‹ La Grande encyclopédieChapitre 94 sur 397 · CAPUCINE - CAPUCINS · texte numérisé non relu

CAPUCINE - CAPUCINS

serre tempérée. Au jardin potager appartiennent la grande Capucine et le I. minus. On confit au vinaigre, pour remplacer les câpres, les jeunes boutons floraux et les graines vertes ; les fleurs servent à orner les salades. La culture potagère de la Capucine tubéreuse n'a pas eu de succès en Europe. G. Boyer.

CAPUCINE. On désignait ainsi les colliers qui assujettissaient le canon de fusil au fût, et plus particulièrement le collier du bas, les deux autres portant ordinairement le nom d'embouchoir et de grenadière. Lorsqu'en 1866 on adopta un canon plus court pour les fusils, la capucine fut supprimée.

CAPUCINES ou FILLES DE LA PASSION. Congrégation monastique instituée à Naples vers 1538. — A l'âge de soixante ans, Marie-Laurence Longa, de noble famille catalane, veuve d'un seigneur napolitain, fonda une maison dans laquelle elle réunit dix-neuf filles qui adoptèrent avec elle la troisième règle de Saint-François. Les théatins furent leurs premiers directeurs. Environ quatre ans après, en 1538, un bref de Paul III ayant chargé de cette direction les capucins, dont l'institution avait été formée tout récemment, elles se soumirent à la règle fort sévère de sainte Claire et prirent le nom de Filles de la Passion. On les appela Capucines, à cause de leur costume ; et elles gardèrent ce nom, même lorsqu'elles eurent abondonné le capuchon pour le remplacer par une couronne d'épines. Elles marchaient pieds nus et devaient faire maigre toute Tannée, même en cas de maladie mortelle. Elles eurent plusieurs couvents en Italie, notamment à Milan, où elles assistèrent avec un grand dévouement Charles de Borromée, pendant la célèbre peste. Deux seulement en France : l'un à Marseille, fondé en 1625, l'autre à Paris. Ce dernier avait été ouvert en 1607, rue de la Roquette, par la duchesse de Mercœur, en accomplissement des dernières volontés de sa sœur, Louise de Lorraine, veuve de Henri III, qui en avait commencé la construction avec l'autorisation de Clément VIII. Plus tard, les capucines furent transférées, par ordre et aux frais de Louis XIV, dans un enclos de la rue Neuve-des-Petits-Champs, en un quartier qui possédait en outre, les couvents des Feuillants, des Capucins, de l'Assomption et de la Conception. Leur église, dont le portail faisait face à la place Vendôme, reçut les riches tombeaux de Louvois, du duc de Créqui, de la marquise de Pompadour et de sa fille Alexandrine. La maîtresse de Louis XV avait dans le couvent des Capucines un appartement, où elle aimait à venir souvent se reposer au contact de leur austérité. — A l'époque de la Révolution, cette maison fut choisie pour servir d'hôtel des monnaies, vraisemblablement à cause du voisinage du ministère des finances. C'était là qu'on imprimait les assignats et papiers analogues. Quand cette fabrication cessa, les bâtiments furent livrés à des destinations fort mondaines, et les jardins à des spectacles forains et à des bals champêtres. L'emplacement est occupé aujourd'hui, en grande partie, par la rue de la Paix. — D'après la statistique mentionnée au mot Capucins (V. ci-dessous), il y avait en France, vers 1862, quatre maisons de capucines, comprenant 96 religieuses, et, dans une autre maison, 24 capucines dites religieuses pénitentes, E.-H. Vollet. CAPUCINS. Ordre mendiant dérivé des franciscains. L'instituteur de cet ordre, Matthieu Baschi ou de Baschi, Bassius (né dans le duché d'Urbin ou de Spolète (?), mort à Venise en 1552), était entré, vers le commencement du XVI® siècle, chez les frères mineurs de l'observance. Navré du relâchement dans lequel son ordre était tombé, il s'éprit de l'idée d'y faire revivre dans toute sa rigueur la règle de Saint-François. Vers 1525, il eut une vision dans laquelle le saint fondateur lui apparut vêtu d'une robe grossière, sans scapulaire, mais portant un énorme capuchon pointu et recommandant de mettre strictement en pratique le vœu de pauvreté. Baschi sortit furtivement de son couvent de Montefiascone, prit un

