‹ La Grande encyclopédieChapitre 85 sur 397 · CAPRARA - CAPRICE · texte numérisé non relu

CAPRARA - CAPRICE

conciliation que d'habileté (1801-1802). Il donna la bénédiction nuptiale au mariage de Louis Bonaparte avec Hortense de Beauharnais. 11 accompagna le premier consul en Belgique (1803), et décida le pape à venir à Paris pour sacrer l'empereur (1804). Par déférence pour Napoléon, il accepta l'archevêché de Milan, où il le sacra roi d'Italie (26 mai 1805). 11 finit ses jours en France. F. H. CAPRAR1A(V. Capraja).

CAPRAROLA. Petite ville d'Italie, prov. de Rome, à 12 kil. S.-E. de Viterbe, bâtie en amphithéâtre à l'E. du lac de Vico. On y remarque un beau château construit par Vignole pour le cardinal Alexandre Farnèse qui devint pape sous le nom de Paul III. Pop., 5,050 hab. CÂPRE. I. Botanique. — On désigne sous le nom de Câpres les boutons à fleurs du Capparis spinosa L. (Y. Capparis et Câprier) .

II. Art culinaire (V. CAprier, in fine), CAPRE (François), jurisconsulte, historien et héraldiste, né en Savoie au xvii« siècle, mort en 1705. Il fut président de la chambre des comptes du duché de Savoie et laissa un Traité historique de la Chambre des Comptes de Savoie, justifié par titres (Lyon, 1662), mais son ouvrage principal est le Catalogue des Chevaliers de Vordre du collier de Savoye dict de VAnnonciade avec leurs noms, surnoms, qualitez, armes et blasons depuis son institution par Ame Vï comte de Savoye.,, iustifié par les anciens et nouveaux statuts et registres de l'ordre ; par Vobituaire des chevaliers (Turin, 1654, in-fol). Une édition est suivie d'un Traité du Saint-Suaire de Turin, H. Gourdon de Genouillac. CAP RECLUS. Nom latin d'un mathématicien français (Jacques Chevreul) de la première moitié du xvu® siècle, dont on possède les écrits suivants : Arithmetica (Paris, 1622); De Sphœra (Paris, 1623, 1629 et 1640) ; Oratio cardinali Lugdunensi Alphonso Richelio, habita anno i647 in auditorio regio Cameracensi ; Disputatio de liber o arbitrio (Paris, 1649).

CAPRERA. Petite île d'Italie, située à la pointe N.-E. de la Sardaigne, 1,594 hect. Acquise en 1854 par Garibaldi, elle fut presque constamment sa résidence jusqu'à sa mort, dans l'intervalle de ses campagnes ou des sessions parlementaires à Rome, et c'est à Caprera qu'a été élevé le tombeau de Garibaldi. Cette petite île n'a qu'une centaine d'hab.

CAP RI (Caprœa, Caprée). Ile de la mer Tyrrhénienne à 8 kil. de la pointe délia Campanella, limite au S.-O. l'horizon du golfe de Naples comme l'île d'Ischia le limite au N.-O. Elle est entourée de falaises calcaires qui prennent aux chauds rayons du soleil une teinte rougeâtre, et qui plongent dans une mer d'azur. Le Solaro^ le plus haut pic de Capri, atteint 585 m. L'île a 18 kil. et demi de tour et une pop. d'environ 4,500 hab. Sa superficie est de dO kil. q. Elle n'est accessible que par les deux petites localités de Capri à TE. et à'Anacapri à l'O. On y cultive la vigne, l'olivier, le mûrier et l'oranger. La principale occupation des habitants est la pêche, surtout la pêche du corail sur les côtes d'Afrique. Capri est rattachée administrativement à la prov. de Naples et au circondario de Castellamare. On peut visiter cette île, soit en prenant une barque à Sorrente (2 h. de trajet), soit par le bateau qui, pendant la saison des voyages, fait un service régulier de Naples à Capri par Sorrente avec retour dans la même journée. L'île de Capri n'est devenue célèbre que depuis l'empereur Auguste. Il y avait établi des palais et des thermes. Tibère y séjourna presque constamment pendant les dix dernières années de sa vie (27 à 37 ap. J.-C). Il fit agrandir les constructions de son prédécesseur et éleva en l'honneur des douze grands dieux douze villas. Tacite et Suétone ont exagéré le récit des débauches et des crimes dont Capri, au temps de Tibère, aurait été le théâtre. On montre encore aux voyageurs les ruines de la villa di Tiberlo, gardées par un ermite ; le salto di Tlberlo^ rocher d'où le tyran faisait,

dit-on, précipiter ses victimes et d'oii les voyageurs s'amusent à lancer des pierres dans l'abîme d'une hauteur de 227 m., puis le val di Matromania, où se trouvaient jadis les sanctuaires du culte orgiaque de Milhra, auquel les braves habitants de Capri donnent le nom de Matrimonia (mariage), « mot honnête pour rappeler des souvenirs qui ne le sont pas »; enfin, les Camerelle, restes prétendus des douze palais construits par Tibère. Les plus beaux spectacles qu'offre Capri sont la merveilleuse vue du golfe de Naples et la visite de la grotte d'Azur, longue de 53 m., dont l'entrée est à peine haute d'un mètre, dont la plus grande largeur est de 32 m., où la teinte bleue répandue sur tous les objets exerce sur l'œil une véritable fascination. Capri fut occupé de 1803 à 1808 par les Anglais. Sydney Smith et Hudson Lowe en avaient fait un petit Gibraltar. Murât reconquit cette île par un coup de main heureux. Elle a été constamment rattachée au royaume de Naples, dont elle a partagé toutes les destinées. H. Vast.

BiBL. : Depping, Description de Caprée \v. Malte- Brun, Annales des voyages, 1812, t. XIX). — Mangoni, Ricerchetopografichearcheologiche e istoriche sulV isola di Capri; Naples, 1834. - Fréville, Visite aux îles tapree etNisita; Pans, 1872. — Gregorovius, Die Insel Capri,

CAPRIA. Grand lac salé de la Pamphylie, entre Perge et Aspendus, sur le territoire de cette dernière ville. Le fleuve Eurymédon lui doit son nom moderne de Kapri-Sou. CAPRIANO (Giovanni.Pietro), littérateur italien, né à Brescia vers 1520, mort vers 1580. Il a laissé un traité critique sur la poétique italienne : Delta vera Poetica libro uno (Venise, 1555, in-4), ouvrage important pour l'histoire de la versification. R. G.

BiBL.: A.-M. QuiRiNi, Spécimen litleraturœ Brixianœ ; Brescia, 1739, 2 vol. in-4. — L. Cozzandi, Libraria Bresciana ; Brescia, 1694, in-4.

C A P R I C E . I. Psychologie et Morale. — Les psychologues se sont quelquefois demandé si le caprice n'était pas un mode spécial d'activité, distinct du sentiment, de la pensée et du vouloir. Il n'en est rien. Ce mot, qui signifie selon l'étymologie bond de chèvre, désigne tout mouvement vif et imprévu soit du cœur, comme dans les caprices de la passion, de l'amour, soit de l'intelligence et principalement de l'imagination, comme lorsqu'on parle du caprice et de la fantaisie dans l'art, soit enfin de la volonté, quand par exemple on reproche à un homme de se décider par caprices dans des affaires qui veulent être conduites par principe et par raison. Ce dernier sens se ramène d'ailleurs aux deux premiers : le manque de suite dans la conduite, de tenue dans le caractère, a toujours au fond sa cause ou dans la passion ou dans l'imagination. — En morale, le mot caprice ne peut guère être pris qu'en mauvaise part. Il emporte, en eff'et, l'idée d'écart et d'inconstance, quand la droiture, la sûreté (idem velle, idem nollej sont les qualités fondamentales du caractère. Même les actions aimables, bienveillantes, généreuses, perdent toute valeur morale quand elles sont faites par caprice, car elles se réduisent à de bons mouvements superficiels et comme fortuits, au lieu de manifester une bonne volonté profonde, réfléchie et suivie. H. M.

II. Musique. — (Capriccio.) Terme employé depuis la fin du xvi^ siècle pour désigner une composition musicale. A l'origine il y eut des caprices chantés : on en connaît huit d'Orazio Vecchi (1595). Ce titre fut bientôt réservé à des pièces instrumentales d'une forme assez variable. Prsetorius définit le caprice une fantaisie dans laquelle on traite librement un ou deux sujets de fugue ; Marpurg le désigne comme une pièce fuguée et non une fugue stricte. Les caprices pour orgue de Frescobaldi (1624 et 1626) sont des ricercari plus légers ; ceux de Froberger sont fugues et animés. J.-S. Bach fait du caprice l'équivalent de la fantaisie. On donna ce titre à l'édition française des études pour violon de Locateîli, appelées par leur auteur VArte di nuova modulaûone, et qui servirent de modèle aux vingt-quatre caprices pour violon seul de Paga-

nini. Dans la première moitié de notre siècle on a va paraître un grand nombre de caprices, notamment ceux de Rode , Lipinski , de Bériot, pour le violon ; de Bertini, Dôhler, Heller, Herz, Mendelssohn, Thalberg, eic.^ pour le piano, morceaux brillants, composés soit de toutes pièces par leur auteur, soit sur des thèmes d'opéras ou autres. De nos jours le mot caprice est assez rarement employé. Michel Brenet,

111. ARcmTECTDRE. — Toute invention, élément de construction ou motif d'ornementation, suggérée par la seule fantaisie de son auteur ou du milieu ambiant et ne répondant qiie de fort loin à une intention de programme d'édifice ou à une nécessité de construction. On conçoit facilement que le caprice a dû faire peu sentir son influence à certaines époques oii les styles d'architecture, en voie de formation, s'inspiraient surtout des besoins qui leur donnaient naissance et se bornaient à tirer leurs sujets de décoration des nécessités mêmes de la construction ou de la destination spéciale de l'édifice ; en revanche, à d'autres temps, lorsque ces mômes styles, arrivés à leur apogée, cherchaient à se distinguer par du nouveau et à paraître plus élégants et plus riches, ne pouvant se manifester plus nobles, le caprice a pu régner en maître : aussi l'histoire du caprice en architecture se confond-elle souvent avec l'histoire de la décadence des styles d'architecture. Cependant il faut reconnaître que l'antiquité, même dès l'Egypte pharaonique, et la Renaissance, ainsi que le style dit Pompadour, nous ont légué de charmantes compositions décoratives exécutées sous l'influence du caprice et qui exciteront à tout jamais l'admiration des esprits éclectiques dans leur étude et leur amour des oeuvres d'art. Charles Lucas.

CAPRICORNE. I. Astronomie. — (En latin Caper). Dixième signe du zodiaque représenté par la figure ;g, et nom d'une constellation australe appelée aussi le Bouc^ h Chèvre Amalthée (dénomination impropre, puisque la Chèvre Amalthée est celle qui se trouve entre les bras du Cocher^ constellation boréale), le signe de rhiver^ h porte du soleil ; on regardait les deux tropiques comme les deux portes du ciel : par l'une, le soleil s'élevait dans les régions supérieures ; par l'autre, il descendait dans les parties les plus basses. La forme bizarre du Capricorne, qui est moitié chèvre, moitié poisson, s'explique par la fable suivante. Les dieux étant attablés sur le bord du Nil, Typhon, le plus terrible des géants, parut subitement et leur causa une si grande frayeur qu'ils prirent tous la fuite sous différentes formes. Pan, dieu des chasseurs, des pasteurs et de toute la nature, se précipita dans le Nil jusqu'à mi-corps, prenant la forme d'un poisson dans la partie immergée et d'une chèvre pour tout ce qui était hors de l'eau. Zeus voulut conserver la mémoire de cet événement en plaçant au ciel cet animal monstrueux. — La constellation du Capricorne, située entre le Verseau et le Sagitttaire et au S. du Dauphin et du Petit-Cheval, ne présente rien de bien remarquable. Ses deux plus belles étoiles a, Giédi, p, Dabih sont doubles. Les composantes de la première sont de grandeurs 3, 4 et 4 ; la plus belle composante de (3 est de 3® grandeur, l'autre semble de la 6® ou de la 7« g. — Tropique du Capricorne, Petit cercle de la sphère céleste, situé dans l'hémisphère austral, à 23<> 27^30'^ au S. de Féquateur. 11 est symétrique du tropique du Cancer (V. ce mot). Le soleil semble décrire le tropique du Capricorne au solstice d'hiver (le 21 déc. 1889). L. Barré.

