‹ La grande et excellente cité de ParisChapitre 7 sur 42 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

le citer, et il était le premier à s'étonner quand par hasard on daignait le nommer. Bien mieux, on lui a enlevé la gloire d'une découverte importante, car c'est lui, et non pas Jean Nicot, qui a fait connaître et cultiver le tabac en France. La description dç cette plante se lit tout au long au chapitre XXXII de ses Singularitei,

S'il rencontra de son temps des adversaires acharnés, comme on le verra plus loin, Thevet sut aussi se concilier des amis dévoués et des protecteurs puissants. Parmi les premiers on trouve le président Bourdin, magistrat et bibliophile distingué, dont la riche bibliothèque ne lui fut pas inutile ; Thébraisant Gilbert Génebrard, Jean Dorât, helléniste et poète, tous deux professeurs au Collège de France. Dorât le mit en rapport avec les membres de la Pléiade. Joachim du Bellay, Etienne Jodelle et Baïf composèrent en son honneur des odes et des épîtres ; Guy Lefèvre de la Borderie lui dédia un poëme complet; enfin Ronsard, le coryphée, le célébra dans ses vers : toutes ces pièces se trouvent dans la préface des Singularitei ou dans celle de la Cofmo graphie.

Les protecteurs de Thevet furent les deux cardinaux de Lorraine, l'oncle et le neveu ; un autre cardinal, archevêque de Sens, Jean Bertrand, garde des sceaux depuis 1557, accepta la dédicace du livre des Singularitei et dut contribuer à sa fortune. Nous le

INTRODUCTION. xiii

voyons successivement nommé aumônier de la reine Catherine de Médicis, historiographe, cosmographe et garde des curiosités du roi. II jouit de la faveur de Henri II et de ses successeurs jusqu'à sa mort. II reçut enfin -de Charles IX, à ce que Ton croit, la commande de Tabbaye de Masdion, en Saintonge. Ces différents offices étaient plutôt des sinécures que des charges ; mais comme ils n'étaient pas purement honorifiques, en assurant son indépendance et son existence matérielle, ils lui permettaient de se livrer avec ardeur à ses travaux favoris. On a avancé, mais sans preuves suffisantes, que Thevet s'était fait relever de ses vœux monastiques à son retour du Brésil. Sa charge d'aumônier de la reine n'était pas incompatible avec sa profession religieuse ; à son époque, les abbayes se donnaient en commande à des littérateurs, à des capitaines comme encouragement ou pour services rendus à l'Etat, ce qui ne grevait nullement le trésor royal. On ne peut tirer un meilleur argument de sa sécularisation de ce que ses portraits le représentent en costume séculier. Ceux de Ronsard nous le montrent vêtu tantôt en empereur romain, tantôt en courtisan, et cependant le gentilhomme vendomois était abbé et même prêtre : c'était le goût de l'époque.

Le frontispice du présent volume se trouve à la fin de la Cofmographie du Levant^ publiée â Lion par Jande Tovrnes et Gvillaume Gaieav, M,D,LVL

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