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CARABE

insectes dont Fenveloppe est coriace (les Hannetons, par exemple), ils se bornent à leur ouvrir l'abdomen par les points les moins résistants pour dévorer les entrailles et surtout la graisse dont ils paraissent très friands ; d'où

Carabus convexus Fabr.

Carabus auratus L.

le nom d'Adéphages sous lequel Clairville les désignait. Quelques-uns, comme les Ditomus, Ophonus, Zabrus, Amara, etc., sont habituellement phytophages, mais peuvent, à l'occasion , devenir carnassiers.

L'anatomie des Carabiques a été étudiée par Léon Dufour, qui a publié le résultat de ses recherches dans les Annales des sciences naturelles (1824, vol. II, p. 462). Le tube digestif est remarquable par l'existence d*un jabot à l'extrémité de Tœsophage, d'un gésier musculeux et d'un ventricule chylifique villeux . Au rectum aboutissent les conduits excréteurs de deux glandes anales. Les larves ne sont encore connues que chez un petit nombre d'espèces. Leur corps, généralement mou, est formé de douze anneaux recouverts de plaques plus ou moins chitinisées. La tête est munie d'une paire d'antennes courtes et de six yeux de chaque côté, les uns arrondis, les autres elliptiques. Les trois anneaux thoraciques portent chacun une paire de pattes terminées par deux griffes et le segment abdominal, susceptible de se redresser, est pourvu de deux appendices coniques de forme et de consistance variables. Ces larves vivent presque toutes en terre.

Leurs mandibules sont en général très développées, mais elles servent bien plus à maintenir et à blesser la proie qu'à la broyer. La bouche, d'ailleurs très rétrécie , ne peut livrer passage qu'à des aliments fluides.

La famille des Carabiques a été, dans son ensemble, l'objet de nombreux et importants tra- Carabus cancellatus Illig. vaux, parmi lesquels il convient de signaler surtout ceux du Comte Dejean (Species général des Coléoptères, 1-V et Iconographie, 1-1 V) ; Erichson (Die Kafer der Mark Brand) ; Schaum (Naturg. der Ins, Deutsch).; Lacordaire (Gênera des Coléoptères, 1, p. 34) et Leconte (Notes sur la classiftcation des Carabides des Etats- Unis), Depuis lors, M. le prof. Thomson (dans sa Faune de la Scandinavie, Coléopt,, I et IX), et après lui, M. L. Bedel (dans les Ann, de la Soc. entom. de France, 4872, p. 397) ont signalé divers caractères génériques ou spéciiiques, dont l'importance avait échappé à l'attention des entomologistes et qui paraissent de nature à aplanir,

en grande partie, les difficultés que l'on rencontre dans l'étude de cette famille. Les Carabiques ont des représentants dans toutes les régions du globe ; ils prédominent en général, sur les autres Coléoptères dans les parties tempérées et froides. Leurs espèces connues, au nombre de près de dix mille, se trouvent réparties dans plus de six cents genres, dont les plus importants, tels que Elaphrus, Omophron, Nebria, Cychnis, lefflus, Procerus, Calosomc^ Casnonia, Brachynus, Mormolyce, Anthia, Scarites, Harpalus, Pristonychus, Feronia, Zabrus, Amara, Chlœnius, Bembidium, etc., ont été ou seront traités respectivement à leur rang alphabétique. Il ne nous reste donc à parler ici que des Carabes proprement dits, qui constituent le grand genre Carabus L. — Ce sont de beaux insectes, en général de grande taille, au corps oblong, ovalaire ou elliptique, parfois très déprimé en dessus. Le prothorax est toujours plus large en avant qu'en arrière, avec ses angles postérieurs plus ou moins saillants. Le labre, échancré en avant, est tantôt légèrement, tan tôt fortement excavé en dessus. Les mandibules sont lisses et pourvues à la base d une ou de deux fortes dents. Les palpes maxillaires ex ternes et les palpes labiaux ont leur dernier article sécuriforme, tronqué ou légèrement arrondi au sommet. Les ailes membraneuses sont nulles ou rudimen-

taires. Les mâles se Carabus intricatus L.

reconnaissent a la

frange étroite de soies rousses dont les tibias intermédiaires sont garnis en dehors et, suivant les groupes, les trois ou quatre premiers articles des tarses antérieurs sont dilatés et feutrés en dessous.

Les Carabes sont presque toujours ornés de belles teintes métalliques, bronzées, cuivreuses ou dorées. Mais ils présentent, suivant les races et les individus, des variations considérables quant à leur forme, leur sculpture et leur coloration. Aussi, malgré les nombreux travaux dont ces insectes ont été l'objet, les entomologistes sont encore loin d'être d'accord, non seulement sur la valeur des coupes établies dans le genre, mais encore sur les caractères d'un certain nombre de formes d'une grande extension géographicfue. Les uns courent sur la terre dans les champs, les jardins; les autres, en plus grand nombre, habitent les régions montagneuses, les terrains boisés, où ils se tiennent, pendant le jour, sous les pierres, sous les écorces, sous les mousses, dans les vieux troncs d'arbres. Ils ne sortent guère que la nuit ou le matin, surtout par les temps pluvieux, pour aller à la recherche de leur nourriture, qui consiste principalement en larves d'insectes, Chenilles, Lombrics, Escargots, Limaces, etc. Ce sont, par suite, des Insectes éminemment utiles et, comme l'a dit avec raison M. Fairmaire (Faune élément, des Coléoptères de France, éd. I, p. 14), on devrait mettre à les conserver le même empressement qu'on apporte à les écraser. Tous sécrètent, pour leur défense, un liquide fétide et caustique qu'ils éjaculent par l'anus et que Pelouze, en 1857, a reconnu être de l'acide butyrique; projeté dans les yeux ou sur les parties découvertes du corps, ce liquide peut causer une cuisson des plus vives et un éry thème passager. Quant à la bouillie noirâtre qu'ils dégorgent par la bouche lorsqu'on les inquiète,

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