IL Entomologie. — Nom vulgaire du Ceramhyx héros Fabr., Insecte Coléoptère de la famille des Cérambycides (V. Cerâmbyx). — Le C» musqtté est VAromia moschata L. (y. Aromia).

CÂPRIER. 1. BoTANïouE. — Nom vulgaire du Capparis spinosa L. (V. Capparis).

n. Horticulture. — Le câprier, Capparis spinosa L., famille des Capparidées, est un arbrisseau des contrées

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situées à l'orient de h mer Méditerranée, oii il est parfois si commun dans les champs qu'on le considère comme une plante nuisible. Introduit en France, sans doute au temps des premières colonies grecques, il s'est répandu dans la région de l'olivier dont le climat lui convient et qu'il ne quitte guère. On le cultive pour ses boutons floraux qui fournissent les câpres, condiment excitant et digestif bien connu. En Provence, entre Marseille et Toulon et surtout dans les communes de Cuges, Roquevaire et OUioules, les câpriers couvrent les coteaux et les plaines, la culture se lait en grand. Ailleurs, cette culture perd son caractère agricole et industriel, on élève seulement quelques câpriers dans les jardins. Souveni: aussi et jusque dans le centre et le nord de la France, le rôle du câprier comme plante potagère s'efface à son tour, et c'est pour les grandes fleurs blanches qu'il donne durant toute la belle saison, son feuillage, ses rameaux grêles et recourbés très propres à orner les murs et les rocailles, qu'on recherche cet arbrisseau. Tous les sols,, sauf ceux qui sont humides, conviennent au câprier. È vient même dans les terrains les plus secs et les plus rocailleux, mais alors sa végétation languit en été et son produit est faible. Pour obtenir avec une qualité satisfaisante une grande quantité de câpres, il faut le planter sur les pentes exposées au midi, dans un fonds fertile et; frais. On connaît diverses variétés ou espèces. Elles se recommandent, soit par des rameaux sans épines, soit par la forme des boutons floraux. Les ronds sont préférés à ceux qui sont anguleux ou plats. Les épines sont un obstacle à la rapidité de la cueillette, mais les variétés inermes ne sont pas les plus productives.

On multiplie le câprier à l'aide de boutures de tiges coupées au printemps et qu'on fait enraciner en pépinière,, Les boutures placées à 0"^50 ou O^'GO d'intervalle dans des rigoles profondes de 0^25 environ sont compiètemeni: recouvertes de terre qu'on rejette autour d'elles en ayant soin de la tasser, mais à leur pied seulement. Durant l'été on arrose et on bine pour favoriser la reprise des boutures et activer leur développement. A la fin de l'hiver,, les jeunes câpriers enlevés avec précaution de la pépi-» nière sont plantés à demeure. Au lieu de taire passer les boutures par la pépinière, on peut créer directement la câprière, mais le succès moins certain oblige d'ailleurs à faire développer des boutures en pépinière pour regarnir les vides. La plantation à demeure se fait à deux mètres; en tous sens ou à une distance moindre dans les terrains, médiocres. Les soins de culture consistent en binages et lorsqu'on le peut on irrigue, s'il est nécessaire. Le câprier est sensible au froid, et chaque hiver ses branches périssent ; la souche seule est vivace et ne souffre que dans les hivers exceptionnels par leur rigueur. A l'automne, on coupe les rameaux à 10 ou 15 centim. du tronc, cette opération donne plus de vigueur aux pousses de l'année suivante et permet d'abriter les souches sous une butte do terre. On les découvre quand les gelées ne sont plus à craindre, et les tronçons des rameaux laissés à l'automne sont taillés rez de souche. On donne enfin un labour et on applique les fumures. Une câprière bien établie a une durée indéfinie. Dès la seconde année, elle commence à produire et à cinq ou six ans elle est en plein rapport.

Les premiers boutons à fleur paraissent déjà en mai, el; il s'en produit jusqu'en août. Il importe d'en surveiller la croissance et de les cueillir au moment opportun, leur valeur dépendant de leur degré de développement. Près de s'é})anouir, les câpres sont trop grosses et trop dures,. On estime surtout une sorte dite nonpareillCy comprenant les plus petites câpres, boutons du premier jour.. Dans le plein de la saison, la chaleur gonfle rapidement les boutons et, passé le troisième jour, ils ne méritent plus d'être cueillis ; au début de la saison, au contraire, il suflBt de faire la cueillette tous les cinq ou six jours. Après un jour d'exposition à l'air, on plonge les câpres dans le vinaigre pour les confire. Les boutons qui échap-

CAPRIER — CAPRIQ13E - 232

pent aux cueillettes s'épanouissent et produisent des fruits charnus dits cornichons; on les prépare aussi au vinaigre, mais ils sont peu estimés. G. Boyer.

C^P^\FOl\^CÈES {CaprifoliaceœVnôl), Famille de plantes Dicotylédones, dont les représentants sont des herbes ou des arbrisseaux, rarement des arbustes, parfois volubiles, grimpants ou sarmenteux, à feuilles opposées, non stipulées, excepté dans quelques espèces où il existe des stipules interpétiolaires. Ces fleurs, hermaphrodites, ont un réceptacle toujours concave, renfermant dans sa concavité un ovaire infère et donnant insertion, sur ses bords, au calice, à la corolle et à l'androcée. La corolle, tantôt régulière, tantôt irrégulière, est gamopétale avec le tube plus ou moins long, parfois gibbeux à la base et le limbe divisé en cinq lobes. L'androcée est formé de quatre ou de cinq étamines à filets filiformes, de longueur égale ou inégale, à anthères versatiles et introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Le fruit, drupacé ou bacciforme, plus rarement capsulaire, renferme un plus ou moins grand nombre de graines, dont Tembryon, très petit, est situé au milieu d'un albumen charnu volumineux. — Les Caprifoliacées sont surtout répandues dans les régions tempérées de l'hémisphère boréal. Elles présentent de grandes affinités, d'une part, avec les Cornacées et les Araliacées, d'autre part, avec les Rubiacées, auxquelles les réunit d'ailleurs M. H. Bâillon {Hist. des PL, YII, pp. 364 et 367). Elles diffèrent des premières par la corolle gamopétale, des secondes par l'absence ordinaire de stipules. Leurs genres, au nombre de douze, se répartissent dans les quatre groupes suivants : I^DierviLLÉEs (Genre : DieîmllaT onrn,) ; ^^ Lonicérées (Genres : Leycesteria'^aM,, Tentapyxis Hook. f.; Symphoricarpos Dill., Alsenosmia A. Cunn., Lonicera L., Triosteum L,, Linnœa Gronov., Abelin R. B.) ; 3<* Sambucées (Genres : Sambucus Tourn. et Viburnum Tourn.) : 4» Adoxées (Genre : Adoxa L.). Ed. Lef.

CAPRIFOLIUM (Bot.). Section du genre Lonicera L. (V. Chèvrefeuille).

CAPRIWlUL6IDÉS(Capnmw/^idûKVig.)(0rnith.).Les Caprimulgidés constituent, dans la nature actuelle, une famille nombreuse, comprenant tous les oiseaux désignés vulgairement sous le nom d'Engoulevents (V. ce mot), oiseaux chez lesquels le bec, largement fendu, jusque sous les yeux, est muni à sa base de soies longues et rigides, et dont le plumage, souple et peu serré, rappelle celui des Rapaces nocturnes. Les Engoulevents ressemblent encore aux Hibous et aux Chouettes par leurs yeux gros et saillants, par leurs oreilles bien ouvertes et par leurs habitudes nocturnes ou crépusculaires, mais ils ont des affinités ostéologiques, nombreuses et étroites, avec les Oiseaux-Mouches et les Martinets (V. ces mots), et c'est des Trochilidés et des Cypsélidés qu'il convient de les rapprocher, en dépit des dissemblances que l'on peut constater dans le port, dans les proportions des diverses parties du corps, dans la nature et la coloration du plumage. Outre le genre Capri- 7nulgus (L.), qui constitue le type de la famille, on distingue parmi les Caprimulgidés les genres Podargus, Batrachosfomus, Mgotheles (V. ce dernier mot et les mots Podarge et Batrachostome), qui forment la subdivision des Podarginés, le genre Steatornis (V. ce mot), représentant à lui seul une subdivision bien caractérisée, les genres Hydropsalis, Macropsalis^ Diplopsalis, Antrostomus, Stenopsis, Eliotuptus, Nyctidornus. Scotornis ou Scortornis, Macrodiptryx, Podagre, Chordeiles, Eurostopodus , que l'on attribue tantôt à la même subdivision que les Engoulevents ordinaires, tantôt à deux groupes distincts (Caprimulgidés et Podagerinés), et enfin le genre ISyctiblus, que l'on associe quelquefois aux Podarges. Les caractères de ces différents groupes sont tirés de la disposition des narines, des proportions et de la forme des ailes et de la queue, dont certaines plumes acquièrent parfois un développement exagéré. Tous les Engoulevents

offrent du reste le même système de coloration, du brun foncé, du roux, du gris, du noir et du blanc, s'associant sur leur plumage de manière à produire des dessins compliqués. L'aire d'habitat de ces oiseaux comprend presque toute la surface du globe, à l'exception des zones polaires. E. Oustalet.

BiBL. : G.-R. Gray, Handlist of Birds, 1869, 1. 1, p. 53.

CAPRIMULGUS (V. Caprimulgidés).

CAPRINA (Paléont,). Genre de Mollusques-Lamellibranches fossiles voisin du groupe des Rudistes, créé par d'Orbigny et refondu par thaper qui le réduit à deux espèces. Stoliczka et Zittel placent ce ^enre dans la famille àes Chamidœ, tandis que Paul Fischer en fait une famille à part sous le nom de Caprinidœ. Le genre Gemmellaria de Munier-Chalmas n'en diffère pas. La coquille très inéquivalve, à test épais, est généralement fixée dans le jeune âge par le sommet de la petite valve (droite) qui est conique ; la valve gauche, très longue, spiralée, enroulée comme une corne de bélier ou une coquille d'Ammonite, est libre. La rainure ligamentaire externe s'étend du bord cardinal à l'extrémité des crochets des deux valves. La couche fibreuse externe prismatique du test est mince ; la couche interne porcelainée est très développée et remplit presque toute la coquille, ne laissant qu'une très petite cavité pour l'animal. Souvent les feuillets de cette couche laissent entre eux des lacunes vides (chambres à eau) , qui sur la grande valve forment des canaux simples, parallèles, s'étendant du crochet jusqu'au bord où ils débouchent. — Les deux espèces sont C, adversa (d'Orb.), du cénomanien des Charcutes et de la Provence et C. communis Gemmellaro du crétacé sup. de Sicile (V. Chama et Rudistes).

CAPRINELLA et CAPRINELLID>E (Paléont.) (V. Ichthyosarcolithes et Rudistes).

CAPRINO-Veronese. Petite ville d'Italie, de la prov. de Vérone, à 32 kil. de cette ville, située sur le plateau de Rivoli, à égale distance du lac de Garde et de l'Adige, ch.-l. de district, célèbre par ses truffes. Pop., S61 hab.