costume conforme à la vision qu'il avait eue et se présenta ainsi à Clément VII. Ce pape lui permit de porter le costume révélé, d'observer littéralement la règle de saint François et de prêcher la conversion aux pécheurs ; mais à la condition de se présenter tous les ans au chapitre général des frères mineurs. Baschi, dont le capuchon indignait les observantins, se fit en peu de temps beaucoup de disciples et aussi beaucoup d'adversaires, parmi les- <|uels Louis de Fossombrone qui, pourtant avait été un de ses premiers et plus ardents adhérents. Il fut arrêté dans un chapitre général et emprisonné par ordre du provincial. La duchesse de Camérino, nièce du pape, obtint sa liberté. En 1528, sa réforme fut officiellement approuvée par Clément VII, qui lui permit de la constituer sous le nom de Frères ermites mineurs (Fratres minores eremitœ). Ils pouvaient recevoir en leur compagnie tous ceux qui se présenteraient et demeurer en quelque lieu que ce fût; mais aux processions ils devaient marcher sous la croix des franciscains conventuels, ou bien là où il n'y en avait pas de conventuels, sous la croix de la paroisse. Leur premier couvent fut fondé à Camérino. L'année suivante, Baschi fut nommé vicaire général de l'ordre, mais deux mois après, il quitta le couvent et jusqu'à sa mort s'en alla prêcher de divers côtés. L'édition de Venise (1598) de VHistoire séraphique de Marc de Lisbonne lui attribue beaucoup de visions et de miracles ; ils ne se trouvent point dans les éditions de Portugal (1588), d'Espagne (1590), d'Italie (1591).

Dès 1530, les frères ermites mineurs possédaient quatre couvents ; le nombre s'accrut d'année en année. Paul III leur donna, comme le faisait le peuple à cause de leur capuchon, le nom de Capucins de l'ordre des frères mineurs. Par une buUe de 1536, il confirma leur institution, mais en statuant qu'ils seraient soumis à la visite et à la correction des conventuels, au général desquels le vicaire général des capucins serait obligé de demander l'approbation de son élection. L'année suivante, il leur défendit de s'établir au delà des monts. En 1543, vraisemblablement par chagrin de la fuite et du passage au protestantisme de son confesseur, Bernardo Ochino, célèbre prédicateur qui avait été deux fois vicaire-général des capucins (1538, 1531), ce pape leur interdit la prédication ; mais cette interdiction fut levée deux ans après. — Vers 1564, le cardinal de Lorraine, revenant du concile de Trente, ramena quelques capucins qu'il logea dans son parc de Meudon. En 1573, Grégoire Xlll légalisa ce fait, qui était contraire à la restriction de Paul III mentionnée plus haut ; à la prière de Charles IX, il autorisa les capucins à s'établir en France. Par lettres patentes de 1576, Henri III déclara les prendre sous sa protection. Ils se multiplièrent si rapidement que, en 1578, ils possédaient un monastère dans la plupart des villes de France. En ce temps de guerre religieuse, ils servirent puissamment la cause catholique, à cause du caractère de leur prédication, de leurs affinités et de leur contact incessant avec le peuple, qu'ils excellaient à exciter contre les protestants. Ils s'établirent avec un succès analogue en Allemagne (1592), en Espagne (1606), en Belgique, en Hongrie et en Pologne. En 1619, Paul \ leva les dernières des restrictions édictées par ses prédécesseurs et érigea leur congrégation en ordre, leur accordant une complète indépendance à l'égard des conventuels, conférant le titre de général à leurs supérieurs et les autorisant à marcher derrière leur propre croix dans les processions. Dans la dernière partie du xvm^ siècle, cet ordre avait plus de cinquante provinces comprenant 500 couvents et 25,000 religieux, sans compter les missions du Brésil, du Congo, de Barbarie, de Grèce, de Syrie et d'Egypte. 11 possédait en France 423 maisons contenant environ 6,000 religieux et répartis en 15 provinces ou sections de province : Paris, 42 couvents ; Touraine, 34 ; Normandie, 27 ; Bretagne, 31 ; Lyon, 53 ; Franche-Comté, 21 ; Marseille, 23 ; Bourgogne, 21 ; Avignon, 17 ; Lor-

