LES DÉFENSES DE NANCY
plateau de Faulx/ Mais le matériel d'artillerie lourde disponible était (fort insuffisant. Encore devait-il venir de points distants. Une <iemi-batterie de 1 55 à tir rapide était mobilisée à Poitiers.
On procéda sur place aux études rentrant dans le cadre qui vient d'être indiqué. Le détail des travaux fut examiné, les positions reconnues, la répartition des troupes déterminée. Mais l'exécution ne devait avoir lieu qu'à la mobilisation. Jusqu'alors tout devait Tester à l'état de projet, ce qui présentait des inconvénients évidents. Certaines des unités désignées pour ces travaux avaient à parcourir des trajets relativement longs avant d'être rendues à pied d'qeuvre. Il fallait compter avec un délai indispensable après la réception de l'ordre de mobilisation. La nature du terrain rendrait parfois les travaux très pénibles et très lents. La couche de terre végétale ne mesurant en certains secteurs que quelques centimètres, après l'avoir traversée on atteindrait un roc calcaire difficile à défoncer. Enfin, au cas d'une mobilisation en hiver, il fallait prévoir les fortes gelées de l'hiver lorrain, qui rendraient les terrassements encore plus pénibles.
Au début, l'artillerie de campagne consacrée à la défense ne devait comprendre que les douze batteries du régiment stationné à Nancy. Une partie des attelages proviendrait des communes frontières situées au delà des positions à organiser. Leur arrivée n'était pas certaine; en outre, elle exigerait certains délais.
On adjoignit ensuite à ces batteries celles du régiment de corps, mais il tenait garnison à Troyes, ce qui exigerait
des transports en chemin de fer, c'est-à-dire une sensible perte de temps.
Quant à l'artillerie lourde, on comptait que le 120 serait disponible le* cinquième jour seulement et le i55 le deuxième.
De ce quj précède, il résulte que les moyens de défense auraient été très insuffisants en cas d'attaque brusqué^. Il ne faut pas oublier, en effet, que de la frontière allemande au Couronné il n'y a que 10 kilomètres en moyenne, soit deux heures et demie de marche au plus.
A la suite d'une visite du ministre de la Guerre Etienne, en avril 191 3, il fut décidé qu'on procéderait dès le temps de paix à quelques déboisements; on organiserait des emplacements de batterie, des chemins d'accès. En mai, la Commission du budget tint d'importantes séances secrètes au cours desquelles M, Louis Marin souleva cette question. On la discuta longuement et l'on décida la mise du Grand- Couronné en état de défense. Un projet détaillé fut préparé. En novembre rien n'avait été fait sur le terrain. Le 2 décembre 1913, jour de son arrivée aux affaires, M. Noulens, ministre de la Guerre., affectait à ces travaux Je reliquat des crédits disponibles. L'organisation défensive devait être terminée en mai 191 5.
Les travaux furent commencés. En juin et juillet 191 4, quand apparurent les premières menaces de guerre, lecommandant du 20 e corps, général Foch, les fit accélérer. On assure que l'organisation défensive était achevée dans ses parties essentielles quand survint la mobilisation (1).
(i) Hanotaux, VI, p. 4, d'après Engerand, La frontière de 1871 et V esprit d'offensive. Nous avons dé fortes raisons de croire que le 9 e corps, stationné comme nous l'avons dit sous Nancy, pendant la concentration, eut à effectuer la majeure partie des travaux indispensables.