CAPRIOLI (Francesco), peintre italien du xv® siècle, né à Reggio, où il mourut en 1505. Son style a quelque analogie avec celui du Francia.

CAPRIOLI (Aliprando), graveur au burin et éditeur, né à Trente. Il travaillait à Rome de 1575 à 1596. 11 a gravé des portraits et quelques compositions historiques : la Résurrection de Lazare et V Assomption (1577), d'après Zuccaro ; Ritratti di cento capitani illusirl (Rome, 1596).

CAPRIOLI (Lorenzo), maître .fondeur vénitien (xvii^ siècle). Il fut appelé à Ferrare pour la fonte d'une statue assise représentant le pape Alexandre VU, d'après un modèle dont l'auteur est inconnu. Le pontife était assis et bénissant ; sur le piédestal étaient encastrés des ornements fondus par Bernardine Ferrari. La statue fut coulée dans l'arsenal de Venise en 1660. Elle a été brisée en 1796, mais la tête et une main en ont été conservées dans le palazzo dei Diamanti.

BiBL. : CiTTADELLA, Notizie relative a Ferrara. — De Champeaux, Dictionnaire des fondeurs.

CAPRIQUE (Acide) (Chimie).

Form S Equiv.... C^oH^oQ^.

^^^^' \ Atom.... C^OH2002.

Il a été découvert en 1816 par Chevreul dans le beurre de vache; Gerhardt l'a obtenu en oxydant l'essence de rue par l'acide nitrique; Grégory a constaté sa présence dans le beurre de cacao ; Fischer a reconnu qu'il existe à l'état d'éther isoamylique dans l'eaude-vie brute ; Rowney a signalé sa présence , sans doute à l'état d'éther amylique, dans l'huile de pomme de terre. Il a été préparé synthétiquement par Guthzeit au moyen de l'iodure d'octyle, dérivé de l'alcool octylique normal. Cet iodure réagit facilement sur l'éther acéto-acétique, dissous dans l'alcool, en présence

CAPRIQUE — CAPROÏQUES

du sodium. Après précipitation par Peau et rectification, le produit de la réaction constitue Focto-acéto-acétate d*éthyle, liquide huileux, qu'une lessive concentrée de potasse caustique saponifie aisément , avec formation d'octylacétone et d'octylacétate de potassium ; on décompose ce dernier par l'acide sulfurique étendu et on enlève l'acide libre au moyen de Féther.

Vacide caprique^ rutique ou octylacétique^ cristallise en fines aiguilles, fusibles à 30^ bouillant à 268-270^ (Grimm), ayant pour densité, 0,93 à 37<^ (Fischer). Il se dissout à peine dans Feau froide, un peu mieux dans Feau chaude, facilement dans Falcool et dans Fétber. Les sels alcalins sont anhydres et solubles dans Feau.

Le caprate de sodium est une masse cornée, cristalline, soluble dans Falcool. Le caprate de baryum, obtenu par double décomposition, est peu soluble dans Feau bouillante, qui Fabandonne, par le refroidissement, en lamelles solubles dans Falcool bouillant. Le caprate de calcium est une poudre blanche, encore moins soluble que le sel précédent, cristallisable dans Falcool en lamelles brillantes. Le caprate de cuivre est insoluble dans l'eau et dans Falcool, soluble dans Fammoniaque. Le caprate de plomb est une poudre blanche, amorphe, que Falcool bouillant laisse déposer en petits grains arrondis. — Le sel d'argent se dissout un peu dans Feau bouillante, qui Fabandonne en cristaux aiguillés. — Uéther m^thylique, Cm^C^m^^O^), bout à 223-224% et Véther éthytique, C4H4(C2OH2O04), à 243-245^ Véther amylique, qui existe en grande quantité dans Feau-de-vie de marc, bout vers 280° (Grimm). Le chlorure de caprinyle, obtenu au moyen du perchlorure de phosphore, ne peut être distillé sans décomposition. Lorsqu'on distille le caprate de calcium, on obtient le capri-none, C^^H^^O^, corps qui cristallise en lamelles nacrées, fondant à 38°, insolubles dans Feau, solubles dans Falcool (G.),

Il existe sans doute plusieurs acides répondant à la formule C^^H'^^0^, mais aucun d'eux n'est connu avec certitude. Borodin a obtenu un acide isocaprique en oxydant Falcool ou Faldéhyde isocaprique par l'acide chromique.

L'acide bromocaprique, C^^H^^BrO^, se prépare en abandonnant pendant plusieurs heures l'acide décylénique avec une solution d'acide bromhydrique saturée à zéro. Huile lourde, que la soude dédouble à chaud en acide bromhydrique et en acide y-oxydécylénique (Schneegans).

Vacide dibromé, C^oH^sBr^OS a été obtenu par Masino en traitant par le brome Facide décylénique C20H^804, Prismes monocliniques, peu solubles, fusibles à 135«. Ed. BouRGOiN.

BiBL. : Chevreul, Rech, sur les corps gras {Ann. ch. et ph., 1816, t. Il, 333 ; t. XXIÏ, 367 ; t. XXIII, 23). - Fischer, Liebig's {An. der Ch. und Pharm., t. CXVIIl, 307).— Mém. sur les corps gras {Ann. ch. et p/iys., t. XXV, 102, [ô]). — Grimm, Eau-de-vié de marc {Soe. ch., t. XV, 235). — GiJTHZEiT, Acide octylacétique {id., t. XXXVI, 613). — Kraffs, Acide caprique {Berichte der deuts. Gesells., t. XV, 168). — Lerch, Rech. sur Vacide caprique {Ann. der Ch. und Pharm,, t. XLIX, 223). — Rowney, Journ. pharm. et ch., t. XX, 448 [3]. — Schneegans, Acide bro^ mocaprique {Soc. c/i„ t. XLV, 378).

CAPRIQUE (Alcool) (Chimie).

Form.SEquiv Ç^^Hi^O^

. Atom CA0H220.

Les alcools capriqueSy décy tiques ou rutiques^ actuellement connus, sont au nombre de trois :

i<* Valcool isocaprique^ obtenu par Borodin et attaquant Faldéhyde valérique par le sodium. Liquide huileux, peu soluble dans l'eau, doué d'une odeur agréable, bouillant vers 203° sous une pression de 0,764; sa dennté à zéro est de 0,8569. Il se combine à Facide acétique lorsqu'on le chauffe à i 50-1 70° pour former un élher acétique, C^^IF^ (C^H^O^), qui bout à 219^5, et dont la densité à zéro est égale à 0,883. Véther

bemoïque, C^ofl^o (C^^H^O^), bout au-dessus de 280^ Le perchlorure de phosphore transforme Falcool isocaprique en un chlorure, C^^H^^Cl, qui bout vers 180^. L'acide sulfurique le change en acide caprysuUurique ; enfin, chauffé avec de l'acide chromique, il se convertit en acide isocaprique.

2<> Un second alcool de la formule C'^^H^^O^, se forme dans Féthérificalion du chlorure G'^^H^^Cl, provenant de l'action du chlore sur le diamyle (C^oH^^)^, et saponification de Féther formé par les alcalis. C'est un corps qui possède une odeur agréable et qui bout à 212^.

3<* Un troisième isomère a été obtenu par Anitow en faisant réagir le zinc-éthyle sur le chlorure de monobromacétyle. C'est probablement un alcool tertiaire. Il bout à 155-157^ Ed. Bourgoin.

BiBL. : Amtow, Deutsch. chem. Gesellsch., 479 (1872 -- BoRODix, Soc. ch., t. IV, 52.

CAPRIQUE (Aldéhyde) (Chimie).

p^,^, \ Equiv '.. C20H2002.

^''^"^•i Atom C^OH2oo.

A l'acide caprique et à l'alcool octylacétique ou rutique répond un aldéhyde octylacétique ou caprique qui n'est pas connu avec certitude. D'après les recherches de Gorup-Bezanes, de Grimm et de Giesecke, le dérivé qu'on retire par oxydation, de l'essence de rue n'est pas Faldéhyde caprique, mais l'acétone méthylnonylique. Borodin a obtenu Valdéhyde isocaprique en oxydant Falcool isocaprique :

C20H2202 }-. 02— H^O^ + C20fl2004.

C'est un liquide incolore, insoluble dans Feau, soluble dans l'alcool et dans Féther, bouillant à 169*^; son odeur est aromatique ; sa densité est 0,8278 à zéro. Il ne se combine pas aux bisulfites alcalins ; la potasse fondante et Facide chromique le transforment en acide isocaprique.

Ed. B.

BiBL. : Borodin, Action du sodium sur l'aldéhyde valérique {Soc. ch., t. IV, 5? ; Berichte der deuts. chem. Gesells., V, 48i, 1,414, 1.417).— Gerhardt, Essence de rue {Ann. ch. et phys., t. XXIV, 103 [3]). — Giesecke, Soc. c/i., t. XV, 95 (1871).

CAPRIVI (Georg-Leo de Caprara de Montecucullt), chef de Famirauté allemande, né à Berlin le 24 févr. 1831. Il entra dans l'armée en 1849, prit part aux campagnes de 1866 et 1870 ; major-général en 1877, lieutenant général en 1882, nommé vice-amiral et mis à la tête de Famirauté en 1883.

CAPROÏQUES (Acides) (Chimie).

^^^^' l Atom C6H1202.

Les acides caproïques^ amylcarbo7nques ou hexyliqueSy prévus par la théorie, sont au nombre de huit, indépendamment de ceux qui ne diffèrent que par leur pouvoir rotatoîre. Six ont été décrits ; encore le dernier n'est- il pas connu avec certitude.

L Acide caproïque normal. — Vacide caproïque normal, acide amylcarbonique normal ou buty lacé tique, a été découvert en 1818 par Chevreul dans le beurre, ainsi que dans l'huile de coco, où il se trouve à Fétat libre et à l'état de glycéride. On a constaté sa présence, soit à l'état libre, soit à Fétat de combinaison, dans certains fromages (Ilyenko), dans des calculs vésicaux (loss), dans les fleurs du Satyrium hircinum (Chautard) ; dans V Arnica montana (Walz) ; dans le fruit du caroubier (Grunsweig) ; dans ceux du Gingko biloba (Bechamp) ; dans les eaux en putréfaction (Kraut) ; dans les produits de la fermentation butyrique et dans le vinaigre de bois (Grillione, Krenser et Grodski, Barré). On le retrouve également dans les produits de l'oxydation de Faldéhyde œnanthylique par Facide nitrique (Tilley) ou de l'acide oléique par Facide chromique (Redtembacher, Arybâcher), de la caséine par le chlore naissant (Guckelberger). Il domine dans les produits de Foxydation des graisses et de la parafiBne, à basse température, par Facide nitrique fumant. Il se forme régulièrement par l'oxydation de

CAPROÏQUES — 234 —

l'alcool hexylique (Schorlemmer), provenant de Thuile de ricin, ou de l'essence à^heracleum (Franchimont et Zincke) ; de l'hexylméthylacétone, etc. Il a été obtenu synthétiquement par Liében et Rossi en transformant TalcGol amylique normal en nitrile et saponifiant ce dernier par la potasse alcoolique.

L'acide caproïque normal est un liquide huileux, mobile, insoluble dans Teau, bouillant à 204-205^ ; son odeur rappelle celle de la sueur ; sa densité est de 0,9449 à zéro ; il se congèle à basse température sous forme d'une masse blanche, cristalline. Il est peu soluble dans Teau, soluble dans l'alcool fort et dans l'acide sulfurique. Chauffé avec du brome, au-dessus de 100^, il donne deux dérivés isomériques C^^H^^BrO^. L'acide nitrique le transforme en acides acétique et succinique, tandis que l'acide chromique étendu est sans action (Thorp).

