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ILES DU CAP VERT

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une population de 409,000 hab. pour les dix principales, les autres étant inhabitées. Elles ont été découvertes en 4460 par Cadamosto. Elles sont situées à 750 kil. environ à ro. du Cap Vert. On croit qu'elles marquent les sommités d'une ancienne protubérance du continent africain qui s'étendait jusqu'aux Canaries. Elles sont disposées en deux groupes que l'on nomme lies du vent (llhas de Barlavento) et Iles sous le vent (llhas de Sotovento) : le premier comprend les îles de Santo AntCio, Scio Vicente, Santa Luzia, Sào Nicolào, et les îlots nommés ïlheu Branco et llheu Razo ; le second est formé des îles do Sal, Boavista^ Maio^ Sào Thiago et Fogo^ avec les Ilheos Seccos et la petite île de Brava, Le climat de ces îles est chaud et malsain. On y

souffre aussi beaucoup, tantôt de la sécheresse, tantôt oe pluies diluviennes, non moins funestes aux récoltes. Cependant, il y aurait moyen d'obvier à cette calamité par le reboisement, auquel on s'applique. La fertilité naturelle du sol est grande et la situation du groupe, sur le passage de tous les navires allant d'Europe au Cap de Bonne-Espérance ou dans l'Amérique du Sud, est des*plus favorables. La population africaine, de race pure ou mélangée, diffère peu de celle du continent voisin, mais est généralement catholique. Les Portugais ne forment qu'une petite minorité, même avec les déportés, parmi lesquels il n'y a guère de femmes; les animaux domestiques de l'Europe y ont été acclimatés ; mais les chevaux sont très petits, tandis qu'une race de bétail obtenue par le croise-

CAP VERT — CAQUÉ

ment du buffle africain avec la vache européenne se montre d'un excellent usage pour le labour. Les ressources capitales sont l'exploitation des salines et la production de l'huile de ricin (purgueira). Cependant on cultive aussi du café et du sucre, du coton, du maïs et certains fruits. 11 faut mentionner aussi la distillation de tafia et la fabrication domestique de quelques tissus mélangés, de coton, de laine et de soie. L'existence de divers métaux est également affirmée. L'administration coloniale de ce groupe fut longtemps déplorable. Sur 69 gouverneurs, qui s'y succédèrent de d592 à 1842, une vmgtaine périrent assassinés, tombèrent devant des révoltes, ou durent être ramenés de force en Portugal. Les recettes y figurent dans le budget de l'exercice 1885-86 pour 254 1/2 contos de reis, les dépenses pour 242 1/2 seulement. La situation financière paraît ainsi s'être améliorée. Des troupes coloniales, en partie indigènes, sont chargées de maintenir la police et de pourvoir à la défense.

La plus grande de ces îles, Sao Thiago, au centre de la partie la plus méridionale de l'archipel, renferme à elle seule plus du tiers de la population totale, ce qui en fait aussi la plus importante, malgré son insalubrité, qui a déterminé l'abandon de l'ancienne capitale, où réside l'évêque, Ribeira Grande, jadis la plus belle ville de toute l'Afrique portugaise, avec sa cathédrale et d'autres édifices en marbre, à demi ruinés par le temps. Au S., la capitale actuelle, Villa de Praïa (3,000 hab.), fondée en 1612, avec le plus spacieux, le plus profond et le plus sûr des sept ports de l'île défendu par un fort, fut préférée, il y a plus d'un siècle, pour l'installation du gouvernement général. Les îles les plus voisines sont au*S.-0., celle de Fogo ou du Feu, avec un volcan en activité de 2,976 m. de hauteur, la plus méridionale. Brava, et à l'E. Maio, avec des salines. L'état trop peu divisé de la propriété foncière dans les îles de Sâo Thiago et de Fogo, non moins qu'un morcellement excessif dans celle de Brava, y entretiennent l'indolence. Dans la partie septentrionale du groupe, les salines forment aussi presque l'unique ressource de Bôavista et surtout de l'île do Sal (du Sel), à l'E.; au milieu, Sâo Nicolâo (Saint-Nicolas) se présente comme une des moins insalubres et des mieux cultivées, avec des vignobles, le chef-lieu Ribeira-Brava et les îlots Razo et Branco (Ras et Blanc), àl'O., qui fournissent de l'orseille, comme aussi la petite île Santa -Luzia, qui n'est que temporairement visitée par des pâtres.

L'île de Sao Vigente (Saint-Vincent), avec sa baie spacieuse et salubre de Mindello (ou Porto Graude), ayant été choisie pour station des paquebots anglais et portugais affectés au service des lignes établies entre le Brésil, son ancienne métropole et la Grande-Bretagne, les facilités de communication qui en résultent ont mis en faveur l'idée de transférer de la Praia à Mindello la résidence du gouverneur. A l'extrémité N.-O. de l'archipel, enfin, il nous reste à signaler l'île la mieux arrosée, qui jouit aussi d'un climat salubre, Sâo Antâo (Saint- Antoine), dont on aperçoit de loin les hautes montagnes, qui atteignent 2,253 m. d'alt. au Topo da Corôa. Dans les profondeurs de son volcan éteint de Caldeiro, le vent s'engouflre et tourbillonne, dit-on, avec une force telle qu'il rejette immédiatement tout objet qui y tombe. Ch. Vogel. Faune. — La faune des îles du Cap- Vert présente un caractère européen, ou plus exactement paléarctique, et surtout méditerranéen (analogue à celui du pourtour de la Méditerranée ou sous-région méditerranéenne) ; très peu de ses éléments ont un caractère africain (ou éthiopien). Comme dans les autres lies océaniques, il n'y a pas de Mammifères indigènes et les Chauves-Souris mêmes, dont plusieurs espèces européennes s'avancent jusqu'aux Açores et aux Canaries, font défaut ici. Les Oiseaux (vingt-trois espèces) sont presque tous d'origine paléarctique {Milvus regalis, Sylvia atricapillay Corvus

