CAPUCIN — CAPUCINE
capilla V., M, sinensis Bl., M, malabarica L., etc.). Ils ont le bec robuste, avec la mandibule supérieure renflée et très large à la base, le corps épais, la queue assez courte et tantôt coupée carrément, tantôt légèrement étagée et le plumage de couleurs modestes, généralement d'un brun rougeâtre avec un capuchon noir ou brun foncé plus ou moins étendu couvrant la tête et le cou. C'est même à la présence de ce capuchon que les Munia doivent leur nom vulgaire de Capucins. Sous le rapport de la taille ils ne dépassent guère les Bengalis, mais ils ont des formes plus ramassées. Depuis quelques années on importe annuellement en Europe des milliers de ces Passereaux qui cependant ne vivent jamais bien longtemps sous notre climat. Souvent même des marchands ambulants s'en vont à travers les rues, portant sur le doigt ou sur un petit bâton des Mîinia dont ils vantent la docilité ; mais on ne saurait trop engager le public à se méfier de ces Capucins, soi-disant apprivoisés, et qui, le plus souvent, ne sont que des oiseaux abrutis et stupéfiés par l'ingestion de quelque poison végétal. En captivité les Munia peuvent être nourris comme les Serins et les Chardonnerets. Ce sont du reste des oiseaux exclusivement granivores qui, dans leur pays, se répandent dans les champs, en vols nombreux, à la façon de nos Tarins. E. Oustalet.
BiBL. : Vieillot, Oiseaux chanteurs de la zone iorride, pi. 52, 53, 56. — Reichenbacu, Singvôgel^ pi. 14. — .1, GouLD, Birds of Aiistralia, t. III, pi. 94, 95, 96.
CAPUCIN (Le). Montagne du dép. du Puy-de-Dôme, située dans le massif du Mont-Dore, au-dessus de la station balnéaire de ce nom. L'ait, est d'environ 4,500 m. Elle est ainsi nommée à cause de sa forme qui rappelle assez celle d'une tête humaine coififée d'un capuchon de capucin, et sert très fréquemment de but d'excursion aux touristes et aux baigneurs du Mont-Dore. Elle est, comme zout le massif, d'origine volcanique. L. F.
CAPUCI N E. I. Botanique. — ( Tropœolum L.). Genre de plantes delà famille des Géraniacées, qui a donné son nom au petit groupe des Tropseolées. Ce sont des herbes, annuelles ouvivaces, très souvent volubiles et grimpantes, à
Grande Capucine (Coupe de la fleur).
feuilles alternes, simples, dépourvues de stipules. Les fleurs, ordinairement grandes et vivement colorées, sont hermaphrodites et irrégulières ; leur réceptacle, prolongé inférieurement en un éperon de forme et de longueur variables, porte sur ses bords un calice à cinq sépales, une corolle à cinq pétales dissemblables et huit étamines disposées sur deux verticilles. Le fruit, à péricarpe d'abord épais et charnu, puis spongieux, se sépare, à la maturité, en trois achaines renfermant chacune une seule graine dont l'embryon charnu, à cotylédons épais, est dépourvu d'albumen. — Les Capucines habitent exclusivement les Andes de l'Amérique du Sud et le Mexique. Toutes renferment un suc aqueux, d'une saveur forte et piquante, assez semblable à celle du Cresson, qui leur donne des propriétés stimulantes et antiscorbutiques. L'espèce vulgaire (Tropœolum majus L.), ou Grande Capucine, Cresson du Pérou ou du Mexique, originaire du Pérou, d'où elle fut apportée en Europe en 4684, est fréquemment cultivée en Europe dans les jardins, pour orner les treillis, les berceaux,
Grande Capucine (Diagramme et fruit).
les vieux murs. Il en est de même du T. minus L. ou Petite capucine, qui provient également du Pérou. Ces deux espèces ont produit par la culture de nombreuses et l3elles variétés. Leurs boutons à fleurs et leurs fruits jeunes sont confits dans le vinaigre, à la manière des Câpres et servent de condiment ; leurs feuilles et leurs fleurs se mangent aussi en salade. Deux autres espèces, le T. peregrinum Jacq. (T. aduncum Sm.), du Mexique et le r. tuberosum R. et Pav., du Pérou, sont cultivées en Europe comme ornementales. Le T. peregrinum, appelé vulgairement Capucine des Canaries, Pagarille, est remarquable par ses feuilles divisées en cinq ou sept lobes arrondis et par les petites fleurs jaune -serin, à éperon dressé et recourbé, à pétales supérieurs plus ou moins profondément découpés et frangés. Le T. tuberosum ou Ysano des Péruviens, doit son nom à ses tubercules charnus, piriformes, de couleur jaune pâle, bigarrés de taches sanguines. Ces tubercules ont, à l'état frais, une âcreté des plus désagréables ; mais cuits, puis gelés, ils constituent, paraît-il, un mets très agréable.
« En Bolivie, dit Weddell {Rev, hort,, 4852, p. 448), il n'y a guère de jours qu'on ne voie sur le marché de la Paz une ou deux rangées de marchandes qui ne vendent autre chose que ces Ysanos gelés, ou Taiachas, comme on les appelle, qu'elles protègent contre l'action du soleil en les enveloppant d'une étoffe de laine ou de la paille. Les femmes de la Paz en sont toutes extrêmement friandes etelles ont l'habitude de les prendre comme rafraîchissement pendant la chaleur du jour, en les trempant dans de la mélasse. » (V. A. Prillieux et D. Bois, le Potager d*un curieux, 4885, p. 43). — La Capucine à cinq feuilles est le Chymocarpus pentaphyllus Don (V. Chymocarpus). Ed. Lef.
II. Horticulture. — Les grandes espèces du genre Capucine (Tropœolum L.), sont recherchées pour orner les treillis et les berceaux à l'air libre, les murs des serres, les arbres, qu'elles couvrent bientôt de leurs longues tiges, parées de fleurs aux teintes variées. Les espèces de petite taille et surtout les charmantes formes naines dites Tom Pouce conviennent pour la culture en pots, en corbeille ou sur plate-bande au soleil. Toutes ces plantes aiment un sol profond, meuble, substantiel et frais. Elles se multiplient de graines semées au printemps, de greffes ou de boutures qui reprennent facilement, et aussi, pour les espèces vivaces, à l'aide de leurs tubercules ou rhizomes qu'on plante en avril et conserve l'hiver en orangerie. Parmi ces dernières, les unes, comme T. tricolor Sw. , presque toujours en fleurs et très jolie, et la Capucine tubéreuse (T, tuberosum R. P.) sont de plein air. D'autres, comme T. albiflorum V Hout., T.speciosum Hook, T. cœruleum Hort., remar-quable par la finesse de ses tiges de la grosseur d'un crin, qu'on multiplie de greffe sur les tubercules des autres espèces, réussissent mieux enserre tempérée. La Grande Capucine (T, majus L.), les T. minus L. et ses variétés naines ou à fleurs doubles, T. aduncum Smith, très grande, aux pétales curieux, étendus comme les ailes d'un oiseau, la magnifique Capucine dite Spit" fire (crache-feu), à corolle rouge ponceau éclatant et les autres hybrides de Lobb, sont des plantes annuelles de plein air. Elles exigent de copieux arrosages en été. Deux autres du même groupe, T. Wagner ianum Knrsten et r. Lobbianum Hook , réclament un abri , cette dernière même ne fleurit bien, sous le climat de Paris, qu'en