — Miceiel Nicolas, étude dans la Revue de théologie de Strasbourg^ t. VIII. — Viguië, article de VEncyclopédie des sciences religieuses, t. II. — La France protestante, t. III, col. 727 à 736, 2« éd.
CAPPELEN (Herman-August), paysagiste norvégien, né à Skien en 1827, mort en 1852 à Dusseldorf, où il habitait d'ordinaire depuis 1846. Ce fut un des meilleurs élèves de Gude ; il aimait à peindre avec réalisme des forêts et des montagnes désertes, d'où se dégage une impression mélancolique et élégiaque. B-s.
CAPPELER (Moritz-Anton) , médecin et naturaliste suisse, né à Lucerne en 1685, mort près de cette ville le 16 sept, 4769. Après avoir étudié à Milan et à Pont-à- Mousson, il suivit comme médecin en 4707 l'armée impériale dans le royaume de Naples, puis en 1712 servit comme officier du génie dans la guerre dite de Toggenbourg. Il exerça ensuite la médecine successivement à Lucerne, à Fribourg et à Soleure ; en 1747, il devint membre du grand Conseil et en 1754 il se retira dans un hameau près de Lucerne. II était membre de la Société royale de Londres et de l'Académie des Curieux de la nature. On a de lui : Analyse des eaux minérales de
CAPPELER — CAPPELLO
Russhyl^ près deLucerne (Lucerne, 1717); Prodromus cristallographiœy etc. (Lucerne, 1723, in-4); Beschreib. der Gletscher auf dem Grimselherge, dans Altmann, Descr, desglac. suisses, p. 129; Pllati montis histo-^ ria, etc. (Baie, 1767, in-4, av. 7 pi.), etc., etc. D^L. Hn.
CAPPELLA (Scipione), peintre et miniaturiste, né à Naples, où il vivait vers 1740. Elève et copiste habile de Francesco Solimena, il a fait, d'après ce maître, de nombreuses copies prises souvent pour des originaux. On suppose qu'il est le père ou le frère de Francesco Capella, connu comme élève de Piazzetta.
CAPPELLA RI (Michèle), poète italien, né à Bellune le 28 janv. 1630, mort le 19 fév. 1717.11 remplit quelques offices dans l'administration romaine et fut secrétaire particulier de la reine Christine de Suède. Louis XIV l'avait créé chevalier, et Léopold, baron duJSaint-Empire. Ses vers sont exclusivement des vers latins : Christina lustrata (Venise, 1700) ; Declamationes duœ : An Venetis bellum in Turcas susclpere expediret (Rome, 1684) ; ISaufragium Félix (Venise, 1668); Suorum Carminum vindicatio (Venise, 1671); Poematum in quo Epigrammata pars prior (Venise, 1697) ; Poematum pars posterior (Nenïse, ilOî), R. G.
BiBL. : Jacopo Rossi, Ricordo délie due provincie di Treviso e Belluno ; Feitre, 1886, in-8.
CAPPELLARI (Gennaro-Antonio), poète italien, né à Naples le 10 avr. 1655, mort à Palerme le 26 avr. 1702. A défaut des mérites de ses agréables vers, ce poète doit d'être sauvé de l'oubli par sa fin tragique. Se trouvant à Palerme, en 1702, lors des troubles qui bouleversèrent la Sicile à l'avènement des Bourbons, il fut, on ne sait sous quel prétexte, accusé de lèse-majesté, condamné à mort et exécuté. On reconnut, par la suite, que Cappellari était innocent. Comme poète lyrique, il avait écrit des poésies italiennes qui ne paraissent pas avoir été imprimées, si ce n'est par fragments, dans Crescimbeni ; quelques dissertations latines et un poème latin sur les comètes qui parurent en 1664 et 1665, De Cometis (Venise, 1665). R. G.
BiBL. : Crescimbeni, Istoria délia volgar poesia; Venise, 1730-1731, 6 vol. in-4.
CAPPELLE. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. 0. de Dunkerque; 627 hab.
CAPPELLE-Brouck. Com. du dép. du Nord, arr. de Dunkerque, cant. de Bourbourg; 1,144 hab.
