LA GRANDE I TA L 1 ES N K
pas plus disposé à fléchir devant les uns que devant les autres. 11 fit entendre des paroles menaçantes, et le prince, intimidé, baissa la tête. Mais celait moins devant le Pape que devant les événements : la Thuringe et la Saxe venaient de s'insurger conlre lui. Ainsi pressé par les circonstances, il écrivit au Saint-Père, pour implorer sa clémence et l'assurer de son repentir. Tant d'humilité surprit Grégoire lui-même, et la joie orgueilleuse qu'il en ressentit lui dicta ce message à Matliilde : « Apprenez que le roi Henri vient de nous adresser une lettre pleine d'humilité et d'obéissance, et telle que nous n'avons pas mémoire que ni lui ni ses prédécesseurs en aient jamais écrit de pareille à des pontifes romains (1). »
Mais le langage de Henri était aussi variable que ses affaires : il se courbait et se relevait avec les événements. Vainqueur eu Saxe ou en Thuringe, il prenait vite avec Home le ton d'un vainqueur. Essuyait-il un échec, il s'adressait à Matbildc, sa cousine, pour qu'elles usassent, elle et sa mère, de tout leur crédit auprès de Grégoire. C'est ainsi qu'il charge lu comtesse de remettre au Saint-Père une
(1} o Heiiricimi regem, [ir:L l i>i srh> dulivdim' i l oWk'iHi.i plcna nobis verha niinissi' il Uli.i i| Li;.l.n iirtjiu- ipsuni ncqup nniccessores euos rerordnimir romanis poniifkilius miiissi?.» {li/iifi. XXX, 1.1".)
lettre qu'il terminait par ces mois : « El ce que je vous mande, que personne ne le sache excepté vous, ma tante lîéatrix et sa fille Malhilde (I ). •>
Tout ce que voulait Henri , c'était de gagner du temps. Son message annonçait au Pape dès messagers, hommes pieux et sages, qui devaient l'entretenir, de sa part, et s'employer à ce que la paix ne fût point troublée. Mais le Pape, au bout de quelques jours, ne les voyant pas venir, écrivit à Mathilde : « Nous ne pouvons consentir à un plus long délai ; ce n'est là qu'un expédient, et l'honneur de saint Pierre, comme le nôtre, nous défend de nous y prêter (2). »
Maintenant écoutons le poêle : « (Irande était, dit-il, la tristesse de Malhilde et de Béatrix, qui, toujours liées d'un saint amour au pontife romain, voyaient avec horreur la perfidie de l'orgueilleux monarque (3). »
|1) « Hoc: aiilem quod mando. iieniinem sdre vola prrctenos. dominant matronuiiie imam, ati|tic amitani Reiitrirrm et llliani rjus MaUiïldcm.»
(2) « (JiiBpropIcr vos seirf uilutuits nus luiir pctiliimi iiullali'mis conseil suros, qnoDiam quod modo invcnlum est. non videtnr Bear» l'etro ao nobis houor.il ii le irlle rjus utilitnti provenire. » (Eplit. XXIX.)
(3) Trislïs iiidc satis Malliildis eraiitqiifi Beatriv
Qua? dominum Panam Hugrantem srniprr amabant; PerMani régis di'lestnvrre lumeiitis. ■ ■ ■
Doiinizo.