CAPSULE — CAPTAGE
qu'elles ont un volume et probablement une importance beaucoup plus considérables durant la période foetale, étant, avant le quatrième mois, plus grosses que le rein. Elles sont normalement au nombre de deux, mais il y a des exceptions : Vulpian en a vu trois chez un lapin et chez un cobaye; Marchand en a rencontré six fois de surnuméraires dans le ligament large d'enfants nouveaunés, et pense qu'elles disparaissent avec l'âge ; Chiari en a rencontré chez les adultes des deux sexes (deux hommes et deux femmes), entre le rein et l'appareil génital, et Grawitz pense que certains prétendus lipomes du rein ne sont autre chose que des surrénales dégénérées. Il est des cas où le nombre des surrénales accessoires est considérable. — Au point de vue histologique, les surrénales consistent en une couche périphérique et une masse centrale. La couche corticale présente deux ou trois strates de cellules, probablement conjonctives, cylindriques, cubiques, ou autres, formant les unes avec les autres des sortes de canaux ou colonnes, renfermant un tissu glandulaire spécial. La masse médullaire consiste en cellules conjonctives entremêlées de cellules nerveuses et de cellules pigmentées : le tout baigne dans un liquide particulier, et la couche corticale est entourée d'une enveloppe celluleuse dense. Il y a une tendance marquée à faire des surrénales des organes nerveux, et pour Stannius, S. Mayer et Braun, c'est l'hypothèse la plus exacte; avant, l'on en faisait une glande vasculaire sanguine, et Kôlliker estime qu'elle est un organe nerveux et une glande vasculaire sanguine à la fois. Pour Gottschau, elle sert encore à former les pigments, et serait fort active chez la femelle en gestation ; bien que présentant des cellules nerveuses, elle ne saurait être rattachée au système nerveux. Les dernières études faites sur ce point par Guarneri et Magini indiquent Pexistence dans la substance corticale de petits tubes glandulaires contournés, composés d'une membrane de soutien anhiste et mince, portant des cellules épithéliales, cylindriques, allongées. La partie la plus profonde de la couche corticale 'consiste en cellules polygonales, irrégulières, de dimensions différentes. La substance médullaire est riche en vaisseaux sanguins, et renferme un réseau nerveux bien développé, qui se ramifie dans une masse de cellules épithéliales. Les fibres nerveuses sont des fibres de Remak et ne s'accompagneraient d'aucune cellule nerveuse ganglionnaire. Tout cela est fort peu net, en somme. Leydig, Luschka et Kôlliker déclarent cependant avoir vu des cellules nerveuses, et Dostoïewsky en dit autant. Les surrénales se développent aux dépens du feuillet moyen du blastoderme dans le voisinage des veines cave ascendante et rénale gauche, sous forme d'amas cellulaires, et se vascularisent très tôt : le sang leur vient des artères aorte, diaphragma tique et rénale. II n'y a pas de lymphatiques appréciables. D'après Creighton, il y aurait une relation entre les surrénales et les ovaires, et il se base, pour l'affirmer, sur ce fait que les follicules de Graaf, qui s'atrophient, ont une structure rappelant celle des surrénales, et sur le fait que celles-ci s'atrophient à mesure que l'ovaire acquiert plus d'importance.
Au point de vue physiologique, l'on n'est guère mieux fixé que sur la structure histologique. Les recherches les plus intéressantes sont celles qu'ont faites différents expérimentateurs italiens, il y a peu de temps. Tizzoni a pratiqué l'extirpation des surrénales chez le chien et le lapin avec un plein succès. Les animaux ne meurent qu'après un temps assez long (plusieurs mois) et avec des symptômes très particuliers : paralysies et convulsions ; à l'autopsie, Ton constate un amaigrissement considérable, et surtout des lésions nerveuses importantes de la moelle (rien au système sympathique) et du cerveau, principalement du côté correspondant à celui où l'on a enlevé h surrénale. Il y a ramollissement et dégénérescence des éléments nerveux. De ses expériences, Tizzoni conclut à l'existence d'un rapport entre les surrénales et
le système nerveux, et pense qu'en réalité celles-ci représentent une dépendance de ce dernier. Des recherches antérieures du même auteur ont montré encore que l'ablation des surrénales détermine une pigmentation anormale des lèvres, des narines, etc. , sans qu'il y ait toutefois de troubles dans la santé de l'animal, autres que ceux qui, au bout d'un temps fort long, viennent terminer son existence : rien ne se produit qui rappelle autrement les symptômes de la maladie d'Addison que l'on a rattachée, on le sait, à une altération des organes en question (V. Addison 1. 1, p. 544). Enfin, signalons la possibilité de la régénération des capsules surrénales, indiquée encore par Tizzoni, dans les cas où l'ablation n'a pas été complète. Evidemment' les recherches de Tizzoni ne font point encore connaître exactement le rôle des surrénales, au point de vue physiologique, mais elles fournissent des indications de grande valeur pour des recherches futures. Marino-Zuco , qui s'est beaucoup occupé de la chimie des capsules surrénales, après Cloez, Yulpian, Virchow, Foa, Pellacani, a montré que le suc de ces organes renferme de la neurine et différents acides phosphores qui sont probablement cause de la grande toxicité de ce suc : peut-être renferme-t-il aussi des ptomaïnes, mais elles n'ont pas encore été isolées. Entout cas, sa toxicité est considérable, grâce, sans doute, aux sels phosphores de neurine, et si on l'injecte à des animaux, on voit se produire de l'anxiété, des gémissements suivis de mouvements désordonnés, puis de paralysie, stupeur et mort. Mais si l'on traite l'extrait aqueux des capsules surrénales par un acide ou une base, la toxicité se dissipe aussitôt. D' H. de Varigny. Capsule externe, interne (V. Cerveau).
BiBL. : Pyrotechnie. — Manuel de pyrotechnie de l'artillerie de marine; Paris, 1880, t. II, pp. .'^7-51. — Aide-mémoire à l'usage des officiers d'artillerie ; Paris, 1879, ch. xvir, pp. 137, 172, pi. xx. — Désortiaux, Traité sur la poudre et les corps explosifs; Paris, 1878, pp. 756 à 773. — De Freycinet, Traité d'assainissement industriel ; Paris, 1870, pp. 99 à 106. — Commission des SUBSTANCES EXPLOSIVES, Rapports n"* 31 et k8 des 8 mai i88k et 4 not\ 1886.
CAPSULERIE (V. Capsule).
CAPS US. I. Entomologie. — (Capsus Fabr.). Genre d'Insectes-Hémiptères, de la division des Hétéroptères, qui a donné son nom à la famille des Capsides. Ce sont des Punaises d'assez grande taille, au corps oblong, assez convexe et caractérisé surtout par les antennes dont les deux premiers articles sont épaissis, par le rostre grêle ne dépassant pas le métasternum, et par le premier article des tarses notablement plus long que le deuxième. L'espèce type, C. îaniarius L., est commune en France dans les prairies, sur les fleurs des Ombellifères. Ed. Lef.