CAPUCINS — CÂPURRO

raine, 27 ; Champagne, 15 ; Toulouse, 39; Guienne, 40 ; Alsace, 15 ; Lille, 18. Ils persistaient à pratiquer et ils pratiquaient avec un succès constant, surtout dans les campagnes, la mendicité, à laquelle tous les autres ordres avaient renoncé en fait. — Dans la ville même de Paris, trois couvents : le premier, établi en 1576 par Henri 111, rue Saint-Honoré, près des Feuillants, sur l'emplacement occupé aujourd'hui par la rue de GastigUone ; il devint le chef-lieu de Tordre en France. A l'époque de la Révolution, on y découvrit des cellules pénitentiaires donnant une idée formidable de la réclusion et des châtiments infligés aux religieux qui encouraient les sévérités de leurs supérieurs. Le second, au faubourg Saint-Jacques, jondé par testament de Godefroy de la Tour (avr. 1613) ; c'était le noviciat de la province de Paris. Ses bâtiments et ses jardins ayant été affectés, en 1784, à un hôpital qui porte aujourd'hui le nom d'Hôpital du Midi, les religieux furent transférés Chaussée d'Antin, dans des locaux qui appartiennent maintenant au lycée Condorcet. Le troisième, rue d'Orléans au Marais, avait été constitué en 1622 par Athanase Mole, syndic des capucins. — A l'époque de la Restauration, les capucins reparurent en France, mais ne dépassèrent guère les départements du Midi. Ce fut seulement en 1851 qu'ils se fixèrent à Paris, rue du Mont-Parnasse ; ils ont depuis lors établi un couvent beaucoup plus important rue de la Santé. D'après le recensement spécial opéré par ordre de M. Rouland, ministre de l'instruction publique et des cultes (1861-1864), les capucins possédaient alors en France dix-neuf maisons contenant 291 pères.

Sous l'ancien régime, le peuple accusait les capucins d'observer leur règle avec une tort médiocre fidélité ; et il est resté bon nombre de dictons, d'anecdotes, de chansons et de dessins traduisant cette opinion. Cependant, dans la pensée de leur fondateur, celte règle devait produire un retour sérieux à l'austérité du régime institué par saint François. Elle ne prescrivait pas la vie solitaire, mais elle réduisait la vie conventuelle à d'étroites proportions : douze moines au plus. Ils devaient ne jamais faire de provisions pour plus de trois jours, ne point toucher d'argent, dire les messes gratuitement, consacrer deux heures par jour aux prières silencieuses et se flageller régulièrement. Leur costume correspond à cette conception : tête rasée, barbe longue, jambes et pieds nus, sandales au lieu de souliers, point de chemise, robe assez ample mais d'étoffe grossière de laine marron-clair, serrée à la ceinture par une corde. Pour les sorties, un petit manteau d'étoffe et de couleur semblables terminé par le capuchon. E.-H. Vollet,

BiBL. : J. DE Terranova, De Origine Fratrum Capwcinorum S. Francisci, 1571. — Boverius, Annales ordinis Minorum S, Francisci qui Capucini vocantur; Lyon, 1632, 2 vol. — P. Helyot, Histoire des ordres mohaS' tiqueSf religieux et militaireSf terminé par le P. Bullot ; Paris, 1714-1721, 8 vol. in-4, t. VII, fig., chap. xxiv. — Bullarium Fratrum minorum S. Francisci CapucinO' rum; Rome, 1740, 7 vol. in-fol.

