CHAPITRE XIV
DÉBUT DE LA BATAILLE DE NANCY (4 et 5 Septembre)
Intentions des Allemands. — Le Grand -Couronné. — La journée du 4 septembre. — Violante préparation d'artillerie. — La nuit du 4 au 5*. — La journée du 5 au 20* corps. — La 74° division. — Le 16 e corps. — Perte de Gerbéviller. — Contre-attaque des 8* et 16* corps. — Le 20 e corps dans la soirée du 5. — -La 68 e division. — La 5<) e division. — Attaque sur Sainte-Ceneviève.
• Les i er et 2 septembre, nos observateurs du mont Toulon et du mont Saint-Jean avaient signalé de fréquents mouvements de trains sur la ligne de Metz à Delme et à Château-Salins, amenant certainement des troupes et du matériel. Le /1, on apprenait que des colonnes remontaient les deux rives de la Moselle, vers Pont-à-Mousson.
Après plusieurs jours de calme relatif, les Allemand» manifestaient un redoublement d'activité en face de la gauche et du centre de la 2 e armée. Il semble qu'après avoir vainement tenté d'enfoncer nos lignes devant la Trouée de Charmes, puis sur la Meurthe et le long des Vosges, ils aient voulu tenter une percée directe sur Nancy. Ils y voyaient, sans doute, un avantage moral nullement à dédaigner. En outre, si leurs armées arrivaient à couper celle du général de Castelnau en deux tronçons ou à les séparer de notre centre, ils réalisaient
un enveloppement partiel qui pouvait coïncider avec celui que von Kluck tentait justement contre notre gauche. C'était la manœuvre en tenaille si chère à Schlieffen, celle d'Annibal à Cannes, tant prônée en Allemagne les années qui précédèrent la guerre.
Il est probable, d'ailleurs, que l'espionnage, fort bien organisé en Lorraine, avait mis les Allemands au courant des prélèvements faits sur la 2 e armée. De là au désir d'en t profiter, il n'y avait qu'un pa?. Nous verrons que Guillaume II attachait assez d'importance à l'attaque de Nancy pour y assister en personne et peut-être pour en prendre la direction nominale (i). S'il avait nourri l'espoir d'y affirmer les talents de stratège à côté de ceux * si variés dont il avait jusqu'alors prodigué les manifestations, son attente devait être cruellement trompée.
Nous avons donné quelques détails sur l'ensemble des positions qui couvraient Nancy à l'est (2). Dans leurs grandes lignes, elles dessinent une sorte de croissant dont le sommet s'appuie à Nancy et à la Meurthe, tandis que les deux pointes font saillie vers l'est. Celle du nord est marquée par le Grand j Mont d'Amance (cote 4 10) et celle du sud par le Rambêtant (cote 33o). Entre elles, une plaine vallonnée, barrée vers l'est par un plateau de hauteur sensiblement inférieure. Il est couronné par la forêt de Champenoux, que la route' de Nancy à Château-Salins coupe en deux moitiés et qui est prolongée vers le sud par la forêt Saint-Paul f par le piton de la Tour-de-Domèvre et par le bois de Crévic. La corne nord du croissant, celle
(1) Le communiqué allemand du 6 septembre portait : V empereur devant Nancy.... L'empereur a assisté, hier, aux attaques dirigées contre les forts (sic) de Nancy... »
(2) V. supra, p. 37.
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du Grand-Mont d'Amance, plus marquée que l'autre, est adossée à une sorte de quadrilatère accidenté et boisé, Une « petite Suisse », conïme il y en a en diverses parties de la France. Ce massif s'étend dans l'intervalle de Bouxièresaux-Dames, monts d'Amance, Bouxières-aux-Chênes, Mbivron, Jeandelaincourt, Sainte-Geneviève. Aux pieds de ces hauteurs la Moselle coule de Bouxières-aux-Dames vers Sainte-Geneviève, dans une vallée étroite où elle dessine de nombreux méandres que dominent parfois de véritables falaises, surtout vers l'est. Les. massifs fores^ tiers qui la bordent, particulièrement à l'ouest, rendent encore plus facile sa défense. Y
Au nord de ce quadrilatère surgit, à l'est de la Moselle, un piton isolé : la côte de Mousson. Ses vues sur la vallée sont masquées en grande partie par les méandres dont nous avons parlé. De l'autre côté de la Moselle, il fait face à la ligne à peu près continue des hauteurs qui vont de Frouard vers Metz (i).
