PRÉPARATION DE L*OFFENSIVE A LA 5® ARMEE
ter des pertes inutiles. Nous allions consacrer à la défense des ponts de la Sambre une proportion excessive de nos forces, sans en conserver suffisamment pour les hauteurs au sud, beaucoup plus intéressantes.
Les prisonniers signalaient la présence de cinq régiments delîavalerie, dont deux de la garde, trois régiments d'infanterie, un bataillon de chasseurs, deux régiments d'artillerie. Plusieurs batteries s'installaient bientôt sur la hauteur du Bois-du-Guré et canonnaient les fonds de la Sambre. Puis, à 12 h. 45, l'infanterie de la garde tentait une attaque sur le pont d'Auvelais. Ce village et Tamines, dans la boucle aval de la rivière, devenant de véritables nids à projectiles, le colonel du 70® jugeait nécessaire de reporter la défense en arrière, tout en continuant à garder le pont.
A i4 h. 3o, une troisième attaque, opérée en forces, emportait ce passage et le 70® se repliait au sud.
Le pont de Tamines avait été inutilement attaqué; de même celui de Ham restait aux mains du lo* corps. Toute cette région était violemment bombardée. Le général Defforge^, qui avait établi son poste de combat à Mettet, prescrivait à la 20® division (général Boë) de soutenir la 19*. Toutes deux auraient à défendre les pentes au sud de la Sambre (i).
A ce moment, le 3® corps faisait connaître qu'il avait devant lui de la cavalerie, mais que, néanmoins, une brigade était prête à tendre la main au lo* corps vers Gerpinnes et Acoz, au sud de Châtelet.
Les Allemands avaient passé la Sambre à Auvelais et débordaient le 70® (2) à l'ouest. Il se repliait sur Arsimont.
(i) Hanotaux, V, p. 266.
(2) 38® brigade; 71®, 87^ brigade.
On croyait devoir lancer le 71* à son aide (16 h. 3o), avec mission de refouler (( coûte que coûte » l'ennemi au nord de la rivière. Il était trop tôt pour une contre-attaque fructueuse et, en outre, la liaison était insuffisante entre rinfanterie et nos batteries. Cette attaque, prononcée à la chute du jour, échoua. Le 71*, ne pouvant pénétrer dans Auvelais, où Tennemi s'était retranché, chercha inutilement à tourner ce village. La nuit était venue. On se retira sur Arsimont et Aisemont. Ce régiment avait eu 16 officiers et 56o hommes hors de combat.
A la droite du lo* corps, il ne se produisait aucun incident; la gauche ennemie paraissait ne pas dépasser Arsimont. A sa gauche, la cavalerie du^ corps d'armée avait eu l'ordre de se porter vers Le Roux pour maintenir la liaison avec le 3®. Un malentendu (i) survint, et un vide se produisit entre les deux corps, dont le front, comme celui de l'armée en général, était extrêmement étendu.
Après 18 heures, la 20* division se massait vers Presles, Aiseau, dans l'intention de s'engager vers FalisoUe, Aisemont, c'est-à-dire vers l'est, mais ces troupes arrivaient fatiguées par une marche pénible et, d'ailleurs, la journée s'avançait. A la nuit, une brigade fut portée en échelon derrière la 19® division et à sa gauche; une autre demeura en réserve générale.
Sur les entrefaites, le i*' bataillon du 4i* se voyait attaqué dans la boucle de Ham. Le pont de la Sambre, situé au sommet nord de cette courbe, était gardé par une compagnie. Les trois autres restaient en réserve au sud, dans la direction du village qui est à la naissance de la boucle. L'attaque ne venait pas du nord, mais bien de l'ouest, vers Auvelais. L'ennemi utilisait une passerelle imparfai-
(i) Signalé par M. Hanotanx, V, p. 266, sans autre précision.