CAPUGNANO (Giovannio ouZuanino da), peintre italien, vivait à Bologne vers la fin du xvi« siècle. On a conservé dans quelques collections de Bologne, à titre de curiosité, des spécimens de l'art bizarre de cet homme qui, simple peintre en bâtiments, se crut le rival heureux des Carrache ; ce sont des paysages peints à la détrempe, où Ton voit des hommes plus grands que des maisons, des moutons plus hauts que des hommes et des oiseaux plus grands que des moutons, ce qui, dit Nagler, a suffi pour lui laisser la réputation d'un fou. — Orlandi, Malvasia et Lanzi racontent longuement la vie de ce personnage.

CAPULI (Bot.). Nom vulgaire, au Pérou, du Physalis pubescens L., plante de la famille des Solanacées, dont les fruits servent à faire une conserve acidulé et rafraîchissante.

CAPULID>€ (V. Capulos).

CAP U LUS. I. Malacologie. —Genre de Mollusques-Gastéropodes-Prosobranches, du groupe des Ténioglosses, établi par Montfort en 1810, constitué par une coquille épidermée,

Capulus hungaricus L.

en cône un peu oblique, à sommet dirigé en ar/ière et à droite, plus ou moins spirescent ; ouverture arrondie, elliptique ou ovale, à bords libres, continus, non réfléchis ; face interne, munie d'une impression musculaire en fer à cheval, interrompue en avant comme celle des Patelles. Animal à mufle allongé ; tentacules écartés, subulés ; les yeux sur des mamelons situés à leur base externe ; organe respiratoire composé d'une seule branchie tormée de lames linéaires.

Type C. hungaricus Linné, belle coquille de couleur roussâtre ou noirâtre, agréablement striée en dessus, et à laquelle les auteurs anciens ont attribué le nom vulgaire de Bonnet de dragon. Les Capulus existent dans l'océan Atlantique, côtes de France et d'Angleterre, dans les mers boréales, la Méditerranée et dans l'océan des Antilles. Sections : lo Capulacmœa Sars. Coquille mince, à sommet non spirescent, incliné en arrière (C. radiatus Sars) ; S*» Thijca H. et A. Adams, 1864 ; la coquille est sillonnée longitudinalement, le sommet très peu courbé. Le C. astericola Adams vit en parasite sur les Astéries ; 3« Âmathina Gray, 1842. Coquille oblongue déprimée, sommet postérieur non spirescent, donnant naissance à trois carènes divergentes se terminant au bord antérieur, lequel est denté (C. tricarinatus Linné). J. Mabille.

IL Paléontologie. — Le g. Capulus, qui n'est plus représenté que par une dizaine d'espèces vivantes des mers chaudes, est beaucoup plus répandu dans les couches paléozoïques les plus anciennes. 11 commence dès le cambrien, compte cent vingt espèces dans le silurien seul, et se continue dans le dévonien et le carbonifère ; il commence à devenir rare dans le trias et les couches plus modernes. On l'a subdivisé en plusieurs sous-genres, qui sont des genres pour beaucoup d'auteurs : 'Platyceras (Conrad) comprend plus particulièrement les types paléozoïques (Pileopsis prisca Goldfuss ; Capulus trochleatus Munster, etc.). — Les genres Crucibulum (Schum.), Trochita (Schum.), Galerus (Gray), Crepidula {Lamarck), Hipponyx (Defr.), etc., appartenant à la même hm\h(Capulidœ}, ont des représentants fossiles dans le crétacé et le tertiaire comme à l'époque actuelle. E. Trt.

