PRÉPARATION DE L^*OFFEN8IVE A LA 5® ARMEE
centre de Tennemi, ensuite de nous jeter, avec toutes les forces à notre disposition, sur le flanc gauche du groupe des armées allemandes dans le Nord » (i).
Notons encore que Toffensive de la 5* armée dépendait entièrement de celle des 4* et 3®. En effet, dans son mouvement vers la Sambre et, à plus forte raison, au nord de cette rivière, le général Lanrezac allait prêter le flanc droit aux Allemands. La division Boutegourd était insuffisante pour leur interdire le passage de la Meuse. Si donc, comme il arriva, les 4* et 3® armées étaient obligées à un arrêt ou à un mouvement rétrograde, l'offensive du général Lanrezac serait nécessairement paralysée.
Enfin, il n'y avait pas coordination dans les mouvements de ces trois armées, chacune indépendante sou» les ordres du général en chef. Peut-être eût-il été préférable, comme on le fit ensuite, de grouper sous un même commandement les armées destinées à exécuter une opération distincte, le grand quartier général restant chargé de conduire l'ensemble.
Le 21 août, le i®' corps conservait ses emplacements de la veille. Le lo* corps avait son quartier général à Fosse; sa cavalerie, 6" chasseurs d'Afrique et i3* hussards, .était répartie à la garde des ponts de la Sambre, à Floriffoux, Franière, Mornimont, Jemeppe, A la ig" division, général Bonnier, la 38* brigade était entre le château de Taravisée et Arsimont (2), la 37® brigade près de Haut-Vent-du-Boi*
(i) Exposé de six mois de guerre, p. 4 et 5.
(2) D'après le docteur Veaux, En suivant nos soldats de VOuesty. p. 47 et suiv., les 7* et 8® compagnies du 4i* sont dans les boucles de
el de Mazuys. L'artillorio était sur les hauteurs, vers le bois de Ham, la cote 190, la croupe d'Arsimont.
Depuis la veille, on savait que la cavalerie avait pris le contact; des cavaliers allemands étaient entrés à Jemeppe et, dans la soirée du 20, les nôtres avaient laissé au 4i* la garde des ponts de la Sambre (i).
Dans la matinée du 21, on ne signalait nulle part Tenncmi; toutefois on avait entendu la nuit précédente des roulements do voitures vers Spy, au nord de la rivière. A 8 h. 3o, on donnait à la 87* brigade Tordre de s'en rapprocher; des reconnaissances de cavalerie venaient d'être signalées vers le nord.
A 9 h. 3o, on apprenait que i.5oo cavaliers environ s'étaient montrés vers Saint-Martin, au nord-ouest de Jemeppe; 'une forte colonne d'artillerie marchait de Saint- Martîn sur Vclaîne et la cote t83, vers Jemeppe. Puis de l'infanterie descendait vers la rivière par Gcmbloux, Corroy-le-Château, marchant sur Flcurus. Une heure après Spy et Temploux étaient encore inoccupés, mais on savait à l'ouest Tongrinne et Fleurus encombrés de troupes. Avec l'exagération habituelle, les gens du pays parlaient de cent mille hommes en marche sur Charleroi (2).
Vers 10 heures, deux pelotons de uhlans et une centaine de cyclistes attaquaient sans succès le pont de Tamines. Celui d'Auvelais étant également menacé, le général Bonnîer croyait devoir renforcer par un nouveau 'bataillon du 70* celui qui gardait ce pont. Ainsi se manifestait, dès le premier moment, une tendance qui allait nous coû-
Mornîmont ot de Ilam; los 5* et 6« sur la hauteur d'Arsimont; puis le I®' bataillon remplace la 8* compao^nie dans la boucle de Ham el le 2® bataillon est envoyé à Franière et Démange, le tout dès le 20 août. Lo châttniu de Taravisée est au sud de Momimont.
(i) Docteur Veaux, En suivant nos soldats de VOuest, p. 36.
(2) H«notaux, V, p. 266.