Les caproates alcalins sont solubles dans l'eau et possèdent l'odeur de l'acide libre, ils retiennent de l'eau de cristallisation qu'ils perdent au-dessus de 100^. Ceux de potassium et de sodium sont gélatineux ; celui d'ammonium est cristallin (Chevreul). Le caproate de calcium^ C^^H^^CaO^+Aq, cristallise en lamelles allongées ou en aiguilles. Le caproate de baryum est en cristaux confus, facilement fusibles. Soumis à la distillation sèche, il donne un liquide huileux, mélange d'hydrure d'amyle et de caprone; avec l'oxychlorure de phosphore, il engendre Vanhydride caproïque normal, Ci2Hioo2 (C12H1204), huile légère qui reproduit l'acide libre sous l'influence des alcalis (Chiozza). Le caproate d'argent est un précipité blanc, cailiebotté, peu soluble dans l'eau, même à chaud (Lerch).

IL Acide isogaprique. — Il a été obtenu parFrankland et Kolb en transformant l'alcool amylique ordinaire en cyanure d'amyle, et en saponifiant ce dernier par la potasse alcoolique. Caton l'a préparé synthétiquement en faisant passer un courant d'acide carbonique dans de l'alcool amylique, en présence de l'amalgame de sodium, et Harnitz-Harnitsky en faisant réagir l'oxychlorure de carbone sur l'hydrure d'amyle. Suivant Williams et Mielek, l'acide pyrotérébique, chauffé à 190<* avec de l'acide iodhydrique, se transforme en acide isocaprique.

L'acide isocaprique est un liquide huileux, bouillant à 198° ; son odeur rappelle celle du vinaigre et de la sueur. Le brome le transforme en acide bromocaproïque, vers 140**; le permanganate de potassium, en un oxacide, Ci2Hi206, qui se dédouble en eau et en lactone, Ci2H2oo4 (Bredt) ; l'acide nitrique, par une action prolongée, en un acide lactonique dérivant du lactone précédent, qui se forme tout d'abord . Les 5^/5 de baryum et de calcium sont plus solubles que les caproates normaux correspondants. Ils donnent à la distillation, entre autres produits, du disoamylacétone. Le sel d'argent cristallise en grandes tables, peu impressionnables à la lumière, ou en touffes aiguillées.

III. Acide diéthylacétique. — Obtenu synthétiquement par Frankland et Duppa en faisant réagir Tiodure d'éthyle sur l'éther disodacétique, puis par Schnapp au moyen de l'amalgame de sodium sur l'éther diéthylacétique. Saytzeff le prépare en chauffant au bain-marie l'iodure de diéthylcarbinol avec le cyanure de potassium, ce qui fournit le nitrile correspondant, qu'on saponifie par la potasse alcoolique. C'est un liquide incolore, transparent, doué d'une odeur propre, non solidifiable à 15<^ (Fittig). II bout à 195-1970 (Schnapp) ; sa densité à zéro est de 0,9335.

Le sel de ^arî/wmjC^^niierO^-i-H^O^, cristallise dans l'alcool en tables hexagonales allongées (Fittig). Le sel de calcium est gommeux, soluble dans l'eau et dans l'alcool (Saytzeff) ; il se dépose dans ce dernier véhicule en cristaux prismatiques, moins solubles à chaud qu'à froid. Les sels de plomb et de zinc sont également cristallisables, Véther éthylique, C^H^ (C^m^W), bouta 150« (Howe).

IV. Acide méthylpropylacétique. — Obtenu par Saytzeff en saponifiant le nitrile correspondant résultant (Je l'action du cyanure de potassium sur l'iodure d'amyle

secondaire. Il possède une légère odeur caproïque, bout à I930; sa densité à zéro est de 0,9414. Il est soluble dans l'ammoniaque et ne décompose les carbonates que sous l'influence de la chaleur ; l'eau en dissout 9,57 % à 17<^. Les méthylpropylacêtates de chaux, de plomba de %inc, de cadmium et d'argent, sont cristallisables ; ceux de baryum, de potassium et de sodium, sont des masses gommeuses, blanches, solubles dans l'eau. Véther éthylique, C^H^ (C^m^W), bout à lo2<^ ; sa densité est de 0,8816 (Liebermann et Scheibler).

V. Acide diméthyléthylacétique. — Wischnegradsky l'a découvert en en attaquant l'iodure de diméthyléthylcarbinol par le cyanure double de mercure et de potassium, ce qui fournit un nitrile qu'on dédouble par l'acide chlorhydrique à une température de 120<>, maintenue pendant deux jours. Il possède une odeur faible d'acide gras, bout à 187** et se prend vers 14° en une masse cristalline. 11 est à peine soluble dans l'eau et présente beaucoup d'analogies, ainsi que ses sels, avec Tacide triméthylacétique (W.). Il fournit deux dérivés : iH'acide nitrodiméthyléthylacétique, C^^hii (^^q^) OS qui cristallise en prismes obliques à base carrée, fusibles à 115-116^ volatilisabîes déjà au-dessous de 100° (Kulhera); 2« Vacide dinitré, Ci^H^o(Az04)20^ qui cristallise dans l'eau bouillante en lamelles incolores, rhombiques, solubles dans l'eau, l'alcool, l'éther et le chloroforme; il fond à 21 5<* et se sublime vers 140° en cristaux brillants ; chauffé brusquement, il détone. C'est jusqu'ici le seul dérivé dinitré connu des acides gras (K.) ; il donne avec les bases des sels cristallisables.

VI. Acide méthylisoproylacétiûue. — Obtenu par Markownikoff au moyen du nitrile correspondant, dérivé de l'alcool amylique de fermentation. Kôbig oxyde par l'acide chromique un alcool heptylique, le méthylisopropylcarbinol. Cet acide, encore peu connu, possède une odeur agréable de fruits. Le sel calcique cristallise en touffes, un peu plus soluble à chaud qu'à froid. Le sel d'argent se sépare de ses dissolutions bouillantes sous forme d'aiguilles microscopiques (M.). Ed. Bourgoin.

BiBL. : Brazier et Gosseleth, Acide isocaprique (Ann, der Ph. und Ch., t. LXXV, 249, 265). — Burton, Acide diéthylacétique {Amer, journ.ft, IV, 27, 111,303).

— Chevreul, Acides contenus dans le beurre {An. ch. etphys.. t. XXIII, 22 [2]). —-Chiozza, Anhydride caproïque (Compt. rend, f t. XxXIV, 630). — Erlenmeyer, Oxydation de Vacide caproïque normal {Soc. ch., t. XXII, 461).

— Faget, Acide caproïque [Compt. rend.^ t. XXXVIl, 730). — Feling, Prép. de l'acide caproïque normal {An. Ch. und Pharm., t. LUI, 406). — Fitz, Fermentation de la glycérine {Soc. ch., t. XXVIII, 24). — Frankland et Duppa, Acide diéthylacétique {Compt. rend., t. LX, 853). GoRGEY, Acides gras du beurre de coco {Ann. phy s. et ch., t. LXVI, 290). —Grillione, Fermentation butyrique {Soc. ch., t. XIX, 308). — Harnitz-Harnitzky, Acide isocaproïque {id., t. III, 365). •— Howe, Acide diéthylacé^ tique {id., t. XXXiy, 651). — Kachler, Dérivés nitrés, {id., t. XXX, 456). — Kelbe, Acide caproïque {id., t. XXXVIl, 458; t. XXXV, 533). — Kulhem, Dérivés nitrés {id.. t. XVIII,. 324 ; t. XX, 373).— Lieben, Acide caproïque de fermentation {id., t. XXXI, 358 , t. XXX, 126). —Lieben et Rossi (id., t. XV, 82; XIX, 31). — Lieben et Zerzel (id.,t. XL, 39). -X Liebermann (id.,t. XLI, 589 ; t. XLIIL 628). — Pouchet, Oxydation des graisses et de laparaffine {Compt. rend., t. LXXXIX, 320). — Redtenbacher, Oxydation de Vacide oléique {Ann. aer Ch.undPh.,t. LIX,4P.

— Rohn, Synthèse de Vacide isocapi^oïque {Soc. ch., t. XXX, 510). — Rossi (id., t. IV, 130). — Saytzeff, Acides diéthylacétique et méthylpropylacétique {id., t. XXIX, 374). — Schnapp, Acide diéthylacétique (td., t. XXX, 256). — Schorlemmer, Acide caproïque normal {id., t. XIV, 260). -- Tilley, Oxydation de Vacide et de Valdéhyde œnanthyliques {Ann. der Ch. und Ph., t. LXVII, 108j. — Wischnegradsky, Acide diméthylacétique {id., t. CLXXIV, 56). — Wurtz, Acide isocaproïque {Ann. ch. et phys., t. LI, 358 [3]), — Zandkr, Constantes physiques de Vacide caproïque {Ann. der Ch. und Ph., t. CCXXIV, 67). — Zincke, Acide caproïque de Vessence d'Heracleum spondilium {id., t. CXil, 1).

CAPROÏQUES (Alcools) (Chimie).

Fnr.«. S EquiY... Ci2Hi402,

^'^'"- î Atom... C^H^^O.

Les alcools caproïques, caproyliques, hexyliques ou

héxyloU sont nombreux : on connaît deux alcools primaires, quatre secondaires et trois tertiaires.

ï. Alcool caproïque primaire. — Il a été retiré en 4853 par Faget des eaux-de-vie de marc, oii il existe en même temps que l'alcool amylique ; Pelouze et Cahours ont obtenu le même corps en partant de Thydrure hexylène, et Rossi en oxydant Taldéhyde caproïque normal. C'est un liquide huileux, d'une odeur amylique, bouillant vers 1570, ayant pour densité 0,82 à il^. Par oxydation, il fournit l'aldéhyde isoÎ3Utylacétique de Rossi, Brazier et Gossleth, puis l'acide caproïque correspondant. C'est un alcool normal, dont on a constaté la présence à l'état d'éther butyrique dans YHeracleum giganteum (Zincke et Franchimont).

Silva a obtenu un alcool hexylique primaire en soumettant le diisopropyle à l'action du chlore, ce qui fournit un éther chlorhydrique, C^^H^^Cl, qu'on transforme en alcool hexylique en passant par l'éther acétique. Il bout vers 150°.

IL Alcools hexyliques sECONDAmES. — 1° Alcool ^-hexylique ou méthylbutylcarbinoL II a été préparé par Erlenmeyer et Wanklyn en traitant par l'iodure d'argent, en présence de l'eau, l'iodure p-hexylique résultant de l'action de l'acide iodhydrique concentré sur la mannite ; ou encore en traitant le p-hexylène par l'acide sulfurique étendu du tiers de son volume d'eau ; dans ce dernier cas, par une affusion d'eau, il se sépare un liquide oléagineux qu'on lave et qu'on dessèche sur du sulfate de cuivre anhydre, liquide aromatique, doué d'une odeur agréable, bouillant à 437^, que le brome attaque vivement et qui fournit à l'oxydation l'aldéhyde correspondant ; sa densité à zéro est de 0,8227. Son chlorure prend naissance par l'action du chlore à froid sur le carbure de pétrole C^^H^'*. Viodure se prépare en traitant l'alcool libre par l'iode et le phosphore rouge.

V acétate, C^^Il*2(C^fl^0^), se prépare en faisant réagir Tacétate de potassium sur le chlorure d'hexyle ; il bout à 458-462^.

2^ EthylpropylcarbinoL Se forme par l'action de l'hydrogène naissant sur l'éthylpropylacétone. Liquide incolore, soluble dans 200 p. d'eau, bouillant à 434-135<^, avant pour densité à zéro 0,83433. Son iodure bout à m-iee^ ; Vacétate k 449-454o (OEchner et Conninck).