CAPURON (Joseph), accoucheur français, né à Larroque-Saint-Sernin (Gers) le 10 mai 1767, mort à Paris le 23 avr. 1850. On le destinait à l'état ecclésiastique, mais la Révolution, en supprimant les ordres religieux, le rendit à ses loisirs ; il enseigna pendant quelque temps les mathématiques, puis étudia la médecine et se fit recevoir docteur à Paris en 1801. H commença aussitôt des cours publics de médecine et les continua pendant toute sa vie. En 18 11, il concourut sans succès pour la chaire d'accouchements delà faculté; en 1823, il fut nommé agrégé et membre de l'Académie de médecine. Capuron est le premier auteur du lexique connu sous le nom de Nysten (Nouv. Dictionn. des termes de médecine, de chir., de chimie et des autres sciences accessoires, Paris, 1807, in-8; 2® édit., avec Nysten, 1810); citons encore de lui : Medicinœ elementa ad nosographiœ philosophiam exarata (Paris, 1804, 1812, in-8) ; Âphrodisiographie, etc. (Paris, 1807, in-8) ; De Spuria graviditate (Paris, 1814 , in-4) ; Cours théorique et pratique d'accouchements (Paris, 1811, 1816, 1823, 1828, in-8); Traité des maladies des tommes (Paris, 1812, 1817, in-8) ; Traité des maladies des enfants (Paris, 1813, 1820, in-8); Jurisprud. méd. ou questions, etc. (Paris, 1820, in-8) ; Médecine légale relative à Vart des accouchements (Paris, 1821, in-8). J)^ L. Hn.

CAPURRO (Francesco), peintre italien, né à Gênes et

CAPURRO — CAPUZ

mort jeune dans les premières années du xvii® siècle. Il commença par travailler dans l'atelier de Fiasella et reçut ensuite les leçons de Ribera dont ses tableaux rappellent la manière. Cet artiste passa la plus grande partie de son existence à Modène, travaillant pour la cour et les particuliers ; il travailla aussi à Naples et à Parme et l'on ne voit que peu de tableaux de lui dans sa ville natale.

CAPUS (H. -A.), poète-ouvrier, encore connu sous les noms de l'Albigeois, TAmi des arts, l'Elève de la nature. D'abord soldat au 63® régiment de ligne, il fut ensuite compagnon cordonnier bottier. 11 a publié quelques poésies curieuses. Nous citerons : Essai sur la vie humaine ou Vart d'être heureux (Lyon,1818,in-8), poème en quatre chants; Mouton cœur de Lyon, ou l honnête criminel premier martyr du devoir des compagnons cordon-nierset bottiers (Lyon, 4838, in-8), poème tragique en six chants ; Napoléon le Grande ses amis, ses traîtres et ses bourreaux (Paris, 1841, in-lS), poème en quatre chants; A, Bourguignon, le modèle des vertus, martyr de son dévouement pour le compagnonnage (Toulon, 1851, in-8), poème en huit chants suivi de plusieurs chants compagnonniques ; Réponse à la vérité au tour de France, suivie de plusieurs chansons compagnonniques et poésies diverses (BordedLm, 1855, in-8).

CAP UT. Terme qui a plusieurs sens dans les sources romaines. 4. Caput s'applique à la personne du citoyen romain (V. Capitis deminutio). Par celte locution on désigne tous les droits privés et politiques qui résultent pour un citoyen déterminé de sa situation dans la famille et dans la cité. Lorsque, grâce au jus gentium, des droits eurent été reconnus aux pérégrins, les jurisconsultes romains exprimèrent au moyen du mot status l'idée de la personnalité telle qu'elle est définie par le droit classique (L. 2, D. De stat, homin, I, 5) ; le terme de caput fut néanmoins conservé dans son acception primitive." Pour le citoyen romain, caput et status sont synonymes. Le pérégrin, auquel un status appartient, n'a pas, au contraire, de caput. L'esclave n'a enfin ni caput ni status, quia (servus) nullum caput habuit (§ 4, Inst. De capit, minut,, 1, 16). Pris dans le sens de personne du citoyen romain, caput a servi à composer les expressions suivantes, capitis deminutio, capite censi, judicium capitis, 2. Caput, c'est l'être humain, abstraction faite de la question de savoir s'il peut ou non être sujet de droits, soit d'après la législation propre aux citoyens romains, jus civile, soit d'après le jus gentium ; c'est même, d'une façon plus générale, tout être vivant : Servile caput nullum jus habet (L. 3, § 1, D., Z)^ cap, min.^ IV, 5), Noxa caput sequitur (L. 1, § 12, D.), 5ê quadrup, pauper. fec. dicatur (IX, 1). 3. On entend encore par caput un chapitre d'une loi déterminée : Lege Aquilia capite primo cavetur,,, (L. 2,pr. D. Ad, Leg, Aquil., IX, 2). 4. Dans la législation financière du Bas- Empire, on appelle enfin capid ou jugum l'unité imposable en matière d'impôt foncier (L. 6, C. Th., De col-lat, donat, vel relev. possession, XI, 20). Il existe d'ailleurs une controverse sur le point de savoir comment était constituée cette unité imposable (V. Câpitation).

