‹ La grande italienne Mathilde de ToscaneChapitre 18 sur 46 · M LA GRANDE ITALIENNE · texte numérisé non relu

M LA GRANDE ITALIENNE

promis à la fois la dignité de l'Église et l'honneur de l'État. » Us s'exaltèrent si bien, que ce furent eux qui parlèrent à leur tour de déposer Henri, de placer sou jeune fils sur le trône et de marcher sur Home pour y faire un autre pape et y couronner leur nouvel Empereur.

Henri tenta de les apaiser en leur envoyant force messages, et leur faisant entendre qu'il n'avait fait que céder à de dures nécessilés, mais qu'une fois sorti d'embarras, il aurait sa revanche. Ses adhérents se séparèrent sans vouloir prendre congé de lui ; un prince dégradé n'a plus d'amis. L'indignation qui venait d'éclater parmi les grands fut contagieuse, et l'Empereur, en sortant de Canosse pour aller à Reggio, rencontra dans tout son parti un accueil glacé, des visages dédaigneux. Des villes lui refusèrent leurs portes, il fut obligé de camper hors des murs Personne ne se porta à sa rencontre ; c'est à peine s'il obtint de quoi subvenir à ses besoins il).

Tant d'affronts n'étaient pas nécessaires pour décider Henri au\ représailles, et voici ce qui no

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CAroH. Hirtgan., a on. I07i! : «Omnes ira ci indigiiniiDiupemioti, freinera in eum deulibus tœpenint, »

passa bientôt, selon le récit du chapelain de Mathilde. Quelques jours après son départ de Canossc, Henri, se trouvant a Bibianello, à quelques milles de là, « dire à Grégoire qu'il souhaitait fort de s'entretenir encore avec lui. ■ Le pontife, sans défiance et sans fiel, dit le poète, descendit de la haute tour, et la comtesse le suivît. Eu l'abordant, le roi, plein île ruse, adressa force discours au Saint-Père, et lui proposa, comme de luï-mÈmc, d'assembler un conseil au delà du Pô, ce à quoi le Pape applaudit, ainsi que Mathilde. Pourquoi le roi avait eu cette pensée, c'est ce que ne soupçonnaient pas ces deux illustres personnes. Ce que voulait Henri, c'était de leur faire passer le fleuve, de livrer le Saint-Père à quelques gens qu'il avait apostés, et si la comtesse s'avisait de le suivre, eh bien ! do livrer aussi la comtesse. C'était à force de cajoleries qu'il espérait en venir à ses fins. Mais le Christ, celui qui voit tout, ne souffrit pas ce noir forfait. Déjà le vénéré Grégoire et la très-bonne, dame Mathilde aussi avaient passé le Pô dans l'espoir d'arriver à une véritable paix, quand un messager les atteignit p| dévoila la ruse du roi et son intention de trahir le Pape. A celle nouvelle, ma prudente maîtresse donna l'ordre aux siens de rétrograder, et chercha ii la liiilc, avec le Pape, un refuge dans les mon-

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