CAPPELLE-en-Pévéle. (Capella in Pabula) . Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. de Cysoing, sur un affluent de la Marcq ; 1,328 hab. Fabr. de sucre ; moulins à huile et à blé. Cette localité doit son nom à une chapelle érigée en paroisse en 1221. Le chœur de l'église a conservé la pierre tombale en pierre bleue d'Ogier de Montmorency.
CAPPELLETTI (Licurgo), littérateur italien, né à Piombino (province de Pise) le 22 nov. 1842. Après avoir été professeur, puis rédacteur au Monitore di Bologutty il est maintenant pourvu d'une chaire à l'Institut technique Amerigo Vespucci, de Livourne. On lui doit quelques utiles travaux de critique historique et littéraire : Del Gommer cio dei Veneziani coW Oriente (Venise, 1867); Poésie di Giovanni Meli tradotte (Palerme, 1872), traduction des vers écrits en dialecte d'un célèbre poète sicilien; Lucrezia Borgia e la Storia (Pise, 1876) ; Michelangelo Buonarroti (Bologne, 1877) ; une série d'Etudes sur Boccace, publiées dans le P7Vpugnatore; des éditions classiques : Leopardi (1881), Antologia lirica (1881); Letter attira spagnuola (1882); Boccace (1883); les Cento novelle (iSS^); Storia délia rivoluzione francese (1886-87); Maria- Antonietta, regina di Francia (1888), etc., etc. R. G.
BiBL. : A. de Gubernatis, Dizionario biogrnfico degli scrittori conlemporanei; Florence, 1880, in-S.
CAPPELLI (Giovanni-Antonio), peintre, né à Brcscia en 166i d'après Guarrienti et Hobbes, en 1669 d'après Ticozzi, mort en 1741. Il commença par étudier la pein-
ture à Brescia, et passa dans l'atelier de Pasinelli à Bologne, puis dans celui de Baciccio à Rome. De retour à Brescia il y peignit des tableaux religieux ou d'histoire, et des fresques très estimées, entr'autres : la voûte de la salle del Capitaneo, au palais du Broletto ; r Immaculée conception entourée de saints, quatre sujets de la Passion, le Paradis et le Jugement dernier dms l'église San Giuseppe ; Saint Dominique et saint François, les saints Franciscains, dans la même église ; la Glorification de saint Benoît, dans l'église des Saints-Faustin-et- Jovite ; le Christ mort soutenu par deux anges, dans l'église délia Face ; V Histoire des saints Dominicains, dans le cloître de San-Marco ; Sainte Agathe visitée dans sa pinson par r apôtre saint Pierre, à Sauf Agata, etc. — On trouve des tableaux ou des fresques de cet artiste dans presque tous les monuments publics de Brescia.
BiBL. : J.-R. Hobbes, the Picture collectofs manual ; Londres, 1849. — Luigi Chizzola, le Pitture et Sculture di Brescia; Brescia, 1760.
CAPPELLI (Pietro), peintre italien, mort en 1734. Il ('tait le fils du peintre décorateur Giuseppe Cappelli, et peignit exclusivement des tableaux d'architecture et de perspective. Il en a laissé dans ce genre qui sont très estimés.
CAPPELLI (Orazio-Antonio, marquis de), poète et homme d'Etat italien, né à Sandemetrio, dans les Abruzzes, le 1^^ mars 1742, mort à Naples le 1®^ août 1826. Il fut secrétaire d'Etat du royaume de Sicile, puis ministre de la maison du roi, enfin conseiller d'Etat en mars 1820. Il a laissé quelques poèmes, la Legge di natura, Caserta, Varie Poésie liriche, etc., qui furent réunies sous ce titre : Opère del marchese Orazio Cappelli (Naples, 1832, 2 vol. in-8). R. G.
BiBL. : TiPALDO, Biografla degli Italiani illustri, t. VI.
CAPPELLI (Fernanda), cantatrice scénique italienne contemporaine. Elle a commencé sa carrière il y a trente ans environ, et a obtenu du succès dans quelques-unes des plus grandes villes d'Italie : Milan, Venise, Turin. Douée d'une belle voix de soprano, la souplesse de son talent lui permettait d'aborder tantôt le genre dramatique, tantôt le genre comique, et de chanter tour à tour la Contessa a'Amalfi et le Nozze di Figaro, Béatrice di Tenda et le Astuzzie femminili. M'^® Cappelli a appartenu pendant quatorze années consécutives au théâtre de la Scala, de Milan, et se montra ensuite sur presque tous les autres théâtres de cette ville. A. P.