Emile Jobbé-Duval,

BiBL. : Baudry et Humbert, Dictionn. des Antiquités grejcques et romnines ^ y Caput j pp. 912 et suiv. — A. Pernice, Labeo, 1873, 1. 1, p. 97. — M. Voigt, Die XII Tàfeln, 1883, t. 11, § 73, note 2. - Hug. Krûger, Geschichte der capitis deminutio, 1887, pp. 40 et suiv. — MoMMSEN, Droit public romain (traduction Girard), 1889, t. VI, l'-e part., pp. 6 et suiv. — Mispoulet, Institutions politiques des Romains, t. II, § 110, p. 253. — Marqua rdt, Organisation financière (traduction Vigie), 1888, pp. 282 et suiv.

CAPUT (Salvatore), poète italien contemporain, né à Cagîiari, dans l'île de Sardaigne, en 1829.11 a publié un volume mi-partie de prose et de veis, lersi et Prose (Florence, 1870, in-l 6), qui n'a point passé inaperçu et fait que la Sardaigne, assez déshéritée, possède un poète. On y remarque les pièces intitulées : // Pensiero delV Esule,

Canto e Musica, A mia sorella Angelina, Varto, poème lyrique, qui rappelle quelques-unes des qualités et plusieurs des défauts de Byron et de Musset. C'est peutêtre prendre ses modèles trop loin ou trop près, mais pourquoi le byronisme même serait-il défendu, s'il est sincère? Plus récemment : / miel Spallini di quattro mesi (Cagîiari, 1884). R. G.

BiBL. : A, Roux, Histoire de la littérature contemporaine en Italie (1859-1874) ; Paris, 1874, in-16.

CAPUTVADA (V. Brachodes).

CAPUZ (Julio), sculpteur d'origine génoise et élève de son père appelé comme lui Julio Capuz. Venu en Espagne, à Ontiniente, dans la province de Valence, il s'y maria en 1658 avec Esperanza Calbet, dont il eut trois fils qui tous trois furent également des sculpteurs. Les ouvrages du père et ceux de ses fils qui travaillèrent souvent en commun à Valence et dans la province n'offrent aucune particularité qui puisse permettre de les attribuer sûrement à l'un plutôt qu'aux autres, de sorte qu'on les confond sous une même et commune désignation. L'un des fils de Julio, le plus jeune, appelé Francisco et qui était né à Valence en 1665, prit l'habit des dominicains. Il mourut au couvent de son ordre, à Valence, en 1727. Il s'était fait une sorte de célébrité en sculptant de petites figurines d'ivoire et en réalisant sur de très menus objets, tels qu'un grain de rosaire ou bien un noyau de cerise qu'il gravait avec soin, des merveilles de patience et de ténuité. P. L.