La bataille de Nancy s'engageait dans l'après-midi du t\ septembre, au nord de la Meurïhe. De petites fractions d'infanterie allemande traversaient le bras de cette rivière à l'ouest de Lunéville, vers le moulin de Xerbéviller, et tentaient d'atteindre la lisière nord de la forêt de Vitrirnont. En même temps, l'artillerie ouvrait un feu violent du nord de Serres, des hauteurs à l'est du bois de Saussy. La forêt de Vitrimont, Frescati, Maixe, les collines à l'est de Drou ville étaient couverts de projectiles.
(i) Hanotaux, VI, p. 74.
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Vers i5 heures, l'infanterie allemande débouchait du bois de Saussy vers le bois de Sainte-Libaire; de Serres/ une autre attaque portait sur la ferme du même nom et une troisième d'Einville sur Maixe, points occupés par la 39 e division (20 e corps), général Dantan.
Ces mouvements offensifs ne s'opéraient pas san^ provoquer une vive réaction. En fin de journée, la 3g 6 division avait repris pied .sur les hauteurs à Test de Drouviile, ainsi que dans la partie nord du bois d'Einville.
A la gauche du 20 e corps, une autre attaque se préparait sur le front Rond-des-Dames, Champenoux, lisière sudest de la forêt du même nom (1).
Cependant, les Allemands continuaient une violente préparation d'artillerie, qui visait sans doute davantage à un ébranlement moral qu'à des résultats matériels. Des flammes apparaissaient dans toutes les directions vers l'ouest. Des avions bombardaient Nancy, ville ouverte (2); d'autres repéraient activement nos batteries. On remarquait le silence de ces dernières, sans qu'on pût l'expliquer; à Réméréville, par exemple, le bombardement durait de 18 -heures le l\ septembre à 9 heures le lendemain (3).
Après cette intense préparation, l'infanterie allemande débouchait en formations épaisses sur le front ferme de î.éomont, Deuxville, Maixe, cote 3i6 au nord-ouest, Drouvillo. Réméréville. Son effort était surtout sensible dans l'intervalle de la forêt SaintnPaul au Rambêtant, vers la Tour-de-Domèvre et Haraucourt. Les avant-postes du ,20 e
(1) Hanotaux, VI, p. 70.
(1) Christian-Frogé,' p. i36; deux personnes tuées, six blessées (Le Livre rouqe. Les atrocités allemandes, rapport officiel, p. 27).
(3) C. Berlet, Un village lorrain en août-septembre Î9ÎU, Réméréville , p. 5o, cité par Hanotaux, VI, p. 76.
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corps* à Frescati et à Deuxville, étaient bousculés; des combats violents s'engageaient; Maixe, Drouville, Réméréville étaient perdus, repris et reperdus.
Plus au nord, le 212 e (126 e brigade) était violemment attaqué, vers 23 heures, du côté du Rond-des-Dames, dans la parti e^-norçl de la forêt de Champenoux. Refoulé, il reculait pas à pas, méthodiquement, sans perdre la liaison avec le 344 e à sa droite (1).
Les progrès de l'ennemi étaient dus surtout à l'action de son artillerie. Contre les quelques i55, 120 et 95 qui constituaient notre artillerie lourde, il mettait en action des obusiers de i5o et de 210, des canons loAgs de 100 et de i3o, dont la portée, supérieure à celle des nôtres, leur permettait de nous couvrir, sans danger, de gros projectiles {2). Ayant ainsi pris l'avantage dès la nuit du k au 5, l'artillerie allemande en profitait pour régler, dans la matinée suivante, le tir de ses 77 et de ses canons lourds. De nombreux avions, quatre ballons captifs, auxquels leur forme inélégante valait déjà la dénomination de saucisses, tout un réseau d'observation et de liaisons téléphoniques facilitaient cette opératipn. Nous avions malheureusement peu de chose à y opposer.
