‹ La grande italienne Mathilde de ToscaneChapitre 4 sur 46 · IG LA GRANDE ITALIENNE · texte numérisé non relu

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on partage l'immortalité. C'est de ce jour, en effet, et de cette inspiration d'Hildebraïui que date la cérémonie de lu messo que l'on appelle l'élévation.

Cette grande affaire s'achevait à peine qu'Hildebrand eut à remplir d'autres missions. Partout où surgissait une erreur, un péril, une menace, on voyait apparaître Hildebrund chargé de rétablir l'ordre ou la paix. Il était absout quand mourut le pape Victor 11, et l'élection se fit sans lui. Ce fut sur un ennemi do l'Empereur que le nouveau choix tomba. Cette élection pouvait tout compromettre et engager la lutte avant le temps. Mais le danger fut écarte par la mort imprévue du Pape. Bien qu'il eût recoin mandé, eu expirant, qu'on attendit le refour d'Hildebrand, les puissants comtes de Tusculum se hâtèrent do mettre sur le trône apostolique un évoque de Vclletri, leur créature, qui s'était aidé de sou or pour y parvenir et qui s'y maintint par la force.

Hildebrand accourut d'Allemagne à la nouvelle do ces désordres, qui présageaient le retour des tristes temps où la tiare était aux caprices d'une Marosie. Il arriva appuyé par l'Allemagne et lit élire levèque de Florence, sous le nom de Nicolas 11. La situation était délicate : ou avait besoin de l'Empereur pour écarter l'antipape, les circons-

HATH1LDE DE TOSCANE. Il

tances voulaient qu'on le ménageât; on députa donc vers lui pour obtenir la confirma lion du chois : c'était une démarche humiliante, que la politique d'ifildebrand subissait pour la dernière fois.

Jusqu'alors l'élection s'était faite par le peuple assemblé; mais le bas clergé, par son manque de lumières et sa corruption, y exerçait trop souvent une fâcheuse influence: le peuple venait de prouver, par son dernier choix, ce que l'intrigue et l'or pouvaient sur lui. Hildehrand fit adopter et décréter un nouveau mode d'élection qui devait la remet- Ire aux mains des cardinaux (I).

En même temps qu'Ilildebrand procédait ainsi aux réformes intérieures de l'Église, il travaillait à

des Normands au midi de l'Italie lui donna des auxiliaires inattendus. Il lit servir celte alliance,

(i) Voici le décret qui fui adopté dons uni' as semblée ilo cent t roi H 1 évoques i'i [imimiijjm'- |iîj1' >i colas II :

- Pions ordonnons ijue, le p.npc venant à mourir, les evequescardinaux . avant tout, traitent entre eu\ île l'élection , qu'ils y appellent, après, les olci'cs-ranlintui\ et que le peuple Ct le clergé ensnitr y apportent leur ronscnleuient , prenant garde surtout qiLi> le poison de l:i icnalité ne se glisse quelque pari; que les hommes les plus piein dirigent IVIivIinii cl conduisent les autres; que ce soit dans l'figlise île lioiue que l'un choisisse d'abord, s'il s'y rencontre un sujet assez, di^iie; sinon, que l'on prenne dans quelque outre, sauf l'honneur qui esl dii à notre elier lils Henri, présentement roi.»

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nouée avec lant de dextérité, à tenir l'Allemagne en respect. Il l'employa d'abord à châtier l'aristocratie romaine; une armée normande appuya les réclamations des pontifes dans la Campanie, sur les territoires de Préneste, de Tusculum, et fit rendre au domaine de saint Pierre les possessions que la violence en avait arrachées.

Nicolas II mourut au bout de deux ans (I), et ce fut encore une occasion de troubles ; la question était de savoir si le nouveau mode d'élection serait accepté. Les cardinaux choisirent Anselme, évêque de Lucques, qui prit le nom d'Alexandre II; mais la noblesse romaine et une partie du peuple résistèrent et s'adressèrent à l'Empereur, qui fit élire, à Bàle, l'évêque de Parme , Cadalous. Comme la plupart des évêques lombards, alors en guerre ouverte avec l'autorité apostolique et livrés à tous les excès que la réforme poursuivait, l'évêque Cadalous ne jouissait pas de la plus sainte renommée. Plus d'un auteur le qualifie «d'homme vil, réceptacle de vices et de péchés. » Si l'Église eût plié dans cette circonstance et subi un pareil chef contre l'autorité des décrets, c'en était fait de son indépendance; elle eût perdu en un instant tout le terrain qu'Hil-

(1] En 1061.

HATHILDE DE TOSCANE.

debrand avait conquis. Aussi ce dernier n'hésita pas à maintenir l'élection d'Alexandre 11, qui prit naturellement pour ministre l'homme dont l'autorité décidait en tout du gouvernement de l'Église(I).

Hildebraud, plus puissant que jamais, poussa, avec toute l'ardeur dont il était capable, la guerre qu'il avait entamée déjà au sein de l'Église. 11 poursuivit la simonie et les dérèglements du clergé en Lombardie, à Florence, au mont Cassin. Ici se rencontre dans la vie d' Hildebraud un incident particulier dont on s'est peut-être trop prévalu contre lui : c'est sa rupture avec l'un des plus sévères et des plus énergiques champions du Saint-Siège , le célèbre Pierre Damien. Unis longtemps par les mêmes vues, tendant de cœur au même but, ils tombèrent en désaccord sur quelque poïut qui est ■ resté obscur pour les historiens , et qui s'éclaire naturellement quand on regarde au caractère et au génie spécial de ces deux hommes. Pierre Damieu, génie hyperbolique et stérile , avait violemment dénoncé le mal de. l'Église; ce mal, Hildebrand allait le réparer, et ne comprenait pas que, dans un tel travail, celui qui avait jeté lanl de cris se crût dispensé d'agir.

,1. (.iiiuTlIariuiii ik'iR'S. quod otlîcium uuiiersa tttk'sia.' niaiiii' iiilminislralin verterelur. »

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