CAPPELLI NI (Gabriel) (V. CALiGARmo).
CAPPELLI NO (Giovanni-Doraenico), peintre, né à Gênes en 1581, mort en 1650. Elève deG.-B. Paggi, il commença par imiter le genre de son maître, mais on lui reproche le manque d'élévation de ses œuvres pendant cette période d'imitation, tout en lui reconnaissant des qualités de composition et de couleur très personnelles. Dans la suite Cappcllino assombrit sa manière et s'éloigna tout à fait du genre de Paggi. Cet artiste, apprécié diversement par les critiques, a laissé comme homme la réputation d'un original cérémonieux , ennemi par-dessus tout de la poussière et de la saleté ; il poussa si loin cette aversion que, pour ne pas voir sa chambre en désordre pendant sa dernière maladie, il refusa d'y laisser pénétrer une garde-malade et mourut faute de soins. Ses principaux tableaux sont : le Martyre de saint Sébastien dans l'église Sainte-Sabine à Gênes, Sainte Françoise faisant parler une fille muette dans l'église San- Stefano, la Flagellation et le Couronnement d'épines dans l'église San-Siro, Ces deux derniers tableaux appartiennent à la seconde manière du peintre. Saint André adorant l'instrument de son martyre, dans l'église de Saint-Erasme à Voltri, etc. F. Courboin,
BiBL.: Lanzi, Histoire de la peinture en Italie, t. 111, p. 274. — FûssLi, Dictionn. des artistes. — Ch. Blanc, Histoire des peintres (Ecole génoise).
CAPPELLO (Bernardo), poète italien, né à Venise
CAPPELLO - CAPPERON
vers 1500, mort à Rome le 18 mars 156o. Bembo, qui fut soa maître, l'estimait assez pour lui soumettre ses propres ouvrages et Ton peut partager encore le sentiment du célèbre cardinal ; ses vers ont de la grâce, une réelle distinction et avec un peu plus de hardiesse seraient très agréables. Peut-être que l'homme politique fit tort au poète. Fonctionnaire de la République, il fut impliqué dans un complot et condamné, en 1540, au bannissement perpétuel dans l'île d'Arbe, en Esclavonie. Mais il réussit à fuir, et sa vie se partagea désormais entre Rome, 011 il avait de hautes protections, et la cour du duc d'Urbin qui était alors un petit centre littéraire fort recherché. Ses poésies ont pour titre : Canzoniere (Venise, 1560), ou Rime (Bergame, 1748-1753, 2 vol. in-8) ; cette dernière édition est due à Serrassi. R. G.
BiBL. : Serrassi, Vita di Bernardo Cappello (en tête des Rime); Bergame, 1748.
CAPPELLO (Giovanni), ambassadeur de Venise auprès du roi de France, de nov. 1551 à 1555. La relazione qu'il a prononcée date de 1554. Il eut pour successeur Giacomo Soranzo.
BiBL. ; Relations des ambassadeurs vénitiens recueillies par M. N. Tommaseo, 1838, t. I^r, p. 365 {Collect. de documents inédits sur l'hist. de France). — Armand Baschet, la Diplomatie vénitienne ; tes Princes de l'EU" rope aa xvp siècle; Paris, 1862.