CAPUZ (Leonardo-Julio), sculpteur espagnol, né à Ontiniente, mort vers 1731, fils du précédent, dont il fut l'élève et le constant collaborateur. Comme son père, il ne fut guère- qu'un habile praticien et il serait impossible de désigner parmi les figures de saints et de vierges qu'on trouve dans les églises de Valence et des villes environnantes une création quelconque de lui qui ne soit ni maniérée, ni banale de caractère et d'expression : ses meilleurs ouvrages sont peut-être la statue de Saint Dominique pour le maitre-autel de l'église placée sous l'invocation de ce saint, ainsi que deux figures de Marie-Madeleine et de Marie l'Egyptienne qui ornent les autels des chapelles collatérales : il exécutait ces dernières sculptures vers 1729, environ deux ans avant sa mort. P. L.

CAPUZ (Raymundo), sculpteur espagnol, fils de Julio et frère de Leonardo, né à Valence en 1665, mort dans la même ville le 5 oct. 1743. Elève de son père et de son frère aîné, Raymundo ne tarda guère à se créer une notoriété qui dépassa de beaucoup celle des autres membres de la famille. Il quitta Valence de bonne heure et vint à Madrid où il arriva avec quelques statuettes qui plurent beaucoup aux riches amateurs et lui conquirent tout de suite une sorte de réputation. L'infant, qui devait être plus tard Luis I®^, ayant acquis quelques-unes de ces pittoresques figurines sculptées en bois avec les têtes et les mains en ivoire et qui représentaient des mendiants, des gueux déguenillés, voulut en connaître l'auteur et le prit auprès de lui pour lui enseigner son art. A son avènement au trône, il le nomma son sculpteur avec une forte pension. En 1712, Raymundo fut chargé par le chapitre de la cathédrale de Tolède de la sculpture de celle des portes latérales qui fait face à la porte dite des Lions, et qu'avait magnifiquement décorée Juan de Cantala en 1537. Capuz copia avec un grand talent d'exécution l'œuvre de Cantala et reçut pour ce travail une somme de dix-sept mille huit cent quarante réaux, conformément à l'évaluation des arbitres Ignacio Aloriso et Diego Rodriguez de Luna, sculpteurs. A la mort du roi Luis, Raymundo retourna dans sa ville natale. Obéissant à des scrupules religieux et voulant se préparer une fin chrétienne, il entra, sentant sa mort prochaine, au couvent de San Miguel de los Reyes. Cependant, JosefAlamâ, qui avait épousé la nièce de l'artiste, parvint à lui persuader de revenir habiter sa maison de la place de las Barcas, et c'est en effet là qu'il s'éteignit. Raymundo Capuz est l'auteur des statues d'apôtres

CAPUZ — C\P VERT

qm ornent la chapelle de la communion dans Téglise de San Andrès à Valence. Avec son frère Leonardo, il avait travaillé à la décoration du retable de la chapelle du couvent de Saint-Dominique, et il exécuta pour le couvent où il s'était retiré une statue de V Archange sai7it Michel, P. L.

BiBL. : PoNz, Viage de Espaiïa. — Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilustres profesores ; Madrid, 1800.

CAPVERN. Cora. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Bagnères-de-Bigorre, cant, de Lannemezan; d,166 hab. — Eaux minérales renommées.

Eaux minérales. — Ces eaux, hypothermalcs, sulfatées magnésiennes, calciques et sodiques moyennes, carboniques fortes et azotées moyennes (Rotureau), émergent à

environ 1 kil. du bourg ; le petit établissement, construit en 1847, appartient à la commune. Les eaux s'emploient en boisson, en bains et en douches. Elles sont diurétiques et laxatives, en même temps que toniques, reconstituantes et résolutives. On les emploie dans les affections catarrhales des voies biliaires et urinaires, dans les maladies de la peau qui pour guérir doivent être ramenées à l'état aigu, dans toutes les affections des voies digestives avec constipation, enfin dans tous les états pathologiques avec anémie ou chlorose. D"^ L. Hn.

CAP VERT (Iles du), (llhas do cabo Verde), Groupe portugais de l'Afrique occidentale, formé de quatorze îles, représentant une superficie totale de 3,851 kil. q., avec

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