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RETRAITE DE LA 5* ARMÉE ET FORCES BRITANNIQUES

Capelle. La division Verrier couvrait ce mouvement par Moustier-en-Fagne, Baives, Maçon vers Momignies. A dater du 25 août, la division Muteau quittait le 3® corps pour être rattachée au i8*. Elle traversait la forêt de Trélon, pour gagner Rainsars, oîi elle servait de liaison entre ces deux corps d'armée (i).

Le i8® corps était le 2 4 au matin «dans la région de Beaumont, Strée, Ragnies, au sud de Thuin et de la Sambre; le groupe Valabrègue à sa gauche^ sur cette rivière, la droite à Hautes-Wihéries. Suivant Tordre daté du 23 à 22 heures, le 18® corps se mettait en mouvement sur deux colonnes, en bon ordre et sans avoir à combattre. Il gagnait ainsi la région à Test d'Avesnes.

Le soir, la 35® division était vers Sémeries; la 36® de Ramoussies à Willies; Tarrière-garde à Solre-le-Château. Ainsi la 5* armée s'échelonnait de l'ouest à l'est, la gauche en avant, d'Avesnes vers la Meuse.

Le 18® corps avait devant lui le i®' corps de cavalerie allemande, général von Richthofen, qui allait être le 25 à Solre-le-Château et à Sars-Poteries. Le même jour, le 18® corps, renforcé de la division Muteau et d*un groupe de quatre batteries de i55, se portait au sud-ouest. La marche était très pénible, au travers des populations en fuite. Certaines unités avaient perdu leur cohésion, pour des raisons plutôt morales que matérielles. L'ennemi se montra peu mordant, sauf à la 35® division, qui fut attaquée au passage de la Petite Helpe. Le 67® repoussa cette attaque, mais la colonne n'arriva que vers minuit aux cantonnements de Beaurepaire à Floyon.

(i) Hanotaux, VI, p. 3i-32.

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Après un engagement auquel prenait part la 53* division de réserve, le groupe Valabrègue se retirait le 2^, en longeant les fronts est et sud de Maubeuge. Le 25, il continuait la retraite par Dompierre, au nord-ouest d^Avesnes; le quartier général allait à Prisches, au sudouest. Dans la journée, la division de cavalerie de la garde nous enlevait Marbaix; la 53® division appuyait les Anglais attaqués de nuit à Maroilles, à Test de Landrecies. On avait été obligé de débarrasser les routes des foules démoralisées, qui les suivaient en propageant des nouvelles désastreuses (i). La réalité n'était-elle pas suffisamment déplorable?

Le corps de cavalerie avait bivouaqué, du 23 au 2^, vers Beaufort, au sud de Maubeuge. Il repartait le 24, malgré l'extrême fatigue de tous, et se dirigeait vers Avesnes, Dompierre. Venu à Beaufort, le maréchal French demandait au général Sordet de couvrir sa retraite. Ce dernier n'avait pas de peine à montrer qu'une résistance de front, tentée par le corps de cavalerie, ne mènerait à rien, mais qu'en se portant à l'aile gauche, il pourrait faire œuvre utile. Le maréchal finit par se ranger à cette manière de voir, mais la fatigue de nos escadrons était telle que le mouvement du corps en devait être forcément ralenti. « Nos chevaux ont leurs fers si usés, écrit un témoin, qu'on dirait des feuilles de papier. Les maréchaux sont admirables. Quand nous rentrons, vannés, affamés, fourbus, ils ferrent, eux, malgré leqr fatigue, ils ferrent sur les routes pendant les moindres haltes, ils ferrent à la lueur d'une bougie )> (2). Le 26, le corps de cavalerie reprenait son mouvement, cette fois vers le sud-ouest.

(t) Hanolaiix, VI, p. 32-33.

(2) Ouy-Vcrzanobr€S, p. 27.

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sur Walincourt, entre Cambrai (i) et Bohain, à travers Tarmée britannique en retraite, non sans apporter une gêne extrême à leurs mouvements réciproques. On aurait pu éviter la majeure partie de ces fatigues à ces divisions, au lieu de les épuiser avant l'heure, sans le moindre profit.

Les Allemands paraissent avoir été surpris par l'apparition de l'armée britannique vers Mons. Un ordre du X* corps de réserve, daté du 24 août, annonçait le débarquement de ces forces à Calais et à Boulogne, en route pour Bruxelles (i). Les IV® et II* corps, le IV* corps de réserve accouraient à marches forcées pour renforcer les IX* et HP corps déjà engagés contre 4es Anglais.

Le maréchal French décidait de masquer sa retraite par une contre-attaque (24 août). Le i®' corps couvrirait la retraite du 2*, en faisant une forte démonstration vers Binche. La 2* division, partie des environs d'Harmignies, affecta de vouloir reprendre cette petite ville. Elle fut appuyée par l'artillerie des i'* et 2* divisions, tandis que la i"* prenait position pour la soutenir, au voisinage de Peissant. Pendant cette fausse attaque, le 2* corps se retira sur la ligne Dour, Quarouble, Frameries, au sud-ouest de Mons. A la droite de ce corps d'armée, la 3* division subit des pertes considérables, l'ennemi ayant pris Mons.

Le 2* corps s'arrêta sur cette ligne, où il commença de se retrancher, ce qui permit à sir Douglas Haig de rame-

(i) Une division territoriale qui couvrait Cambrai se retirait en grand désarroi sur Arras et Bapaume. Le général d'Amade avait son -quartier général à Arras (Ouy-Verzanobres, p. 28-3o).

