L. Faucher
CAPSULE
II. Mines. — L'emploi de Télectricité pour le tirage des mines exige des amorces spéciales, formées de sulfure d'antimoine et de chlorate de potasse en parties égales ou de compositions analogues plus complexes. On les place dans un petit cylindre de mastic isolant, au sein duquel les fils de cuivre s'approchent jusqu'à un quart de millimètre l'un de l'autre. La préparation de ces capsules inflammatoires, qui ont de 4 à 2 m. de longueur, est d'une grande importance. Parmi plusieurs types, le suivant est le meilleur (V. fig.). Une latte en bois de 12 millim. de largeur, 6 millim. d'épaisseur et 4 à 2 m. de longueur, porte deux rainures latérales dans lesquelles on loge deux fils isolés ; à l'extrémité amincie et rétrécie de la baguette, les fils sont croisés à travers le bois et se présentent en face l'un de l'autre à une distance de 2 millim. au plus. Le bout aminci de la baguette ptonge dans une cartouche de poudre très explosible, serrée du haut contre le bois.
Le tout est enfermé dans une capsule de fer-blanc dont il remplit les deux tiers ; le reste contient du fulminate. La capsule elle-même a 40 millim, de longueur sur 7 millim. de diamètre extérieur, elle est lutée contre le bois par un corps isolant. Après l'introduction des fils, les rainures de la baguette sont couvertes d'un enduit hydrofuge.
Les diverses amorces sont reliées entre elles par les morceaux de fils des baguettes provenant des opérations précédentes, en sorte que les dépenses par trou de mine n'excèdent pas 0 fr. 12. Quelques exploitations préfèrent employer des fils tissés comme les étoupilles, ou mieux, des bandes électriques, dans lesquelles les fils sont isolés à l'aide de papier fort, enduit de poix.
La capsule est encore employée par les mines dans le cas de tirage à la dynamite. Le mo^en de déterminer à coup sûr l'explosion est l'intervention d'une matière fulminante. On en forme des capsules qui sont livrées au commerce par les mêmes établissements qui fournissent la dynamite elle-même. Ces amorces renferment 80 parties de fulminate de mercure et 20 parties de chlorate de potasse, destiné à lui donner de la consistance. On en remplit de petits tubes de cuivre de 5 millim. de diamètre sur 20 de longueur, que l'on bouche avec de la cire ou du coUodion. Ces capsules ne doivent pas séjourner dans les mines humides ; elles sont d'ailleurs isolées de la dynamite, au moyen de boîtes spéciales, dans les dynamitières. L. Knab. IIL^ Physique. — Capsule manométrique. — Ce petit appareil imaginé par Kœnig sert à montrer et à étudier les mouvements vibratoires de l'air. Il se compose d'une petite beîte séparée en deux par une lame mince de caoutchouc très légèrement tendue ; l'une des chambres ainsi formée est mise en communication avec le corps vibrant par l'intermédiaire d'un tube flexible terminé par une sorte d'entonnoir que l'on peut diriger vers le corps dont on veut étudier les vibrations ou même appliquer directement contre lui ; tous les mouvements vibratoires de ce dernier transmis par l'air à la lame de caoutchouc la font vibrer de la même façon ; ces vibrations ont pour effet de diminuer ou d'augmenter la capacité de la seconde chambre ; pour mettre en évidence les changements de pression dans cette seconde chambre, Kœnig a adopté une disposition très simple et très sensible ; pour cela, elle porte un robinet et un petit bec de gaz. On fait arriver le gaz d'éclairage par le robinet; il emplit la petite chambre et
Capsule d'inflammation par l'électricité.
sort par le bec oîi on l'enflamme. La moindre diminution de la chambre à gaz par suite d'une vibration rend la flamme plus haute, tandis qu'une augmentation la rend
Cap&ule manométrique.
plus courte ; les mouvements de ce genre peuvent se succéder plusieurs centaines de fois par seconde et la flamme vibre à l'unisson de la note qu'on produit devant la capsule manométrique. Il est nécessaire, pour apercevoir des changements aussi rapides de la flamme, d'employer un artifice particulier; on la regarde pour cela dans un miroir tournant avec une assez grande vitesse. Les images de deux flammes consécutives ne se forment pas au même point sur le miroir parce qu'il a tourné dans l'intervalle, on peut par ce moyen apercevoir la série des flammes alternativement basses ou hautes. Cet appareil sert dans un certain nombre de cas, en particulier dans l'étude des tuyaux sonores (V. Bernouilli [lois de]).
M. Eergounié a modifié tout dernièrement la disposition de cette expérience, remplaçant les miroirs tournants par des lentilles tournantes, qui peuvent donner des images réelles au lieu d'images virtuelles ; les flammes peuvent alors être projetées sur un écran et aperçues de tout un auditoire. A. Joannis.