Pendant plusieurs jours, les Allemands firent une énorme consommation de projectiles, alors que nous-mêmes étions réduits à une stricte économie. Ainsi, dans la nuit
(1) Colonel Bujac, loc. cit.
(2) « De quinae kilomètres, l'Allemand nous bombarde. Nos canon* ne portent pas à plus de sept kilomètres. Nous n'avons qu'à tenir, muraille de chair vive. » (Ghristian-Frogé, p. i4i.)
l56 LA GRANDE GUERRE SUR LE FRONT OCCIDENTAL
du 5 au 6, en huit heures, le Grand-Mont d'Amance seul, sur un kilomètre carré, reçut 3.ooo obus de gros calibre. Heureusement, le tir ennemi se révéla médiocre. Les obus fusants étaient irréguliers, en général trop haut. Le tir percutant était plus précis, mais beaucoup de projectiles se montraient peu efficaces., Au 2 e groupe des divisions de réserve, il n'y eut en tout que 23 artilleurs tués et •66 blessés. A Nancy, qui allait être bombardé, les dégâts furent sans grande importance.
Quant aux combats d'infanterie, sur tout le front, ils furent caractérisés par un mouvement continuel de va-etvient, chaque point marquant étant pris, perdu et repris.
Dès le 5 septembre, la violence des attaques allemandes, là faiblesse- numérique de la 2 e armée, réduite à deux corps d'armée actifs et à des divisions de réserve, amenèrent le général en chef et le général de Castelnau à peser le sérieux de l'a situation. On hésita pour la seconde fois entre deux partis : reculer sur les fortes positions de la forêt de Haye, de Saffais, Belchamp; résister sur place. Ce dernier parti fut provisoirement adopté. L'abandon de Nancy, dans les circonstances présentes, eût été d'un déplorable effet.
Cependant l'ennemi était, dans la matinée du 5, maître de Maixe (i), de la cote 3i6 au nord-ouest et de Réméréville. Le 20 e corps était contraint de ramener, ses éléments avancés sur la ligne principale de résistance. A sa gauche,
(i) A Maixe, les Allemands incendièrent trente-six immeubles et tuèrent dix personnes (Le Livre rouge. Les atrocités allemandes, p. 4o).
la 70 e division se maintenait à la lisière Est de ïa forêt Saint-Paul et même, un certain temps, à Courbessaux. Plus au nord, la 68 e division gardait Champenoux et la forêt du même nom jusqu'à hauteur d'Erbéviller. La 64f formait seconde ligne de Velaine à la Maison-Blanche (ouest de Buissoncourt) (1).
Au sud des positions du 20 e corps, la 74 e division était devant Lunéville, après avoir activement travaillé à organiser « trois lignes successives de tranchées » entre Blainviîle, Mont-sur-Meurthe et Lamath. Les 23 e et 27 e bataillons de chasseurs, qui lui avaient été rattachés, ainsi que nous l'avons dit, combattaient en première ligne, entre Rehainviller et le bois Saint-Mansuy.
Comme le centre de la 2 e armée, la 74 e division était attaquée dans »la nuit du 4 au 5 septembre. A 22 heures, l'infanterie allemande débouchait de Lunéville sur Rehainviller, surprenait un bataillon du 223 e et le rejetait sur Mont. Toutefois, une fraction restait à la Tuilerie, entre ces deux villages. L'offensive allemande s'étendait ensuite au sud.
L'artillerie ennemie' battait les positions de la division et du 16* corps sur la Meurthe et la Mortagne, au point de rendre intenable la rive droite de cette dernière. De Rehainviller, son infanterie occupait la croupe 271 et une partie du bois Saint-Mansuy.
