RETRAZTE DE LA 5* ARMÉE ET FORGES BRITANNIQUES
admissible devait port^ sur les nouvelles lignes à ocr,uper.
Dans la nuit du 23 au 24, entre 21 et 22 heures, le général Lanrezac adressait aux corps d'armée les ordres ci-après. La 5* armée se mettrait en marche le 24 avant le jour, afin de se replier au sud de la ligne générale Givet, Philippeville, Beaumont, Maubeuge. Le i*' corps gagnerait la zone Vireux, Viernes, Marienbpurg, sur le Véronin, affluent de gauche de la Meuse*, en amont de Givet. Le 10® corps s'établirait de Couvin àChimay; le 3* entre Ghimay et Trélon; le i8* vers Solre-le-Château (i),' sensiblement plus au nord.
Le grand quartier général, averti, décidait que la retraite devrait être dirigée de façon que la 5* armée, tout çn prenant son point d'appui de gauche sur Maubeuge, combinât son mouvement à droite avec Tarmée de Langle et à gauche avec le maréchal French, sans doute en retraite vers Cambrai. On cherchait donc à éviter l'enveloppement et à maintenir la liaison entre chacune de nos àrmées> procédé, le plus sûr en de pareilles circonstances, tandis que les Allemands allaient viser, tout en continuant leur manœuvre enveloppante, à rompre notre front et à détruire les fragments ainsi isolés.
Il convient d'ajouter que la retraite du 18® corps sur la région de Solre-le-Ghâteau semblait déjà préjuger de l'abandon de Maubeuge par la gauche de la 5* armée. Etait-il opportun d'abandonner aussi vite une région intéressante à tant d'égards, sans prendre les dispositions voulues pour en évacuer les ressources abondantes, pour ralentir tout au moins la marche de l'ennemi. On peut croire que la résolution de précipiter la retraite de l'armée Lanrezac et des forces britanniques, tout en s'imposant
(1) Hanolaux, VI, p. 20-23.
332 l.A GRANDE GUERRE SUR LE FRONT OCCIDENTAL
dans la nuit du 23 au 2^ août, n'aurait pas dû impliquer un mouvement aussi accentué et aussi prompt. Il y avait un intérêt majeur à le ralentir dans la mesure du possible, afin de donner aux renforts le temps de rallier nos troupes et celles du maréchal French, afin de permettre la continuation des travaux sous Paris, qui étaient alors de la plus lamentable insuffisance (i), quoi qu'on en ait dit.
On se souvient que, dans la journée du 23 août, le général Franchet d'Espérey avait porté sur Anthée la brigade Mangin, détachée du 2® corps. Il lui adjoignait la brigade provisoire de cavalerie du lo* corps, qu'il rencontrait à Hermeton-sur-Biert et qu'il réquisitionnait (i4 h. 3o). En même temps, les deux divisions du i"" corps faisaient front vers la Meuse.
Arrivée à Anthée, vers 18 heures, cette cavalerie recevait ordre de reconnaître la direction de Dinant ainsi que les villages d'Onhaye et de Leune. Un combat s'engagea bientôt, et fut très vif. Vers 2^ heures, l'infanterie enlevait Onhaye à la baïonnette. On s'en- tenait là et la cavalerie revenait à Anthée, où elle passait la nuit (2).
II semble que l'armée Hausen ait été impressionnée paît cette attaque imprévue. A gauche, le XIX® corps remontait lentement la Meuse, sans tenter de la franchir. La droite hésitait à l'ouest de la Meuse; la 32* division (XIP corps), par exemple, se dirigeait, le 2^, vers la route d'Onhaye, puis remontait à Weillen et à Falaën, pour
(i) Nous avons pu nous en rendre compte personnellement dans la zone nord, la plus exposée.
(2) Hanotaux, VI, p. 23-26.