IV. Technologie. — Capsule métallique. — La capsule métallique employée pour le bouchage des bouteilles et des flacons a été inventée dès 1832 ; c'est une enveloppe en étain et plus souvent en plaqué d'étain. La fabrication des capsules a pris depuis quelques années une importance considérable, grâce à l'emploi de machines automatiques à emboutir au moyen desquelles on obtient une grande régularité de travail, un fonctionnement simple et facile et une main-d'œuvre insignifiante. La production annuelle atteint près de 400 millions de capsules de bouchage ; dans ce chiffre, 80 millions environ sont exportés au Canada, en Australie, en Russie, en Allemagne et dans l'Amérique. Ce mode de bouchage est devenu indispensable pour les produits pharmaceutiques, les eaux minérales, la parfumerie, la distillerie, les vins et eaux-de-vie, etc. Cette industrie est donc en pleine activité et tend chaque jour à se développer. Pour fabriquer les capsules de bouchage, voici comment on procède : le plomb et l'étain achetés en saumons sont d'abord soumis à la fonte et coulés en plaques au moyen de lingotières spéciales ; les plaques d'étain passent alors dans une série de laminoirs et sont réduites à une très faible épaisseur. On place ensuite une des plaques de plomb entre deux minces lames d'étain, on lamine de nouveau et l'on obtient le plaquage qui servira à la fabrication des capsules. Le plomb et l'étain font corps à tel point qu'il est impossible de distinguer les deux métaux. Les bandes de métal sont ensuite enroulées sur un dévidoir que l'on fixe à la machine à emboutir ; le travail se
CAPSULE
fait aulomatiquement et la capsule plaqué-étain arrivée au bout de la course du tiroir de la machine tombe d'ellemôme dans une caisse toute terminée. Les capsules passent ensuite dans Fatelier des coloristes, où des femmes les placent sur de petits tours mus par la vapeur et leur appliquent au pinceau les couleurs les plus diverses ; on arrive même, avec certains vernis, à imiter exactement la cire à cacheter. Comme dernière opération, les capsules passent à l'estampage, où elles reçoivent les différentes marques de fabrique. Souvent les capsules pour bouteilles de Champagne reçoivent encore une préparation qui consiste à découper à Femporte-pièce des trous carrés ou en forme de losange formant grillage près du fond de la capsule, et destinés, outre leur aspect décoratif, à laisser échapper les gaz se dégageant à travers le bouchon et qui pourraient pourrir le liège s'ils étaient enfermés par la capsule.
Les machines à fixer les capsules sur les bouteilles sont de difiérents modèles, nous ne parlerons que du dernier type perfectionné. Suivant son application, les dimensions et les formes du capsulateur sont en rapport avec les dimensions et les formes des objets à capsuler, bouteilles, flacons, bocaux, etc. ; mais le principe du mécanisme est toujours le même. Les organes essentiels sont des mordaches en caoutchouc mou montées sur des coulisseaux, et qu'on peut rapprocher ou éloigner à volonté, en les manœuvrant avec un levier. Si on place le goulot d'une bouteille bouchée et coiffée de la capsule métallique, entre les mordaches de l'appareil, et qu'on les rapproche, le caoutchouc dont elles sont formées va presser la capsule de telle façon que celle-ci s'applique parfaitement sur le col de la bouteille pour en épouser les formes, et cela à cause de la malléabilité du métal et en raison de Télasticité des mordaches, qui forment une façon de moule contractile. Le serrage fait à bloc laisse sur la capsule trois ou quatre plis réguliers, suivant qu'il y a trois ou quatre mordaches, dus à l'excès de matière enveloppante. On desserre légèrement les mordaches pour faire tourner la bouteille sur elle-même d'une petite quantité, ensuite on serre de nouveau pour rabattre les plis, il y a au centre des mordaches, sur le plateau qui porte le mécanisme, un buttoir pour le bouchon de la bouteille, laquelle repose pendant l'opération sur un support horizontal. Pour les bouteilles qui portent des capsules percées à jour autour du bouchon, l'extrémité du col de la bouteille est libre afin que les grillages ne soient pas écrasés. 11 y a des modèles appropriés pour les petits flacons, les bocaux, etc. Les capsulateurs ont beaucoup répandu, en Champagne, l'usage des grandes capsules qui, jusque-là, étaient peu employées, à cause de la difficulté de les fixer sur les bouteilles.
On donne encore, le nom de capsule, en fumisterie, à une sorte de couvercle cylindrique en lôle, qui sert à fermer, soit l'amorce d'embranchement de tuyau, soit un trou fait dans un mur pour le passage d'un tuyau de poêle, ou bien encore le trou à marmite d'un fourneau de cuisine. L. Knab.