(2) Cf. le texte, Hanotaux, VI, p. 36.

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ner peu à peu le i* corps sur sa nouvelle position. Il y parvint sans beaucoup de pertes; vers 19 heures, le corps d'armée atteignait la ligne Bavai-Maubeuge. A partir de midi, rennemi avait paru diriger son principal effort contre la gauche britannique.

Le maréchal French avait déjà ordonné au général AUenby d'agir vigoureusement avec sa division de cavalerie en avant de cette gauche, de façon à réduire la pression qu'elle supportait. Vers 7 h. 3o, le général reçut de sir Charles Fergusson, commandant la 5* division, un message portant qu'il était très vivement pressé et avait grand besoin de secours. La cavalerie eut des ordres en conséquence.

Au cours des mouvements qu'elle opérait, le général de Lîsle crut voir une occasion favorable de paralyser l'attaque de l'infanterie allemande, en chargeant dans son flanc. Il déploya la 2^ brigade et la mit au galop, mais elle se heurta contre une clôture en fil de fer, à 5oo mètres environ de l'objectif. Les 9' lanciers et 18* hussards eurent beaucoup à souffrir dans la retraite qui suivit (i).

La 1 9* brigade d'infanterie avait été laissée à la garde de la ligne de communications. On la transporta par voie ferrée à Valenciennes les 22 et 28 août. Le matin du 2^, elle prit une position au sud de Quarouble, pour soutenir le flanc gauche du 2^ corps. Grâce à cet appui et à celui de la cavalerie, sir Horace Smith-Dorrien put effectuer sa retraite sur une nouvelle position. Ce ne fut pas sans de lourdes pertes, car deux corps allemands l'attaquaient -de front, un autre menaçant son flanc.

A la nuit, le 2^ corps était à l'ouest de Bavai et le i**

(i) Rapport French du 7 septembre 1914. La 2® brigade comprenait les 4® dragons, g® lanciers et 18® hussards.

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corps à la droite. Celle-ci était couverte par Maubeuge, et la gauche par la 19* brigade, établie entre Jeulain et Bry, au sud-est de Valenciennes, ainsi que par la cavalerie à Textrême gauche.

La retraite prolongée de la 5* armée laissait l'armée britannique sans autre appui que la place de Maubeuge. De plus, l'ennemi faisait visiblement tous ses efforts pour déborder sa gauche et l'encercler autour de cette ville. Le maréchal French jugea très sagement qu'il ne restait pas un moment à perdre pour se retirer.

Il avait tout lieu de croire les forces des Allemands momentanément épuisées; il savait que leurs pertes étaient grandes. Il en conclut que, sans doute, la poursuite ne serait pas assez vive pour l'empêcher de réaliser son projet de retraite.

Néanmoins, cette opération présentait de grosses difficultés, en raison non seulement de l'effectif très supérieur de l'ennemi, mais aussi de la fatigue des troupes britanniques.

Le mouvement reprit de grand matin le 25 août. L'objectif était une position dans le voisinage du Câteau. Les arrière-gardes durent avoir débarrassé à 5 h. 3o la route de Maubeuge à Bavai et à Ethe.

Deux brigades de cavalerie, jointes aux escadrons divisionnaires du 2® corps, couvrirent la marche de ce- der- nier. Le reste de la division et la 19®. brigade d'infanterie, le tout sous les ordres du général ÀUenby, protégèrent la gauche.

Sur les entrefaites, la 4® division (3* corps britannique) commençait de débarquer au Câteau le 23. Le matin du 25, l'état-major de la division, onze bataillons et un groupe d'artillerie étaient disponibles. Le général Snow reçut ordre de prendre position, sa droite au sud de

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Solesmes, sa gauche sur la route de Cambrai au Câteau, au sud de la Chaprie. Il put ainsi grandement faciliter la retraite des a** et i" corps sur leurs nouvelles positions.

L'ordre du maréchal French portait qu'ils occuperaient le front Landrecîes, Le Câteau, Cambrai et des travaux avaient été commencés le 25 août sur cette ligne. Mais le maréchal reçut des informations montrant que Tennemi accumulait des forces en face de lui, ce qui l'amenait à croire imprudent un arrêt sur les emplacements indiqués.

La continuation de la retraite de l'armée Lanrezac, la tendance constante du corps de droite allemand, le IP, à déborder la gauche britannique étaient de nature à justifier cette décision, malgré la fatigue des troupes du maréchal. Il décida donc finalement de faire un grand effort, de continuer son mouvement jusqu'à ce qu'il put mettre un obstacle sérieux, tel que la Somme ou l'Oise, entre ses troupes et l'ennemi. Ordre fut donné aux commandants de corps d'armée de reprendre aussitôt que possible la marche rétrograde vers la ligne générale Vermand, Saint-Quentin, Ribemont, la droite devant être à l'Oise et la gauche au plateau du Santerre.

La cavalerie du général AUenby dut couvrir cette retraite.

Dans la journée et tard dans la soirée du 25, le i*' corps continua de marcher sur Landrecies, en longeant la lisière est de la forêt de Mormal. Il atteignit cette petite ville vers lo heures du soir. L'intention du maréchal était que le corps d'armée appuyât vers Touest, de façon à combler le vide entre Le Câteau et Landrecies, mais la fatigue des troupes obligea d'y renoncer.

D'ailleurs l'ennemi ne les laissait pas en repos. Vers 21 h. 3o, on apprenait que la /|* brigade des gardes, à Landrecies, était violemment attaquée par des éléments

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