‹ La Grande encyclopédieChapitre 92 sur 397 · CAPUCHON - CAPUCIN · texte numérisé non relu

CAPUCHON - CAPUCIN

toriques désignent sous ce nom, n'est qu'un épisode de la grande dissension qui agita pendant longtemps Tordre des franciscains. Les uns, fidèles à la pensée du fondateur et s'attachant à réaliser littéralement tout ce qui est compris dans le mot pauvreté, condamnaient toute espèce de propriété et môme de possession destinée à faire la part des soucis du lendemain. Ils empruntèrent aux idées et aux écrits de Joachim de Flore (V. ce nom) le nom de spirituels^ c.~à-d. de fidèles attendant et préparant l'ère du Saint-Esprit, troisième âge de l'humanité. Les papes avaient essayé à diverses reprises de leur donner certaines satisfactions, sans néanmoins réprouver les conventuels, leurs adversaires, lesquels soutenaient que leur ordre pouvait user de ses biens, pourvu qu'il les possédât en commun et que chaque frère restât pauvre. En 4302, Boniface VIII commença à persécuter les spirituels, comme hérétiques et schismatiques. Ils tinrent tête au pape, contestèrent sa légitimité et l'accusèrent de la mort de Célestin V, son prédécesseur et leur protecteur. Ils en vinrent à n'admettre que l'usage des choses les plus indispensables à la vie, usus pauper ; ils ne voulaient ni granges, ni celliers, ni provisions quelconques ; ils portaient des frocs plus grossiers que les conventuels et, ce qui paraît surtout avoir frappé le peuple, ils réduisaient leurs capuchons à la dimension la plus strictement nécessaire. Au concile de Vienne (4311- 4342), Clément V se prononça pour Vusus pauper^ espérant par cette concession ramener les spirituels à la règle commune. Ils ne cédèrent point; en d344, cent vingt d'entre eux, aidés par les habitants de Béziers et de Narbonne, chassèrent les conventuels des couvents de ces deux villes. Ils y reçurent beaucoup d'adhérents venus de divers côtés et se constituèrent conformément à leurs principes. Par une bulle de 1347, Jean XXII leur enjoignit de se soumettre, leur rappelant que le principal des vœux monastiques est l'obéissance. L'année suivante, un des leurs, Bernard Délicieux, du couvent de Béziers, partit ppur Avignon avec soixante-quatre religieux. Il exposa devant le pape leurs principes sur la pauvreté ; mais» dénoncé pour avoir combattu pendant plusieurs années l'inquisition albigeoise, il fut transporté à Carcassonne et condamné comme hérétique. Pendant son procès, quatre des frères qui l'avaient accompagné à Avignon furent brûlés à Marseille (4348). Les spirituels les considérèrent comme des martyrs ; ils traitèrent le pape d'hérétique et de précurseur de l'antecbrist ; l'Eglise romaine devint pour eux la grande Babylone. Le pape, de son côté, les excommunia (4348). Ils étaient nombreux en Provence, en Toscane et en Sicile ; le peuple italien leur avait donné le nom de Fratricelles. L'Inquisition, qui les confondit souvent avec les beghards hérétiques, sévit contre eux avec une rigueur extrême, beaucoup périrent sur les bûchers. E.-H. Vollet.

IL Archéologie. — 4° Vêtement (V. Cape). 2° Capuchon de mailles. Tissu de mailles de fer qui couvrait la tête et le cou et tombait sur les épaules, laissant le visage à découvert. On l'employa chez nous au moyen âge et jusqu'au xiii® siècle.

Une calotte en fer uni couvrait le sommet du crâne et se plaçait soit sur le tissu de mailles, soit sous lui.

C'était une espèce de premier casque léger nommé bacinet, qui n'a rien de commun du reste avec le grand bacinet du XIV® siècle. Le heaume recouvrait le tout, mais on ne s'en coiffait qu'au moment de combattre. Certaines peuplades asiatiques des confins de la Russie, de la Chine et de la Turquie font encore usage de cette armure de tête. On put voir à Paris,

Capuchon de mailles (d'ares Mont-

années plus tard, des guerriers russo-asiatiques, coiffés du capuchon de mailles.

III. Technologie. — Disque de tôle placé à l'orificiB supérieur d'une cheminée de fourneau, et disposé de manière à ralentir ou arrêter le tirage. Dans les cheminées de locomotives, ce disque est mobile autour d'un axe vertical ou horizontal ; il peut être amené au-dessus de l'orifice de la cheminée, de manière à l'obturer plus ou moins complètement, quand on veut empêcher le dégagement de la fumée. Cette disposition, assez fréquente autrefois, surtout en France, est peu appliquée aujourd'hui, et on supprime souvent les capuchons depuis qu'on emploie des cendriers fermés qui permettent aussi d'arrêter le tirage. Sur le Métropolitain de Londres, il est tout à fait nécessaire d'empêcher le dégagement de la fumée pendant la traversée des nombreux tunnels que présente cette ligne et on obture alors la cheminée des locomotives à l'aide d'un clapet analogue reporté généralement à l'orifice inférieur de la cheminée, dans la boîte à fumée. L. K.

HiBL. : Histoire religielse. — Hauréau, Bernard Délicieux et Vinquisition albigeoise; Paris, 1877, in-8. — Ch. ScHMiDT, Histoire de l'église d'Occident pendant le moyen âge; Paris, 1885, in-8.

CAPUCHONS. Association formée en Auvergne et en Velay vers la fin du xii^ siècle contre les Cottereaux. Les Capuchons, ainsi nommés parce qu'ils portaient comme signe de ralliement un chaperon de toile blanche, furent organisés au Puy-en-Velay par un obscur charpentier nommé Durand. Ils eurent bientôt des affiliés dans toute la région du Plateau central. 11 fallait payer douze deniers du Puy comme droit d'entrée dans la confrérie. Les Capuchons eurent d'abord des succès. Ils poursuivirent les Cottereaux et autres brigands qui désolaient les campagnes et firent même prisonniers deux de leurs chefs, l'un, Raymond Brun, à Châteauneuf-sur-Cher, en Berry; l'autre, Curbaran, au château de la Romagère, sur les confins de la Marche et de l'Auvergne. Mais ensuite les Capuchons, « excités par la soif de l'indépendance, parcoururent à leur tour les campagnes en prêchant l'égalité naturelle des hommes ; abandonnés de la chevalerie, ils finirent par succomber ». (Imberdis.) Louis Farces.

BiBL. : A. Imberdis, Hist. gén. de l'Auvergne ; Clermont, 1868, 2 vol. in-8, t. I. — Chassaing, Spicilegium Brivatense ; Paris, in-4, p. 15.

CAPUCIN (Ornith.). Sous le nom de Capucins et de Dominos, les marchands d'oiseaux désignent de petits Fringillidés originaires de l'Asie méridionale, des îles de la

'aucon).

copame prisonniers en 4842, et comme envahisseurs trois

Capucin.

Sonde, des Moluques, des Philippines, etc., et proches parents des Astrilds et des Bengalis. Ces oiseaux constituent le genre Munia des ornithologistes (V.Munia) et se répartissent en plusieurs espèces (Munia m.olucca L., M. maja L., M. pallida Wall., M. malacca L., M. atri-

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