CAPPELLO ou CAPELLO(Bianca), grande-duchesse de Toscane, née à Venise, morte au Poggio, près Florence, le 20 oct. 1587. Cette Vénitienne, d'une grande beauté, d'un esprit plus séduisant encore, possédée au plus haut degré du dîmon de l'intrigue, a été le mauvais génie de sa famille et de ses sujets. Séduite par un Florentin du nom de Buonaventuri, qui se faisait passer pour un parent de l'illustre famille des Salviati, elle vola les bijoux et l'argent de son père et se réfugia à Florence. La tête du séducteur fut mise à prix et son oncle jeté dans une prison oii il mourut. Bianca avait espéré que le mariage d'une Grimani Cappello avec un Salviati effacerait sa faute. Trompée indignement par son premier amant, elle ne songea plus qu'à s'élever à un si haut rang qu'elle pût changer en basse adulation les justes dédains qu'inspirait sa conduite. A Florence, à la suite d'une scène habilement combinée, elle devint bientôt la maîtresse de François de Médicis qui exerçait le pouvoir à la place de son père Cosme, et son ancien amant consentit par lâcheté ou par ambition à un honteux partage. François avait épousé l'archiduchesse Jeanne d'Autriche dont il n'avait que des filles. Lorsqu'il fut grand-duc de Toscane par la mort de son père (1574), Bianca osa simuler une grossesse et lui présenta, comme son propre fils, l'enfant d'une femme du peuple qui venait d'accoucher la veille (29 août 1576). On le nomma don Antonio de Médicis. Le grand-duc se laissa prendre à ce grossier artifice, et deux mois après la mort de sa femme (1578), malgré les représentations de ses frères, il épousa secrètement Bianca Cappello. Celle-ci réussit bientôt après à faire proclamer publiquement son mariage. Le grand-duc envoya à ce sujet au doge de Venise une ambassade solennelle. La seigneurie reconnut Bianca Cappello « fille véritable et particulière de la république ». Cet honneur n'avait été rendu jusque-là qu'à deux Vénitiennes, la reine de Hongrie et la reine de Chypre. Le Sénat de Venise connaissait Tindignité de Bianca. Mais il espéra que son influence asservirait le grand-duc à la politique de la république. Le père de Bianca, ébloui de la haute fortune de sa famille, vint avec quatre-vingt-dix nobles Vénitiens assister à son mariage (12 oct. 1579), dont les fêtes coûtèrent plus de 300,000 ducats. Bianca était arrivée à ses fins à force d'intrigues; elle avait fait assassiner tous ceux qui avaient été mis au courant de sa grossesse simulée. Elle simula deux autres grossesses et elle s entendit avec son frère Vittorio Cappello, devenu le premier ministre du grandduc François, pour écarter du trône de Toscane ses deux beaux*frères et y faire arriver son fils supposé don
Antonio. Mais cette dernière intrigue échoua. Vittorio Cappello fut disgracié et chassé de la Toscane. Le cardinal Ferdinand de Médicis réussit à empêcher son frère de reconnaître pour son héritier un fils qu'il comblait de toutes sortes de faveurs et de richesses, bien qu'il sût qu'il n'était pas de lui. Alors elle chercha à se réconcilier avec Ferdinand qu'elle avait plusieurs fois déjà attiré dans son parti en lui procurant à temps les grosses sommes d'argent qui lui étaient nécessaires. L'entrevue eut lieu à Poggio, maison de plaisance du grand duc ; la plus grande cordialité sembla régner entre les deux frères. Mais quelques jours après la réconciliation, François et Bianca tombèrent malades presque en même temps d'une maladie que l'on qualifia de fièvre intermittente et qui les enleva à un jour d'intervalle (19 et 20 oct. 1587). Les meurtres par le poison étaient d'un usage si fréquent dans l'Italie du xvi® siècle qu'on accusa Ferdinand de Médicis de s'en être servi contre son frère et celle qu'il appela dans des actes publics « la détestable Blanche », On ne saurait rien afiirmer à cet égard. Il est probable que la malaria fut cause de ces deux morts. Bianca Cappello est une des plus célèbres parmi les parvenues de la fortune. Femme supérieure par tous les dons de l'esprit et de la beauté, elle n'en fut pas moins néfaste à tous les siens et à ses sujets. H. Vast.
BiBL. : SiEBENKES , Vie de Bianca Capello ; Gotha, 1739, in-8. — De Reumont, Histoire de Toscane. — Delé- CLifZE, Florence et ses vicissitudes. — Saltini, Délia Morte di F7'ancesco de' Medici e di Bianca Capello ; Florence, 1863. ~ Blaze de Bury, deux articles de la Revue des Deux Mondes^ sur Bianca Cappello, 15 iuin et 1" Juil. 1884. ^
CAPPELLO (Marco), poète italien, né à Broscia le 22 mars 1706, mort le 21 juil. 1728. L'habit ecclésiastique ne l'empêcha pas de cultiver la poésie amoureuse, bouffonne ou satirique. 11 passait pour avoir un grand talent d'improvisateur, et une connaissance parfaite de la langue contadinesca des paysans florentins. Il a laissé quelques sonnets et quatre poèmes bernesques : la Befana, la Frittata, i Gatti, et la Morte del Barbetta, célèbre ludi-magistro Bresciano del secolo passato, compianta in Brescia in una privata letteraria accademia Vanno i739 (Brescia, 1740). R. G.