3^ Alcool pinacolique. Obtenu par Friedel en hydrogénant par le sodium une solution aqueuse, le pinacoline:

C12Hl202 + H2=:Ci2JI1402^

C'est un liquide limpide, doué d'une odeur camphrée et d'une saveur brûlante ; sa densité est de 0,8347 à zéro ; il bout à 420^5. Placé dans un mélange réfrigérant, il cristallise en longues aiguilles soyeuses, fusibles à + 4^. Traité par l'iode et le phosphore, il se convertit en un iodure C^^fl*^!, qui bout vers 442^ et dans la densité à zéro est de 4,4739. Chauffé à 400^ et saturé de gaz chlorhydrique, il donne un chlorure C^^H^^Cl bouillant à 442-444^, ayant pour densité 0,899 à zéro. Avec le brome, il fournit un bromure cristallisé C^^H^^g^^^ i[ reproduit par oxydation la pinacoline.

¥ Alcool isohexylique. En traitant les hexylènes extraits de certains pétroles par l'acide sulfurique, puis par l'eau, Lebel a obtenu un alcool hexylique assez soluble dans l'eau, bouillant entre 435 et 440<> et paraissant appartenir aux alcools secondaires. Peut-être doit-on ranger dans la même catégorie l'alcool hexylique de Morgan, corps à odeur poivrée, bouillant à 425-429°.

III. Alcools hexyliques TERTumEs. — Ils se forment lorsqu'on fait réagir, selon la méthode de Butlerow, le zinc-méthyle ou le zinc-éthyle sur les chlorures acides, dérivés des acides acétique, butyrique et isobutyrique : i^ DiméthylpropylcarbinoL Se prépare en faisant réagir le zinc-méthyle sur le chlorure de butyryle. Liquide incolore, à odeur alcoolique et camphrée, bouillant à 444i47«, donnant à l'oxydation de l'acide carbonique et de

— 235 - CAPROïaUES - CAPROMYS

Pacide proprionique. Son chlorure bout à 445<* (Butlerow). 2° DméthylisopropycarbinoL On fait réagir le zinc-méthyle sur le chlorure d'isobutyryle ou sur le chlorure de propion yle monobromé. Il bout à 448-449° et se congèle dans un mélange réfrigérant en une masse cristalline fusible à — 25°. 3° DiéthylméthylcarbinoL Obtenu par Butlerow en faisant réagir le zinc-éthyle sur le chlorure acétique. C'est un liquide incolore, bouillant à 419-424°, ne fournissant à l'oxydation que de l'acide acétique et carbonijjue. Le chlorure bout à 440 ; Viodure, C^^H^^I, traité par la potasse caustique, engendre un hexylène qui bout à 68-72* et qui se combine directement à l'acide iodhydrique. Ed. Bourgoin.

BiBL. : G. BoucHARDAT, Trausf. des glucoses en alcools (Soc. ch., t. XVI. 3S). •— Butlerow, Alcools tertiaires {id.f t. V, 17). — Friedel et Silva, Alcool pinacolique iid., t. XIX, 146). — Fbanchimont et Zincke, Alcool hexyliqne de l'essence d'Heracteum giganteum {id., t. XVII, 56). — Kaschirsky, Sur le Diméthylisopropylcarbinol {id., t. XXIX, 539). -- Lebel, Alcool isohexylique [id., t. XVIIÏ^ 167). — Morgan, Alcool hexylique à odeur poivrée {Deut8,ch. Gesellsch, 1798^ 1874). — Œciiner de CoNiiNGK, Suv Un Alcool hexylique secondaire {Soc. ch. t. XXV, 7). — ScHORLEMMER, Suv Us Dévivés de Vhydrure d'hexyle {id., t. XIV. 260). — Silva, Alcool dérivé du diisopropyle {id.,t. XIX, 194).— Tschaikowsky, Sur le diéthylmethylcarbinol (Deuts, chem, Gesellschaft, 1872, 336).

CAPROÏQUES (Aldéhydes) (Chimie).

Pn..mni. S Equiv. C^^^W.

^^^«^"'^ I Atom, Cm^O.

On connaît deux aldéhydes caproïques : l'aldéhyde normal et l'aldéhyde isocaproïque.

4° Aldéhyde caproïque normal. Ce composé a été préparé par Lieben et Janecek en soumettant à la distillation un mélange formé de 40 p. de caproate normal de calcium avec 7 p. de formiate de calcium. 11 bout à 427<>9 ; sa densité à zéro est égale à 0,8498. Il s'oxyde facilement à l'air.

2° Aldéhyde isocaproïque ou isobutylacétique, 11 a été obtenu à l'état impur par Brazier et Gosseleth, dans la distillation sèche du caproate de baryum ordinaire. Pour l'avoir pur, Rossi distille un mélange de caproate ou isobutylacétate de calcium et de formiate de calcium ; on combine le liquide recueilli avec les bisulfites alcalins et on décompose le sel par un carbonate alcalin. C'est un liquide aromatique, doué d'une odeur agréable, (bouillant à 421<^ sous la pression de 0°^743. Traité par l'amalgame de sodium, en solution acétique, il se transforme en un alcool hexylique, bouillant à 450*^, identique avec celui que Faget a retiré des eaux-de-vie de marc et aussi avec celui que Cahwirs et Pelouze ont observé dans leurs recherches sur les pétroles d'Amérique. Ed. Bourgoin.

BiBL. : Brazier et Gossleth, Aldéhyde isocaproïque

ou hydrure de caproyle [Ann. der Ch. und Pkarm., t. LXXV, 256). - Rossi, id., t. CXXXIII, 176^ et Soc. ch., t. ÏV, 130.

CAPROMYS (Mamm.). Genre de Mammifères de l'ordre des Rongeurs et de la famille des Octodontidœ (ou Echimyidœ), caractérisé par ses dents molaires qui sont subégales, presque carrées et présentant sur la surface triturante de leur couronne des zig-zags réguliers produits par les replis de l'émail. Les formes sont lourdes et la taille assez forte ; le museau est arrondi et tronqué, les oreilles nues, médiocres ; la queue est écailleuse, de longueur moyenne ; le pouce des membres antérieurs est rudimentaire. Le pelage est rude mais dépourvu de véritables épines. Les quatre espèces connues sont propres aux Grandes Antilles. Le type est le Capromys de Fournier {C. pilorides ou C, Fournieri), gros comme un lapin, d'un brun noirâtre, plus pâle en dessous, la queue presqu'entièrement nue. Il vit dans les bois, grimpe facilement aux arbres, et se nourrit d'herbes, de feuilles et de fruits. On le nomme Hutia dans l'île du Cuba. — Une seconde espèce (C. prehensilis), plus petite, a la queue plus longue, nue seulement à son extrémité qui est préhensile. Son pelage est de couleur cannelle. — La^

CAPROMYS - CAPROS

troisième est le C» melanurus (Poey), à pelage marron tiqueté de jaune, semblable par ses formes au type du genre mais à queue couverte de poils. Ces trois espèces sont de Cuba. — Une quatrième (C, brachyitrusjy qui

Capromys melanurus Poey.

se trouve à la Jamaïque et à Saint-Domingue, constitue le g. ou s.-g. Plagiodontia (F. Cuvier), qui ne diffère des vrais Capromys que par l'obliquité des replis d'émail de la couronne des molaires. La taille et les formes sont celles du Capromys de Fournier, le pelage brun clair et la queue nue, couverte d'écaillés. C'est le Plagiodonte des habitations (PL œdium), ou Rat Cayes des colons de

Dents molaires du Plagiodonte.

Saint-Domingue qui sont très friands de sa chair. Il ne sort guère que la nuit et on le rencontre alors dans le voisinage des habitations dont il aime à se rapprocher. Le foie de ces gros rongeurs est divisé en un grand nombre de lobules comme s'il avait été tailladé en tous sens : cette particularité anatomique est spéciale à ce genre. E. Trouessart.

BiBL. : DOBSON, Proc. Zool. Soc. London, 1884, p. 233. — Waterhouse, Mammalia {U. Rodentia), IS'iS, p. 287.

CAPRONE(Chi»ie).Fo™.SJt;-gS^

Le caprone, acétone caproïque ou caproylure d'amyle se prépare en soumettant à la distillation sèche le caproate de baryum :

2Ci2iiiigaQ4 __ c^Ba^O^ + C^^hsso?

Brazier et Gossleth dessèchent le produit de la distilla-

tion sur du chlorure de calcium et recueillent, après plu sieurs rectifications, ce qui passe à \Q¥, C'est une huile incolore, plus légère que l'eau, insoluble dans ce liquide, soluble dans l'alcool et dans Téther. Suivant Schmidt, le caproate de baryum ne donne que peu de produit à la distillation jusqu'à 450°, la majeure partie passant de 210 à 230°. Isolé de ce produit brut, le caprone bout vers 221° et se concrète facilement par le froid en une masse radiée, fusible à 4 5*^. L'acide nitrique l'attaque en donnant de l'acide nitrovalérique, C^^H''^(AzO^)0^, ainsi que les acides caproïque et oxalique, ce dernier résultant d'une oxydation secondaire :

^C^2H2202+ SAzO^H " 2Az02 + 21120^ + C^^ll^^O^

Caprone. Ac.

caproïq

+ Ci^H^(Az04)0\ Ac. nitrovalérique.

Les indications de Schmidt sont conformes aux analogies, comme l'indiquent les points d'ébullition des homologues du caprone :

Acétone ordinaire . . . C^H^O^. ... 56^

Propione C^oH^^O^. . i00-101«

Butyrone C^^Hi^O^. . 144^

Valérone C^shisq^, . 181-182°

Caprone C^^H^^O-. . 220-221»

(Enanthone C^^H^^O-.. 264»

Le méthylcaprone^ C^^H^^O^, isomère avec le butyrone, se prépare en distillant un mélange d'acétate et de caproate de calcium. Il bout à 155-156° ; sa densité à zéro est de 0,828 (Popoff). Ed. Bourgoin.

BiuL. : BRA7IER DE GosRLETH, DistUlation du caproate de baryum {Ann. der Chem. und Pharm., t. LXXV, 206, Î850}. — Schmidt, Recherches sur quelques acétones {Soc. ch., t. XV1II,321).

CAP RON NIER (Jean-Baptiste), peintre sur verre belge, né à Bruxelles. Capronnier a pris une large part à la renaissance de la peinture de vitraux. Il s'est fait connaître en Belgique par des restaurations habilement exécutées et par des œuvres originales. Il est l'auteur du grand vitrail de la chapelle du Saint- Sacrement des Miracles, à l'église Sainte-Gudule de Bruxelles; il a peint dans la chapelle du Saint-Sang, à Bruges, une verrière qui représente des épisodes de la vie du Christ et des compositions allégoriques, ayant trait au Saint-Sang. Il a décoré de ses vitraux les églises de Tournai, de Liège, d'Anvers et de Gand. En France, l'église d'Esquermes, près de Lille, doit à Capronnier les deux roses de son transept ; il a aussi travaillé pour les églises de Glascow, de Duncaster et de Skfpton, en Angleterre, et pour Saint- Julien, à Borne. On peut encore citer de Capronnier de beaux vitraux pour des chapelles et pour des appartements de châteaux. On admire, en Belgique, les verrières qu'il a fournies au domaine du comte de Mercy-Argenteau, à Ochain, près Hay, et au château de Bouchout, appartenant au comte de BeaufiFort. Il a pris part à l'Exposition universelle de Paris en 1855, et a obtenu une médaille de deuxième classe, la seule accordée aux peintres verriers. Ant. V.

BiBL. : Histoire de la peinture sur verre, par Ed. Lévy, architecte, avec planches, par J.-13. Capronisikr ; Bruxelles, 1860. Cet ouvrage renferme 35 planches et 2 planches supplémentaires, parmi lesquelles plusieurs reproductions en chromolithographie des verrières originales de Capronnier.