Plus au sud, à 9 heures, le 142 e perdait Gerbéviller. Ordre était donné à la brigade Xardel de défendre à outrance le bois de Guilgnebois, au sud de la Mortagne. Toute la rive droite était perdue pour le 16 6 corps. Il fallait se résigner à défendre la rive gauche, en coupant les ponts, en tenant les débouchés sous nos feux (2).
(1) Hanotaux, VI, p. 76.
(2) Hanotaux, VI, p. 79. '
l58 LA GRANDE GUERRE SUR LE FRONT OCCIDENTAL
Toutefois, la 74 e division était encore maîtresse de Mont,' de Mortagne, de la Tuilerie, ce qui lui permettait de déboucher sur Rehainviller. Elle reçut Tordre de reprendre ce village et l'exécuta. Mais notre infanterie (i48 e brigade) ne put y rester sous les obus. Elle se retrancha entre ce village et la Mortagne.
Au sud, un bataillon du 81 e perdait Haudonville : l'ennemi y gagnait un nouveau débouché à l'otiest de la Mortagne et au nord de Gerbéviller, qu'il tenait déjà (i/i h. 3o). Il devenait indispensable de l'arrêter. Heureusement, le 8 e corps, ayant reçu du général Dubail Tordre d'appuyer la 2 e armée t attaquait dans la direction de bois du Haut-de-Gondal, Gerbéviller. La 6* division de cavalerie appuyait cette offensive et le 16 e corps opérait une heureuse contre-attaque. La 3i e division marchait sur Gerbéviller et rejetait de nouveau l'ennemi sur la rive droite. A la ntiit, elle bordait la Mortagne. Le 1 43 e avait beaucoup souffert dans cette attaque (1).
Au nord, la 74 e division n'était pas inquiétée durant l'après-midi du 5. A 18 heures, elle faisait néanmoins sauter le pont de Mont-sur-Meurthe. Pas plus que nous, l'ennemi ne pouvait se maintenir dans Rehainviller. Dans la soirée, la situation initiale du 16 e corps et de la 74 e division était à peu près rétablie, la ligne de la Mortagne réoccupée. Les gros demeuraient sur la rive gauche, les éléments avancés tenant les débouchés sur la rive droite.
(1) Hanotaux, VI, p. 83. Cet auteur estime que la 74 e division avait devant elle à Rehainviller la division d'ersatz de la Garde, composée de la brigade d'ersatz de la Garde, de la 5 e brigade mixte d'ersatz (II 6 corps) et de la 55 e brigade mixte (XIV e corps) (Ibid. t p. 84).
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Cependant, la partie nord du Grand-Couronné était, comme le reste, l'objet d'un bombardement intense et Ton signalait de fortes colonnes en mouvement sur les deux rives de la Moselle, vers Pont-à-Mousson. D'autre part, devant le centre de la 2 e armée, l'offensive allemande sa ralentissait, donnant à croire qu'elle était « à bout de souffle )> (i). Le général de Castelnau prescrivait aussitôt de reprendre le terrain perdu. Vers 16 heures, le général Balfourier transmettait cet ordre aux i i e , 39 e et 70 e divisions. L'effort de la 11 e s'arrêtait bientôt, par suite de la fatigue des troupes. D'ailleurs, le feu de l'artillerie allemande, 'qui s'était fort ralenti vers midi, reprenait à 17 heures environ et l'infanterie procédait à une nouvelle attaque sur le front des 39 e et 70 e divisions : elle débouchait par masses denses de la région de Serres et d'Hoéville. Il fallait que -le général Balfourier engageât ses dernières réserves.
A la nuit, son* corps d'armée tenait le front forêt de Vitrimont, ferme de Leomont, hauteurs à l'ouest de Deuxville, Grandvezin, croupe à l'est de Crévic, lisière ouest du bois de Haraucourt, piton de la Tour-de-Domèvre. L'ennemi avait gagné du terrain, contrairement à notre attente, sans que ce succès eût rien de décisif. Ses progrès semblaient même arrêtés.
Au nord des positions du 20 e corps, l'attaque allemande se produisait dans deux directions, celles du mont d'Amance et de Sainte-Geneviève.