BiBL. : Vincenzo Peroni, Biblioteca Bresciana; Brescia, 1819-1823, 3 vol. in-12.
CAPPER (James), voyageur anglais, né le 15 déc. 1743, mort le 6 sept. 1825. Colonel au service de la compagnie des Indes, contrôleur général de l'armée et de la comptabilité des fortifications de la côte de Coromandel, il revint en Angleterre en 1778 et s'y occupa d'agriculture et de météorologie. On lui doit les ouvrages suivants : Observations on the passage to Jndia through Egypt; also by Vienna through Constantinople to Aleppo and from thence to Bagdad and across the great désert to Bassora with occasional remarks on the adjacent countries and also Sketches of the différent routs (Londres, 1784, in-4, et 1785, in-8); Observations on the winds and mousoons with notes geographical and meteorological (Londres, 1801, in-4) ; Observations in the cultivation ofwaste land (Londres, 1805); Meteorological and mlscellaneous tracts applicable to navigation, gardening and farming, with calenders of flora for Greece, France, England, and Sweden (Londres, 1809, in-8).
Sa fille, Lonisa Capper, née le 15 nov. 1776, morte le 25 mai 1840, a écrit un Abridgment of Locke' s Essay concerning the human understanding (Londres, 181 1, in-4).
CAPPERON (Nicolas), érudit français, né à Eu en 1660, mort en 1734. Curé de Saint-Maixent, il a collaboré activement aux Mémoires de Trévoux et au Mercure de France, W y écrivait principalement des dissertations historiques sur les antiquités locales. Nous citerons : Essai historique sur l'antiquité du comté d'Eu, dans Mémoires de Trévoux, de mai 1716 ; Réflexions sur la
CAPPERON — CAPPONI
bizarrerie de différents usages qui ont paru et ui paraissent encore dans le monde, dans Mercure de 173^2 et 1733.
CAPPERONNIER (Claude), philologue français, né à Montdidier le 1®^ mai 1671, mort à Paris le 24 juil.
1744. Issu d'une famille de petits commerçants, il put néanmoins faire de solides études à Montdidier, à Amiens et à Paris, et montra de bonne heure de remarquables dispositions pour les langues grecque et latine. Maître es arts en 1696, il entra dans les ordres et fut quelque temps diacre du diocèse d'Amiens. H revint ensuite à Paris, se fit recevoir licencié en théologie et acquit dans le petit cercle des érudits une telle réputation de philologue que l'Université de Bâle lui offrit une chaire de professeur extraordinaire de grec, emploi qu'il refusa. Il fut nommé le 22 oct. 1722 professeur royal de langue grecque au Collège de France. Parmi les nombreux travaux qu'il a publiés, nous citerons : Une bonne édition de Quintilien (Paris, 1725, in-fol.), qui lui valut une pension de 800 livres du roi ; une édition des Anciens rhéteurs (Strasbourg, 1756, in-4) ; V Apologie de So-phocle contre la lettre de Voltaire {Pâns^ 1719, in-8), Réponse à la lettre de Voltaire qui contient la critique de rOEdipe de Sophocle, de celui de Corneille et du sien (1719, in-8), etc. 11 a de plus fourni un grand nombre de notes pour le Thésaurus linguœ latinœ de Rob. Estienne (Bâle, 174043, 4 vol. in-fol.), etc. Il a laissé un certain nombre de manuscrits dont on trouvera rénumération dans Moreri, et des lettres qui sont à la Bibliothèque nationale.
BiBL. : Moreri, le Grand Dictionnaire historique Paris, 1159, t. 111, in-fol. — Lefebvre de Saint-Marc, Eloge de M. Capperonnier, diacre, professeur do langue grecque au collège royal ; Paris, 1744, in-l2. — Dupoy, ElogCf dans Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t. XL, 243.
