II. Paléontologie (V. Punaise fossile
CAPTAGE (Mines). On entend par captage l'ensemble des travaux qu'il est nécessaire d'effectuer pour réunir et utiliser les eaux d'une source, d'un puits ou d'un puits artésien. On conçoit que l'étude des eaux souterraines, la reconnaissance de leur mode de gisement et d'écoulement, la nranière de les amener au jour dans les points les plus propices à leur écoulement, leur distribution, leur service utile et leur permanence, embrassent des connaissances assez étendues dans la constitution géologique des terrains superficiels, dans la physique et le mouvement des eaux, dans la météorologie, etc., et que ce n'est qu'à l'aide de ces connaissances qu'on peut espérer de conduire à volonté les eaux des sources et des nappes cachées. On connaît les principes d'après lesquels on doit rechercher, dans une contrée dont la structure géognostique est connue, les eaux qui circulent dans les régions plus ou moins profondes de l'écorce terrestre, lorsqu'il s'agit de faire jaillir ces eaux par des puits forés (V. Puits) ; mais il existe dans une foule de lieux des eaux qui se meuvent à une très faible distance de la surtace, et qui se perdent sans aucune utilité pour les habitants. Cependant, au moyen de travaux peu dispendieux, il est facile de capter ces eaux et de les
CAPTAGE
faire couler en dehors sous forme de sources. Imméd atement au-dessous de la terre végétale, il existe fréquemment, môme dans les lieux où il n'y a ni alluvions proprements dites, ni cours d'eau, des débris de rochers peu cohérents dont la nature est la môme que celle du terrain sous-jacent. Quand la pluie tombe sur un pays, une partie des eaux, après s'être infiltrée au-dessous de la terre végétale, coule dans les débris de roches et s'arrête sur le sous-sol moins perméable. Comme le modelé de ce sous-sol s'éloigne ordinairement peu de celui de la superficie, l'examen du relief externe suffit pour déterminer assez approximativement le lieu de rassemblement des eaux de la couche meuble. Les eaux superficielles convergent vers le fond de l'entonnoir qui forme la naissance de la dépression, c.-à-d. à l'origine de la ligne de plus grande pente régulière que l'on nomme thalweg. C'est dans un point placé verticalement au-dessous de ce dernier que se réunit une partie des eaux d'infiltration. Au fond du dépôt meuble, elles suintent de proche en proche, en suivant le thalweg souterrain du vallon, jusqu'à ce qu'elles rencontrent un ruisseau dans lequel elles s'infiltrent sans quitter leur itinéraire occulte. Mais le dépôt meuble ne contient pas seulement des eaux fournies par les infiltrations d'eau météoriques ; il est, en outre, souvent alimenté par de véritables sources. En effet, dans les terrains de forte nature, c'est précisément dans !e haut des vallons ou des petites dépressions du sol que l'on voit jaillir la plupart des sources. Pour arriver à la surface, ces sources ont donc à traverser une certaine épaisseur de dépôt meuble; aussi, pendant ce trajet, peuvent-elles s'y perdre soit en partie, soit en totalité. D'après ce qui précède, on voit pourquoi il existe de l'eau à quelques mètres de profondeur dans beaucoup de dépressions qui sont privées de sources apparentes et de ruisseau. Bien que le relief du sol et son aspect superficiel présentent des caractères très importants à examiner, il faut cependant tenir compte de sa composition et voir particulièrement s'il est éminemment imperméable, comme de Targile, ou au contraire, s'il est facilement perméable jusqu'à une certaine profondeur. Dès que la présence de l'eau dans le dépôt meuble superficiel est constatée comme très probable, il est facile de faire sortir cette eau sous forme de source et de la capter, en procédant comme le conseille l'abbé Paramelle dans son livre intitulé VArt de découvrir les sources. On se place au haut du vallon, au point signalé précédemment, où les filets d'eau se réunissent à la naissance du thalweg ; perpendiculairement à la ligne du thalweg, on pratique une tranchée transversale, longue de 8 à 10 m. et large de 2 m., destinée à recueillir toutes les eaux qui descendent dans le sous-sol ; on approfondit cette tranchée jusqu'à ce que les eaux qui y découlent forment chute, au moins sur quelques centimètres ; il est rarement nécessaire de dépasser la profondeur de 4 à 5 m. Le fond de la tranchée doit être en double pente, de telle sorte que les filets d'eau qui y affluent se réunissent sur un même point. Les sources étant ainsi coupées et réunies, on creuse à partir de la rigole transversale, suivant l'axe du vallon, une tranchée ayant une pente suffisante pour l'écoulement des eaux. Cette pente qui est très faible, au-dessous ,de 2 millira., est généralement beaucoup moindre que celle du fond du vallon. Le fond de la tranchée remontera donc la surface du sol au point où l'eau coulera d'elle-même du dehors en formant une véritable source. Dans la rigole transversale où se réunissent les eaux, on forme un conduit en pierres sèches ayant 0"»30 de longueur et autant de hauteur, après quoi l'on remblaye, d'abord avec des pierres argileuses sur 2 m. de hauteur et ensuite avec des terres quelconques. On place en premier lieu des matériaux perméables, afin que si l'eau dépasse le volume présumé elle se répande dans les remblais et, en outre, pour qu'en cas d'éboulement du conduit, la circulation des eaux au fond de la rigole ne soit pas entravée. A partir de la rigole de réception, l'eau
est amenée dans la rigole longitudinale par des tuyaux en] bois. L'élévation de la source s'accroît quelquefois au bout de six mois. Les observations qui précèdent fournissent des données suffisantes pour capter des sources peu profondes dans un pays de collines, telle que la Lorraine : il suffit pour cela d'avoir recours à des notions très simples sur le relief et la physionomie du sol et de sa composition.
