‹ La grande et excellente cité de ParisChapitre 3 sur 42 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

y a vécu, il y esc mort ; avec lui nous pourrons parcourir la grande ville à trois siècles de distance.

André Thevet, voyageur français, naquit à Angoulème vers 1504. L'article qui lui est consacré dans la Nouvelle Biographie générale du D' Hœfer reporte cette date à 1502 ; c'est une erreur qui a été reproduite par M. GafFarel, dans l'intéressante Notice biographique qui se trouve en tête de la nouvelle édition quïl a donnée récemment (1878) des Singularitei de la France Antarctique, Le doute n'est pas possible quand on a sous les yeux l'épitaphe que nous donnons plus loin. M. Ferdinand Denis l'avait déjà publiée, dés 1851, dans une savante dissertation intitulée : Lettre sur l* introduction du tabac en France^ à la suite des Etudes économiques sur l'Amérique méridionale de M. Demersay; Paris, Guillaumin.

Les recherches faites par M. GafFarel, àAngouIéme, sur la famille et les premières années de Thevet, n^ont fourni aucun renseignement nouveau, t II est probable néanmoins, dit-il, qu'il était d'origine modeste et qu'il ne reçut qu'assez tard une éducation fort superficielle, car il porta toute sa vie le fardeau de son ignorance native, et, malgré ses efforts pour se donner les apparences de l'érudition, le bonnet dont le coiffa si libéralement le malin Rabelais laissa toujours passer le bout de l'oreille, comme le

INTRODUCTION. v

remarque avec adresse M. Ferdinand Denis, un de ses admirateurs convaincus. •

11 esc difficile de préciser, même approximativement, les périodes principales de la vie de Thevet, complètement brouillé avec les dates. On peut cependant avancer qu'il encra de bonne heure en religion, mais on ignore en quelle année il fit profession comme religieux de Tordre de Saint-François au couvent des Cordeliers d' Angoulème ; et, étant donné son caractère bien connu, il est loisible de croire que ce ne fut pas Tenthousiasme religieux, ni un désir immodéré de fuir les dangers du monde, encore moins l'amour du martyr et l'envie de se dévouer à la conversion des infidèles qui le poussèrent dans le cloître, mais bien plutôt le désir de se consacrer à ses études, à ses goûts de curieux, avec l'espérance secrète de voir des pays nouveaux en remplissant les fonctions de son ordre. A une époque où l'ancien monde était tout entier livré au bruit des armes et aux disputes théologiques, on ne voit pas qu'il ait beaucoup payé de sa personne et pris parti dans la lutte autrement que pour s'en désintéresser sans se compromettre. Mais , par contre , nous voyons revivre en lui les instincts de ces moines indépendants que l'on nommait gy ravages^ parce qu'ils étaient bien partout, excepté dans leur couvent, et qu'ils redoutaient d'être soumis à une discipline sévère ; avec cette différence néan-

Page 1