QUATRIEME PARTIE
Au moment où Grégoire VII mourait, les affaires de l'Italie reprenaient un meilleur aspect. Mathilde, depuis sa victoire de Sorhara, avait partout ressaisi l'avantage; les villes rebelles étaient, la plupart, rentrées dans le devoir; sa merveilleuse activité, mettant à profit toule chante heureuse, avait précipite ce grand retour. Repentante comme la fortune, l'ingrate Lucques rouvrit ses portes à sa souveraine, et fit éclater sa joie en la revoyant. La comtesse rentra, tout, attendrie, dans la ville où sa mère avait vécu , dans la maison pleine de souvenirs. L'évéque indus fut expulsé de Lucques et le lidêle Anselme y reprit son siège épiscopal,
i,a mort de Grégoire fut sans doule pour Mathïldo une grande épreuve; mais, si femme qu'elle fût par le cœur, elle élait de force à porler une pareille blessure. I/hpmme mourait, mats la cause vivait, et c'était un dépôt sacré qu'il s'agissait de défendre.
Le temps ne nous a pas transmis les dernières instructions de Grégoire à sa fille, mais les contemporains disent que des messagers allaient fréquemment de l'un à l'autre; que le Pape, en expirant, envoya à Mathilde une bénédiction dernière dans des termes particuliers et touchants.
« Il espère, nous dit le poète confident, que Dieu accordera enfin la paix à la chère fille de Pierre (Jiliole Pétri), à la servante fidèle du Christ. II multiplie ses lettres, ses exhortations; il la conjure surtout de ne jamais abandonner les maximes de Grégoire, de les pratiquer jusqu'au bout, de ne s'en écarter en rien. Puis il lui envoie le pardon pour ses fautes, la bénédiction pour ses mérites. Les messagers de Grégoire vont à tout instant vers Mathilde, des courriers partent nuit et jour. •
Le pontife expirant recommanda d'attendre que Mathilde fût présente pour l'élection de son successeur; il semblait dire à ce successeur, quel qu'il fût, de s'éclairer aux conseils de la fille de Pierre, comme lui-mSme L'avait Tait.
Une autre mort suivit de près celle du grand homme : l'évêque Anselme succomba sous le poids des années et des grands travaux. Ainsi Mathilde perdait coup sur coup les deux hommes sur qui elle s'était appuyée; mais elle en était venue à pouvoir
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