V. Botanique. — La capsule est un fruit sec et déhiscent, le plus souvent uniloculaire, à plusieurs graines, rarement à une seule. Ce terme est donc général et s'applique à des fruits qui, bien que possédant les caractères précédents, diffèrent assez les uns des autres pour qu'on les ait distingués chacun par un nom spécial.iAinsi, dans la Pivoine, l'Aconit, etc., la capsule étant formée d'un seul carpelle s'ouvre en écartant les bords soudés du carpelle, elle prend le nom de follicule; dans le Haricot, le Pois, la Fève et toutes les Légumineuses, la capsule est aussi formée d'un seul carpelle, mais elle s'ouvre par écartement des bords soudés du carpelle et par rupture longitudinale près de la nervure dorsale : c'est un légume ; dans le Chou, le Radis, la Lunettière, et toutes les Crucifères, il y a deux carpelles et la capsule s'ouvre par quatre fentes, se produisant le long des deux placentas
et donnant lieu à deux valves qui s'écartent laissant au milieu une sorte de cadre qui supporte les graines : c'est une silique; enfin, dans le Mouron rouge, la Jusquiaroe,la capsule s'ouvre transversalement par un opercule qui se détache de la partie supérieure : c'esinmpyxide (V. Fruit). — Chez les Mousses la capsule est la partie du sporogone renflée, différenciée en sporange, portée par un long pédicelle, la soie, coiffée des débris de l'archégone, la coiffe ou la calyptre. Les caractères de la capsule ont une grande importance pour la classification des Mousses. P. Maury. VI. Pharmacie. — On donne en pharmacie le nom de capsules k des enveloppes gélatineuses, de forme sphérique ou ovale, contenant des médicaments à odeur ou à saveur désagréable. Non seulement Tenveloppe doit pouvoir se dissoudre aisément dans le tube digestif, mais elle doit être sans action sur le médicament qu'elle renferme. Voici l'une des formules usitées : Grénétine, gomme arabique pulv. et sucre
pulvérisé ^a 30 gr.
Miel blanc 10 —
Eau 100 — .
Le tout étant dissous au bain-marie, on plonge dans la solution de petites olives en fer étamé, légèrement huilées et fixées sur un plateau au moyen d'une tige mince ; après quelques instants, on retire le plateau en lui imprimant un mouvement circulaire, jusqu'à ce que l'enveloppe gélatineuse qui entoure chaque olive soit en partie refroidie, et on place le tout dans une étuve légèrement chauffée. Lorsque la capsule est sèche, on la retire par un mouvement brusque, on coupe avec des ciseaux les bords déchiquetés et on procède au remplissage. S'il s'agit de liquides très fluides, on les introduit à Faide d'une petite burette effilée ; le liquide est-il épais, comme la térébenthine, on le rend plus fluide en le chauffant au bain-marie. On ferme ensuite l'ouverture de chaque capsule au moyen d'un pinceau enduit de la solution gélatineuse; on plonge alors les capsules dans cette dernière et on les fait sécher à air libre ou à l'étuve. Les poudres sont introduites dans de petits tubes ouverts par un bout, qu'on ferme au moyen d'un autre tube vide, s'emboîtant à frottement sur le premier, à la manière d'un étui (Lehuby). Les capsules qui doivent contenir des liquides volatils prennent le nom de perles ou de ^/obules. On les prépare au moyen d'un appareil spécial qui permet de souder l'une à l'autre deux plaques minces, gélatineuses, constituant ainsi une cavité renfermant le liquide médicamenteux, de telle sorte que la capsule, découpée en même temps que soudée par les bords, sort de l'appareil sous forme d'un sphéroïde. On administre ainsi un grand nombre de liquides : éther, chloroforme, teintures alcooliques ou éthérées, copahu, baumes, essence de térébenthine, etc. Un perfectionnement apporté à cette fabrication consiste à rendre les capsules molles, par l'addition au mélange d'une certaine quantité de glycérine. La solution suivante est celle qu'on emploie le plus souvent pour obtenir ce résultat :
Gélatine incolore (Grénétine) ... BO gr.
Glycérine pure 20 —
Sucre pulvérisé 16 -^
Eau distillée 90 —
Ed. BouRGom.
VIL Anatomie et Physiologie. — Capsules suhré* NALES. — H est peu d'organes de l'économie dont la structure soit moins claire, et les fonctions moins connues. Les capsules surrénales consistent, chez l'homme, — elles . existent aussi chez les animaux supérieurs, — en deux petits corps comparables à un casque aplati, posés sur l'extrémité supérieure des reins, dans la cavité de l'abdomen, et fixées d'une façon très solide en leur position qu'elles n'abandonnent jamais, même en cas de rein mobile. Leur volume est très faible; leur poids moyen est de 7 grammes ; les extrêmes sont 3 et 11 gr. (Sappey). il est à noter