X INTRODUCTION
tenté, en les réduisant pour l'édition plantinienne, de reproduire les gravures composées par Jean' Cousin pour l'édition de Paris. Or, on sait que Maurice dé La Porte (i 524-1 548) et sa veuve, Catherine Lhéritier (1548-1558), avaient souvent mis à contribution le talent de Tillustre graveur. • Si nous examinons avec soin lés gravures des Singularitei, elles nous rappelleront, observe M, Gaffarel, la maniéré à la fois large et expressive de Cousin, sa science anatomique et son burin spirituel, t
C'est l'avis d'un autre érudit, qui fait autorité dans cette matière. Dans son Etude sur Jean Cousin^ M. A. Didot déclare que • pour les reconnaître (les travaux du grand artiste), on n'a que le style, d'autre présomption qu'une similitude avec ce qu'on sait de Jean Cousin, d'autre indice que les rapports qu'il eut avec les imprimeurs de Paris qui recoururent à son talent ; le tout corroboré par des traditions conservées dans la famille Papillon et consignées par un de leurs descendants dans son Traité historique et pratique de la gravure sur bois. •' Les gravures du livre des Singularitei ne sont pas signées, ce qui serait une présomption en faveur de Jean Cousin, tandis que dans l'édition d'Anvers, Vathaparis^ que nous reproduisons dans le texte, porte comme monogramme les lettres A. P., peut-être la signature du graveur sur bois.
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Une autre publication importante de notre voyageur esc la Cofmographie univerfelle Jluftrée des diverfes figures des chofes les plus remarquables veues par l'auteur et incongneués de noj anciens et des modernes; Paris, Pierre L'Huillier^ rue Saint Jacques, àrOlivier, 1Ç7Ç. • Ouvrage sans crédit et qui ne peut guère être conservé qu'à cause des planches donc il est orné, • tel est le jugement qu'en porte Brunet dans son Manuel du libraire et de V amateur de livres : jugement sévère, mais qui n'est pas sans appel. L'auteur a droit aux circonstances atténuantes. Sans dissimuler ses défauts, il faut aussi reconnaître ses mérites ; ce que l'on dit des Singularitei peut s'appliquer également à la Cofmographie.
On a taxé Thevet d'ignorance et de mensonge. Ses ouvrages contiennent, il faut en convenir, des fautes qui pourraient faire douter de sa bonne foi; son excuse est dans Téblouissement que lui ont causé tant de merveilles éparses sur les deux hémisphères. Il a bien décrit ce qu'il a vu; seulement, par excès de confiance envers autrui, naïf autant que curieux, il a recueilli trop facilement des traditions fausses et des contes absurdes. C'est la critique qui lui a manqué, non la science; il en avait autant et plus que beaucoup de ses contemporains diplômés. Il n'en a pas moins répandu dans ses ouvrages une foule de notions que les écrivains du xvi* siècle lui ont empruntées sans