CAPROS (ïchtyol.). Genre de Poissons osseux (Téléostéens), de l'ordre des Acanthopétrygiens-Cotto-Scombri formes, et de la famille des Carangidœ, caractérisé par un corps comprimé et élevé, une bouche très protractile , des écailles petites , épineuses ; la première nageoire dorsale avec neuf épines, l'anale avec trois, les ventrales très développées, de très petites dents aux maxillaires et au vomer ; nulles sur les palatins. Le Capros asper^ type du genre, est un Poisson commun dans la

CAPRÔS — CAPSALA

Méditerranée, et que Ton retrouve sur les côtes d'Angleterre. ROCHBR.

BiBL. : GuNTiiER, Sliidp ofFisîies. — Cuvier et ValenciENNEs, Hist. nat. générale des Poissons.

CAPROTINA. ï. Mythologie. — Surnom de Jimon (V. ce nom).

II. Zoologie. — Genre de Mollusques-Lamellibranches fossiles, voisin des Rudistes, créé par d'Orbigny, restreint par Pictet, et placé dans la famille des Chamidœ (Stoliczka, Zittel), ou dans celle des Caprinidœ (P. Fischer). — La coquille, très inéqui valve, est fixée par sa valve droite conique, tronquée ou spiralée, striée concentriquement. La valve gauche, plus petite, operculi forme, est convexe ou plate, striée verticalement. Rainure ligamentaire externe nulle ou seulement sur la grande valve. Charnière ressemblant à celle des Monopleura (Y. ce mol), très développée. Les canaux internes (V. Câprina) sont remplacés dans la valve gauche par des cavités accessoires au nombre de trois, subdivisées quelquefois en quatre ou cinq loges étroites. — Ce genre est du crétacé : nous citerons C, striata (d'Orb.), du cénomanien du Mans (V. Chama, Caprina et Rudistes). E. Trt. CAPRYLIQUE (Acide) (Chimie).

i.vr.n, ) Equiv C^m^Q^

^^^«'- i Atom C^Hi^O^.

Cinq acides répondent à la tormule C^^H^^O*, constituant les acides octyliques ou capryliques. Le plus important est Tacide normal.

L Acide caprylique normal. — Il a été découvert en 1844 par Lerch dans le beurre, où il se trouve à l'état de glycéride ; on le rencontre sous le même état, dans l'huile de coco (Fehling), dans certains fromages ; sous forme d'éthers, dans plusieurs huiles, comme celles de vin, de maïs, de blé ; dans les mélasses de betteraves, parmi les produits de la distillation sèche de l'acide oléique (Gottlieb), Rincke Ta retiré régulièrement de l'essence de VHeracleum spondilium, qui est surtout formée d'acétate octylique, et Renesse de l'essence de panais ou butyrate d'octyle. Fehling saponifie l'huile de coco avec une lessive bouillante de soude, distille avec de l'acide sulturique dilué et sursature le produit distillé avec de la baryte, ce qui fournit un mélange de caproate et de caprylate de baryum. En concentrant la solution barytique à chaud, il se dépose d'abord des croiites légères constituées par uo mélange des deux sels, puis, par le refroidissement, des cristaux de caprylate de baryum dont on isole l'acide au moyen de l'acide sulfurique faible.

L'acide caprylique cristallise en lamelles fusibles à 16^5 : au-dessus de cette température, c'est un liquide onctueux, dont Todeur rappelle celle de la sueur. Il bout à 236.237<> (Renesse) ; sa densité à zéro est de 0,927 (Zander). Il est peu soluble, car il exige 400 p. d'eau pour le dissoudre à 100<* et il se dépose presque complètement par le refroidissement ; par contre, il est très soluble dans l'alcool et dans l'éther. Distillé avec de la chaux sodée, il fournit des carbures éthyléniques (Cahours). Ses sels sont ordinairement cristallisables ; ceux à base d'alcali sont seuls très solubles, les autres peu solubles ou insolubles. Les capry laies de potassium et de sodium sont incristallisabies. Le sel de baryum se dépose en paillettes brillantes, anhydres, d'un aspect gras, peu solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool et dans l'éther. Le sel de calcium^ C^^H^^CaO^ + Aq, cristallise en aiguilles fort peu solubles, devenant anhydres à 130**. Les sels de plomb, de zinc, de cuivre et à' argent, sont cristallisables, anhydres, à peine solubles dans l'eau. Véther méthylique, C2H2(Ci6Hi604) est un liquide bouillant à 19'2-194°, ayant pour densité 0,887 à 17° ; il se solidifie à 40-41<* en lamelles transparentes (Cahours). Véther éthylique, Cm^(C^m^^O^), se solidifie à 48^ en grandes lamelles bouillant à 206-207^, ayant pour densité 0,878 à 17<>. Vacide nitrocaprylique , C^^H^^

(AzO^;OS obtenu par Wirz en soumettant à une ébullition prolongée les acides gras fixes de l'huile de coco avec l'acide nitrique, est un corps incristallisable, qui ne fournit avec les bases métalliques que des précipités floconneux. V anhydride caprylique, C^^Hi^O'^(C^^H*^0^), préparé par Chiozza en attaquant le caprylate de baryum par Toxyehlorure de phosphore, est une huile limpide, mobile, dont l'odeur est désagréable et les vapeurs irritantes. Il bout vers 180*^ et se prend à basse température en une masse blanche formée de cristaux microscopiques. A l'ajr humide, il reproduit seulement son générateur et les alcalis le transforment en caprylates.

II. Acide isoocTYLiQUE. — Préparé par C. Williams en partant du diisobutyle, C^^H^^, transformé successivement en chlorure isooctylique et en alcool actylique qu'on oxyde par l'acide chromique. Liquide huileux, à odeur de valériane, bouillant à 218-220**, ayant pour densité 0.925 à zéro ; d,000 p. d'eau n'en prennent que 1,5 à 15**. Le sel de calcium cristallise en tables radiées, moins solubles à chaud qu'à froid. Les sels de baryum, de magnésium et de %inc sont amorphes. Véther éthy^ lique, Cm*(C^m^^O^) bout à 175° et Véther diisobuiylique, C^Hl^^(C^mm*) à 281-282**.

IL Acide dipropylacétique. — Obtenu par Rurton en faisant bouillir l'éther dipropylacétylacétique avec une lessive de potasse étendue. Liquide peu soluble dans l'eau, bouillant à 2l5**-9, ayant pour densité 0,9215 à zéro. Le sel de bary^im est très soluble dans l'eau. Véther éthyllque Q'^\i^(Q^m^^O^), est un liquide bouillant à 183**.

III. Acide pentaméthylpropionique. — Signalé par Genther et Frolich dans la réaction de l'oxyde de carbone sur un mélange d'acétate et de méthylate de sodium. Il distille au-dessus de 200°.

IV. Acide isodibutolique. — Obtenu par Rutlerow en oxydant l'isodibutol, nouvel alcool octylique qui résulte de l'action de l'oxyde d'argent sur le produit d'addition de l'isodibutylène avec l'acide iodhydrique. Liquide bouillant vers 11 5** et se décomposant partiellement. Ed.RouRGOiN

BiBL, : Bouis, Rech. chimiques sur Vhuile de ricin {Ann, ch. et phtjs., XXXIV, 77 [3]). - Burton, Acide dipropylacétique [Amer. Journ.^ lii, 389). — Butlerow, Jsodibutyléne et acides qui en dérivent {Soc. ch., t. XXX, 188). ~ Cahours et Demargay, Acide caprylique normal {Soc. c/i., t. XXXVI, 48). -- Chiozza, Anhydride caprylique {An. ch . et phys.^ t. XXXIV, 20.) [3J). — Fehling, Acide caprylique {Jahresb. chem.^ 440, 1853). Gorgey, Acides gras du beurre de coco {Ann. ch. et phys., t. XXIV, 102). — Gerhardt, Essence de rue et acide caprylique {id., t. XXIV, 107 [3J). — Lerch, Prép. de l'acide caprylique {Ann. der Chem. und Pharm., t. XLI V, 1844, 224). — Renesse, Essence de panais {Soc. ch.j t. XX, ly3) ; Identité des acides octylique et caprylique {id., t. XXIi, 190). — ScHORLEMMER, Camb. octylique {id., t. XIV, 251). Williams, Dérivés du diisobutyle {id., t. XXIX, 127). — ZiNCKE, Essence de VHeraclium spondylium (id., t. XII, 114).

CAPRYLIQUE (Alcool) (V. Octylioue [Alcool]).

CAPSA (Paléont.) (Y. Teltjna et Psammobià).

CAP-SABLE (lie du), lie de la côte est de l'Amérique du Nord, au sud de la presqu'île de la Nouvelle-Ecosse, dans la l3aie de Barrington; 3,200 hectares, 1,600 hab. Elle fut peuplée il y a un siècle par des loyalistes américains, qui émigrèrent au moment de la proclamation de rindépendance des Etats-Unis.

CAPSAÏCINE (Chimie). Form. j Sot^\\' &'K Matière non azotée, à odeur très piquante, extraite du piment ordinaire par Thresh. L'alcool faible Tabandonne en cristaux fusibles à 59°, volatilisables sans décomposition à 115^ ; sa solution dans la potasse est précipitée par un courant d'acide carbonique. Les oxydants la transforment en acides succinique et oxalique, accompagnés d'un acide cristallisable à peine soluble dans l'eau (Thresh, Pharm, Journ, Trans,, t. Vil, 473 et t. y{{\, 187 [3]). Ed. B.

CAPSALA ou CAPSALL Ville capitale de l'île de Cérigo

CAPSALA - CAPSULE - 238 —

ou Cythère; 5,000 hab. A 2 kil. de la ville est le port, peu sûr, où les paquebots relâchent en été.

CAPSALE (Capsula Bosc, 4811). Genre de Tréraatodes polystomiens, voisin des Tristomes et réuni autrefois aux Hirudinées par Moquin-Tandon (V.Trématodes),

CAPSELLE (Capsella Mœnch.). Genre de plantes de la famille des Crucifères, de la tribu des Thlaspidées et du groupe des Lépidinées, caractérisé surtout par la silicule triangulaire, plane, comprimée, à valves naviculaires, non ailées. L'espèce type, C, bursa pastoris Mœnch (Thlaspi bursa-pastoris L.), est une herbe annuelle extrêmement commune, pendant presque toute l'année, dans les lieux cultivés, dans les décombres, sur les vieux murs. On l'appelle vulgairement Bourse à pasteur, Bourse de capucin. Elle est employée dans la médecine populaire comme vulnéraire et astringente. Ses graines sont recherchées des oiseaux. Ed. Lef.

CAPSICINE (Chimie). Alcaloïde encore peu connu, retiré par Thresh de divers piments, notamment des Capsicum annuum et C. fastigiatum. On fait avec les fruits un extrait benzinique, qu'on mélange d'huile d'amandes et qu'on épuise par de l'alcool, celui-ci s'emparant de l'alcaloïde. La capsicine cristallise en lamelles étroites, insolubles dans l'eau, fusibles à chaud dans le liquide, très solubles dans l'alcool. Elle se volatilise déjà vers lOO^ et se condense sous forme de gouttelettes huileuses; son odeur est piquante ; elle se dissout dans les alcalis caustiques. Sa solution alcoolique concentrée précipite les sels de calcium, de baryum et d'argent. Le chlorhydrate de capsicine cristallise en cubes et en tétraèdres, le sulfate en prismes (Thresh, Pharm, Journ. Trans., t. VI, 941 ; t. Vil, 21 [3]). Ed. B.

CAPSICUM (V. Piment).