corone^ Passer salicarius, Columba livia^ etc.), ou d'espèces spéciales à faciès paléarctique (Calamoherpe hrevipennis, Ammomames cinctura. Passer jagoensis, Puffinus Edwardsii), Trois espèces seulement se rattachent à la faune éthiopienne (un Martin-Pêcheur, Ealijcon erythrorhyncha, un Epervier, AccipUer melanoleiœus, et un Bouvreuil, Pyrrhula nigriceps) ; ce dernier se retrouve aux Canaries. Un Sénégali (Estrelda cimrea) et une Pintade (Numida meleagris) ont été introduits de la côte 0. d'Afrique par la main de l'homme. ■— Un grand Lézard de plus d'un demi-mètre de long, voisin des Scinques (Macroscineus Cocteani), ne se trouve plus que sur l'îlot désert de Branco. — Les Coléoptères, comme ceux des Canaries et de Madère, ont un caractère franchement européen, méditerranéen ou atlantique ; sur 275 espèces, 91 se retrouvent aux Canaries et 81 à Madère ; les g. Acalles et Hegeter sont plus spécialement des îles atlantiques, bien que certaines espèces s'étendent jusque dans le S. de l'Europe. — Les Mollusques terrestres indiquent également des rapports étroits entre les quatre archipels atlantiques (Açores, Madère, Canaries, Cap-Verl) : les s.-g. Leptaxis et Hemicycla, qui représentent nos Limaçons (Hélix), se retrouvent aux Canaries, et le premier s'étend même à ces quatre groupes d'îles et aux Baléares (Majorque), dans la Méditerranée. E. Trouessart.

BiBL. : Ch. Vogel, le Portugal et ses colonies ; Paris, 1860. — Géographie et statistique générale da Portugal et de ses colonies (en portugais); Lisbonne, 1875, etc.

CARYS. Héros troyen qui, dans la généalogie des descendants de Tros suivant Homère, est fiîsd'Assaracus, père d'Anchise et par conséquent grand-père d'Enée, mais qui dans V Enéide de Virgile, suivant sur ce point les chroniques du temps de Caton, devient un Troyen quelconque, compagnon d'Enée. Durant la guerre de Troie, il s'est fait remarquer par le conseil de précipiter le cheval de bois à la mer. En Italie, il est considéré comme le fondateur de Capoue, en vertu d'une assimilation toute factice, fondée sur la ressemblance des noms. C'est ainsi qu'il fut mêlé à la légende d'Enée. Lorsque César fut assassiné, on racontait que des colons envoyés à Capoue en vertu de la loi Julia, pour y bâtir, mirent à découvert, en fouillant le sol, de vieilles tombes et dans le nombre celle du troyen Capys. Elle renfermait une table d'airain, sur laquelle se lisait cette inscription : « Lorsqu'on aura mis à jour les ossements de Capys, il arrivera qu'un homme issu du sang des Jules sera frappé par la main d'un de ses proches ; mais le malheur de l'Italie sera sa vengeance.» Capys, fondateur de Capoue, et Enée, ancêtre de César, sont des fables de même provenance et aussi dépourvues l'une que l'autre de valeur historique. J.-A. H.

BiBL. : J.-A.HiLD, iaLé^ende d'Enéeavant VirgHe^p, 91,

CAQUE. On donne dans les ports de mer le nom de Caque à un tonneau contenant 500 harengs ou 1,000 sardines.

CAQUÉ (Armand-Augustin), graveur français, né à Saintes (Charente-Intérieure) en 1793, mort à Paris en déc. 1881. D'abord employé dans les ateliers de sculpture du port de Rochefort, il entra, en 1814, à l'école d'application de Metz, dont les événements le firent sortir dès l'année suivante, puis reçut les leçons et les conseils de Raymond Gayrard; il obtint, en 1818, le poste de graveur en second du roi de Hollande et en 1822 le titre de graveur du cabinet delà dauphine. C'est alors qu'il entreprit la galerie numismatique des rois de France (1822- 1836), collection qui ne compte pas moins de soixantequatorze médailles et dans laquelle il tint, en dépit des résistances ofiQcielles, à faire figurer le duc de Reichstadt sous le nom de Napoléon 11. En 1830, il grava, en collaboration avec Gayrard, une médaille commémorative de la protestation des journalistes contre les ordonnances de Juillet et, seul, une autre médaille qui se vendit au profit des blessés de l'insurrection. Très dévoué aux idées bonapartistes, Caqué fut chargé, en 1851, par le prince pré-

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