Le captage des sources naturelles peut apporter un appoint important dans l'alimentation d'une ville ; il consiste à réunir les eaux des sources voisines, dont la réunion finit par former un volume considérable. C'est à la surface des couches imperméables, recouvertes de couches perméables, ou au centre même de très grandes masses perméables, qu'il faut aller suivre et réunir les filets d'eau dont l'ensemble doit former la source proprenient dite. Le principe général de ces travaux est celuici : on établit dans ces terrains un aqueduc, dont la voûte, dans la traversée des terrains sourciers, a été percée de barbacanes nombreuses, qui servent à l'écoulement dans l'aqueduc des eaux qui l'enveloppent. Une pierrée de 0™25 d'épaisseur a été en outre disposée de chaque côté et au-dessus de l'aqueduc pour faciliter l'entrée des eaux dans la cuvette étanche de la conduite. La construction de cet aqueduc est toujours l'objet d'une dépense assez considérable. Voici donc les conditions que l'on peut chercher à réunir. L'aqueduc collecteur devra être tout entier tracé dans le terrain extra-muros, dans lequel on trouve de l'eau de bonne qualité. Au delà, suivant les circonstances locales, ou il sera prolongé jusqu'aux réservoirs d'où l'eau s'écoule naturellement par des conduites, ou enfin la prise et le renvoi de ces eaux se font au point où l'aqueduc cesse de' recueillir les eaux naturelles. Pour capter le plus d'eau possible, l'aqueduc collecteur devrait être dirigé suivant la courbe de niveau la plus basse du terrain où l'on rassemble les eaux ; mais comme il faut que les eaux s'écoulent, une pente générale est nécessaire. Plus cette pente est grande et plus les dimensions de l'aqueduc pourront être petites. Quant à la direction même du tracé à suivre, elle sera déterminée par les circonstances locales. Le chemin rectiligne, au point de vue de la dépense d'établissement, est celui qui sera évidemment le plus économique ; mais il peut entraîner à des travaux particuliers, par suite de la nature des terrains traversés qui occasionnent des dépenses spéciales telles, qu'il y aurait économie à dévier de ce tracé pour suivre un chemin plus ou moins sinueux. La construction de l'aqueduc collecteur nécessitera des fouilles qui ne présenteront quelques difficultés que lorsque l'on atteindra les couches aquifères. L'on opérera alors au moyen de garnitures successives en palplanches permettant d'isoler une certaine portion de ce terrain, que l'on épuisera si cela est indispensable, et dans lequel on construira l'aqueduc. Quelquefois on peut se contenter, pour recueillir les eaux, d'un procédé plus simple emprunté directement au drainage, qui consiste à placer, dans le terrain perméable, une série de tuyaux en terre ou en ciment s' emboîtant librement ; l'eau y pénètre par les joints. Il est assez difficile de pouvoir calculer les quantités d'eau que l'on pourra ainsi capter. Nous citerons quelques exemples pour préciser. Le mont Venteux est un des exemples les plus intéressants. Ce mont présente la forme d'un demi-œuf ayant 25 kil. de longueur sur 7^5 de largeur. Sa superficie est d'environ 15,000 hect. au plateau supérieur. Il est formé tout entier d'un calcaire perméable reposant sur une couche imperméable, formant une sorte de vallon à double pente, qui affleure le sol à un point dont l'ait, est d'environ 385 m. au-dessus du niveau de la mer. Vers le bas de la montagne, au sud, on a percé plusieurs puits, réunis souterr'ainement par une galerie soutenue à l'amont par un mur de pierres sèches, et à l'aval par un mur bétonné, qui amène à ciel ouvert une belle source fournissant environ 2 à 3 m. c. par