‹ La grande guerre sur le front occidentalChapitre 23 sur 39 · RETRAITE DE LA 5* ARMEE ET FORCES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

RETRAITE DE LA 5* ARMEE ET FORCES BRITANNIQUES

redescendre ensuite sur Morville, où elle arrivait à 22 heures, après une marche très dure, par une chaleur accablante (i)

Dès le soir du 23, la division Boutegourd était en retraite vers Marienbourg. La division Deligny (a*) marchait à son secours sur Morville, quand, le matin du 24, elle recevait Tordre général de retraite. Elle aurait à couvrir la retraite du corps d'armée. Son mouvement s'opérait lentement, avec de longs arrêts sur des positions de repli, sans être aucunement gênée par l'ennemi. Il faisait beau. Le soir, la division cantonnait sur la ligne Agimont^ Vodelée, Groix-Libert, au nord-ouest de Givet. La i" division (Gallet) venait à l'ouest sur Romedennes.

Vers le milieu du jour, le général Franchet d'Espérey prescrivait à la division Deligny de se porter, aussi rapidement que possible, sur le gué d'Hossus, au nord de Rocroi, pendant- que le lo* corps couvrirait la route de Gouvin. Ces dispositions étaient motivées par un changement survenu dans l'attitude de l'ennemi. Il se rendait compte de notre retraite, sans doute inattendue pour lui, et commençait à la presser. C'est ainsi que s'engageait à Marienbourg un « très beau » combat d'arrière-garde, soutenu par le 12 7*, colonel de Fonclare (2).

Le 2^: août, le i*' corps se mettait en marche dès 3 heures, par des routes qu'encombraient les trains régimentaires et surtout l'immense exode des populations apeurées par la sauvagerie teutonne. La division Deligny était désormais flanquée sur sa gauche par la division Boutegourd, qui se dirigeait sur le Cul-des-Sarts et sur Etei-

(i) Hanotaux, VT, p. 28. Cf. Carnets de route de combattants allemands y par J. de Dampierre, p. 26 et 26.

(2) Hanotaux, VI, p. a6.

gnièr^s, au sud-ouest de Rocroi, où elle bivouaquait. La liaison entre les 5* et k^ armées paraît avoir été établie dès le 24 au Mesnil (nord-est de Fumay), par le 8* régiment (2* division) et par la 52* division de réserve (général Coquet).

Malgré les tristesses de cette retraite, si imprévue quelques jours auparavant, le moral du i*' corps restait intact. Un témoin signale" l'arrivée de la brigade Pétain (8* et iio*) dans un village, en très bon ordre, l'arme sur l'épaule. Les soldats, bien que fatigués, avaient fière mine (i).

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Le lo® corps avait reçu, à 21 heures, le 28 août, l'ordre de retraite dans la direction générale de Gouvin. Le mouvement s'opéra, le 24, par Florennes, Philîppeville, Neuville, Marienbourg et Frasnes, au milieu de difficultés analogues à relies que rencontrait le i*' corps. A Philippeville, notamment, l'encombrement fut extrême. Mais l'ennemi ne poursuivait pas en cette première journée, en sorte que la marche, très dure puisqu'elle atteignit 4o kilomètres pour certains éléments, put s'accomplir dans un ordre relatif.

Lç 25, la retraite reprenait avec les mêmes diiiîcultés, mais cette fois les Allemands, enhardis, étaient sur nos derrières. On fît encore 4o kilomètres par Baileux, Bourlers, Forges, Forge-Philippe, La NeuvîUe-aux-Joutes, Any, Bellevue, Les-Vallées. Cet itinéraire tortueux, par des chemins difficiles, était fortement incliné au sud-ouest; il conduisit le 10® corps à Test d'Hirson, sur les hauteurs traversées par la route de Charleville.

(i) Hanotaux, VI, p. 26.

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Cet abandon précipité du territoire national produisait sur les populations le plus déplorable effet, et les conditions matérielles de la retraite n'étaient pas pour adoucir cette impression. L'arrivée des éléments du lo* corps soua Hirson n*eut pas lieu sans désordre. Beaucoup marchaient encore en pleine nuit," alors qu'ils étaiept partis de grand matin (i).

Le 26 août, la retraite reprit avec beaucoup plus de méthode. Un témoin mentionne même son <c organisation merveilleuse », peut-être avec un peu d'exagération. Avant II heures du matin, les troupes étaient reformées, sur la rive nord du Thon, au sud du fort d'Hirson, dont la mise en état de défense était terminée depuis le 23, de Buire à Neuve-Maison, et de ce point vers Etréaupont, sur la rive gauche de l'Oise (2); finalement, l'étatmajor du lo* corps allait à Aubenton.

Le 3® corps, le plus désorganisé, avait ordre de se retirer sur Ohaîn, Fourmies, au sud de Trélon, avec défense d'en partir avant d'y être absolument contraint: L'ennemi n'attaquait pas. Le 24 août, au point du jour, le quartier général du corps d'armée se portait de Silenrieux à Barbençon, à l'est de Beaumont. La division Bloch, déprimée, marchait péniblement. On détachait, dit-on, deux groupes d'artillerie vers Fontenelle, pour servir de flancgarde au corps d'armée (3), disposition assurément imprévue. Vers 4 h. 3o, la division Verrier était engagée à l'ouest d'Hanzinelle dans un combat qui, « faute de liai-

(i) Cf. Hanotaux, VI, p. 27, d'après les notés inédites d*un témoin d*Hirson.

(2) Elles paraissent même avoir pris leurs dispositions de combat. Cf. Hanotaiix, VI, p. 27, 3o.

(3) Hanotaux, VI, p. 3o.

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son entre les armes », tournait mal. Plusieurs batteries étaient perdues.

Il fallait que le commandant de l'artillerie du corps d*armée, général Rouquerol, soutînt la retraite avec les éléments d'infanterie et d'artillerie qu'il pouvait grouper un peu au hasard sur la grand'route, entre Boussu-les- Walcourt et Barbençon, vers la cote 24o.

De 9 heures à i3 heures, la situation fut pénible. Puis, vers i5 heures, elle prit une meilleure tournure. Le capitaine Dhé, de Tétat-major du corps d'armée, s'était mis spontanément à la disposition du général Rouquerol. On put réunir ainsi cinq ou six régiments d'infanterie et autant de groupes d'artillerie dans la région Silenrieux, Fontenelle, Castillon, Erpion et l'on couvrit ainsi la retraite.

La division Muteau s'était mise en marche à l'aube, sous la protection d'une forte arrière-garde. Cette colonne, ramenant tous les éléments restés en arrière, arriva dans la région de Clermont-les-Walcourt (i), à la gauche du groupement Rouquerol.

La division Verrier eut peine à atteindre la ligne de Maçon à Trélon, sur la route de Chimay à Avesnes. Vers le soir, la division Muteau fut prise à partie par des batteries à cheval et des forces de cavalerie. Elle arriva néanmoins à la lisière ouest de la forêt de Rance, à l'est d'Avesnes. Les soldats étaient si épuisés de fatigue qu'ils dormaient en marchant.

Le 25 août, la retraite du 3* corps continuait avec plus d'ordre vers la région de Fourmies, Anor. Ordre était donné de gagner le 26 la zone de La Flamengrie, Clairfontaine, Sommeron, au nord, à l'est et au sud-est de La

(i) Hanolaux, VI, p. 3o-3i.

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