CAPSIR. Le Capsir est la haute vallée de l'Aude; il s'étend du col de Quillane, vers le N., sur une longueur de 12 kil. environ et confine au Confient, au Donnezan, au pays de Foix et à la Cerdagne. La Quillane est à 1,746 m. d'altitude, Formiguères à 1,480, Puyvalador à 1,413. D'un aspect plus sévère que la Cerdagne, le Capsir a sur cette dernière l'avantage d'être plus vert et plus boisé. Le pays est froid et pauvre, et les habitants émigrent vers la plaine. Le Capsir paraît avoir fait partie très anciennement du comté du Rasés ; il fut rattaché à la Cerdagne, et forma, au moyen âge, une sous-viguerie avec Puyvalador pour chef-lieu ; il dépendit, jusqu'à la Révolution, de la viguerie de Cerdagne et Capsir. Les communes du Capsir sont les Angles, Matemale, Formiguères, Fontrabiouse, Real, Puyvalador. A. Brutatls.

CAPSULE. L Pyrotechnie. — Capsules fulmj- NANTES. — Après la découverte des poudres fulminantes, on se trouva naturellement conduit à modifier l'amorçage des fusils (V. ce mot), pour obtenir, au moyen d'un mécanisme de percussion et d'une poudre fulminante, l'inflammation rapide et certaine de la charge à la volonté du tireur, ce qui est la condition indispensable d'un tir efficace. Tout d'abord, la poudre fulminante, formée de chlorate de potasse, puis de fulminate d'argent, et enfin de fulminate de mercure était employée sous forme de pastilles ou grains , recevant le choc du mécanisme de percussion. Mais un nouveau et considérable perfectionnement résulta de l'emploi des capsules fulminantes, amorces (V. ce mot), agissant par percussion, qui sont formées par de petits godets, ou capsules en cuivre, au fond desquels est déposée ne couche de poudre fulminante. L'invention des capsules fulminantes est d'origine anglaise, et paraît avoir été faite vers 1815, par l'armurier anglais Joseph Eggs. Cette innovation aurait été introduite en France, vers 1819 ou 1820, par l'armurier parisien Deboubert. Elle se répandit très rapidement, dans Tarmemeat des chasseurs et la majeure partie des armes de chasse furent bientôt transformées en fusils à percussion ou fusils à piston. Dans l'armement de guerre, la transformation fut moins

rapide, et ne se fit que vers 1840, après de nombreux essais de tâtonnements.

Capsules de guerre. — La caf)sule de guerre, adoptée en 1840, avait la forme d'un godet conique, muni d'un rebord fendu en étoile (fig. 1 et 2), ayant pour but de faciliter l'amorçage, en permettant à des doigts grossiers et inhabiles de saisir la capsule, même la nuit ou par les plus grands froids. Les fentes du rebord, au nombre de cinq, se prolongeaient dans la partie cylindrique, pour prévenir les éclats, au moment de l'explosion, en assurant l'épanouissement du cuivre, et pour faciliter l'extraction après le tir, en permettant au métal de se fendre sous l'action du chien^ et d'adhérer par suite moins fortement à la cheminée de l'arme.

Chaque capsule contenait environ 4 centigr. d'une poudre

fulminante, formée par le pjg, j^ pig. 9.

mélange de 2 parties de fulminate de mercure et 1 partie de salpêtre ; cette charge était recouverte, pour la préserver de l'action de l'humidité, d'une goutte de vernis à la gomme laque. Les capsules chargées et vernies étaient, au sortir de la capsulerie, mises dans des sacs par 10,000 pour être expédiées aux directions d'artillerie. Dans ces établissements, on les enveloppait dans de petits sachets en papier, joints aux paquets de cartouches, par quantités un peu supérieures au nombre de cartouches.

Lors delà mise en service du fusil à aiguille modèle 1866, le mécanisme de percussion, ayant été profondément modifié, la disposition de la capsule fut également modifiée de manière à faire partie intégrante de la cartouche (V. ce mot). Lacapsule, en forme de chapeau, présentait une alvéole tournée du côté de la charge, portant la poudre fulminante dans son fond percé de deux petits trous. Elle présentait six fentes divisant le chapeau en six ailettes et se prolongeant suivant les génératrices de l'alvéole, dans le but de prévenir les éclats (fig. 3 et 4).

Chaque capsule contenait 15 milligr. d'une poudre fulminante, Fig. 3.

ayant la composition suivante :

2 parties en poids fulminate de mercure, 1 partie salpêtre, 1 partie sulfure d'antimoine. Enfin pour le fusil modèle 1874, qui est pourvu d'une cartouche métallique (V. ce mot), la capsule se réduit à une alvéole en cuivre sans rebord, ayant un diamètre de 4 millim. environ, qui contient une couche de poudre fulminante (même composition que précédemment) d'environ 1/2 millim. d'épaisseur. Depuis 1875, l'alvéole est vernie intérieurement avant de recevoir la poudre fulminante, pour protéger celle-ci contre l'action du cuivre. Elle est d'ailleurs recouverte d'un couvre-amorce en laiton embouti. La capsule, dans la cartouche du fusil modèle 1886, présente une disposition analogue.

Pour les amorces à percussion centrale, destinées aux armes nouvelles, dans lesquelles l'aiguille a été remplacée par un percuteur moins fragile, la détonation de la poudre fulminante est provoquée par l'intermédiaire d'une pièce métallique appelée enclume ou enclumette (V. ce mot), contre laquelle la poudre se trouve comprimée par l'effet du choc. Dans les cartouches métalliques du fusil modèle 1874 et du fusil modèle 1886,renclumette est formée par le métal même du culot qui est embouti de manière à présenter au centre une partie saillante.

Les capsules de guerre sont fabriquées par l'Artillerie, à l'Ecole de pyrotechnie de Bourges, et par la Marine, à l'Ecole de pyrotechnie de Toulon. Elles sont expédiées, aux établissements qui fabriquent les cartouches, dans des boîtes en laiton qui en contiennent 900. Ces boîtes sont réunies dans des caisses en bois [blanc, par 300, ce qui porte à 270,000 capsules le contenu de chaque caisse.

CAPSULE

Capsules de chasse. — Les capsules de chasse sont de dimensions plus petites que celles de guerre, et ne présentent généralement pas de rebord. Quelques-unes sont fendues comme les anciennes capsules de guerre, mais plus généralement elles sont simplement embouties. Tantôt l'alvéole cylindrique est unie, tantôt elle est pourvue de minces cannelures, ayant environ un demi-millimètre de saillie. Les capsules cannelées sont les plus répandues, comme étant d'un maniement plus facile.

La composition fulminante est variable, suivant les cas et suivant les fabriques. Pour les capsules à percussion, destinées aux fusils à pistons, elle est formée de 65 % fulminate de mercure, 35 % salpêtre, ou bien d'un mélange spécial, dit fulminate Gaupillat, qui comprend du chlorate de potasse et des produits divers, tels que le soufre pulvérisé ainsi que des sulfocyanures et ferrocyanures métalliques. Pour les capsules destinées aux cartouches à broche, et aux cartouches pour fusils à percussion centrale, la composition fulminante est formée, comme dans les capsules de guerre, de 2 p. fulminate de mercure, 1 p. salpêtre et 1 p. sulfure d'antimoine.

Généralement, les capsules de chasse, môme celles destinées aux fusils à piston, ne sont pas vernies. Pour le cas d'emploi dans des pays exceptionnellement humides, les maisons Gévelot et Gaupillat fabriquent des capsules dites imperméables, dans lesquelles la composition fulminante est recouverte d'une mince feuille d'étain. L'usage des fusils de chasse, se chargeant par la culasse a conduit, comme dans le cas des armes de guerre, à la fabrication de cartouches de chasse (V. ce mot) dans lesquelles la capsule se trouve naturellement comprise. Dans ce cas, la capsule se réduit à une alvéole, ayant des dimensions strictement suffisantes pour recevoir la composition fulminante, qu'il s'agisse de cartouches à broches ou de cartouches à percussion centrale. En général, cependant, les capsules, dans les cartouches à broches, sont de dimensions plus faibles et de formes plus allongées.

Les capsules de chasse sont expédiées en boites de carton, par 100, 200, 250 ou 500 capsules, qui sont réunies par paquets de 10 ou de 20 boîtes. Les paquets sont emballés pour les expéditions à l'intérieur ou à l'étranger, dans des caisses en bois, par quantités très variables. Les caisses ainsi formées contiennent depuis 500,000 jusqu'à 1,200,000 capsules au maximum. Pour certains pays éloignés, alors que l'humidité est à craindre pendant la traversée, les caisses en bois sont doublées intérieurement de zinc ou de fer-blanc. La labrication des capsules de chasse est à peu près complètement concentrée en France dans les maisons Gévelot et Gaupilllat, qui se sont maintenant fondues dans la Société française d«s munitions de chasse, de tir et de guerre.

Capsules diverses. — La dynamite (V. ce mot) et les explosifs analogues, ne peuvent être utilisés qu'au moyen de capsules chargées de fulminate de mercure. Ces capsules spéciales, dont les dimensions et les charges sont très diverses, suivant les effets à produire, portent plus généralement le nom de détonateurs (V. ce mot). Ces capsules ou détonateurs sont ordinairement livrées à l'industrie en boîtes de carton ou de fer-blanc qui en contiennent 100, lesquelles sont réunies par paquets de 5 boîtes, jusqu'au maximum de 2,000, dans des caisses de bois îbrt;, avec couvercle vissé. L'intérieur de ces caisses est garni de foin en quantité suffisante, pour garantir de tout ballottement ou choc intérieur pendant le transport.

Fabrication des capsules. — Une capsule comprend, d'après ce que l'on vient de voir, deux parties distinctes : l'alvéole et la charge fulminante. La fabrication des capsules comporte comme opérations distinctes : la confection de l'alvéole, la préparation de la charge fulminante et le chargement des capsules.

Confection de l'alvéole. Les alvéoles sont prises dans

des feuilles de cuivre d'excellente qualité, qui sont d'abord découpées par bandes et laminées à une épaisseur convenable, puis recuites au rouge vif, de façon à conserver au métal toute sa malléabilité. Elles sont ensuite passées dans une machine spéciale, qui découpe une portion de métal et l'emboutit à la forme définitive. Les machines employées à ce travail présentent des dispositifs assez divers, mais comprennent toujours finalement un poinçon, qui par un mouvement alternatif (vertical ou horizontal), détache dans la feuille de métal une rondelle, et l'emboutit ensuite dans une matrice.

Pour les capsules fendues à chapeau, le poinçon présente la forme d'une étoile à six pans, et découpe dans la bande de cuivre une rondelle étoilée de la forme indiquée par la fig. 5. Lors du reloulement dans la matrice, le centre de la rondelle est retenu par une tige à épaulement , placée dans l'axe du poinçon, et dont le téton présente la forme intérieure de l'alvéole. Les pans se rabattent sur les parois et les extrémités s'étalent horizontalement sur l'épaulement, de sorte que l'alvéole ainsi formée est coincée entre la surface extérieure du téton qui la remplit et le poinçon. Le poinçon en remontant entraîne l'alvéole par frottement et la laisse échapper au moment où une tige ajustée dans sa cavité centrale bute contre une vis placée ad hoc. Pour les capsules non fendues, le poinçon présente simplement un téton ayant la forme intérieure de l'alvéole, lequel emboutit le cuivre dans une matrice de forme appropriée. Si la capsule doit être cannelée, la matrice présente des cannelures en saillie qui se reproduisent en creux sur la surface extérieure de l'alvéole.

Préparation de la charge fulminante. Nous avons indiqué plus haut la composition de la charge fulminante, composition variable, suivant la destination des capsules. La composition la plus ordinaire comprend 2 p. en poids fulminate de mercure, 1 p. salpêtre, 1 p. sulfure d'antimoine. Le fulminate de mercure subit, au moment de l'emploi, un dernier lavage, après lequel on le fait égoutter, jusqu'à ce qu'il ne renferme plus que 5 % de son poids d'eau. Le salpêtre raffiné est trituré dans un baril tournant, pour être réduit en poudre fine, et passé au tamis de soie n^ 1 (1,600 trous par carré de 2 centim. de côté). Ces deux matières sont ensuite intimement mélangées sur une table de marbre, au moyen de spatules en corne, jusqu'à ce que la composition présente une teinte grise bien uniforme. La composition est alors broyée, pendant cinq ou six minutes, avec une molette en bois dur, en ajoutant de l'eau, en quantité suffisante pour que le mélange reste toujours bien humecté.

