‹ La grande italienne Mathilde de ToscaneChapitre 26 sur 46 · JIM II 11.0 K 1)E TOSCANE · texte numérisé non relu

JIM II 11.0 K 1)E TOSCANE

s'appuyer sur elle-même. Anselme mourut au moment où if allait ceindre la tiare, car Grégoire l'avait désigné parmi les plus dignes. Il avait, du fond de sa retraite de Salerne, nommé Anselme son vicaire apostolique en [.ombardie ; au lit de mort if lui avait envoyé sa mitre pontificale (1). Les préférences connues de Mathilde, son intervention discrète mais puissante, tout fait présumer que levôques de Lucques l'eût emporté sans peine sur ses compétiteurs.

C'était tout ensemble un homme de gouvernement et de sainteté; livré aux austérités de l'ascétisme, ■ il traitait son corps comme on traite un ennemi (2). » Mêlé à toutes les affaires du siècle, Anselme y portait une pénétration vive, une sagacité tout italienne. Génie religieux, comme Grégoire, il possédait de plus , comme lui , le génie politique de son pays ; lo poélo l'appelle, avec un rare Ijonheur, » l'ange du grand conseil (3). ■ Cet ami de Mathilde fut aussi le plus grand lettré de cette époque; sa plume, qui, nuit et jour, travaillait à

(1) On attribuait ii celle mitre de Grégoire le don des miracles. AiiH'lmc i>asj;iii l'pik'mi'iit [unir <i<\ avoir operë plusieurs, (ï) Corpus macerabnl ut hostem.

Dohmzo.

,3, Consilii mapii angélus...

LA GRANDE ITAUBNN

l'interprétation des Ecritures, était toujours prête à la lutte contre l'antipape et l'Empereur (1). Ainsi apte aux. sciences divines et humaines, il fut, auprès tle Matliilde, son ministre, son théologien , et même son médecin. ■ La très-noble et très-puissante dame Malhilde, nous dit un des chapelains d'Anselme, fut maintes l'ois guérie île divers maux pur sa seule bénédiction : c'est elle-même qui nous l'a bien souvent assuré. Elle sentait sortir de lui, disait-elle, comme une force du dedans, à ce point mie le ma! semblait fuir rien qu'à son geste ou à son toucher (2). Anselme était en train d'écrire pour Matliilde un commentaire sur les psaumes, et au moment où sa main traçait ces mots de Jacob au lit de mort, bénissant Israël : llcncdkiitius illi, le saint évèquc rendit son âme à Dieu. Ce fut, dit un contemporain, dans un sentiment tout patriotique, la bénédiction d'Anselme descendant sur l'Italie entière (3). •

C'était, en effet, comme un moment do liéné- ■ diction : la Toscane et les Étals de Matliilde, délivrés des fléaux de la révolte cl de l'invasion, comf1) Opra Ansérni luùtnsti epiteop. ;ï) PriiifeitZIario.

(a) Beiii'ilii-liu super llaliam ujiiu'KHiiidi'sri'tiilil. (// l'eullm-

hatkii.de de toscane. isa montaient à refleurir. Aussi active et aussi grande dans la paix que dans la guerre, la comtesse mit à profit cette paix, qui notait qu'une trêve à ses jeux, pour réparer à la hâte les maux causés par les armées ennemies et par le schisme. Les bandes germaniques avaient passé et repassé sur la Toscane et la Lombardie; on peut donc se liguror en quel état ces étrangers laissaient le pays : c'était partout d'efl'royables dévastations. Grégoire et Mathildo avaient une aversion commune pour ces if or tares d'au delà des monts, comme ils les appelaient, et dont la grossièreté devait choquer les instincts de la race et do la société italiennes.

Tout le parti de l'antipape avait également étendu ses fureurs sur les domaines de Mathildo. Klle trouva donc de quoi occuper parlout son génie actif et réparateur. Les documents contemporains nous la montrent allant de ville en ville, tantôt à l'ise, tantôt à Lucques, a Florence, à Sienne, à Mantoue, rendant la justice, ordonnant des travaux, traçant des roules, construisant des digues, des écoles, des hôpitaux. Elle était accompagnée de ses gens de justice, de ses ingénieurs, do ses notaires, de ses témoins (I). Elle n'avait pas craint, nous l'avons vu,

(I) On dùaifiiii' par eu mut l\:ijy ijui é loi eut prés culs à iasiguature des chartes.

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