HO LA GRANDE ITALIENNE
peuple pressa le pontife avec véhémence de se rétâcher en quelque chose à l'égard du roi; mais Grégoire resta immobile et sourd à ces aveugles prières, n Les esprits s'aigrirent contre lui, et ne trouvant plus de sécurité dans la ville, il se retira dans le château Saint-Ange avec ceux dont il était sur.
Au milieu de ces grandes scènes de l'histoire, se présente un épisode. bizarre où l'on retrouve l'enfance du moyen âge et les ruses naïves des temps barbares. Il paraît que les Romains, dans leurs pourparlers avec Henri, lui avaient juré qu'ils obligeraient Grégoire à le couronner empereur ou qu'ils éliraient un nouveau pape. Grégoire, quand il fut informé de cet engagement, voulut dégager ses sujets de ce serment téméraire, et proposa de donner à Henri la couronne impériale, suspendue à un (il par une fenêtre du château Saint-Ange. Il voulait éviter, par cette pieuse ruse, de joindre à ta couronne l'onction pontificale; mais l'Empereur ne se prêta pas à celte singulière comédie. Faut-il tenir compte de ce récit peu vraisemblable? C'est un fait que les chroniqueurs rapportent , mais que rien d'authentique ne garantit.
Nous retrouvons Grégoire digne de lui-même et dans toute la hauteur de sou génie et de sa foi au
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milieu du concile où sa voix se lit entendre pour la dernière fois. L'Empereur , au mépris de sa promesse, avait arrêté au passage tous les évêijues dont il ne se croyait pas sûr. Les partisans de Grégoire s'étaient vus forcés de rebrousser chemin (I). Le Pape n'en ouvrit pas moins le concile dans le château Saint-Ange (2).
Tous ceux du temps nous disent <jue la parole puissante et pathétique de Grégoire y tint toute l'assemblée captive pendant trois jours. « Ses discours furent plutôt d'un ange que d'un homme, et le troisième jour , toute l'assemblée fondit en pleurs (il). » Cependant la fermeté de Grégoire ne fléchit pas sous l'émotion ; île nouveau il voulait excommunier l'Empereur pour avoir arrêté les évêques qui se rendaient au concile, il ne céda qu'à graud'pcine aux prières des assistants.
Henri, après quelques mois de séjour dans la haute Italie, avait reparu devant Home pour la quatrième fois (4). La ville, à bout de constance et désunie, ne se défendait presque plus. L'Empereur était
(1) Tous les évoques allemands furent iirri-lt-s; beaucoup rte rlerrs ou rte moines furent maltraites et retenus prisonniers.
(2) Il s'était déjà retiré, en effet, dans le château Saint-Ange lorsque le eotieilc s'assembla.
(3) <■ Ore nu n humann sert angelico. u {Lalib. X, Ml.)
(4) AucomiiieiioemeutdelOlM.