Après le broyage, le mélange est mis en briquettes, desséché à un degré déterminé, puis concassé en morceaux très fins, avec des molettes en liège sur du papier sec. Les grains sont passés au tamis de soie n° 1, et le mélange doit alors couler régulièrement, entre les doigts, comme du sable fin très sec. Il doit être utilisé sans retard, car sa conservation présente de grands dangers et ses propriétés détonantes s'altèrent assez rapidement. L'addition du sulfure d'antimoine se fait au moment même de l'emploi. Le sulfure préablement purifié et tri-

Fi-. 5.

CAPSULE

^ no

turé, est mélangé à sec, au moyen de barbes de plumes, avec le mélange binaire, fulminate et salpêtre, jusqu'à ce que la composition ait une teinte bien uniforme. Cette composition est versée avec précaution dans une boîte en gutta-percha, et elle est employée immédiatement.

Chargement des capsules. Avant le chargement, on fait tourner les capsules dans un baril à moitié rempli de sciure, pour enlever les bavures, qui pourraient donner lieu ultérieurement à des accidents. Puis on les décape en les plaçant dans un sac que Ton remplit à moitié, et auquel on imprime un mouvement de rotation de 4,000 à 1,200 tours par minute. Enfin, on les trie avec soin, pour écarter toutes celles qui présentent des défectuosités provenant d'un mauvais emboutissage, telles que bavures, saillies ou fond percé. Le chargement comprend les opérations suivantes : 1^ placement des capsules dans les mains; ^2^ remplissage des capsules; 3<^ compression de la charge ; 4<* décrochage des capsules et nettoyage des mains.

Le placement des capsules dans les mains est confié d'ordinaire à des femmes. Ces mains (fîg. 6) sont des

Fig. 6.

plaques d'acier, munies d'une poignée, et formées de deux parties assemblées à l'aide de deux goupilles ; la partie inférieure est pleine, et la partie supérieure est percée de trous également distants, laissant passer une portion seuemsnt du corps de la capsule. Une première ouvrière,

Fig. 7.

appelée remplissense, charge les mains en prenant une poignée d'alvéoles, qu'elle dépose sur la planchette, et qu'elle fait entrer dans les trous, en les promenant en tous sens avec les doigts ; elle passe ensuite la main à la trieuse, qui retire les alvéoles défectueuses à l'aide de pinces et les remplace par d'autres.

Le remplissage ou amorçage des capsules peut se faire à la main, en prenant la composition fulminante dans l'auge en gutta-percha avec une petite chargette en cuivre (fig. 7), pour la verser dans un entonnoir en corne (fig. 8) que l'on place successivement au-dessus des alvéoles. Mais dans toute fabrication importante, le remplissage se fait à Paide

Fig. 8.

d'une trémie. Cette trémie (fig. 9) est formée d'une boîte rectangulaire en bronze, dont le fond A est percé de trous disposés comme ceux des mains, et se trouve placé audessus d'un second fond B, disposé de la même manière, mais dont les trous sont tous reportés de quelques millimètres en avant. Une plaque C, percée de trous semblables, peut glisser entre les deux fonds, de manière que ses

propres trous se^ trouvent à vo.onte en regard des trous du fond supérieur ou de ceux du fond inférieur. La trémie ayant été chargée à sa partie supérieure de poudre fulnninante, dans sa première position, la plaque

Fig. 9.

C recueille dans chacun de ses trous la charge d'une capsule, et dans sa seconde position tous les trous de la plaque C se vident dans ceux de la plaque B, et finalement dans les capsules amenées dans la main môme, avec leurs orifices en regard des trous de la plaque B. Le chargement est ainsi automatique et rapide, et aussi inoffensif que possible. La trémie est montée, en effet, sur un châssis en bronze et séparée des ouvriers par un masque demi-circulaire en tôle, qui préserve ces derniers en cas d'explosion.

La charge, une fois disposée dans les alvéoles, doit être comprimée pour rester adhérente et présenter une épaisseur régulière. Les mains, au sortir de la trémie, après le chargement, sont remises à un ouvrier qui les porte à la presse à comprimer, laquelle est munie également d'un masque en tôle, en vue des explosions possibles. Elles sont placées sur le socle de la presse, dans un logement qui leur assure une position invariable. Cette presse comprend une tige d'excentrique, mue par l'intermédiaire de deux engrenages au moyen d'un volant-manivelle à bras, qui porte des poinçons, en nombre correspondant à celui des alvéoles fixées dans les mains. Dans le mouvement d'abaissement de la tige d'excentrique, les poinçons entrent dans les alvéoles, et la composition fulminante se trouve tassée, à une pression déterminée, d'après la course même de la tige d'excentrique. Dans le mouvement de relèvement de la dite tige, les poinçons se trouvent dégagés, on retire alors les mains, et Ton fait tomber les alvéoles sur un tamis à mailles de cuivre, en les faisant rouler sur une feuille de caoutchouc inclinée et percée de nombreux trous afin de pouvoir rejeter les capsules, dont la composition, mal tassée, s'échappe dans ce moment. Pendant la compression, il se produit souvent des détonations partielles de quelques capsules. Mais ces détonations ne se propagent pas et n'ont d'autre inconvénient que de noircir plus ou moins les capsules voisines.

Vernissage. Pour le vernissage, les capsules sont dis-

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Fig. 10.

posées d'abord dans des planchettes en tôle percées de 500 trous, et reposant sur de petites barres en bois

CAPSULE

(fig. 10) de façon à présenter leur oriûce à la partie supérieure. Elles sont soumises ensuite à un triage, ayant pour but d'éliminer toutes celles dont le chargement est défectueux. Puis vient le vernissage, fait avec un vernis obtenu en dissolvant 280 gr. de gomme laque dans^ un litre d'alcool. On fait usage pour celte opération d'une plaque (fig. 11), portant 500 poinçons disposés comme

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Fig. U.

les trous de la planchette à vernir, et qui est munie de deux poignées placées du côté opposé aux poinçons. On prend cette plaque par les poignées,^ pour plonger les poinçons dans le vernis préparé d'avance, dont ils retiennent chacun une goutte. Puis on porte la plaque, au-dessus de la planchette à vernir, et grâce à des guides convenablement disposés, on la descend de telle façon que chaque poinçon s'engage dans une alvéole et y dépose une goutte de vernis.

Epreuves de recette. Pour les capsules de guerre, il est prescrit de vérifier leur sensibilité. Ces épreuves se font au moyen d'un petit mouton, d'un poids déterminé, qui doit, en tombant d'une hauteur fixée comme minimum faire détoner la capsule, qui est placée dans des conditions identiques à celle de l'emploi.

Démolition. Les capsules reconnues défectueuses , doivent être déchargées ou démolies. Pour le déchargement, il suffit de laisser séjourner les capsules dans l'eau chaude, jusqu'à ce que la composition fulminante se trouve bien détrempée. On peut facilement alors, avec une pointe de bois ou de corne, enlever la composition, sans produire aucun frottement ou choc dangereux. Lorsque ce procédé, naturellement un peu lent, ne peut être employé, il faut avoir recours à la démolition, c.-à-d. faire détoner la composition fulminante, sous l'action de la chaleur. A cet effet, on jette quelques poignées de capsules dans une marmite en fonte, munie d'un couvercle percé de petits trous, que l'on chauffe graduellement jusqu'à 180 ou lOO**, de façon à faire détoner successivement les capsules. On remue la masse en agitant la marmite, jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de détonation. Puis on ajoute de nouvelles capsules, jusqu'à ce que la marmite soit à peu près pleine. On la vide alors, pour recommencer jusqu'à achèvement de la démolition. Cette opération nécessite quelques précautions, d'abord pour se préserver des éclats de capsules, puis pour éviter l'action des vapeurs vénéneuses, provenant de la déflagration du fulminate de mercure.

En cas de démolition de quantités importantes, ce procédé serait encore trop lent. On installe alors une sorte

de four, dont la sole est formée par une plaque en fonte, chauffée par un feu de houille, dans lequel on verse les capsules au moyen d'un entonnoir latéral. On règle l'épaisseur de la couche de capsiiles à quelques centimètres au moyen d'un râteau en fer, qui peut être déplacé horizontalement au-dessus de la plaque de tôle. En chauffant graduellement, les capsules atteignent successivement la température de déflagration de la composition fulminante Le râteau mobile permet de renouveler les couches de capsules, en contact avec la sole de fonte, et d'obtenir la détonation de toutes les capsules d'une manière successive. Le four étant complètement fermé à la hauteur de la sole, et muni d'une cheminée, qui évacue les produits de la déflagration, l'opération se produit sans chance d'accidents, et d'une manière assez rapide.

Dangers de la fabrication. La fabrication des capsules fulminantes présente de grands dangers d'explosion et d'incendie ; elle a été rangée, à ce double point de vue, dans la première classe des établissements insalubres , incommodes et dangereux (V. Etablissements classés), pour la première fois par le décret du 25 juin 1823, et en dernier lieu par celui du 3 mai 1886. En outre, cette fabrication a été comprise, par le décret du 14 mai 1875, dans la liste de celles où l'emploi des enfants et filles mineures est absolument interdit. Pour diminuer, autant que possible, les dangers de cette fabrication, l'Administration exige d'ordinaire que les opérations soient divisées en un certain nombre d'ateliers ou magasins, ne renfermant chacun qu'un petit nombre d'ouvriers et une faible quantité de composition fulminante. Ces ateliers et magasins doivent en outre être écartés les uns des autres, à des distances suffisantes, et séparés par des talus en terre gazonnés de hauteur suffisante pour que les accidents puissent être circonscrits et limités ; ils doivent enfin être construits en matériaux incombustibles et aussi légèrement que possible, pour que les explosions fortuites restent sans gravité.

Pour les diverses opérations ou manipulations, de nombreuses mesures de précaution sont également prescrites en vue d'empêcher les accidents, et d'en diminuer la gravité. C'est ainsi, par exemple, que la trémie de chargement doit être séparée par un masque ou bouclier en fonte de 11 centim. d'épaisseur et de 2 m. au moins de hauteur de tous les ouvriers ou ouvrières occupés au chargement. De même, la presse à compression doit être disposée de façon qu'en cas d'explosion, la trémie ne puisse atteindre aucun des ouvriers.

Conservation et transports, La conservation et les transports des capsules fulminantes nécessitent naturellement de grandes précautions. Toutefois, il est nécessaire de tenir compte auâsi des conditions toutes spéciales de l'emballage des capsules fulminantes, parce que cet emballage les transforme en munitions de sûreté. Dans des études spéciales faites par la Commission des substances explosives, sous la présidence de M. Berthelot, précisément en vue de fixer les dangers que peuvent présenter les poudres, cartouches et munitions dans les transports par les voies ferrées et sur les voies fluviales ou maritimes, il a été établi que, vu le mode d'emballage usité dans le commerce, ces munitions de sûreté peuvent être exposées au choc et à l'incendie, sans qu'il en résulte d'explosion en masse. Finalement, la Commission des substances explosives a conclu, en ce qui concerne spécialement les capsules fulminantes, qu'elles peuvent être transportées, sans limitation de poids, dans les conditions d'emballage usitées, par voitures de roulage, par chemins de fer, en trains de marchandises, ainsi que par les navires pourvus d'aménagements convenables pour le transport des explosifs. Pour les trains de voyageurs, voitures publiques ou bateaux ne prenant que des passagers, la commission admet de même le transport des capsules fulminantes, à la condition de limiter le poids de chaque caisse à 10 kilogr. (poids brut).

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