(1) Hanotaux, VI, p. 79.
l6o LA GRANDE GUERRE SUR IJE FRONT OCCIDENTAL
Le Grand-Mont d'Amance avait reçu, le 4 septembre, à 17 heures, les premiers ol*us. Une partie provenait de Crémecey, à une distance telle que toute riposte nous était interdite. Ces lourds projectiles produisaient un grand effet, régularisé par l'action constante des avions et des ballons captifs de l'ennemi. Il fallut évacuer Tune de nos batteries, puj# des tranchées. Finalement, la situation sur le mont devint intenable, mais nous continuions à garnir les pentes à l'est. La 68 e division avait perdu Champenoux dès l'aube du 5 septembre. L'ennemi canonnait violemment la forêt de Champenoux, la clairière qui la coupe en deux tronçons et les bois à l'ouest. Vers 7 heures, le 212 e reprenait Champenoux, pour peu de temps, semblet-il- L'ennemi pénétrait dans le nord de la forêt et attaquait les positions de la i35 e brigade sur les pentes Est du Grand-Mont d'Amance, vers les fermes de Quercigny, de la Fourasse et de Fleur-Fontaine. Ses attaques, reprises par cinq fois, étaient cinq fois repoussées, dit-on (1).
La 69* division de réserve, général Kopp, défendait la fa^e nord du quadrilatère que nous avons mentionné, du sud de Leyr à Loisy par Sainte-Geneviève, sur un front extrêmement étendu pour douze bataillons, vingt-quatre kilomètres environ, à vol d'oiseau. Depuis le 3, la 117 e brigade, colonel -Lambin, qui tenait la gauche, étendait son front de la Moselle vers Loisy jusqu'à la croupe de Sî^rrières (cote 344), sur huit kilomètres en ligne droite. Il ne restait plus qu'une compagnie en réserve (325 e ) à Ville-au-Val. Enfin, l'artillerie n'était représentée sur cette partie du front que ipar un groupe de 75 et par une
(1) Hanotaux, VI, p. 84. En réalité, il ne poussait qu'une reconnaissance d'infanterie et de cavalerie sur la ferme de Quercigny, le bois des Charbonniers et Leyr, sans en venir au contact.
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batterie cte 120, celle-ci vers la droite. Une batterie du 33 e , capitaine de Langlade, tenait la position de Sainte-Geneviève, une section à droite et une autre à gauche du village; une autre, capitaine Dèlette-Dutreuil, était à la croupe de Serrières et la troisième entre Sainte-Geneviève et Landremont (1). Le bataillon Montlebert (344 e ) continuait de tenir Loisy et la crête de Sainte-Geneviève.
Dans la matinée du 5 septembre, on signalait des mouvements de troupes vers Mousson. Des obus lourds y tombaient ainsi qu'à Pont-à-Mousson. On annonçait la destruction de ce~ dernier pont, que les Allemands devaient très rapidement rétablir. Vers midi, la canonnade commençait, violente, des abords de Mousson où s'était installée l'artillerie lourde allemande. De nombreux obus tombaient sur la crête de Sainte-Geneviève, sans atteindre personne. Nos batteries répondaient avec une parcimonie obligée, sans grand effet. Des pièces de gros calibre venues de Metz renforçaient l'ennemi, dont l'attaque sur Sainte- Geneviève motivait de sérieuses inquiétudes.
En effet, la rive gauche de la rivière, en amont de Loisy, était faiblement occupée par nous. On pouvait craindre que l'ennemi ne se glissât entre Nancy et Toul, vers le nord, annulant ainsi les défenses du Grand-Couronné , tracées face à la frontière allemande (2).*
(1) Cette batterie, capitaine Delage, venait ensuite un peu au sud du chemin d« la Moselle à Bezaumont, près de la sortie sud-ouest de . ce village.
(2) Il ne paraît pas qu'il y eût, sur cette rive, de travaux au nord ;
du fort de Frouard, dans l'angle de la Moselle et de la Meurthe. * \ \\*\
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