CAPPERONNIER (Jean), philologue français, né à Montdidier le 9 mars 1716, mort à Paris le 30 mai 1775. Neveu du précédent, il lui succéda dans la chaire de grec du Collège de France en 1744. Entré, comme aide, en 1733 à la Bibliothèque royale, il devint, en 1759, premier garde des manuscrits et en 1760 premier garde des imprimés. En 1749, il avait été élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il a donné d'excellentes éditions des commentaires de César (1754), des poésies à'Anacréon (1754), de Plante (1759), de Sophocle (1781), de l'histoire de saint Louis par Joinville (1761), etc., et publié plusieurs mémoires dans le Recueil de l'Académie des inscriptions, entre autres des : Recherches sur l'histoire et Vesclavage des hilotes (t. XXUI, 1756).
Son fils, Claude-Marie, né en 1758, mort par accident en 1780, était aussi employé à la bibliothèque du roi.
Son neveu, Jean- Augustin, né à Montdidier le 2 mars
1745, mort à Pans le 16 nov. 1820, fut également un philologue distingué. Bibliothécaire du marquis de Pauhny (1780), censeur royal (1780), conservateur des imprimés à la Bibliothèque nationale (1796), il a publié une édition des Académiques de Cicéron, une de ï Institution de Vorateur de Quintilien, de Virgile, d'Horace, de Justin, etc., etc.
CAPPONE (Francesco-Antonio), poète italien, né à Conza (Calabre ultérieure) vers 1620, mort vers 1680. 11 fut ecclésiastique et membre de l'Académie napolitaine degli Oziosi, Ses poésies, qu'il appelle lyriques, parurent sous le titre bref de Clio (Naples, 1663). Ce volume fut réimprimé à Venise en 1775. B. G.
BiBL. : Niccolô Toppi, Biblioteca napoletana; Naples,
CAPPONI. Illustre famille de Florence qui a fourni à la Toscane beaucoup de grands hommes d'Etat.
Gino Capponi, historien et gonfalonier florentin, né à Florence vers 1350, mort en 1420. Il assista dans sa jeunesse à l'insurrection des cardeurs de laine (Tumulto dei Ciompi), dont il a laissé un bref récit. Quand le parti
populaire dut céder, à son tour, la place à la faction guelfe, où les Capponi avaient une grande influence, il entra dans le gouvernement, en même temps que Pietro degli Albizzi (1382). Ses services le firent nommer, en 1401, gonfalonier, c.-à-d. premier magistrat de la Bépublique ou, comme dit Muratori, Vexillifer populi Florentini. Mais ce fut pendant la guerre contre Pise qu'il se distingua principalement. La prise de cette cité termina les hostilités après une lutte de plus d'une année (1405-1406) et celui qui avait le plus contribué à la conquête fut nommé gouverneur de la nouvelle province florentine. Parmi les trophées qu'il avait rapportés à Florence, se trouvait le célèbre manuscrit des Pandectes que les Pisans gardaient comme un insigne trésor et vénéraient presque à l'égal d'un labarum. Ce n'était pourtant pas un grand amateur de sciences ni de lettres, Scipione Ammirato, qui lui accorde de grandes capacités politiques et militaires, dit qu'il fut « presque sans lettres », et la lecture de ses chroniques, historiquement précieuses, fait comprendre cette appréciation. Il laissa trois fils, parmi lesquels Neri, qui rédigea quelques commentaires historiques. Les écrits, tant du père que du fils, ont été publiés par Muratori dans le tome XVI II de ses Scriptores, sous ce titre : Monumenta historica de rébus Florentinorum auctore Gino Capponi, ab anno MCCCLXXVlll îisque ad annum MCCCCKIX, cum continuatione Nerii illius fllii usque ad annum MCCCCLVI nunc primum prodeunt ex MStis florentinis. En voici le détail : Caso 0 Tumulto dei Ciompi deWanno i378 scritto da Gino Capponi (\ip, 1103-1126); Commentarii di Gino Capponi deW acquisto ovvero presa di Pisa seguita Vanno i406 (pp. 1127-1148); Ricordi : questi sono certi ricordi fatti da Gino Capponi, i quali fece in sua vecchiezza quando stava in casa infermo dei maie dei qua le si mori (pp. 1149-1152); Commentarii di JSeri Capponi di cose seguite in Italia dal 1419 al i456 aile quale imprese si trovô il detto Nen in persona (pp. 1157-1216); la cacciata dei conte di Poppi et acquisto di quello Stato pel Popolo Florentino scritto da Neri Capponi (pp. 1217-1220).