I.A GRANDE ITALIENNE
trouble, il dit au Pape que les princes et seigneurs attachés à lui se trouvant absents pour la plupart, aussi bien que ses accusateurs, on n'ajouterait pas grande foi à ce qu'il aurait fait. Il pria dotie le pontife d'ajourner l'éprouve jusqu'à !a dièle générale, (îrégoire, sans le presser davantage, acheva la messe. Dénoûmcnt digne d'un si grand drame :
cette fuite de l'Empereur devant l'hostie que la main du Pape lui tendait frappa les peuples comme s'il fût tombé mort en la recevant.
Si le chapelain de la comtesse fut à portée d« voir de ses yeux plus d'un fait d'intérieur qu'il nous rapporte, de son côté le chapelain de l'Empereur, nommé Bcnzo, semble avoir élé, dans ces tragiques scènes de Canosse, un personnage de eomédie assez bouffon, On nous le représente dans l'ombre, soufflant à l'Empereur le rôle qu'il devait jouer devant le Pape, lui recommandant de ne pas s'épargner les grands coups dans la poitrine , et de tirer de ses yeux le plus de larmes qu'il pourrait. Ce bon con-
cum suis fiimilinrilius n'cri'Utin ;i miiliiluilii)-;'. cmiforre, et quid faeto opus esset consulere. - (Lambert d' Ascii.}
Il ermvient de faire remarquer que Domnizo ne rapporte point celte scène de lit communion. Il se borne ;'i dire que le Pape (■limita la messe et ilmm.i I hoslrc sainte à l'Empereur. I,e silence du chapelain de Canosse. qui dut assister à cette niesse du Pape, est un fait assez significatif pour être noté.
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seiller engageait son maître à patienter durant ces trois jours qu'il resta les pieds nus dans la neige; et, pour lui donner courage, il comparait aa dure pénitence aux travaux d'llercule{l).
Après la messe, le Pape invita l'Empereur ù dîner, et, l'ayant instruit à loisir de ce qu'il avait à faire, il le renvoya en paix vers les siens, qui étaient restés au dehors.
Cette suite de Henri se composait d eveques lombards et autres, eu grande partie excommuniés, do princes et de vassaux italiens, eu guerre ouverte avec le Saint Siège, et qui ne pouvaient trouver leur compte au rétablissement de la paix. Cette troupe était donc mal disposée, qgaud un légat vint leur apprendre ce qui s'était passé. Ils le reçurent, dit le chroniqueur, avec des rires dédaigneux et force moqueries, et ils n'épargnèrent pas non plus le monarque pénitent :
« Ijl conduite du roi, s'écrièrent-ils tous, l'a couvert d'opprobre; il a déshonoré à jamais son nom, en soumettant sa puissance royale à un hérétique , à un homme infâme, en le reconnaissant pour le défenseur du droit et de la discipline ecclésiastique. C'est un outrage à la foi catholique; Henri a com-
(I) Lambert d'An*.