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CHAPITRE XVIII

RETRAITE DE LA S« ARMÉE ET DES FORCES BRITANNIQUES (24-25 août)

La situation de la 5* armée Je soir du 23 août. — La retraite décidée. — Ordres pour le 24 août. — Le mouvement du i®' corps vers la Meuse. — Retraite du 24. — Le 26 août. — Le lo® corps. — Le 3* coi-ps. — dombats du 24 août. — Le i8* corps. — Le groupe Valabrègue. — L'armée britannique. — Ordres de retraite. — Combats du 24 août. — Le 25 août. — Combats de Landrecies et de Maroilles. — Les résultats.

Le 23 août, dans la soirée, le général Lanrezac savait que la défense de Namur avait pratiquement pris fin. Un officier envoyé au général Michel, le commandant Duruy, rendait compte que les Allemands avaient déjà enlevé les forts du front nord et occupé la ville. La plus grande partie de la garnison avait pu s*échapper, mais Tinfanterie était en désordre et incapable de combattre pour Tinstant. Le général chargeait Duruy d'orienter ces troupes sur Rocroy et de là sur Laon par Lîart. On devait ensuite les rapatrier à Anvers.

D'autre part, Tétat-major de la 5® armée avait appris le passage de la Meuse par une forte avant-garde allemande qui occupait Onhaye. Le i*' corps allait l'attaquer, afin de la jeter dans la Meuse, naais il n'en subsistait pas moins, de ce chef, un motif d'inquiétude grave.

Le général Lanrezac considérait le lo* corps comme apte à une contre-attaque, s'il était nécessaire. Mais le

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3* corps s'était replié sur Walcourt dans de mauvaises conditions et le i8* avait souffert le 28 août. En outre, il allait ne plus être couvert sur sa gauche, par suite de la retraite des forces britanniques sur Maubeuge, Jeulain (i). Les divisions de réserve du général Valabrègue étaient intactes entre le 18* corps et les Anglais, mais que donneraient-elles en cas d'attaque?

Enfin, le général Larirezac apprenait que l'armée de Langle avait été battue le 22 et obligée de se retirer sur la Meuse, découvrant la droite de la 5* armée.

Dans cette situation, après mûre délibération, le général jugeait la retraite indispensable; il en prenait la responsabilité que devait lui reprocher le grand quartier général (2). Ce dernier parut croire que la menace allemande sur la droite de l'armée Lanrezac n'avait rien de sérieux. Il ignorait encore, semble-t-il, ou plutôt faisait abstraction de la IIP armée (von Hausen) qui traversait la Meuse vers le 28 août sur le flanc et même sur les derrières du i" corps. Qui ne croit qu'une pareille attaque, combinée avec celle que des forces très supérieures opéraient alors sur le front de la 5* armée, était de celles auxquelles on ne peut résister sur place sans un désastre?

Après les combats malheureux du 22 et 28 août, une offensive mal conçue, mal exécutée ne pouvait être continuée ni par la 5® armée, ni par les forces britanniques. Défendre nos positions présentes eût été très dangereux ^t la retraite du maréchal French n'en laissait pas la possibilité. Donc il fallait se retirer et la seule discussion

(i) L'ordre de retraite des Anglais serait de 17 ou de 21 heures le 23 août. V. supra, p. 323.

(2) Notamment dans V Exposé de six mois de guerre, p. 6 : « ...Notre -année de gauche battit en retraite le 24 sur Beaumont, Givet, influen- <;éc j>ar la croyance que Tennemi menaçait sa droite ».

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